LES VREGENS

Un morceau d’histoire oublié

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Je viens de découvrir le très joli film de Paul Carpita « Les Sables Mouvants » suite à l’article de Gavroche.

Il se déroule en Camargue, ce magnifique delta du Rhône ou l’activité des autochtones se partage entre l’élevage de chevaux et taureaux et  la riziculture. Tout le monde sait que le riz de Camargue est un des meilleurs du monde, mais peu de gens connaissent son histoire.

À l’automne 2009  j’ai passé un weekend dans un gîte d’une grande propriété agricole gérée par un couple d’amis, au bord du petit Rhône près des Saintes.

L’activité du domaine s’est essentiellement tournée ver la culture du riz au fil des décennies. Le copain qui s’occupe des terres, parle avec passion de son métier et de l’implantation de la culture rizicole qui, avec le tourisme, a considérablement enrichi la région depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Mais lui-même passe sous silence une partie de cette histoire un peu par ignorance et un peu par honte. Le sujet est tabou dans le coin. Car le riz y a été implanté avec l’aide de travailleurs en provenance des colonies indochinoises, pratiquement tous immigrés de force sous le régime de Vichy, ce sont ces asiatiques qui ont apporté leur savoir faire de cette culture ancestrale dans leurs pays.

 

Le hasard faisant parfois bien les choses, c’est quelques jours seulement après ce séjour que j’ai découvert ce morceau d’histoire, à la faveur d’un hommage rendu à ces travailleurs orientaux par le maire communiste d’Arles, pour la première fois, soixante dix ans après.

Quelques références :

 

Un reportage de Télé Mirroir à Arles en décembre 2009

 

Un article de la LDH sur cet hommage tardif aux travailleurs indochinois

 

Lire aussi l’histoire du peintre vietnamien Lê Bá Dang

Et surtout l’excellente émission de Mermet sur La-bas.org :

Quand tu manges un fruit, n’oublie pas celui qui a planté l’arbre

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Written by alainbu

10 octobre 2010 à 13 h 16 min

6 Réponses

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  1. Merci Alain pour cette histoire que j’ignorais complètement, moi qui ai été marseillaise pendant plus de quarante ans…

    Comme quoi… Certaines périodes de notre histoire restent ignorées, même par ceux qui se documentent ailleurs que dans les « sources autorisées » !

    D’autres « indigènes » de notre république, oubliés, humiliés, et qui, comme ceux venus du Maghreb et d’Afrique noire défendre « la patrie » contre les nazis, ne sont pas encore reconnus aujourd’hui comme « français »…

    Gavroche

    10 octobre 2010 at 15 h 31 min

    • Quand j’ai appris cette histoire ça m’a rappelé cet autre évènement historique de nos régions sudistes, que j’ignorais également jusqu’à y’a peu, bien qu’ayant vécu dans le Gard la moitié de ma vie et fréquenté Aigues-Mortes, c’est la « ratonnade » d’italiens de 1893 http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=17996.
      Un drame qui 2 siècles plus tard est toujours difficile à évoquer pour les aigues-mortais

      alainbu

      10 octobre 2010 at 19 h 52 min

  2. Alors voilà…

    Je ne le savais pas. En allant sur la page fessebouque de Paul, j’ai appris… Guy Belaidi, qui jouait le rôle de Mouloud dans « les sables mouvants », mais qui jouait aussi dans « Marche ou rêve », est décédé en février. Je ne sais pas exactement quel âge il avait, sans doute la cinquantaine, comme moi. Un jeune homme…

    Comme le disait Paul, ses acteurs étaient « impliqués » dans leur rôle, mais aussi dans le monde.

    J’ai rencontre Guy et Daniel San Pedro (Manuel dans le film) durant l’été 2000. Guy était un écorché vif, un garçon formidable, un acteur extraordinaire, d’une fragilité tellement émouvante, plein de fêlures… Comment accepter ce monde, hein ? Merde, des fois, j’en ai vraiment marre…

    Bref, Guy était vraiment Mouloud. Dans ce monde, ou on devient fou, ou on meurt… Putain, c’est de plus en plus vrai, ils s’en vont tous… :-((

    Gavroche

    10 octobre 2010 at 15 h 52 min

  3. […] La levée du sel s’effectue une fois par an durant le mois d’août de manière à éviter les pluies de l’automne, et nécessite un surcroit de main d’œuvre. L’effectif a souvent été composé de travailleurs immigrés, l’embauche locale ou nationale n’étant pas suffisante (voire quelques immigrés de force parfois comme c’était le cas à une époque des indochinois qui avaient également planté le riz de l’autre côté du petit Rhône, cf un précédent billet) […]

  4. Ave, blogueur !

    Je crois qu’il y avait déjà du riz en Camargue depuis le XVIIème siècle. Ce qui n’empêche pas la contribution forcée des Indochinois pendant la guerre…
    Un article raconte l’histoire ici : http://www.riz-canavere.camargue.fr/rizetcamargue/rizhistoire.html
    Merci pour ce site agréable,

    Édith


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