LES VREGENS

Chabrol, Le Croisic et ma pomme…

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Toute cette semaine je me suis retrouvé à séjourner au Croisic pour raisons familiales. Et c’est donc le dimanche 12 que j’ai appris la mauvaise nouvelle concernant Chabrol. Dans tous les hommages que j’ai lus depuis sa disparition un trait de sa personnalité revient sans cesse : c’était un homme secret. Certes, dans les médias, à la télé, Chabrol, comme beaucoup de blagueurs, se planquait derrière ses blagues (derrière sa blague aussi qui lui permettait de tirer des écrans de fumée, avec sa pipe) mais lorsqu’on pose la question à des croisicais, des restaurateurs, ou le vendeur de journaux, ils sont unanimes : « Claude ? un gars sympa, simple, direct, sans chichis ! » Bon. C’est pas un scoop que je vous ramène là ! Mais j’ai envie de le dire quand même ici, en toute simplicité, sans faire de phrases qui fleurent bon son cinéphile averti : Chabrol était un brave homme qui s’est passionné, à travers toute son œuvre, à tenter de comprendre comment on pouvait être (ou devenir) un salaud, un lâche ou une ordure. Par curiosité peut-être ou bien pour tromper l’ennui… à moins que ce ne soit que par pur humanisme ? Comme pour faire avancer le schmilblic quoi !

Le cinéma français devra donc faire désormais sans Chabrol… Il se trouve justement que le restaurant L’Océan, sur la côte sauvage, était en partie investi par une équipe de tournage, durant cette même funeste semaine. Lorsque j’ai demandé à la jeune fille charmante qui nous barrait la route de ses bras graciles : »qu’est-ce qu’on tourne ? » elle m’a répondu dans un sourire :  » Un film de Pascal Rabaté qui va s’intituler Ni à vendre ni à louer »

Ainsi va la vie, y compris celle du cinéma.

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Written by Juléjim

19 septembre 2010 à 18 h 30 min

Publié dans Cinéma, Culture

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7 Réponses

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  1. Tu sais, c’est comme les revues de presse internationale sur @si ou les anciens articles de Justine: l’intérêt ne se juge pas au nombre de commentaires.

    florence

    20 septembre 2010 at 20 h 41 min

    • Mais je ne me plains nulle part du manque de commentaires, ce serait prétentieux de ma part. Proposer un billet sur un blog c’est comme jeter une bouteille à la mer… Oui je sais, j’ai du vague à l’âme et l’humeur iodée, normal, je reviens du bord de mer…

      Tout de même, puisqu’on en parle, je ferais volontiers remarquer aux vrégens que la plupart d’entre eux trouve du temps pour s’emmailer sur l’@siliste, pas pour nourrir le blog de leurs précieux apports. C’est un choix ou une fatalité ?
      Hé hé…

      julesansjim

      21 septembre 2010 at 9 h 33 min

      • C’est vrai en revanche que tous ces feignants qui font rien que s’envoyer des vannes par mail feraient bien d’écrire ici des choses intéressantes…Nanmého.

        Gavroche

        21 septembre 2010 at 9 h 59 min

  2. Bon, si je n’ai pas commenté ce billet, de qualité, je précise, (ahem), c’est que je n’accroche pas vraiment avec Chabrol. Un bourgeois qui critique les bourgeois tout en faisant partie de la jet-set. Cette espèce d’unanimité autour du « grand homme » me gonfle un peu.
    Voilà, patapé, steuplé… ;-))

    Gavroche

    21 septembre 2010 at 9 h 58 min

  3. « Un bourgeois qui critique les bourgeois tout en faisant partie de la jet-set. »

    Chabrol n’était qu’un petit bourgeois (fils de pharmacien de province), je ne pense pas qu’il était très à l’aise dans les ambiances parisiano-mondaines, sauf pour y noter des idées pour ses prochains films. Et puis, un bourgeois qui crache dans sa soupe c’est plus original qu’un prolo qui se conduit mal à table, ils sont si mal élevés ces ouvriers !

    Chabrol n’était pas, pour moi, un « grand homme » mais c’est un cinéaste qui a commis quelques films qui valent la peine qu’on s’y arrête, quand on aime le cinéma du moins. Le reste c’est show must go on et compagnie…

    Et puis, dis-donc toi, tu ne serais pas ultra-sensible du côté de la culpabilité des fois ? tu n’es pas la première concernée lorsque je m’interroge sur le faible taux de contribution de nos petits camarades sur ce blog, tu le sais bien, et pourtant c’est toi qui réagis la première ! Ouais je sais, on ne se refait pas !

    😉

    julesansjim

    21 septembre 2010 at 15 h 51 min

  4. Bon ben, ça va, hein… ;-))

    C’est vrai que quand je commente pas, j’ai toujours un peu la honte, l’air de dire que ça m’intéresse pas, ce qui n’est pas vrai. Dès fois, c’est juste que vous me coupez le sifflet… Et pour me le couper, il en faut…!

    Sinon, pour Chabrol, c’est vrai qu’il a fait de bons films, le Beau Serge, Que la bête meure, Alice ou la dernière fugue, etc… J’aime beaucoup son Inspecteur Lavardin, parce que Poiret…

    Gavroche

    21 septembre 2010 at 17 h 23 min

  5. Je souhaiterais revenir encore une fois sur Chabrol. Je viens de lire sur telerama.fr un article qui regroupe 4 témoignages d’acteurs et actrices ayant côtoyé le réalisateur. Chaque témoignage m’a paru intéressant dans la mesure où chacun comporte un élément qui dissipe l’écran de fumée dont Chabrol prenait soin de s’entourer en public.

    Extraits :

    « Le texte, nous le disions au rasoir. Sans rien changer. Je ne me le serais pas permis. Je me serais trompé. Et lui ne se trompait jamais. Il savait où il allait. Il disait : “Au cinéma, il y a ceux qui cherchent et ceux qui trouvent.” » (Michel Duchaussoy)

    « Il était joyeux, passionné. Il avait son secret, sans doute, il avait un fond désespéré, mais il avait décidé qu’il serait heureux quoi qu’il arrive. Il était pourtant aussi effrayé qu’amusé par la “comédie humaine” et il sentait dans les années 1960 les prémices du désastre à venir. Mais puisque cette société était celle du spectacle, que les gens voulaient du guignol, il leur donnait du guignol. Surtout ces derniers temps. C’était quand même un grand bonhomme, mine de rien ! J’aurais bien voulu qu’il reste encore un peu. On lui a demandé quel serait son plus grand regret, et il a cité Aldous Huxley qui disait : “Je regrette de ne pas avoir été assez gentil.” Je trouve ça joli. » (Stéphane Audran)

    « A chaque sentiment, à chaque fluctuation, correspondait le bon objectif, la bonne place de la caméra (gros plan, plan moyen, plan général), qui venait alors recueillir avec une précision mathématique et de la manière la plus juste possible le moindre frémissement, la moindre variation. Le terme est à dessein musical, car sa manière de filmer était musicale, prenant en compte les accélérations, c’était alors le corps tout entier qui était au travail, les ralentissements, et c’était un plongeon dans l’intime, le non-dit, et une caméra qui s’approchait, un peu comme une sonde.
    Une précision : je parle des objectifs, en fait il n’en utilisait qu’un, le 50. Il avait en horreur le 75, le 100, n’en parlons pas. Le 40, il n’aimait pas trop, c’était le 50 qui avait toutes ses faveurs. J’adorais l’écouter s’enthousiasmer sur le 50. Il disait que c’était le plus proche de l’œil humain. C’était un peu mystérieux pour moi, mais je pressentais que cela avait avoir avec une certaine idée de la vérité. Une certaine idée de la morale. Ni trop près, ni trop loin, à la bonne distance. « (Isabelle Huppert)

    « Chabrol est le premier à avoir apprécié le décalage entre ma voix et mon physique. Dans la plupart des castings que j’ai passés avant Merci pour le chocolat, on m’auditionnait pour des rôles de jeune première et on me renvoyait sous prétexte que j’avais une voix de “mère maquerelle”. Là, je suis venue à moitié déguisée, avec des couettes et des baskets pour ne paraître ni trop grande ni trop vieille. Or c’est précisément ce que j’avais essayé de cacher ou d’aplanir que Chabrol a su exploiter. Il s’en est servi pour renforcer l’ambiguïté de mon personnage. »(Anna Mouglalis)

    Le texte intégral pour les boulimiques est là :

    http://www.telerama.fr/cinema/quatre-acteurs-quatre-images-de-claude-chabrol,60540.php

    julesansjim

    27 septembre 2010 at 11 h 51 min


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