LES VREGENS

DSK, encore…

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Ben oui, je sais, j’insiste. DSK, encore, me direz-vous. Je vous fiche mon billet (d’humeur) qu’il sera le « candidat de la gauche » en 2012.

Vous l’aurez sans doute remarqué, ça fait quelques mois qu’y’a plus grand monde, même à droite, même chez les patrons, qui croit encore à notre leader minimo, il est grillé, le gonze, en France, et ailleurs, tout le monde se fout de sa gueule, et de la nôtre aussi, au passage, pour avoir porté au pouvoir un comique de cet acabit…

Il faut donc trouver un nouveau poulain… Une campagne, ça se prépare, hein.

ET VOICI LE PRESIDENT QUI EST BEAU, LE PRESIDENT QU’IL NOUS FAUT…

Tour d’horizon récent de quelques « unes » de la presse déchaînée, même (et surtout), de droite :

  • Le Point du 25 mars (après les régionales) : « La tragédie de Sarkozy »… Ben oui, le chef fait la gueule, vu la méga baffe qu’il vient de se prendre. Le journal écrit : « Beaucoup de ses anciens électeurs ne le supportent plus… »
  • La semaine d’après, toujours dans le Point, qui qu’on voit en une du même journal, ce bon DSK, qui lui, est tout sourire … Et le Point titre « le cas DSK » … « ses secrets pour 2012 » … « le grand argentier de la planète »… etc…

Mais c’est dans toute la presse qu’on commence gentiment à dégommer le chef… Marianne, et même l’Express s’y mettent (pourtant Barbier est un pote de Carlita, y paraît, dis moi qui sont tes amis….)

Exemples :

« L’affaire de trop » (l’Express 30 juin)

« Sarkozy déboussolé » (l’Express, 7 juillet)

« Est-il si nul ? » (le Point, 17 juin)

etc…

On se prend même à rêver dans la presse droitière d’un président un peu moins tocard, un peu moins clinquant, genre le très propre sur lui et bien terne François Fillon, qui, comme par hasard, vient d’avouer la semaine dernière, que, finalement, même s’il l’a fermée depuis trois ans, Sarkozy « n’est pas son mentor »… Faut pas déconner non plus, on va pas soutenir un looser…

Et dans les sondages, dont tout le monde connaît le sérieux et la probité, DSK devient soudain « la seule personnalité politique que plus de la moitié des français jugent capable de changer les choses… » (la Tribune, avril 2010)…

Autres exemples :

« Pour 2012, la gauche préfère DSK » (le Figaro)

« Ne se sent-il pas pousser des ailes de géant ? Strauss Kahn, maître du globe » (Paris Match … Là, c’est carrément du Rimbaud…

Car soudain, l’indispensable DSK apparaît, comme une évidence … mais pourquoi cet engouement pour un homme politique censé être à gauche ?

Petit retour en arrière pour ceux qui ont la mémoire courte :

En 1991, DSK était avocat. Il aurait pu défendre les pauvres, mais ça ne rapporte guère, la solidarité et l’humanisme, même chez les gens étiquetés à gauche. Cette année là, il va épouser Anne Sinclair, la journaliste la mieux payée de France, et accessoirement, ce qui ne gâte rien, riche héritière… Alors, du coup, il commence à fréquenter « l’élite » de notre beau pays, les Sarkozy, les Minc, les Badinter (enfin surtout l’actionnaire principal de Publicis, hein) et tous les grands patrons du CAC 40. Plus question dès lors d’aller marner à l’université pour 22 000 misérables francs par mois…

En 1993, alors ministre délégué à l’industrie et au commerce extérieur du gouvernement de Jospin, il crée le « Cercle de l’industrie », avec tous les patrons du CAC 40, dont Owen Jones (l’Oréal), Louis Schweitzer (Renault), et même le « frère » de notre actuel grand chef, Vincent Bolloré… Ces braves gens vont se rencontrer régulièrement, pour causer « affaires ».

Et tout ça va évidemment laisser des traces… Parce que DSK va devenir le « grand argentier » en France, sous un gouvernement « de gauche » …

  • En 1999, c’est lui qui va brader l’aérospatiale au privé … Ses potes Jean Luc et Arnaud Lagardère furent ravis de l’aubaine… Eh oui, une très bonne affaire, car en cinq ans, les dividendes vont augmenter de 70 %… Les salariés, eux, vont entendre une autre chanson, en 2006, c’est « Power 8 », et 10 000 emplois délocalisés…
  • 1999 toujours : C’est aussi lui qui va « restructurer le secteur financier », en français, ça s’appelle privatiser : « Après le GAN, le CIC, la Marseillaise de Crédit et le Crédit Lyonnais, c’est au tour du CCF… L’Etat s’est débarassé de la dernière banque publique. » (Libération, juillet 1999).

On a vu ce que ça a donné il y a deux ans, c’est avec notre pognon que les Etats ont « renfloué » les banques en faillitte…

  • C’est simple, pour le journal « les Echos » de cette époque, notre ami DSK est « le plus grand des privatiseurs » :France Télécom, c’est lui, Thomson, Air France aussi … dans le Monde, on lisait en novembre 1998 « Lionel Jospin privatise plus que Alain Juppé… »

Pour France Télécom, on a vu aussi ce que ça a donné, atteint de la folie des grandeurs, et libéré de la tutelle de l’Etat, son pédégé rachète Orange pour 50 milliards d’euros, et devient l’entreprise la plus endettée du monde… Heureusement, les contribuables étaient là pour remettre au pot. En attendant, les suicides se poursuivent.

  • DSK va aussi devenir le « conseiller » de Jospin… « Réaliste » et « pragmatique », le DSK,  hélas, trois fois hélas, on voudrait bien laisser quelques miettes aux pue-la-sueur, mais on ne peut pas, bref, il n’y a pas d’autre solution… Que d’accepter la mondialisation libérale. Et d’ailleurs, en 2002, le slogan de Lionel Jospin pour sa campagne était : « Mon programme n’est pas socialiste »… On ne saurait être plus clair, et les salariés de Lu et de Moulinex, bien oubliés aujourd’hui, s’en sont rendus compte aussi, merci pour eux.

Autre grand copain de DSK, Denis Kessler, ex maoïste, ex cédétiste, et aujourd’hui n° 2 du MEDEF… Voici ce qu’écrivait M. Kessler, le 4 octobre 2007, dans le magazine « Challenges », dont il était éditorialiste :

« La cohérence du projet sarkozyste, c’est « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance »

« Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme… A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! Désavouer les pères fondateurs n’est pas un problème qu’en psychanalyse. »

Pour info, Denis Kessler, ça ressemble à ça :

Sympatoche, non ?

Et j’en termine sur ce DSK racontait sur les retraites, en mai dernier :

« Si on arrive à vivre 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans, il va bien falloir d’une manière ou d’une autre que ça s’ajuste. Dans beaucoup de pays, c’est la voie qui est choisie. »

Si vous aviez encore un doute, vous voilà fixés…

Et pour lire le dossier complet sur l’homme providentiel évoqué ci-dessus, lisez le journal Fakir de septembre … C’est François Ruffin qui l’a écrit, et c’est vachement bien.

Et abonnez-vous, ils ont besoin de pognon.

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Written by Gavroche

27 septembre 2010 à 11 h 38 min

5 Réponses

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  1. Nan alors là chuis plus d’accord Nat ! avec la tronche de Kessler en plus, c’est carrément flippant ton billet là !

    Pitié ! Pourquoi tu nous fais pas un super truc optimiste et tout sur Méluche hein ? pourquoi ?

    julesansjim

    27 septembre 2010 at 18 h 19 min

  2. C’est vrai que j’ai fait fort… ;-))

    Quant à Kessler, rien que d’imaginer qu’il a une femme et sans doute des enfants …. Brrr … Ils se reproduisent, en plus…

    Je m’demande comment fait sa femme quand… BEUARK… !

    Bon, je sors…

    Gavroche

    27 septembre 2010 at 19 h 46 min

  3. Kessler, il a la tronche du mec qui dit à sa femme le dimanche soir : « Et si tu m’faisais une petite inflation ma chérie ? »

    Allez, je sors avec toi Nat, mais en tout bien tout honneur hein ?

    😉

    julesansjim

    28 septembre 2010 at 14 h 57 min

  4. […] Bon, d’accord, on n’est pas du tout certain que toutes ces belles promesses (électorales) seront appliquées, puisqu’à l’arrivée, le candidat officiel « y apportera sa patte ». Et même sa sale patte, suivez mon regard… […]

  5. […] Eh oui, le temps passe, je vous en parlais déjà en septembre … 2010. […]


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