LES VREGENS

Berlusconi impliqué dans le meurtre des juges Falcone et Borsellino ?

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On n’en a pas vraiment entendu causer…

Chez nous, on a notre « mètre à tous »,  et même notre « mètre et talons », et bien en Italie, c’est encore plus gratiné :

Les journaux L’unita et Il Fatto Quotidiano ont accusé ces derniers jours, le président du Conseil italien et son bras droit d’avoir commandité l’assassinat des juges Falcone et Borsellino et d’avoir trempé dans les massacres de 1993…


Et tout ça, juste au moment où Gianfranco Fini, l’ancien bras droit de Silvio Berlusconi, ancien leader du mouvement d’extrême droite MSI, mais aussi président de la Chambre des Députés, part en guerre contre son ancien allié. Comme par hasard…

Et donc, pour la première fois, la presse (de gauche, si, si, il en reste un peu) italienne fait état de l’une des accusations les plus graves portées à l’encontre de Silvio Berlusconi.  Il serait carrément soupçonné d’avoir commandité l’assassinat des juges Falcone et Borsellino, deux légendes de l’histoire italienne.

L’Unita, dans son édition du 3 août, écrivait que les responsables des massacres de 1993, répertoriés sous les noms de code « auteur 1 » et « auteur 2  » correspondaient, en fait, au sénateur Marcello Dell’Utri, et au Premier Ministre Silvio Berlusconi. Quelques jours plus tard Il Fatto Quotidiano, un journal sicilien, reprenait à son compte ces révélations.

Après 17 ans d’enquête (quand même, et on parle des lenteurs de la justice chez nous), le parquet de Florence aurait établi dans un dossier que les deux hommes avaient non seulement une part de responsabilité dans l’explosion des bombes qui avaient endeuillé Florence, Rome et Milan en 1993, mais aussi dans l’assassinat des juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino.

L’Unita affirme que le parquet a retenu le délit de massacre à l’encontre du sénateur Dell’Utri et de Silvio Berlusconi, établi par l’article 422 du code pénal italien.  Et le journal assure que les substituts qui mènent cette enquête, mènent leurs investigations à l’encontre du sénateur et de Silvio Berlusconi.

Les juges de Florence auraient obtenu, pour étayer leur dossier d’accusation, des aveux d’un tueur repenti qui aurait déclaré ceci en juin 2009 : « Les frères Graviano, boss de Brancaccio, m’ont dit que nous n’étions pas responsables des attentats de Florence, de Milan et de Rome car c’était du terrorisme. Mais ils m’ont dit qu’il fallait les revendiquer, car ainsi on ferait bouger ce qui devait bouger ». Puis, il détaille la rencontre du de janvier 1994, dans un bar de la Via veneto à Rome  : « Giuseppe Graviano m’a dit que nous avions obtenu tout ce que nous cherchions. Il me parla de Berlusconi et de Dell’Utri : avec eux nous avions le pays entre nos mains ».  Les frères Graviano ont confirmé l’existence de cette rencontre.

Accusation gratuite d’un ancien malfrat, ou première pierre d’un dossier qui est en train de se constituer et qui le fera irrémédiablement tomber,  Silvio Berlusconi va devoir gérer cette affaire comme les généraux algériens ont dû le faire lorsqu’ils ont été accusés d’être co-responsable des massacres commis par le GIA. Il est donc désormais soupçonné d’être  impliqué dans des attentats terroristes.

A la différence de la télévision italienne,  la presse écrite, comme L’Unita, La Repubblica, ou La Stampa ne lâchera pas l’affaire, car les juges Falcone et Borsellino sont des icônes nationales, que l’on vénère partout, et ça, quelle que soit son appartenance politique.

Négociation avec Cosa Nostra

Les juges Falcone et Borsellino étant beaucoup trop efficaces pour les magouilleurs de tout poil, politiques compris, la Mafia aurait donc proposé un deal aux politiques italiens :  l’arrêt des attentats en échange de l’indulgence. Un accord aurait donc été négocié en 1994, entre les services secrets italiens, quelques hommes d’affaires et les responsables de Cosa Nostra. Aux termes de cet accord, rappelez-vous, on avait arrêté le fameux parrain Toto Riina.  Dans la foulée, un nouveau chef de la Mafia avait été désigné, plus malléable, et Forza Italia, le parti de Berlusconi avait vu le jour.

Avant d’être assassiné le 10 mai 1996, Luigi Ilardo, « homme d’honneur » de la mafia, avait  déclaré  :

« Il a été décidé que tous les représentants des différentes organisations présentes sur le territoire national devaient voter Forza Italia. Les chefs de Palerme ont établi un contact avec un membre important de l’entourage de Berlusconi qui nous a promis qu’en échange de l’appui électoral, il garantirait des nouvelles lois en faveur des accusés et même des couvertures pour le développement de nos intérêts économiques.  » Ce témoignage fût classé sans suite, évidemment…

Pour la première fois donc, le nom du sénateur Marcello Dell’Utri, bras droit de Berlusconi, d’ailleurs déjà condamné à neuf ans de prison pour complicité d’association mafieuse, apparaît officiellement dans cette enquête.  Ainsi que celui de Silvio Berlusconi. Ce qui constitue, en soi, une révolution.

On ne sait pas encore si les juges disposent d’éléments suffisants pour instruire un procès dont les principaux accusés seraient le président du conseil italien et son principal collaborateur.

Bref, en Italie, Berlusconi traite les juges de « rouges », chez nous, le Chef tente de les supprimer… En attendant, c’est Philippe Courroie Courroye qui est baptisé « juge »…

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Written by Gavroche

8 août 2010 à 15 h 03 min

3 Réponses

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  1. Bon cette fois ça marche ! C’était mon pseudo qu’il ne prenait pas (à cause du é sans doute). Tant pis pour Jim, sans Jule il n’est rien. Donc ce sera jlb93 pour les vregens.

    Merci pour ce texte qui nous laisse malgré tout des raisons de se plaindre à nous aussi, même si les « cousins » sont dans une sacrée merde…

    jlb93

    8 août 2010 at 15 h 34 min

  2. Wouh put… ! Ca fait mal ! Ils ont une presse libre, en Italie ! Ils ont des juges qui font leur boulot malgré les pressions du « condotiere » !
    Ca voudrait dire qu’en France, on est vraiment dans un sale état sur le plan de la démocratie alors ?

    clomani

    8 août 2010 at 16 h 13 min

  3. ben vu que Berlu est le «parrain» de notre miniboss à nous, on n’est pas dans la m.. 😦
    j’espère que ça ne veut pas dire qu’il va falloir attendre encore 10 de règne du mininarque avant de sortir les affaires. Faut pas lâcher woerth et cie !

    kakophone

    8 août 2010 at 18 h 51 min


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