LES VREGENS

Enfants grièvement blessés à Gaza après l’utilisation d’obus à fléchettes par l’armée israélienne

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La guerre sale de l’Etat d’Israël continue…

Dans le silence assourdissant des médias et l’indifférence générale … Qui a entendu parler de ces morts anonymes, de ces vies brisées ? On s’en fout, c’est loin, et c’est rien que des bougnoules, alors…

Photo : Ezzedeen Al-Qassam

Le bilan de deux morts et plusieurs enfants grièvement blessés lors des bombardements israéliens de fin juillet au Nord de la bande de Gaza, est lié à l’emploi d’armes interdites dans les zones d’habitation. Mais qui va poursuivre Israël pour ce nouveau crime de guerre ?

« Elle est revenue par l’entrée principale et on ne voyait pas tout de suite qu’elle avait été blessée. Soudain beaucoup de sang est sorti de son nez et elle s’est mise à vomir ; toute la famille a vu cela… ses petits frères ont été très effrayés. Elle venait juste de jouer à l’avant de la maison. »

C’est ainsi que Nihed Al-Massry a décrit ce qui est arrivé à sa fille Samah Eid, âgée de neuf ans, après que l’armée israélienne eût tiré quatre obus sur des zones résidentielles dans Beit Hanoun au nord de la bande de Gaza le 31 juillet 2010. Samah est maintenant hospitalisée dans un état jugé très sérieux, souffrant d’une importante perte de sang et d’un niveau d’hémoglobine très bas. Elle a été frappée par les éclats et les fléchettes d’un obus [1] qui a explosé à une centaine de mètres plus loin, provoquant une hémorragie interne à la poitrine et plusieurs traumatismes graves à la tête. Des morceaux de métal sont maintenant enfoncés dans tout son corps.


Les obus à fléchettes sont des armes illégales au regard du droit international quand ils sont tirés sur des zones d’habitations civiles. Trois autres enfants ont été blessés dans cette même attaque.

Deux jeunes gens ont été tués : Muhammad, Al-Kafarneh, âgé de 23 ans, touché par des éclats dans le dos et la poitrine, et Kasim Al-Shinbary, 19 ans, touché par des fléchettes à la tête et par des éclats dans le dos. On ne sait pas s’ils faisaient partie de la Résistance ou s’ils étaient simples civils.

Haitham Thaer Qasem, un garçon âgé de quatre ans et enfant unique, était endormi sur un lit d’hôpital, inspirant difficilement de temps en temps à travers l’appareil d’assistance respiratoire fixé sur son nez. Il souffre d’un traumatisme nasal profond, et des pointes de fléchettes venant de l’obus sont encore enfoncées dans son petit corps, entrées dans le dos, le bras droit et la jambe droite. Haitham se trouvait à environ 200 mètres de l’impact de la bombe.

La mère de Haitham se tenait à ses côtés, pleurant silencieusement tandis qu’une de ses tantes à son chevet expliquait ce qui s’est produit.

« Nous avions demandé à Haitham de ramener quelque chose du marché pour sa maman, puis nous avons entendu les explosions et quelqu’un est venu à notre maison et dire à la famille qu’Haitham avait été emmené à l’hôpital et qu’il avait été blessé dans le bombardement. Nous sommes venus rapidement à l’hôpital. »

Pendant ce temps, le médecin qui soigne Samah a expliqué que la perte de sang de la fillette était un souci majeur. Ses blessures sont aggravées par le fait qu’elle souffre déjà – comme trois de ses frères – de thalassémie [2] et le médicament pour traiter son état, l’Exjade, est rare en raison du blocus israélien. Elle était clairement en train de souffrir et, paniquée, elle essayait d’enlever les tubes nasaux. Sa mère nous a montré les bandages sur sa poitrine.

Son médecin, Muhammad Abu Hassan, décrit son état comme « semi-critique ».

« Elle était dans un état très grave quand elle est arrivée – c’est très difficile et très traumatisant pour des enfants lorsqu’on leur insère une sonde dans la poitrine – c’est très douloureux. Le sang coulait principalement de la poitrine. Nous devrons l’opérer et nous chercherons plus précisément l’origine de sa douleur abdominale, » nous a-t-il expliqué.

La famille d’Al-Massry avait déjà souffert des attaques israéliennes. Ryad, le frère de Samah, âgé de quatre ans, a été blessé lors de l’attaque israélienne de trois semaines contre la bande de Gaza au cours de l’hiver 2008-09, où plus de 400 enfants palestiniens ont été tués.

« Notre maison a été frappée pendant la guerre, un voisin qui était à l’intérieur a été tué et notre fils a eu de graves blessures à la tête. Il n’a alors pu être soigné et en raison de cela, sa vue est maintenant affectée et de façon permanente. »

Alors que nous quittions Samah, elle a commencé à pleurer, gémissant dans son triste état et dans sa grande confusion. Il y avait deux enfants blessés de plus à l’hôpital à cause de l’attaque, appartenant aussi à la famille Al-Massry de Beit Hanoun : Azzam Muhammad al-Massry, âgé de 11 ans, qui souffrait d’une grave fracture au niveau du coude gauche, et Ibrahim Wasseem al-Massry, âgé de 4 ans, souffrant de blessures légères à l’abdomen.

La semaine précédente à Gaza, Nema Abu Said, une maman de cinq enfants et âgée de 33 ans a été tuée par un bombardement israélien alors qu’elle quittait sa maison pour rechercher, toute affolée, son plus jeune garçon après un premier tir d’obus. Trois autres membres de la famille ont été blessés par les fléchettes, plusieurs de celles-ci restant maintenant enfoncées dans les corps des personnes blessées.

jeudi 5 août 2010 – 06h:29

Adie Mormech – Live from Palestine

Notes :

[1] Le terme consacré pour ce type d’obus est nail bomb dont le contenu est fait de billes d’acier, clous, pièces coupantes comme des rasoirs, fléchettes d’acier et divers morceaux métalliques. L’armée israélienne utilise régulièrement sur les zones très densément peuplées de Gaza, ce type d’obus de fabrication américaine qui projettent principalement des « fléchettes » de 3,75 mm de long dans toutes les direction et qui mutilent et tuent dans une zone circulaire de 100 à 300 mètres autour de leur point d’impact.

[2] Maladie souvent héréditaire, consistant en anémie et déficit en hémoglobine

Ce texte est issu du site Europalestine…

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Written by Gavroche

8 août 2010 à 11 h 48 min

8 Réponses

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  1. Ce matin, je me remémorais les quelques films palestiniens de fiction (mais qui parlent tellement mieux de la réalité que les Jités) que j’ai vus.
    Puis j’ai vu ton article dans les brouillons. Je connais Europalestine, je travaillais avec eux jusqu’à ce que je me fâche avec la patronne. Mais ils font un boulot d’enfer et je continue d’approuver leur militantisme.
    Toutefois, je me demande si, justement, les gens ne comprendraient pas mieux ce qui se passe là-bas en se contentant de regarder les films de fiction qui ont été faits sur la région du Moyen Orient : « Intervention Divine » d’Elia Suleiman et surtout le dernier (« la vien d’avant » ?? à vérifier), « la Fiancée Syrienne » et bien d’autres encore que je me précipite de voir dès qu’ils sortent. D’autant qu’en général, au bout d’une semaine, ils disparaissent des listes de films projetés !
    A mon avis, c’est plus en se procurant ces films et en les projetant si on était un media d’ouverture, qu’on arrive à avoir une vision globale de ce qui sépare ces deux peuples… tous les films que j’ai vus mettaient en avant l’absurdité du système installé par les Sionistes mais aussi les divisions qui font le lit des islamistes. Et bien d’autres choses encore.
    Quelquefois, la fiction est beaucoup plus parlante que la réalité qu’on nous plaque devant les yeux, comme ces horreurs subies par le petit peuple de Gaza il y a un an et demi. A force de voir du sang, des blessures, des bombardements, des missiles, Al Qassam ou Tomahawk, on finit par perdre complètement de vue l’histoire et la géopolitique aussi car Israël voit loin en s’appropriant toute l’eau de cette région destinée à être de plus en plus désertique.

    clomani

    8 août 2010 at 12 h 49 min

  2. Les données du terrain lèvent le voile sur l’immense lacune qui sépare la consommation palestinienne et celle des Israéliens. A l’intérieur de l’Entité sioniste, un Israélien consomme en moyenne 274 litres, contre 65 litres pour un Palestinien. En plus de ce grave manque en eau, celle consommée par les Palestiniens comporte un niveau dangereux de clore et d’autres éléments. Tout cela montre comment les Israéliens prennent la part du lion dans le bassin du Jourdain et le bassin souterrain, des sources pourtant communes entre Palestiniens et Israéliens.

    Dans le même contexte, les entreprises, qui monopolisent les sources palestiniennes d’eau, pratiquent une politique discriminatoire probante contre les Palestiniens, les vrais propriétaires. En saison estivale, elles resserrent l’étau sur les Palestiniens en leur fournissant moins d’eau au moment où le besoin en eau est grand, pour en fournir davantage aux colons qui arrosent leurs espaces verts. L’eau s’envole partout, pendant qu’en face, des Palestiniens en cherchent avec une difficulté ascendante.
    Source : Info Palestine

    Gavroche

    8 août 2010 at 13 h 03 min

  3. C’est clair qu’Israël veut détruire ce qu’il reste du peuple palestinien, non seulement par les armes légales ou illégales, mais en les privant de tout via le blocus et entamer la guerre de l’eau …. Il faut aller sur les blogs, chercher les infos soi-même. Sinon aucun commentaire nulle part dans les medias traditionnels sur ces horreurs quotidiennes perpétrées à Gaza.

    bysonne

    8 août 2010 at 13 h 07 min

  4. Ça n’en finira jamais.
    J’ai un pote qui est dans sa famille près de Beyrouth en ce moment, il doit être dans tous ses états, comme d’hab.
    C’est lui tiens http://www.youtube.com/watch?v=4flHB9XsjW8

    alainbu

    8 août 2010 at 15 h 10 min

  5. Tous les ans, depuis une dizaine d’années, ma femme et moi, nous louons une petite baraque au Pouliguen, là où résident mes vieux parents. Il y a deux ans, nous avons découvert que se tenait un salon du livre dans la salle des fêtes, derrière la maison. C’est là que j’ai fait la connaissance de Pascal Pratz, un éditeur angevin, ardent militant de la cause palestinienne. Nous avons acheté le petit livre qu’il a lui-même écrit pour témoigner de deux voyages en Palestine, en novembre 2006 et 2007. Une centaine de pages pleine d’émotion et de colère retenues devant le triste sort auquel les autorités israéliennes contraignent les familles palestiniennes à force de restrictions humiliantes,brutales, inhumaines.
    Le titre « Quelques jours en Palestine », la maison d’édition « Editions du Petit pavé ».

    En 4e de couv’, Pascal a choisi d’y mettre ce passage de son texte :

    « Je repense à l’élégance absolue de H., au coeur gros comme ça de Y., à la rigueur de B., à tous ces enfants adorables, à tous les sourires, tous ces bras ouverts. A l’indignité politique et morale qui m’animait avant mon départ, j’ai ajouté une dimension émotionnelle. Je militerai maintenant non plus seulement pour faire respecter le droit mais aussi pour sauver des gens que j’aime. »

    http://www.petitpave.fr/petit-pave-quelques-jours-patine-229.html

    julesansjim

    8 août 2010 at 18 h 16 min

  6. Si vous voulez aller en Palestine, par exemple le type qui s’occupe de l’assoce où je milite, en Cisjordanie (ça s’appelle les amis d’Al Rowwad), organise des visites guidées dans le camp d’Aïda, près de Bethléem.
    Il y a un guide touristique qui est sorti et qu’on trouve à la librairie Résistances, 4 Villa Compoint. Dans la salle arrière de la Librairie, on peut aussi recevoir des conseils à ce sujet. Mais il faut montrer patte blanche.
    Sinon, à la boutique des « amis d’al Rowwad », 24 rue Custine à Paris, on vent des produits palestiniens faits en Palestine : huile, zaatar, savons, articles divers faits en broderies typiques, vêtements designés par une militante et fabriqués dans le camp d’Aïda ou à Gaza (où ils tissent un tissus magnifique : on leur envoie le fil pour ça).
    Le site :
    http://www.amis-alrowwad.org/spip.php?rubrique5

    clomani

    8 août 2010 at 18 h 54 min

  7. Si vous souhaitez dialoguer avec un citoyen de Gaza, Palestinien et francophone, je vous suggère de rejoindre Ziad Medoukh sur Facebook… Il est prof de français à l’université… c’est un militant pacifiste.

    http://www.facebook.com/ziad.medoukh?suggestfriends&ref=email_friend_confirmed

    clomani

    9 août 2010 at 10 h 29 min

  8. Mince, le lien ne doit pas être bon… supprimer à partir du ? je pense ;o)).

    clomani

    9 août 2010 at 10 h 30 min


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