LES VREGENS

« Des hommes et des dieux », à propos et autour d’eux.

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Je m’attendais à être ému aux larmes, et je n’ai pas pleuré. J’en déduis que le propos de Xavier Beauvois a plus titillé la part rationnelle de mon esprit que l’émotionnelle. Et c’est tant mieux, sans doute. Il est vrai aussi que je connaissais la fin. Tragique,  mais magnifiquement traitée sur le plan cinématographique.

Si cette histoire m’a fait gamberger c’est d’abord qu’en voyant ces religieux vivre cette vie faite de recueillement, de partage et de don, je me suis revu moi, à huit ans, enfant de chœur, puis à dix ans, louveteau, enfin à douze, communiant en aube blanche… je fréquentais alors régulièrement les Sœurs et les Frères. Ils disaient à ma mère que j’avais une âme transparente et moi je m’imaginais vaguement faire mes études… au séminaire d’Angers. Durant cette courte période c’est, je suppose,  le sens que j’attribuais au verbe « croire », et puis les circonstances de la vie m’ont conduit à devoir avant tout croire en moi, ne serait-ce que pour devenir quelqu’un, parmi les autres. Un peu comme tout le monde j’imagine. Je suis donc devenu instituteur, une sorte de missionnaire  laïque qui, à l’instar de ses grands aînés, a troqué le laïus évangélique contre le savoir républicain. Et s’est appliqué à cette tâche avec une énergie qui a pu ressembler parfois à de la ferveur. Ce que le film « Des hommes et des dieux » a donc activé chez moi c’est une question, une interrogation plus existentielle que métaphysique : « Et si j’avais persisté dans cette croyance en un dieu plutôt qu’en l’homme, serais-je devenu comme ces Frères de Tibéhirine, prêt à donner ma vie d’homme pour rester fidèle à ma foi en dieu jusqu’au bout ? » Pas sûr, car ce que les moines ont fait relève de l’héroïsme et je ne me sens guère l’étoffe d’un héros, laïque, athée ou non, mais le processus d’identification a fonctionné ainsi pour moi, spectateur du film.

Car on peut tout aussi bien rejeter tous ces rituels religieux dont le récit est parsemé : chants, prières, messes, exégèses… autant de « bondieuseries » que tout athée ou agnostique qui se respecte ne peut que jeter aux orties !  Moi le premier ! Le tour de force, ou l’intelligence, du réalisateur est de nous avoir montré avant tout des hommes. Des hommes qui vont mourir, qui savent que leurs heures sont comptées, qui s’y préparent et trouvent dans leur sacerdoce et leurs convictions spirituelles la force de faire face, avec une dignité admirable. Ceci sans que l’on puisse prendre Xavier Beauvois en flagrant délit de prosélytisme. De même, le contexte socio-politique, les exactions des islamistes, les injonctions du pouvoir algérien, le rôle de l’armée, tous ces aspects sont présents mais ne passent jamais au premier plan. Les moines sont omniprésents et avec eux, leurs peurs, leurs doutes, leurs convictions, leur ténacité, leur générosité sont les principaux ingrédients qui nourrissent une intensité de tous les instants.

Décidément non, on ne peut pas reprocher à Xavier Beauvois de faire du prosélytisme au travers de son film, cependant, je ne peux m’empêcher d’y lire un message qui pourrait se formuler ainsi : « Ce sont des convictions fortes qui font tenir les hommes debout, et qui les rendent fiers, forts et dignes de respect. » Un message à portée universelle qui donne une même dimension universelle à ce film. Un film qui fait du bien par les temps tourmentés et violents que nous traversons depuis plusieurs années maintenant.

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Written by Juléjim

22 septembre 2010 à 21 h 21 min

Publié dans Cinéma, Maghreb

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17 Réponses

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  1. c’est un beau texte critique depuis l’intérieur, de résonance avec ta vie. merci. l’histoire me fait penser au dialogue des carmélites de poulenc.

    il faut reconnaître que si « Ce sont des convictions fortes qui font tenir les hommes debout, et qui les rendent fiers, forts et dignes de respect. », alors maints « martyrs de la foi », quelle que soit la foi, ont été des gens « debout » et sont morts avec dignité. qu’ils aient été résistants, nazis, religieux, sorcières, cathares, protestants, immondes ordures (saddam hussein) ou agneau sacrifié (le christ)… mais aussi des gens avec juste la conviction de leur vie, tant de nos parents et de nos amis.

    ce qui m’impressionne, c’est ce sacrifice librement consenti, la force incroyable de la pensée sur la peur viscérale, choisir de mourir parce que vivre en reniant quelque chose de ce que l’on croit profondément, c’est encore plus mourir.

    zozefine

    22 septembre 2010 at 23 h 14 min

  2. Merci d’avoir abordé ce film… car je l’ai vu dès sa sortie, et voulais en faire un topo. Puis je me suis dit que ce que j’avais à en dire serait trop minime par rapport au sentiment que j’ai eu tout au long du film.

    J’ai tout d’abord apprécié les silences du film. Dès le début, pas un mot. Les frères s’occupent en silence. Nous sommes constamment dans le bruit de la vie et ça fait un bien fou. Les gestes sont lents, les regards francs et éclairés (et là je dis chapeau aux acteurs parce que c’est loin d’être évident).

    Ensuite, on voit que leur réflexion est liée à leur amour d’un dieu, mais qu’elle est centrée sur le respect des gens du village bâti aux côtés du monastère, ce qui ne les empêche pas de soigner les Jihadistes blessés, parce que c’est leur tâche (Michael Lonsdale en frère-infirmier, supportant en chantonnant le poids des ans, puis celui de la menace de l’armée). Un grand moment lorsqu’ils exigent que les militaires déposent les armes à l’entrée du monastère… Mais ils ont la foi : cette force tranquille qu’ils ont trouvé dans le recueillement de ce monastère loin de tout.
    Le regard noir du gradé qui n’arrive pas à avoir des informations sur les Jihadistes soignés en dit long sur l’issue de ces vies monastiques. On connaît la fin en effet et c’est pourquoi on ne pleure pas. Parce qu’elle est bien réelle. J’ai personnellement eu une montée de larmes quand j’ai entendu la réplique du villageois qui répond à l’un des moines qui, sur un départ éventuel, a dit « on ne sait pas, nous sommes comme des oiseaux sur une branche ». Le « caïd » du village lui dit : c’est nous qui sommes les oiseaux et vous êtes la branche sur laquelle on repose ».

    Les dialogues sont ciselés, subtils… les interrogations : »reste-t-on ou part-on » bien rendues.
    La scène de fin où ils s’éloignent dans la montagne, sous un blizzard pas possible est splendide et vous laisse muet (donc dans le silence).

    clomani

    23 septembre 2010 at 9 h 18 min

  3. « … ce sacrifice librement consenti, la force incroyable de la pensée sur la peur viscérale, choisir de mourir parce que vivre en reniant quelque chose de ce que l’on croit profondément, c’est encore plus mourir. »
    C’est exactement ça, oui, zozefine. La réplique de Lonsdale (frère Luc) « Partir c’est mourir, je reste » est d’une puissance magnifique.

    J’ai un immense respect pour l’œuvre de Brassens, ses textes, sa musique, son style… mais il y a un vers que je trouve assez faiblard quand même dans tout ça, c’est « Mourir pour des idées d’accord mais de mort lente… » c’est vrai que ça fait sourire au premier abord mais au 2e rabord on peut se dire : Et si Brassens avait été résistant sous l’Occupation, aurait-il parlé sous la torture ? Histoire de vivre plus longtemps, avec le remords et la culpabilité pour compagnons de route ? Même pas drôle.

    Merci à Clo pour son commentaire précis qui complète si bien le mien peut-être un peu général. J’ai vibré aux mêmes passages qu’elle, visiblement. Comme c’est curieux n’est-ce pas ?

    julesansjim

    23 septembre 2010 at 10 h 02 min

    • moi aussi, cette chanson de brassens m’a toujours gênée aux entournures, mais c’était un pacifiste et je ne suis pas sûre que pendant la guerre il aurait été résistant… mais son oeuvre nous a trop enchantés, bercés, on l’a trop fredonnée pour cracher sur la soupe.

      bon, vous connaissez mon athéisme, je suis insoupçonnable. ben je suis pas du tout d’accord avec « on peut tout aussi bien rejeter tous ces rituels religieux dont le récit est parsemé : chants, prières, messes, exégèses… autant de « bondieuseries » que tout athée ou agnostique qui se respecte ne peut que jeter aux orties !  »

      j’ai pas la foi, la case me manque totalement. mais faire du chant grégorien dans les chapelles, entonner « puer natus est » en choeur, des fois en se tenant la main, avec recueillement et respect pour les lieux, les gens qui ont bâti et utilisé ces lieux, en souvenir de cet homme « agneau du sacrifice », cette modestie et cette simplicité de la foi, cette manière de tout donner et de se donner avec confiance, la ritualisation de cet acte de foi, je dois dire qu’il fallait que je me retienne beaucoup pour pas me jeter à genoux, pleurer, et dire « dieu, aie pitié et compassion, encore et toujours, pour tes créatures »

      zozefine

      23 septembre 2010 at 10 h 19 min

    • Euh… A mon avis, cette phrase était de l’humour. Et tu ne peux pas à partir d’une seule phrase (alors que Brassens a écrit des centaines de chansons) extrapoler ce qui me paraît être du n’importe nawak… Scuz, Jul, mais c’est pas ça que les geeks appellent Godwin ?

      Et nous avons tous besoin de héros, j’imagine, et évidemment, on les choisit en fonction de son histoire personnelle.

      Bref, les moines de Tibéhirine étaient sûrement des types formidables, autant que beaucoup d’autres, sûrement, venus porter la bonne parole … Et ça me fait penser que ça fait deux fois que je lis l’histoire de « la branche », et des « oiseaux », les chrétiens étant la branche, et les zoziaux les pauvres algériens… Forcément…C’est eux mêmes qui le disent, heureusement que vous êtes là, sinon, on serait obligés de se poser par terre…

      L’esprit colonial a la vie dure… mais non, c’est pas Godwin… ;-))

      Gavroche

      23 septembre 2010 at 10 h 28 min

      • ben je crois pas du tout que c’était de l’humour chez brassens. c’était un anar pas du tout engagé politiquement, contre tout ce qui l’emmerdait, flics, juges, etc., et toujours pour le voleur, mais sans plus, plutôt misogyne (note, quand on a écrit SATURNE, tout est pardonné), j’ose pas dire anar de droite, mais un petit peu quand même. mais… et alors ? on écoute pas ce qu’il dit, on écoute son oeuvre, et elle est bien au-delà de tout ça. c’est pour ça que l’art est magnifique. cf voyage au bout de la nuit de céline.

        c’est drôle, on peut toujours assister à un film depuis une kyrielle de points de vue.

        prenons le christ (pas jésus, donc) : il a foutu un bouzin effroyable en judée, il a créé un mouvement de brain-washés qui nous les cassent menu(e)(s) encore aujourd’hui, et il était totalement mégalo. un maniaco-dépressif en pleine phase de manie. mais il y est allé, il a pas fui comme on le lui demandait, comme socrate, comme tant d’autres : fuir, c’est ne pas accomplir l’oeuvre que constitue sa vie propre, c’est la renier, renier tout ce qu’on a dit et fait – et on sait à quel point être renégat à soi-même est ce qu’il y a de pire… pour certains

        brassens dirait : bof, je m’en fous, la vie est trop belle…

        et toi gavroche, tu vois ce qu’historiquement c’était : à la fois le fer de lance et l’effet secondaire du colonialisme.

        zozefine

        23 septembre 2010 at 11 h 01 min

      • D’abord je ne suis pas un geek, alors Godwin, je leur laisse leurs tics de pensée à tes geeks, hein. Si on ne peut plus évoquer le nazisme ou l’Occupation sans se prendre un Godwin dans la tronche, ça devient reloud non ?
        Moi j’y vois surtout de la malice dans cette phrase de Brassens (et même sur l’ensemble de sa chanson qui est une mise en garde contre l’aveuglement idéologique responsable de tant de victimes innocentes). En recherchant les paroles, je suis tombé sur un lien qui pose la même interrogation que moi et qui y répond avec plus de précision. Je me demande si le Tom, auteur de ce blog, n’est pas le même qui poste sur les forums d’@si.
        http://www.cheztom.com/reflexions-mourir-pour-des-idees-georges-brassens-article295.html

        julesansjim

        23 septembre 2010 at 11 h 13 min

      • elle dit « Godwin 😉 » … avec le clin d’oeil (dieu vainc) (hahaha)

        bon, que je meure pas idiote pour mes idées et si possible PAS de mort len-enteuh, c’est QUOI un dieuvainc, godwin ?????????????????????

        zozefine

        23 septembre 2010 at 11 h 19 min

  4. D’accord avec Zozéfine pour l’anarchisme du grand Georges. Sur le plan artistique c’est intouchable mais sur le plan politique c’est plus limité. Car l’anarchisme de Brassens, ou de Gainsbarre, ou de Coluche, ou de Brel, ce n’est pas l’anarchisme d’un Ferré, par exemple. Ferré n’est pas ambigu sur le plan politique, bien qu’anar, eux si. Peut-être parce qu’ils étaient avant tout individualistes, voire égotistes, du genre apolitique en fait ? Comme Tachan, qui dit dans une de ses chansons : « Dans mon parti je suis tout seul et s’est déjà l’bordel ! » Et si je prends un type comme Ferrat, il ne lui serait jamais venu sous la plume une phrase pareille, parce que lui croyait à l’engagement politique, à l’importance du combat politique, et donc au collectif.

    julesansjim

    23 septembre 2010 at 11 h 45 min

  5. et hélène martin, monique morelli, catherine sauvage, etc. etc., les femmes zaussi elles s’engagent, bon, pas anares, mais super engagées et le chantant, et des fois elles meurent pour des idées, cf hypathie, corday, etc. et gavroche, hein ? on oublie gavroche !

    je reviens sur ce que j’ai dit, parlant d’anar de droite un petit peu. en fait, c’est très injuste de soupçonner des artistes d’être de droite parce qu’ils ne sont pas engagés politiquement. tous ces mecs qui nous font rire ou sourire, pas engagés, ils sont avant tout engagés dans leur oeuvre, un certain égoïsme, individualisme, mais ça faiche un peu de dire d’un grand coup de manche que ça c’est de droite (donc mea culpa mienne). ce sont des désanchantés aussi, des cyniques, des déçus, gainsbourg qui était pas à la place qu’il aurait voulu (peintre), nino ferrer qui était pas aimé pour ce qu’il aimait lui, et tant d’autres. même je me demande si mon dieu personnel et absolu, reiser, était engagé politiquement… j’ai comme l’impression que pas.

    j’ai un pardon infini pour les créateurs qui m’aident à prendre de la distance, parce qu’ils me proposent une matrice (vide) que je peux utiliser pour penser le monde. qu’ils soient pas clairs niveau politique, ma foi, ils liassent ce discours engagé à celles et ceux qui peuvent le tenir. être résistant, c’est aussi donner les conditions de possibilité aux autres de le devenir.

    zozefine

    23 septembre 2010 at 12 h 10 min

  6. @ Juléjim :

    Bon, j’ai fait un peu de provoc, je sais parfaitement que tout comme moi, tu n’es pas un geek… Quand au machin Godwin, le but était justement de démontrer que chaque fois qu’on évoque la seconde guerre mondiale, par quelque biais que ce soit, on y a droit…

    Cela dit, ça veut dire quoi « mourir pour des idées » ?
    ça veut dire en clair, prendre un fusil pour aller dégommer Sarko et sa bande, ou faire sauter la préfecture, ou un commissariat, par exemple… Outre que cela ne servirait à rien, qui est prêt ici à aller jusque là, et à « prendre le maquis » à part derrière son clavier, ce qui est nettement moins fatigant ?

    Brassens est plus lucide que nous, il tourne tout ça en dérision. Nous sommes d’ailleurs tous en train de mourir pour nos idées, et de mort lente, justement…

    Gavroche

    23 septembre 2010 at 13 h 49 min

    • Ce que j’aime bien dans le texte de Tom (voir le lien plus haut) c’est qu’il retourne la phrase : « Et vivre pour des idées ? ». Mourir pour des idées ce n’est pas inéluctablement opter pour une forme de suicide en versant dans la violence terroriste, ça peut en effet être capable de vivre pour ses idées/convictions, jusqu’au bout.
      « Ce qu’on appelle raison de vivre est en même temps une excellente raison de mourir. » (Albert Camus)

      Tu vois ce que je vois ?

      julesansjim

      23 septembre 2010 at 16 h 58 min

  7. La critique, et votre conversation me laisse fort perplexe: le thème du film, les critiques, certains acteurs (Wilson et Lonsdale mais aussi Laudenbach) m’attiraient mais… j’ai vu la bande annonce, et là, c’est plus fort que moi, j’ai une véritable allergie je crois, à tout ce qui ressemble à du rituel, de la communion.
    T’énerve pas Jules, je comprends que c’est une réaction bête et pas raisonnée, mais je crois qu’il est au-dessus de mes forces de m’immerger 1h30 ou 2h dedans…

    florence

    23 septembre 2010 at 16 h 11 min

    • Je ne suis pas énervé, je comprends, c’est d’ailleurs à une possible réaction de ce type que je pensais lorsque j’ai écrit : « Car on peut tout aussi bien rejeter tous ces rituels religieux dont le récit est parsemé : chants, prières, messes, exégèses… autant de « bondieuseries » que tout athée ou agnostique qui se respecte ne peut que jeter aux orties ! Moi le premier ! »
      Tu n’es pas obligé de me faire totalement confiance mais si c’est à cette vision que conduit la bande-annonce alors, à mon avis, elle est mauvaise. Le film, lui, est à voir, je pense.

      julesansjim

      23 septembre 2010 at 16 h 51 min

    • Comme Jules l’a dit, il n’y a aucun prosélytisme, aucun parti pris religieux. C’étaient des moines, certes. Ils vivaient dans un coin reculé de la Kabylie, certes, en bons « colonialistes »…
      Sauf que le film est exent de toute hiérarchisation dans les rapports, aucune condescendance… et puis on les voit faire leur boulot (tu sais, betula)! Et leur boulot, c’est de se consacrer à un amour imaginaire (pour nous) et d’aimer les autres. Ce ne sont pas des surhommes, certains ont la trouille…
      Donc Gavroche et Florence, moi j’vous dis un truc : vous avez des à-prioris pis voilà ;o))…
      Mais c’est pas grave si vous n’allez pas le voir. Vous allez rater quelquechose à mon avis. ;o))

      clomani

      23 septembre 2010 at 19 h 27 min

      • Je sais bien! En fait ce n’est même pas des a priori, ces quelques scènes entrevues, ce silence, ces uniformes, riez pas mais ça m’oppresse d’un coup, j’ai l’impression de voir un camp.
        C’est grave, docteurs?

        florence

        23 septembre 2010 at 19 h 34 min

  8. Hum, pas touche à tonton Georges!
    Anar libertaire, plutôt patriarcal certes,un peu à la Barjavel en moins mythologisant, mais pas tant que ça, surtout à comparer à Brel et Ferré, carrément miso, eux, lors de la fameuse itw à 3.
    (et croyez moi, je suis sensible au pbme hahahaha)
    Il fut prisonnier, et sa façon de résister n’était certes pas dans la flamboyance.
    L’humour et le rire font s’effondrer les hiérarchies et les balais dans le Q, et c’est bien là qu’il se plaçait.
    Mais il avait ses révoltes, sauf que comme il les disait bien, on a tendance à trouver, maintenant, que le ‘bien dire’ est suave et mou, alors même qu’à l’époque ça détonnait sérieusement et que toute personne un peu sensible à la langue comprendra bien la part de colère qui se trouve dans ses textes.

    mebahel5

    23 septembre 2010 at 19 h 13 min


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