LES VREGENS

Octobre 2010 : nos enfants vont à l’école, mais où va l’Ecole de nos enfants ?

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J’ai d’abord hésité, puis retardé la publication du billet ci-dessous. Hésité, parce que, depuis mon départ en retraite de l’enseignement, j’ai peu à peu ressenti une lassitude (due à un sentiment d’impuissance surtout) devant le spectacle affligeant de l’évolution des choses de l’école, d’une part, et la cacophonie assourdissante des débats que la question scolaire, toujours plus urgente et brûlante, suscitait ici et là, d’autre part. Retardé, en raison de l’actualité sociale peu propice à une réflexion sur le fond des choses lorsque l’heure est à l’action revendicative, ô combien justifiée et nécessaire !

Bien que désormais « sorti de l’école » je reste malgré tout toujours attentif et sensible à ce qui s’y passe.  En lisant et en m’exprimant ponctuellement sur le sujet, essentiellement. Tout en étant vigilant, lorsque je réagis et exprime mon avis dans un commentaire sur la Toile par exemple, à ne pas prendre une posture de donneur de leçon. Posture qui m’agace chez les autres et dont j’essaie de me garder, autant que possible. D’où cette introduction en forme de précaution oratoire.

Voici donc le problème que je souhaiterais soumettre à l’avis des vrégens de passage par ici. Depuis une dizaine d’années, de l’école préélémentaire (dite « maternelle ») au lycée, en se focalisant sur les savoirs, les contenus d’enseignement et les procédures d’évaluation (au détriment des comportements, des démarches d’apprentissage, de la fonctionnalité des apprentissages… sans doute exagérément pris en compte jusqu’ici), l’enseignement et les pratiques pédagogiques semblent emportés inexorablement par une sorte de dérive techniciste qui pourrait, à terme, en faire oublier les finalités profondes : à quoi sert tel ou tel savoir appris, sert-il effectivement, doit-il servir à quelque chose ? et quel citoyen l’action conjointe de la famille (pour la part éducation) et de l’école (pour la part instruction/formation) vise-t-elle à construire à terme ?

C’est en toute modestie que je propose ces quelques questions à la réflexion et, éventuellement, au débat, car d’autres que moi, bien plus experts, s’emploient à y revenir depuis de nombreuses années, militants infatigables d’une « éducation nouvelle », artisans inlassables d’une « école moderne » plus équitable et plus efficace. Pour ceux qui auraient la curiosité et le temps de s’y arrêter, voici quelques éléments d’analyse et de réflexion, glanés sur quelques sites ou blogs que je visite encore régulièrement :

le texte de rentrée d’Eveline Charmeux qui interroge la notion de « compétence » (terme au fort taux d’employabilité, tellement il est flexible en se prêtant aux  interprétations les plus contradictoires !).

– la réaction de Daniel Calin à tout ou partie du texte d’Eveline, citant à son tour un texte fameux de Sylvain Grandserre, (texte publié en 2007), l’un des principaux représentants et animateurs actuels, en exercice, de la pédagogie Freinet à l’école élémentaire.

– enfin, si c’est encore tenable, j’invite à lire le long commentaire de Laurent Carle, sous le billet initial d’Eveline qui, à sa manière toujours incisive et très engagée, remet quelques pendules à leur juste place.

– un entretien en 3 volets du formateur André Ouzoulias, interrogé par Luc Cédelle sur son blog « Interro écrite ».

Pour ma part, je ne voudrais pas avoir l’air de me défiler, aussi, j’achèverai ce billet en précisant que j’adhère globalement aux orientations et analyses que ces différentes contributions proposent à la réflexion de tous.

* dernière minute : j’ai vu il y a quelques jours sur Canal+ une jeune ex-prof de lettres, auteur d’un livre témoignage intitulé « L’école de la honte ». Je n’ai évidemment pas encore eu le temps de lire son livre mais sa présentation donne envie car elle ne semble pas avoir écrit guidée par l’amertume ou la nostalgie.. Juste tenter de dire et décrire l’inacceptable, à ses yeux, et, à terme, l’invivable. Pour elle. D’où sa démission.

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Written by Juléjim

2 octobre 2010 à 11 h 43 min

Publié dans Société

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11 Réponses

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  1. Je n’ai pas encore lu tout ça, mais en attendant, j’observe et je m’interroge:
    Il y a qq années, le grand truc au lycée, c’était « donner du sens », l’inter-disciplinarité, faire des ponts. D’où la création des Travaux Personnels Encadrés, sortes de petits mémoires, menés sur un semestre, guidés par 2 profs.
    L’inter-disciplinarité est toujours là (bien que mon correcteur ne semble pas reconnaître ce mot) mais avec une logique très exactement inverse: pas relier, mais fractionner toujours plus, en petites unités type « savoir faire ci, savoir faire ça ».

    florence

    2 octobre 2010 at 16 h 28 min

  2. L’histoire de la pédagogie et/ou de la didactique est riche en bonnes idées devenues fausses-bonnes idées à force de dérives et de déformations/trahisons dans leur application pratique. J’ai cru comprendre que les TPE en sont un exemple (Meirieu s’est fait flinguer à cause de ça, notamment) pour le secondaire et en élémentaire, niveau que je connais le mieux, les exemples font florès : le texte libre, les maths modernes, le tiers-temps pédagogique, les BCD, la tortue logo etc…

    Comme si une idée n’était bonne qu’au stade expérimental, puis, bonne … à jeter à un certain niveau de généralisation. Démoralisant non ?

    julesansjim

    2 octobre 2010 at 18 h 45 min

  3. que de réflexions suscitent ton texte et les liens indiqués !!! tu imagines, comme prof de FLE et didacticienne chercheuse en FLM, j’ai la tête qui explose. malheureusement, je n’ai plus été irriguée par ces débats depuis une bonne 10aine d’années et j’ai perdu largement « les mots pour le dire » ! j’irai probablement et plus largement commenter sur le forum.

    en attendant, une chose me fait rire avec charmeux : lorsqu’elle dit :
    « Ce qui est proposé ici signifie simplement faire fonctionner la métacognition, indispensable à la compréhension et donc à la maîtrise. Et comme celle-ci ne peut s’effectuer qu’en langue maternelle (Comment pourrait-on réfléchir dans une langue que l’on est en train d’apprendre ?) il faut bien que ce moment existe dans la leçon, pour qu’on puisse échanger sur ce que l’on découvre, ce que l’on a entendu, ce que l’on a cru comprendre, et comment on l’a compris. Sans cet échange, il ne peut y avoir aucun apprentissage véritable. »
    car elle rend impossible de fait ce que j’ai pratiqué, le FLE, pendant une 10aine d’années.

    ensuite, elle nous fait une fixette sur l’accent. mais on s’en fout de l’accent, si celui-ci ne crée pas de confusion phonologique dans la langue cible. les élèves asiatiques ont des difficultés à distinguer les /r/ des /l/, et là, c’est un vrai problème, car l’interlocuteur aura du mal à distinguer « balle » de « barre ». mais j’ai eu souvent des apprenants qui étaient incapables de prononcer nos élégants /r/ grasseyés, et qui les roulaient comme des fous. so ouate ?? ça gêne pas la compréhension, et s’ils veulent vraiment faire les puristes, ils corrigeront tout ça « à l’usage ». sinon, tant pis.

    mais que charmeux fasse cette fixette sur un truc en grande partie secondaire (au lieu de s’angoisser comme il faudrait sur la syntaxe, et un peu sur le vocabulaire), ça montre bien un léger malaise.

    pour calin : « La finalité de tout enseignement (même « professionnel » !) n’est pas que pragmatique. Ces finalités pratiques ne prennent leur pleine signification qu’en s’intégrant au processus global d’humanisation qui est ou devrait être la finalité ultime de tout enseignement comme de toute éducation. »
    vraiment, je sais pas. le « processus global d’humanisation » ?? sous-entendu sans ça (enseignement/éducation) on n’est pas humain ? j’ai vraiment du mal. qu’on me parle socialisation, je veux bien, mais « humanisation »…je trouve inquiétant comme réflexion.

    carle : quant à l’enseignement de la lecture/écriture, il faudrait dire une bonne fois pour toutes qu’il devrait être à la fois syllabique et global, et que c’est ce que font (ou du moins faisaient « de mon temps ») bon nombre d’enseignants dans le secret de leur alcôve surpeuplée. pour moi, il y a pas une « bonne » méthode car il y a une multiplicité d’élèves dont les voies de la compréhension, de l »insight », sont tout aussi multiples. moi j’ai appris syllabiquement, et un jour, ça a été l’illumination : « bou/che/rie – bou/lan/ge/rie » et je trainais ma mère dans la rue pour tout tout tout lire. je suis pas un exemple, juste une de celles et ceux pour qui la méthode syllabique a fonctionné. mais des gosses « pigent » mieux par la méthode globale.

    pour la recherche d’une meilleure pratique enseignante, faut être très empiriste, je crois, et travailler vraiment comme les didacticiens des maths, qui ne disent rien avant d’avoir absolument tout observé et tout décrit dans la classe avant de proposer quoique ce soit. ce qu’hélas les préoccupés du français ne font pas toujours.

    sinon, ils sauraient que le français dans des classes où 23 sur 25 mômes ne sont pas francophones (j’ai vu ça bien plus que souvent à genève), ben ça serait plus efficace (et plus ludique) de l’enseigner comme une langue seconde que comme une langue maternelle.

    zozefine

    2 octobre 2010 at 20 h 26 min

  4. « que de réflexions suscitent ton texte et les liens indiqués !!! »

    Oh « mon texte » n’est là que pour teaser les textes des autres.

    Je te réponds en rafale à quelques-unes de tes remarques ou réactions.

    1- Charmeux : Eveline Charmeux a été une grande dame de la recherche en éducation nouvelle. Et elle a été une chercheuse de terrain, bien des enseignants et des militants peuvent en témoigner. C’est aujourd’hui une respectable octogénaire qui s’accroche d’autant plus au présent en prenant appui sur son passé qu’elle a perdu son compagnon l’an dernier. Et que c’est dur, très dur, même lorsqu’on est entourée comme elle l’est. Tu me diras c’est pas une raison pour écrire tout et n’importe quoi sur un blog ! d’accord.
    Cela dit, concernant l’importance de la métacognition dans l’apprentissage, quel qu’il soit, tu ne peux pas en nier la nécessité, sous prétexte que ce serait plus difficile avec certains publics qu’avec d’autres !
    2- A propos de l’accentuation dans l’oralisation, je pense que tu interprète mal ce qu’elle dit, même si elle le fait de manière insistante. Charmeux fait partie de ces pédagogues qui considèrent que la compréhension et la construction du sens en lecture ne dépendent pas du passage par l’oral (ou la voie indirecte), même si c’est complémentaire comme dans la lecture à haute voix ou quand le lecteur parle de ce qu’il a lu.

    3- Calin : son histoire d’humanisation, je ne comprends pas la même chose que toi, je pense qu’il veut dire que dans un processus de formation si ce que l’on vise ce n’est pas un individu automate ou robotisé mais un citoyen doté de valeurs humaines (ce qui va d’ailleurs grandement faciliter sa socialisation), il faut prendre garde aux caractéristiques des situations (d’enseignement ou non) dans lesquelles se construisent les apprentissages. Moi je pense aux travaux de Vygotsky quand je lis ça. Et du coup ça ne m’inquiète pas, ça me réjouit 😉

    4- quant à cette trop récurrente histoire de syllabisme et de global, qu’il faudrait couper la poire en deux et le problème serait réglé, d’ailleurs il l’était il y a 50 ans, pourquoi diable l’a-t-on ressorti de sa boîte ? C’est une vaste blague, pour ne pas dire une escroquerie intellectuelle. Et là c’est l’instit qui a enseigné au cp et au ce1 en ZEP pendant 15 ans qui parle, puis en mater pendant 20 ans (toujours en zep). J’ai de quoi faire un cycle de conf de 4h pendant un an là-dessus, alors je fais très court.

    Si des chercheurs, à la fin des années 60, ont observé, interrogé puis critiqué de près les pratiques d’enseignement de la lecture/écriture des praticiens de l’époque c’est justement parce que ceux-ci n’arrivaient à former que 12 à 15% de lecteurs effectifs (ceux qui étaient alors autorisés à passer en 6e), les autres , TOUS les autres n’étant au mieux que des déchiffreurs véloces, au pire des déchiffreurs bornés, incapables donc d’entrer dans des textes du niveau de complexité écrite requise pour une formation scolaire secondaire.

    Le problème ce n’est pas syllabisme ou pas, globalisme ou pas, ni les deux mon général, le problème c’est le dosage entre la maîtrise des aspects grapho-phonologiques et celle des processus d’élaboration du sens par identification visuelle, anticipation sémantique, inférence etc… Autrement dit, qui pilote le processus de lecture, le code ou le message ? La différence décisive se joue là : chez les bons lecteurs on observe que c’est le message qui pilote (d’où d’ailleurs par voie de conséquence, une bonne maîtrise du code) et chez les mauvais, l’énergie déployée à résoudre les multiples chausse-trappes du grapho-phono, donc l’entrée par le code, plombe l’efficacité lexicale, syntaxique, sémantique, bref la compréhension.
    Je précise que le mot « global » n’est guère pertinent dans le débat, il n’ y a pas à proprement parler de saisie globale d’un mot ou d’un groupe de mots en lecture puisque même l’œil du lecteur très performant fonctionne par sauts successifs (fixations)ultra-rapides.
    Bref, « on » ne faisait pas mieux avant sur ce plan comme sur d’autres, cela dit, les difficultés de différentes nature se sont accrues aujourd’hui, et l’on ne sait toujours pas former plus de 30 à 40% de lecteurs véritables dans une classe d’âge (ce qui est déjà considérable si l’on regarde le verre à moitié plein). En outre, au bout de la chaîne, c’est carrément l’illettrisme pour près de 20% !

    julesansjim

    3 octobre 2010 at 11 h 05 min

  5. salut julesansjim
    je te réponds au fil du fil

    charmeux : attention on est dans le contexte de l’enseignement des langues étrangères en france. je sais que c’est une grande, je l’ai beaucoup lue, citée et utilisée, mais elle vient du FLM si je me rappelle bien, et le FLM n’a aucune idée du FLE. donc elle dit, je cite texto, et tu verras que je ne me trompe pas (j’ai réécrit en majuscules la « preuve » qu’elle parle bien de la prononciation et en langue étrangère):

    « En langue étrangère, l’oral est infiniment plus difficile que l’écrit.
    Le grand linguiste Claude Hagège — notamment dans son ouvrage « L’enfant aux deux langues » —, explique pourquoi, en rappelant comment fonctionne le cerveau, par rapport aux SONS du langage, et comment passé dix ans, pour un enfant, les SONS étrangers à sa propre langue ne sont plus ENTENDUS comme tels et automatiquement assimilés à ceux qu’il connaît. Ce qui rend très difficile une PRONONCIATION satisfaisante.
    A cela s’ajoute, passé cet âge, le sentiment d’être ridicule, quand on PRONONCE autrement, avec un autre RYTHME, une autre manière d’ACCENTUER LES MOTS. Ce sentiment que chacun connaît bien, contribue à bloquer le travail de l’oral dans une langue étrangère. Il est donc indispensable de le prendre en compte dès qu’on a des élèves de plus de dix ans, au lieu de chercher à le faire disparaître de force. Et la conséquence est que, si l’on a des élèves qui savent lire dans leur langue, l’on doit toujours travailler sur oral et écrit ensemble. »

    ce à quoi je disais : pas être trop maniaque, du moment qu’il n’y a pas confusion (/r/ – /l/ = confusion possible; /r/ – /rrrr/ = pas de confusion possible) et en plus reprendre tout le temps la prononciation/accentuation ça bloque complètement. mieux vaut mettre le paquet sur la syntaxe. après, la décoration (lexique, prononciaton), on ajoute quand on peut SI on veut.

    pour la métacognition, j’ai même écrit un article là-dessus, je vais pas me tirer une balle dans le pied et c’est pas ce que je contestais. mais affirmer que le travail métacognitif dans la classe de langue étrangère doit se faire dans la langue maternelle (donc ici en français), c’est rendre DE FAIT impossible ce que moi j’ai fait, l’enseignement du FLE à des étrangers qui n’avaient pas de langue commune autre que le français – et moi, je ne parle pas pachtoune, kwa, mandarin, etc. donc la syntaxe et le lexique c’était AUSSI dans la langue cible, le français qu’ils étaient justement en train d’apprendre. OR, Ô merveille ils apprenaient le français, grammaire et voc. donc ou j’ai rêvé, ou ce qu’elle dit (et un bon nombre de ses pairs) est FAUX.

    l’humanisation : je pense qu’à ce niveau-là de compétence, pouvoir universitaire, visibilité/audibilité, on mesure chaque virgule et chaque mot : il dit bien humanisation, et n’importe qui peut comprendre qu’un être humain qui n’est pas passé par la malaxeuse éducative/enseignante n’en est pas un, cf les pygmées ou les aborigènes australiens ou certains papous, encore à l’âge de la pierre taillée, ne sont pas humains. comme la plupart ont des cultures mentales (et non techniques) aussi complexes que les nôtres, je dirais qu’ils sont même plus qu’humains. pourtant pas d’écriture, de géométrie, ni de 4X4…

    l’enseignement de la lecture/écriture : d’abord je crois que c’est DIFFICILE de lire; ensuite qu’on prend pas assez de temps en classe pour le faire; ensuite qu’il faudrait partiellement dissocier écriture et lecture; ensuite qu’il faudrait enseigner aux instits non seulement les 2 méthodes, mais plein d’autres et leur donner une méthodologie pour les enseigner : c’est le boulot de la didactique du FLM qui est simplement en train de se faire éraser de la surface des programmes universitaires.

    concernant l’illettrisme, qui n’est pas l’analphabétisme, moi, je veux des enquêtes à la goigoux et une analyse sociologique sur le long terme, sinon j’achète pas.

    voilà. à part ça tu devais être un bon prof.

    zozefine

    4 octobre 2010 at 17 h 16 min

    • je reviens à cette histoire de métacognition :

      en fait je ne sais pas si elle se passe « en langue ». probablement que pour mes apprenants en FLE, à un moment, ils faisaient la comparaison avec leur langue maternelle : s’il y a beaucoup de correspondances (comme pour un apprenant espagnol ou italien ou roumain), alors une bonne partie est faite. si la langue maternelle a peu de structures similaires (comme le chinois, réputé comme langue « sans grammaire »), la route est difficile.

      je crois que ce qui aide vraiment les apprenants, c’est d’avoir connaissance de leur propre grammaire. d’avoir une idée de ce qu’est la grammaire, le lexique, syntagmes/paradigmes.

      ici, je prends des cours de grec. les albanais apprennent à parler correctement (donc grammaticalement) en 6 mois quand moi j’ai mis 4 ans à avoir leur niveau. et pourtant c’est pas leur niveau d’éducation scolaire qui les aide, ils sont à peine alphabétisés. par contre j’écris sans faute d’orthographe et eux sont incapables d’écrire…

      un bengali est arrivé non scolarisé du tout. à son arrivée, il a dû apprendre même à tenir le crayon sur le papier. mais paradoxalement, alors qu’il ne sait pas lire et écrire dans sa langue, il a été alphabétisé en grec, et l’écrit et le lit très bien…

      alors la métacognition… il y en a, c’est sûr… mais ses voies à mon avis sont encore bien mystérieuses.

      zozefine

      4 octobre 2010 at 17 h 53 min

  6. « concernant l’illettrisme, qui n’est pas l’analphabétisme, moi, je veux des enquêtes à la Goigoux et une analyse sociologique sur le long terme, sinon j’achète pas. »

    Tu sais que je l’ai côtoyé quelques années le Roland au sein de l’AFL, dans les années 80/90 ! Il venait des CEMEA je crois bien et nous avons été plus d’un à penser que la relève top niveau de la recherche en lecture devrait compter avec lui. Et puis le débat théorico-scientifique absolument nécessaire a tourné en eau de boudin égotico-idéologico-polémique. Goigoux a quitté l’AFL(*), s’est fâché avec Foucambert (et/ou a tué le père ?) … et s’est finalement fait parrainer par Richaudeau et… Bentolila pour sa thèse de doctorat.

    Peut-être un gars trop « gentil » dans ce monde de brutes et de requins qu’est la recherche universitaire ?

    (*) des recherches longitudinales alliant le linguistique, le psychologique et le sociologique, dieu sait s’il y en a eu durant la décennie 80 ! Au point qu’il y a eu comme un ras-le-bol de la lecture de la part des praticiens de terrain, à un moment.

    julesansjim

    5 octobre 2010 at 13 h 57 min

  7. ah, julesansjim, alors là ça me fait vraiment de la peine… goigoux pote avec richaudeau et BENTILOLA ?????????????????? après avoir « tué » foucambert ? mais quelle horreur et quelle tristesse ! ce type était tellement, mais tellement doué !!! brillant, ouvrant des pistes en masse, une méthodologie de recherche géniale… mais « gentil » oui, dans ce panier de crabes qu’est la recherche uni. c’était un peu le rêve à genève, de l’avoir avec nous. mais en une période où la chaire de piaget soi-même a été purement et simplement supprimée, tu imagines les budgets.

    en fait, moi c’est plutôt avec les gens de la didactique française des maths que ça allait bien, et malgré quelques réserves, le père brousseau, c’est chapeau.

    dans le fond, tu sais quoi, on se connait peut-être, on s’est peut-être rencontrés, je bossais avec schneuwly et je suis allée à pas mal de conférences où goigoux était.

    zozefine

    5 octobre 2010 at 15 h 54 min

  8. Toi à Genève, moi en Ile de France… Goigoux entre Clermont-Ferrand et Paris… mouarf… on peut s’être croisés en effet mais où et quand ???

    Notre échange m’a fait me souvenir d’une camarade militante sur Grenoble, elle a fait FLE à une époque, elle aussi, dans les années 80/90.

    ************************
    Pour en revenir à Goigoux, indépendamment de sa relation devenue conflictuelle (sur le plan personnel) avec Foucambert, le Commandeur, il est clair qu’il avait plus de chances de se placer à l’université avec des « parrains » nommés Richaudeau et Bentolila que même un autre « gentil » comme Fijalkow par exemple. Cela dit, oui, je suis bien d’accord avec toi, Richaudeau passe encore, mais Bento!?!? le mec qui a osé traiter les illettrés « d’autistes sociaux » !!! Oups…

    julesansjim

    6 octobre 2010 at 10 h 55 min

    • à grenoble je connais sandra can/tre … ? c’est simple, j’étais assistante de schneuwly, grand spécialiste de vygotski, donc si tu l’as vu/entendu, il y a des chances que j’aie été dans les parages.
      même richaudeau, leur mise à l’index tellement dingue de la lecture à haute voix, quasi l’interdiction papale. ouiiiiiiiiii, fijalkow…je l’avais oublié. c’est terrible, je suis hors course depuis tellement longtemps. quant à bentolila, il y a pas de nom pour le traiter comme il mérite, et leur observatoire de la lecture (plus sûre que ça s’appelait comme ça tout d’un coup, mais justement, le lieu des « autistes sociaux » – quel con !) est une vraie usine à préjugés. lamentable.

      zozefine

      6 octobre 2010 at 12 h 46 min

      • « à grenoble je connais sandra can/tre … ?  »

        Nan, moi c’est une Claudie H***L. Elle faisait partie de la bande de la Villeneuve, galerie de l’Arlequin, école du Lac, école des Charmes, toussa toussa…

        Tiens, un p’tit jeu pour toi ; sauras-tu trouver mon clin d’œil dans cette référence bibliographique ?

        La Villeneuve de Grenoble : écoles en rupture, collectif, Syros, collection contre-poisons, 1981

        😉

        julesansjim

        6 octobre 2010 at 15 h 36 min


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