LES VREGENS

Nous ne sommes plus rien… Même pas des français…

with 2 comments

le vrai français

Voici le fruit de mes lectures dominicales…

J’ai lu le texte qui suit « nous ne sommes plus rien », sur le blog de Philippe Sage, dont je vous recommande la lecture régulière…

Ce blog s’appelle « Refais le monde avant qu’il ne te refasse »…

et j’ai voulu vous le faire partager :

Se taire. S’enterrer. Plus bouger. Fermer les volets. Et le reste, tout ce qui vocifère et martèle. Laisser faire et crier, asséner formules creuses (« La France n’a pas vocation à … »). Regarder l’été nous fuir, doucement, comme dégoûté, désolé. Par des sondages, crétins et grossiers, chassé.

L’été s’en va, et comme il a raison ! De lui-même il s’expulse et nous dit : « Je suis un Rom, et vous merde pour l’éternité ! » ..
Oh, comme j’aimerais que l’hiver le plus rude, s’abatte sur cette terre de France, qu’on en bave et crève, pandémie de froid, de gel et de congères. Que feraient-ils, alors, nos ténors ? Enverraient-ils l’armée ou des escadrons entiers de BST mater les frimas ? … Hein ? … Quels seraient leurs mots, leurs slogans ? « La France n’a pas vocation à accueillir tous les hivers du monde » ?
Oui, puisque rien n’est possible, puisque tout nous indiffère, alors l’hiver, la nuit, totale et entière, et basta le pays des Lumières ! Foutez-moi tout ce merdier à la bougie ! Renvoyez-nous au moyen-âge ! Et plus vite que ça !
« La France n’a de leçons à recevoir » dis-tu ? Dans ce cas, suivant les pointillés, coupons-là, et hop ! A la baille ! Et vogue la galère, le radeau ! Tant nous ne méritons pas le mur que d’aucuns nous prédisent, mais un naufrage, immense, en noir et blanc … « Plutôt blanc » glavioteront les « de souche » qui, soyez-en certains, jusque dans la tempête et les enfers, les poumons gorgés d’eau, de sel et de déchets, ne sauraient d’avis diverger, puisqu’ils sont invariables, invariablement sots. Des fous, des gredins, voilà ce qu’ils sont ! La lie et le déshonneur ! Coulez-moi « ça » par le fond avec dans les haut-parleurs, du Zemmour et du Dantec. Et bon débarras …


Se taire. S’enterrer. Plus bouger. Fermer les volets, les écoutilles et les clapets. Au diable vos fadaises (« Ça suffit ! ») vos Universités d’Eté, c’est l’hiver, c’est mort et c’est tant mieux ! Laissez ! Laissez-les faire ! Puisqu’ils vous le disent et répètent, ils « ne font qu’appliquer la loi » comme d’autres, autrefois. Mais n’allez pas le leur rappeler, ils ne s’en souviennent pas, ils n’étaient pas nés, ça n’a rien à voir ! Vous perdriez votre temps. De « bien-pensants » vous seriez, fissa, relégués au statut peu enviable de « munichois ». Tu vois, c’est cuit, râpé, mais tu le savais, n’est-ce pas ? Si, tu le savais que l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement. Il suffit d’une crise, et zou, on remet le couvert, l’immonde ! Sauf que, nous n’en sommes qu’à l’entrée, tu vas morfler, et copieux, quand viendra le plat de résistance ! Oui, je sais, qu’il est fort mal approprié, de par les circonstances, ce mot-là : résistance ! Morte qu’elle est, la belle … Dépecée, et ce n’est qu’un début ! Tout, ils oseront tout ! Et jusqu’au trognon ! La peur, ça les connaît ! Pour nous la foutre, ils sont champions ! Et ça marche à tous les coups  … Alors pourquoi s’en priver ! … Quelle misère ! … Mais quel est donc ce peuple, de quel cerveau est-il doté, en a-t-il un, lui qui se prend pour Attila ?

« Dans une France socialiste/Je mettrais ces fumiers debout/A fumer le scrutin de liste/Jusqu’au mégot de mon dégoût » [*] et le goulag, Pépé ! Le goulag ! Ça leur ferait les pieds ! Peut-être même que ça leur donnerait des idées. A la noix, à la con, mais des idées !

Se taire. S’enterrer. Plus bouger. Regarder les trains, ceusses de la mort, passer, la nôtre, et l’hiver … Regarde comme il est chouette, cet hiver ! Tu pourras bien le décréter, le couvre-feu, mon Hortefeux, il n’en aura cure ! Lui, tu ne pourras pas l’arrêter ! Pas plus l’expulser ! Il est là et pour longtemps ! Vidéosurveille-le, si ça t’amuse ! Injurie-le, traite-le de ce que tu veux d’ « Auvergnat » de « voyou » de « crapule », tu ne risques rien ! Ni condamnation, ni peine, ni amende ! Quant à le réguler, Nicolas, n’y pense même pas ! Il est sourd, plus encore que Liliane ! Envoie-z-y donc l’autre benêt, celui qui nous les brise de Nice, nous chanter son refrain : « Eté ou hiver, il faut choisir ! » .. Trop tard, malandrin ! Cet hiver ne nous quittera pas. Il est, désormais, notre drapeau national ! Notre pavillon à hisser sur le radeau que vous nous avez destiné, reste de France, pauvre de nous.

L’avait raison, Léotard – pas Philippe, François. Oui, « Ça va mal finir ». Mais comme c’est long et tuant … Alors finissons-en, vraiment ! Laissez ! Laissez-les faire ! Taisons-nous ! Enterrons-nous ! Ne bougeons plus ! Comme hier, comme avant-hier, comme souvent ! Car, qu’avons-nous fait, hein ? Pour éviter « ça » ? Nous sommes-nous battus ? Même pas ! Regarde ! Les rues sont désertes, les grèves non-reconductibles, les pétitions atones, les protestations muettes, or, donc, nous sommes complices, nous sommes d’accord ! Complices des expulsions et des rafles … D’accord pour les foutre dehors, eux et les suivants …

Or, donc, complices et d’accord, nous ne sommes plus rien. Pas même des français. Surtout pas, des français ..
Et comme on ne peut être et avoir été, alors qu’advienne l’hiver.
Et nous enterre.

[*] Extraits de “Ils Ont Voté” [Léo Ferré]

Mais qu’est-ce qu’on attend pour reprendre nos vies en main ?

Et puis, je voulais vous faire partager aussi, une lueur d’espoir, trouvée ce matin sur Médiapart  :

Fin juillet, quelque deux cents personnes se sont réunies dans la commune de Corrèze où des jeunes gens avaient été interpellés, le 11 novembre 2008, lors de l’enquête « antiterroriste » ouverte après le sabotage de lignes TGV. La réunion a eu lieu à la ferme du Goutailloux, à Tarnac, en présence notamment de personnes toujours mises en examen dans ce dossier.

Pendant une semaine, les participants – venus des Etats-Unis, d’Europe et de France – ont cherché à « analyser la situation politique actuelle et élaborer ce que serait une sortie bouleversante de l’ordre présent ». De cette assemblée estivale a émergé un texte, que Mediapart publie aujourd’hui :

Tarnac, été 2010

Il se lève et dit : « La contre-insurrection n’est pas seulement la doctrine d’intervention des armées occidentales en Afghanistan, c’est la nature même de tout gouvernement. La mise en circulation de tel ou tel « élément de langage », l’urbanisme, la distraction organisée, les fables de l’économie, tout provient de la crainte de perdre le contrôle des populations. » Elle lui répond : « Chez nous, le gouvernement a tellement peur, avec la crise, que les gens commencent à s’organiser par eux-mêmes, qu’il contraint les chômeurs à faire des ateliers de réparation gratuite de vélos dans la rue, à récupérer les objets usagés et à patrouiller avec la police. On occupe le terrain préventivement. »

Quelques heures plus tard, une fournée de pain plus loin, un autre : « Moi, ce qui m’étonne, depuis l’automne 2008, c’est qu’une telle crise du capitalisme ait suscité à ce jour, hormis en Grèce, si peu de mouvements. Il y a dix ans il y avait tout un mouvement « antiglobalisation » qui attaquait le système alors que celui-ci se portait plutôt bien, et maintenant que tout donne raison à ce mouvement, il n’y a rien qui se lève, et si peu qui se tente. Que, dans ces moments, chacun se cramponne à sa position sociale menacée est bien compréhensible, mais que militants et activistes restent confortablement installés dans leur rôle social minoritaire, qu’au lieu de s’interroger sur leur soudaine paralysie, ils préfèrent considérer que tout leur donne raison et qu’ils n’ont qu’à continuer à parfaire leur posture radicale sur les sites web spécialisés ou à siroter leur bière à la terrasse des cafés branchés, voilà ce qui est proprement hallucinant. »

Une autre encore : « Il n’y a plus d’argent, il n’y a plus de travail. La seule chose à faire, c’est de nous approprier les techniques et les moyens de survivre, et non seulement de survivre, mais de vaincre. Bien sûr, il y a une police globale qui est payée pour protéger cette immense tristesse qui a reçu le nom d’ « économie », et cette sorte de conspiration de la bêtise que l’on appelle « capitalisme ». C’est évidemment une grande opération sémantique que de nommer « terroristes » ceux qui ont encore le front de se réunir internationalement pour chercher des réponses aux questions que tout le monde se pose, mais isolément, chacun chez soi.

Comment ne pas se laisser affamer par les gouvernements? Comment défaire l’engrenage policier mondial? On peut bien nous traiter en terroristes, cela ne sert à rien. Il est évident qu’il n’y a pas de « nous »; n’importe qui se retrouverait comme nous le faisons ces jours-ci se poserait les mêmes questions et arriverait sans doute aux mêmes réponses : il faut former partout non pas des assemblées constituantes pour représenter le peuple, mais des assemblées locales pour arracher aux structures et aux dispositifs de pouvoir tout ce qui rend la vie possible et qu’ils ont capturé : les moyens matériels autant que l’aptitude à communiquer, et la capacité à nous défendre aussi. Nos vies sont la matière première de leur pouvoir. Si nous les reprenons, si nous cessons de demander la permission, si nous réglons nos affaires par nous-mêmes, si nous nous organisons d’égal à égal pour rompre les dépendances qui nous affligent, aucune lutte contre la folie régnante ne pourra plus être ramenée à l’autogestion de la misère. »

Et celui-ci, là, devant, qui vient d’arriver : « Si l’on regarde les cycles économiques en Occident depuis quarante ans, on se rend compte que c’est une alternance de crises et de reprises, de crises toujours plus fortes et de reprises toujours plus faibles. L’effondrement actuel n’est pas circonstanciel, il est durable. » Et celle-ci qui dit, le dernier jour : « Il faut qu’on fasse un communiqué pour dire à tous ceux dans le monde qui ne se sont pas résignés à l’horizon du désastre, que nous nous sommes retrouvés, que nous ne cédons pas à la peur, que les campagnes d’intimidation menées sous couvert d’antiterrorisme échoueront finalement dans le grotesque, que le moment est venu de quitter toute position défensive. »

C’est une étrange assemblée. Deux cents personnes, des gens de partout, de partout en Europe et de plus loin encore. Difficile de dire ce qui les réunit là, à Tarnac, pour cette semaine de travaux, de discussions dans toutes les langues, et de fête; pour cette semaine de vie commune, studieuse, enivrée, joyeuse. Il faut être un peu fou, éprouver une inexpiable confiance dans l’avenir de la révolte ou se foutre complètement des manigances policières pour décider d’aller se réunir là, dans un des lieux les plus grillés de France et y deviser sérieusement sur les possibilités révolutionnaires du présent. C’est donc ce que nous avons fait. Nous savons que de nouvelles rafles se préparent dans ce que les services de renseignement et les gens mal renseignés nomment « l’ultra-gauche ». On ne nous acculera ni à la clandestinité, ni à la retraite. Nos raisons sont dans toutes les têtes, et nos aspirations dans tous les coeurs.

Du fond de la grange, une voix commente : «Vous nous réprimez, vous nous renforcez. Vous ne nous réprimez pas, nous nous renforçons. Seigneurs de ce monde, vous êtes cuits! »

Hasta la revolution, siempre !

Publicités

Written by Gavroche

29 août 2010 à 11 h 58 min

2 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Hasta la Victoria ! Plutôt…
    C’est génial, cette réunion à Tarnac… Putain, c’est ce qu’il faut faire.
    Quand je vois tous ces Parigots bobos installés à la terrasse des restaus, en train de bruncher et de se raconter leurs vacances, je me dis qu’il faut vraiment que je trouve une espèce de communauté comme ça. Même si j’ai du mal à vivre en communauté au quotidien, ça doit faire du bien, des raouts de ce genre !
    On en fait un quand ? Où ?
    Pourquoi on ne l’a pas su avant ? Sont-ils obligés de se réunir en loucedé à cause de ces connards au pouvoir ?
    J’en ai maaaaarre ! Heureusement que vous êtes là !

    clomani

    29 août 2010 at 12 h 58 min

  2. mais excellent le texte de Tarnac

    cremedecanard

    4 septembre 2010 at 19 h 43 min


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :