LES VREGENS

L’héritage impossible

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C’est l’histoire d’un mec qui rencontre une femme ; Lui, est célibataire, la trentaine avancée, Elle, est mariée, deux enfants, son couple vacille depuis la naissance de la petite dernière. Elle et Lui se plaisent, un amour naît, le lien rend l’attachement irrésistible et fort. Elle rompt avec son mari, quitte le domicile conjugal. Elle veut vivre avec Lui, Lui veut vivre avec Elle. Tout va très vite, trop vite peut-être. Au début, ça se passe bien, pas longtemps, car bientôt son mari déprime, et lorsqu’il réalise qu’Elle ne reviendra plus, il craque nerveusement et psychologiquement. Accès de fureur, automutilation, hospitalisation, cure de sommeil, antidépresseurs…

Le calme revient, précaire, improbable. Pour quelques mois seulement. Un répit avant le drame. Un jour, A. est retrouvé par l’un de ses frères, pendu dans le sous-sol de son pavillon.

Peu à peu, avec le temps… Elle et Lui surmontent comme ils peuvent la douleur et le piège de la culpabilité. Puis ils se marient, mettent en route un troisième enfant ; Lui adopte les deux filles. Une adoption simple, qui leur permet de garder le nom de leur père géniteur, associé au sien par un trait d’union.

Les années passent. L’aînée se marie, les deux autres grandissent. La famille est unie. Puis, récemment, les deux filles apprennent que la famille du côté de leur père géniteur, souhaiterait vendre la maison familiale. Or, elles sont toutes deux, pour une part, héritières de ce bien qui revenait à leur père. Ne souhaitant bénéficier de cet héritage ni l’une ni l’autre, elles cèdent donc volontiers leur  part respective aux autres ayants droit. Mais un petit détail va tout dérégler : leur père avait la double nationalité franco-algérienne ; la maison est en Algérie. En conséquence, le Droit algérien exige que les ayants droit aient la nationalité algérienne. Qu’à cela ne tienne ! les deux jeunes femmes engagent les démarches auprès du Consulat d’Algérie pour une demande de nationalité et de passeport algérien ! Pour l’aînée, pas de problème, elle a épousé un beur de la troisième génération, son nom marital a donc de très nettes consonances maghrébines… mais pour la deuxième, ce double patronyme avec trait d’union… tsss tsss… l’employée du Consulat n’a jamais vu ça, elle tique… Elle ne sait pas si elle peut… alors elle consulte son chef… et là, ça coince. Mais c’est quoi ce nom moitié arabe, moitié français ?  Désolé mesdames, mais ça ne va pas être possible…

L’intervention d’un oncle ayant lui-même la double nationalité n’y fera rien, celle de son épouse, algérienne d’origine également, secrétaire particulière du maire d’une commune importante non plus. Le dernier espoir est désormais entre les mains du cabinet d’avocats juridiques du Consulat. Inch’Allah !

Pendant ce temps, de l’autre côté de la Méditerranée, la famille attend que la situation se débloque… Ils ont l’habitude là-bas, paraît-il, même pour eux, ressortissants algériens, à chaque démarche administrative il y a un problème, à chaque fois, tout le temps !

Plus jamais je ne m’énerverai contre les lenteurs ou les incohérences de l’administration française. Et dire que je ne peux même pas raconter cette histoire, authentique, à PG !

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Written by Juléjim

2 septembre 2010 à 18 h 56 min

Publié dans Maghreb, Société

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4 Réponses

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  1. j’aurais voulu dire un truc bien mais je trouve pas…
    mais pourquoi tu peux pas raconter ça à PG?

    cremedecanard

    3 septembre 2010 at 19 h 30 min

  2. C’est déjà bien que tu ne dises pas de mal. Ouf…

    🙂

    Sinon tu connais l’appétit de PG quand il s’agit de fustiger les excès administrativo-bureaucratiques ? Et puis je voulais finir plus léger que je n’avais commencé surtout.
    Enfin, je me vois mal raconter une histoire pareille sur les forums d’@si. Si je l’ai fait c’est que je considère que nous sommes ici entre nous.

    julesansjim

    3 septembre 2010 at 21 h 57 min

  3. Ben,j’ai pas tout pigé :
    – Pour être ayant droits elles doivent avoir la nationalité algérienne mais elles souhaitent justement renoncer à leur droit sur le bien.
    Donc, pas algérienne = pas ayant droit légalement, donc pas à renoncer au bien, donc rien à faire.
    Non ? J’ai pas pigé.
    Et alors, on en est où sinon ?

    lenombrildupeuple

    13 février 2011 at 17 h 24 min

  4. Ce qu’il nous faut intégrer pour comprendre où ça coince c’est que c’est le droit coranique qui est appliqué en Algérie, pas un droit civil comme on le connait en Europe.
    C’est la famille en Algérie qui, souhaitant se conformer à la tradition, tenait à ce que les deux filles aient leur part d’héritage. Les enfants étaient prêts à prendre la nationalité algérienne pour être ayant-droit, même si elles n’y tenaient pas spécialement. Et c’est en France, à l’ambassade algérienne, que ça s’est mis à coincer au moment de faire les démarches (nom composé dû à la procédure d’adoption simple qui permet de conserver le nom du géniteur séparé d’un trait d’union d’avec le nom de l’adopteur). Et c’est devenu inextricable sur le plan administrativo-bureaucratique. Impossible d’obtenir la double-nationalité.

    « Où en est-on ? » La famille algérienne a finalement accepté de ne pas mentionner l’existence des filles. Donc pour le droit algérien elles n’existent pas ! Donc plus de problème pour vendre la maison et répartir les biens.

    julesansjim

    13 février 2011 at 18 h 11 min


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