LES VREGENS

Le Siècle

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J’ai bossé sur cet article une grande partie de ce long week-end de Toussaint, et vlatipa que Dan Israël sort un papier sur ce sujet dans « Arrêt sur Images »…! Mais ça ne fait rien, tout le monde n’est pas abonné, et la connivence des politiques de droite et de gauche et des journalistes avec les élites économiques me paraît suffisamment importante pour en parler ici, et la porter à la connaissance de tous.

Le Siècle est un club, fondé en 1944, qui réunit « des membres influents de la classe dirigeante » française. On y retrouve des hauts fonctionnaires, des chefs d’entreprises, des hommes politiques de droite ou de gauche, des syndicalistes, ou encore des représentants du monde de l’édition, et des médias « qui font l’opinion ». Plus quelques universitaires.

Il s’agit d’une banale association loi de 1901, qui a son siège au 13 avenue de l’Opéra, dans le 1er arrondissement de Paris.

En 2005, le Siècle comptait 580 membres et 160 « invités » qui attendaient une décision sur leur demande d’admission.

Car il va de soi que ni vous, ni moi, se serons jamais « cooptés » par ces gens-là. Il n’y a pas de petit instituteur à la retraite, ni de caissière chez Carrefour, ni d’ouvrier métallo. Ces gens-là ne se mélangent pas à la France d’en bas…

Et tous les mois, les membres du Siècle se réunissent au très chic à Automobile Club de France, place de la Concorde, dans le 8e arrondissement de Paris. La soirée se déroule traditionnellement en deux phases, d’abord un petit apéro, histoire de décoincer tout ça, et de choisir ses interlocuteurs, puis un petit dîner entre amis du même monde, pour discuter des « affaires » de la France… Ceux qui le souhaitent peuvent ensuite prolonger la soirée au bar.

Depuis 2008, le président de ce club huppé très fermé est Denis Kessler, dont je vous ai déjà parlé ici.

Quelques membres ou anciens membres du Siècle

Ces « personnalités » qui gouvernent le pays et gèrent nos vies sont difficiles à classer en « politiques » ou « hommes d’affaires », car ils pratiquent allègrement le mélange des genres…

Politiques :

Nicolas Sarkozy

Ancien ministre, ancien président de l’UMP, et sixième président de la Ve République … Evidemment, hein.

Martine Aubry

Membre du PS, ministre dans plusieurs gouvernements socialistes successifs, actuellement première secrétaire du PS

Éric Besson

Actuel Ministre de l’immigration et de l’identité nationale

Daniel Bouton

Ancien directeur du Budget, mais aussi ancien président de la Société générale, a démissionné après l’affaire Kerviel

Thierry Breton

Ex-PDG de France Telecom, ministre UMP des finances de 2005 à 2007

Jean-Pierre Chevènement

Membre du PS, ministre dans plusieurs gouvernements. Ministre de l’Intérieur, il invente le terme de « sauvageon ».

Pascal Clément

avocat, ancien Garde des Sceaux

Jean-François Copé

Ex-ministre UMP du budget

Rachida Dati

Ancienne ministre de la Justice, maire du 7e arrondissement de Paris, députée européenne

Laurent Fabius

Membre du PS, ex premier ministre, ex ministre des finances

Laurent Fabius est le fils de l’antiquaire André Fabius, issu d’une famille d’origine juive ashkénaze. Il a été baptisé dans la religion catholique, ses parents s’étant convertis au catholicisme durant la guerre. Ce qui peut expliquer l’élégante remarque de Georges Frèche… C’est lui qui va instaurer l’impôt sur les grandes fortunes, aboli en 1987 par Chirac et ancêtre de l’actuel ISF. Les œuvres d’art étaient exclues de l’assiette de recouvrement de l’impôt nouvellement créé à l’époque, il faut dire que la fortune familiale de ses parents était bâtie sur … le commerce des œuvres d’art.

En 1984 , il devient le plus jeune Premier ministre de la République, et poursuit la « politique de la rigueur » afin de maîtriser la dette de l’État … Déjà. Son passage à l’hôtel Matignon est aussi marqué par deux scandales retentissants : En juillet 1985, éclate l’affaire du Rainbow Warrior, et l’année d’après, celle du sang contaminé. Il sera innocenté.

Luc Ferry

Ancien ministre de l’Education Nationale

François Fillon

Actuel Premier Ministre

Élisabeth Guigou

Membre du PS, ministre dans plusieurs gouvernements, et ancienne ministre de la Justice

Lionel Jospin

Membre du PS, premier ministre de 1997 à 2002.

D’abord membre de l’OCI trotskiste, il rejoint le PS en 1971. Spécialiste en économie, il occupe le poste de premier secrétaire du PS au cours du premier septennat de François Mitterrand.

De 1997 à 2001, en contradiction avec la déclaration commune du PS et du PC qui promettait « pour France Telecom, Thomson et Air-France, l’arrêt des privatisations » il entreprend une série de privatisations ou d’ouverture aux capitaux privés : France Telecom, Thomson Multimédia, le GAN, le CIC, les AGF, Société marseillaise de crédit, RMC, Air France, Crédit lyonnais, Eramet, Aérospatiale-Matra, EADS Banque Hervet. Il déçoit également de nombreux sympathisants de la gauche à propos de l’usine Renault de Vilvoorde en Belgique. Moulinex, Lu, c’est lui… Entre autres.

« On ne peut pas tout attendre de l’Etat », avait-il déclaré.

Nathalie Kosciusko-Morizet

Secrétaire d’Etat à l’Economie numérique… Hadopi, c’est elle…

Bernard Kouchner

Membre du PS, ministre dans plusieurs gouvernements de gauche et de droite, membre du Groupe de Bilderberg. Actuel ministre des Affaires Etrangères

Pascal Lamy
Membre du PS, Directeur de l’Organisation mondiale du Commerce, ex Commissaire européen au commerce, membre du Groupe de Bilderberg, membre de la branche Europe de la RAND Corporation.

Corinne Lepage

Avocate, ancienne ministre de l’Environnement

Christian Noyer

Ancien directeur du Trésor, Gouverneur de la Banque de France

Françoise de Panafieu

Membre de l’UMP, ex maire du XVIIe arrondissement de Paris

Dominique Perben

Ex Garde des Sceaux, ex ministre des transports, UMP

Jean-Pierre Raffarin

Membre de l’UMP, premier ministre de 2002 à 2005

Dominique Strauss-Kahn

Membre du PS, ancien ministre des Finances de Lionel Jospin , directeur général du FMI. Membre du Groupe de Bilderberg…

Jean-Claude Trichet
Président de la Banque Centrale Européenne, ancien gouverneur de la Banque de France, membre du Groupe de Bilderberg.

Hubert Vedrine

Membre du PS, ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin, ancien Secrétaire Général de l’Elysée sous François Mitterrand. Membre du Groupe de Bilderberg et de l’IFRI.

Journalistes :

Alexandre Bompard

Né en 1972 (c’est un d’jeune), énarque, il occupe en 2003 le poste de conseiller technique auprès de François Fillon, alors ministre des Affaires sociales et du Travail. Il entre en 2004 chez Canal + dont il redresse la dégringolade, en arrêtant l’hémorragie des abonnés, obtenant les droits de la Ligue 1 de football, et négociant le rachat de TPS. En 2008, il devient PDG d’Europe 1. En 2010, il rate de peu la direction de France Télévisions, refilée in extremis, finalement, à Rémy Pfimlin…

Patrick de Carolis

Elu par le CSA, il devient en 2005, le président de France Télévisions, succédant à Marc Tessier. Le 21 juillet 2010, Nicolas Sarkozy, nomme Rémy Pflimlin pour lui succéder à la présidence de France Télévisions.

En 2007, c’est lui qui décide de supprimer l’émission Arrêt sur images, une des plus anciennes émissions de France 5…

Arlette Chabot

Ou de l’accointance assumée avec la droite …

Alors qu’elle est rédactrice en chef du service politique et économique à France 2, elle est (déjà) contestée par une partie de la rédaction qui désapprouve sa « brutalité » et son engagement en faveur d’Édouard Balladur, durant la campagne présidentielle de 1995, demandant à Jacques Chirac, lors d’une entretien, s’il souhaitait se retirer au regard de ses faibles chances …

Elle doit également faire face à une série de critiques visant sa gestion de l’information au sein de la rédaction de France 2 : elle a laissé Béatrice Schönberg présenter les journaux du week-end alors que cette dernière est l’épouse du ministre Jean-Louis Borloo…

Et comme quoi l’allégeance n’est pas toujours récompensée, à la nomination de Rémy Pflimlin à la présidence de France Télévisions, elle est « remerciée » de son poste de directrice de l’Information du groupe…

Bon, on lui a quand même donné quelques hochets : en 2004, elle est élevée au grade de chevalier de la Légion d’honneur, et en 2008, elle reçoit, en même temps que Jean-Michel Aphatie, le Prix Roland Dorgelès, décerné aux journalistes qui « contribuent au rayonnement de la langue française » … Ne riez pas, c’est vrai.

Jean-Marie Colombani

Il commence sa carrière en 1973 comme journaliste à l’ORTF, puis au bureau de FR3 à Nouméa.

Il entre en 1977 au Monde comme rédacteur au service politique, et en 1994, il est élu directeur du journal par les actionnaires. En 1995, le Monde inaugure sa présence sur Internet.Réélu en 2000, il engage le journal dans la construction d’un groupe de presse, et s’en va en 2007, avec une indemnité de 950 000 €.

Début 2009, il lance la version française (pas franchement gauchiste) du site d’informations américain Slate.

Michèle Cotta

Elle a été la première femme acceptée au club le Siècle, en 1983, merci Tonton…

À la fin du mois de juillet 1981, elle est nommée présidente de Radio France, où elle remplace Jacqueline Baudrier, et préside ensuite la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, l’ancêtre du CSA, de 1982 à 1986. À ce poste, elle résiste aux pressions du pouvoir socialiste sur les nominations des patrons de l’audiovisuel public.

Autres temps, autres moeurs…

Olivier Duhamel

Universitaire, il est élu député européen sur la liste du PS en 1994, il siègera jusqu’en 2004. Le PS ne l’ayant pas réinvesti pour les élections européennes de 2004, il quitte le parti. Il est l’auteur d’un article intitulé « Les 12 raisons de voter OUI » au référendum du 29 mai 2005, peu de temps avant la victoire du NON au référendum sur le projet de Constitution européenne. Depuis juillet 2007, il est membre du Comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions, mis en place par Nicolas Sarkozy.

Michel Field

Au Lycée Claude-Bernard, Michel Field est responsable lycéen de la Ligue communiste. Encore un ancien gaucho. Il y milite de 14 à 20 ans. Il est l’un des leaders du mouvement lycéen contre la Loi Debré (1973) : lors d’un débat télévisé, il lance un fameux « rigolo ! » au Ministre de l’éducation, Joseph Fontanet. « J’ai arrêté de militer à 21 ans. Ce qui m’a sauvé, c’est l’investissement dans les études en même temps que la politique. »

Franz-Olivier Giesbert

Ancien patron du Nouvel Observateur, puis de 1998 à 2000, directeur des rédactions et membre du directoire du Figaro.

En 2000, il entre à l’hebdomadaire Le Point, dont il devient le PDG en 2003.

Claude Imbert

Ancien patron du Point.

Laurent Joffrin

Diplômé de l’institut d’études politiques de Paris et licencié en sciences économiques, il milite aux Jeunesses socialistes. Membre du courant de Jean-Pierre Chevènement, il siège à la direction des MJ, comme Denis Olivennes. Devenu journaliste, Laurent Mouchard (c’est vrai que c’est moins sexy que Joffrin) lui aussi prend ses distances avec le militantisme. Faut pas pousser, nous plus…

En 1981, il intègre la rédaction de Libération, puis, en 1988, il succède à Franz-Olivier Giesbert à la tête de la rédaction du Nouvel Observateur.

Il fait plusieurs passages d’un journal à l’autre et en 2006, il est nommé directeur de publication de Libération dans le cadre du plan de relance du journal proposé par ses actionnaires, dont Édouard de Rothschild est actionnaire de référence.

Serge July

Ah, les anciens « gauchistes » !

Ancien membre de l’Union des étudiants communistes. En 1965, il est même vice-président de l’ UNEF.

Le 23 mars 1968, il rejoint à Nanterre le comité du Mouvement du 22-Mars. Pendant les « événements » de Mai 68, il fait partie de ceux de l’extrême gauche qui politisent fortement le mouvement.

En août 1968, Serge July et Alain Geismar font un voyage à Cuba où ils sont reçus triomphalement. De retour ils rédigent un livre intitulé « Vers la guerre civile » :

Extrait :

« Mai 68 a remis la société française sur ses pieds, il a remis la révolution et la lutte de classe au centre de toute stratégie. Sans vouloir jouer aux prophètes : l’horizon 70 ou 72 de la France, c’est la révolution… Mai en France, c’est le début d’une lutte de classe prolongée. »

July est nommé le 6 décembre 1972 « responsable politique » du projet Libération.

Le 4 janvier 1973, présentation de Libération à la presse qui commencera à paraître à partir du 18 avril, Sartre en est le directeur de la publication jusqu’au 24 mai 1974. Serge July lui succède.

Le journal, qui se veut un quotidien d’information en rupture avec la presse bourgeoise (« Peuple, prends la parole et garde-la ») disparaît en 1980. Serge July déclare la même année : « Le gauchisme et la contre-culture ont cessé d’être des forces créatives ».

Sylvie-Pierre Brossolette

Elle est la fille de Claude Pierre-Brossolette, ancien secrétaire général de la présidence de la République sous Valery Giscard d’Estaing et ancien président du Crédit Lyonnais, et la petite-fille de Pierre Brossolette, héros de la Résistance et compagnon de la Libération.

Elle a commencé sa carrière en 1974 comme chargée de mission pour les relations avec la presse au cabinet de Françoise Giroud, alors ministre de la Condition féminine. Engagée alors par l’hebdomadaire L’Express, elle a ensuite rejoint la radio BFM puis le journal Le Figaro Magazine, avant de rejoindre Le Point en 2007. Elle a succédé à ce poste à Catherine Pégard, nommée conseiller personnel du président de la République, Nicolas Sarkozy.

Patrick Poivre d’Arvor

Ancien militant des « Républicains indépendants » (favorables à Valéry Giscard d’Estaing), et responsable régional de son mouvement de jeunesse, les Jeunes républicains indépendants (JRI) avant d’en devenir le vice-président.

C’est à partir de 1987, lors de la privatisation de TF1, qu’il devient le présentateur vedette du journal de 20 h…

Déontologie ? En décembre 1991, il propose une interview truquée de Fidel Castro. C’est Télérama et le journaliste Pierre Carles qui découvrent le pot aux roses, le trucage consistant à monter l’interview pour faire croire que Patrick Poivre d’Arvor s’entretient face à face avec le leader cubain alors que les « réponses » aux questions – posées en fait par d’autres journalistes et non Patrick Poivre d’Arvor – ne sont que des extraits d’une conférence de presse de Castro…

En janvier 1996, il est condamné en appel dans le procès Michel Noir-Pierre Botton, pour recel d’abus de biens sociaux, à 15 mois de prison avec sursis et 200 000 francs d’amende. Sans qu’on en trouve le moindre écho dans la presse, cette peine sera effacée de son casier judiciaire…

David Pujadas

À partir de 2001, il remplace Claude Sérillon à la présentation du journal de 20 heures sur France 2, à la demande du nouveau directeur de l’information Olivier Mazerolle. Le 11 septembre 2001, il est filmé dans son bureau en train de s’écrier « Génial ! », devant les images retransmises en direct de l’avion percutant la seconde des tours jumelles du World Trade Center…

À partir d’octobre 2008, il anime « Les Infiltrés », un magazine d’investigation aux procédés plus que douteux…

En juin 2010, il se voit remettre « le prix de la laisse d’or » par un groupe de critiques des médias, Le plan B, qui veut ainsi ironiquement saluer le journaliste « le plus servile ».

David Pujadas a été récompensé de ses bons et loyaux services, il est depuis peu, membre du club Le Siècle.

Anne Sinclair

Fille d’un industriel et petite-fille du grand marchand d’art new-yorkais Paul Rosenberg dont elle est une des héritières (ça aide pour faire carrière, c’est indéniable), licenciée en droit, diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris, elle commence sa carrière de journaliste à Europe 1 en 1973.

Divorcée du journaliste Ivan Levaï, elle est l’épouse de l’homme politique Dominique Strauss-Kahn. En 1997, après la nomination de son mari au ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, elle devient directrice générale de e -TF1, la filiale internet du groupe.

Alain-Gérard Slama

Editorialiste et membre du comité éditorial du Figaro, chroniqueur au Figaro Magazine et à France Culture, président de la Fondation de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, vice-président du groupe des « personnalités qualifiées » au Conseil économique et social, membre du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé, membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, membre du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique, membre du conseil d’orientation de l’Institut Montaigne …

Il est également chroniqueur au Point, et participe quotidiennement aux Matins de France-Culture, depuis la création de l’émission en septembre 2002, dont il est le chroniqueur à la voix de crécelle …

S’il n’a pas eu de laisse d’or, comme le précise le journal Le Plan B, Alain-Gérard Slama a été entarté. Il raconte l’épisode dans ses « Chroniques des peurs ordinaires. » :

« 17h30. Cette après-midi, au sortir rue de Rennes d’un débat organisé par la FNAC-Montparnasse à l’initiative de l’Histoire, j’ai été, comme on dit, “entarté”. Je n’ai pas eu le temps de voir mon agresseur. Ce que je sais, c’est que c’est sale, violent et humiliant. Le plus pénible est la mine moqueuse de certains passants, dont une jeune femme qui paraissait enchantée. ».

Sa chronique du 14 avril 2006 dans Les Matins de France-Culture qui portait sur les blogs lui a valu nombre de critiques dans la blogosphère française. Nul doute que le présent article le ferait beaucoup rire…

Marc Tessier

Polytechnicien, énarque. En 1982, il intègre Havas, auprès d’André Rousselet, un proche de François Mitterrand, puis prend part à ses côtés au lancement de Canal+.

En 1995, Alain Juppé, Premier ministre de Jacques Chirac, lui offre la présidence du CNC. Puis il est élu par le Conseil supérieur de l’audiovisuel à la présidence de France Télévisions, où il succède à Xavier Gouyou-Beauchamps le 28 mai 1999.

Ecrivains, « penseurs », agences de presse, et éditeurs :

Jacques Attali

Major de promotion de Polytechnique, en 1966. Docteur d’État en sciences économiques, Ingénieur du Corps des mines, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’École nationale d’administration dont il sort troisième de sa promotion en 1970 (avec Louis Schweitzer).

En 1981, François Mitterrand le nomme conseiller spécial à son arrivée au palais de l’Élysée, et l’installe dans l’ancien bureau des aides de camp qui jouxte le bureau présidentiel. Dès lors, Jacques Attali rédige, chaque soir, des notes à l’attention du président sur l’économie, la culture, la politique ou le dernier livre qu’il a lu ou parcouru.

Jacques Attali élargit ses relations à Raymond Barre, Jacques Delors, Philippe Séguin, Jean-Luc Lagardère, Antoine Riboud, Michel Serres, Coluche. Il conseille au président de faire venir à l’Élysée Jean-Louis Bianco, Alain Boublil et quelques jeunes énarques prometteurs, comme le couple François Hollande/Ségolène Royal.

En 1982, il plaide pour la « rigueur économique ». Apôtre de la constitution de l’établissement d’un gouvernement mondial, pour « maintenir la démocratie ».

Mis en examen en 2001 dans les ramifications de l’Angolagate, pour « recel d’abus de biens sociaux et trafic d’influence », il est relaxé en 2009 par le tribunal correctionnel de Paris, « au bénéfice du doute ».

Le 24 juillet 2007, il est chargé par Nicolas Sarkozy de présider une commission chargée d’étudier « les freins à la croissance ». Cette commission est composée de quarante-deux membres, essentiellement issus du courant libéral et social-libéral.

Denis Jeambar

Il débute sa carrière dans la presse dans Paris-Match en 1970, puis il est recruté, en 1972, par l’équipe fondatrice du Point (dont le directeur est Claude Imbert).

Il quitte ensuite Le Point pour prendre la direction générale d’Europe 1, poste qu’il occupe quelques mois avant de prendre, en 1996, la succession de Christine Ockrent à la direction de L’Express.

Ses idées sont proches de celles de la droite néo-conservatrice, sioniste et atlantiste, il est un défenseur du « choc des civilisations », et un des soutiens de Nicolas Sarkozy.

Il prend à l’automne 2006 la présidence des éditions du Seuil qu’il quitte début 2010.

Julien Kouchner

Nommé en 2009 directeur général de l’Agence CAPA, et fils de l’autre… Parfois, ça sert d’avoir un papa bien placé…

Alain Minc

Sorti de l’Ecole des Mines, il travaille pour le groupe Saint-Gobain, et participe aux directoires de plusieurs autres sociétés (dont Valeo, Suez, et Vinci).

Il a été condamné en 2001 pour plagiat, reproduction servile et contrefaçon, pour son ouvrage intitulé « Spinoza, un roman juif », dont le tribunal a statué qu’il était une contrefaçon partielle de l’ouvrage « Spinoza, le masque de la sagesse » de Patrick Rödel.

Il est accusé par la Société des Rédacteurs du Monde, rejointe par les syndicats CGT et SNJ, d’avoir précipité la crise amenant à la démission du nouveau président du directoire du Monde, afin de précipiter une recapitalisation du groupe au profit du Groupe Lagardère, dont il est le conseiller…

Aujourd’hui proche conseiller « officieux » de Nicolas Sarkozy.

Les gros patrons

Claude Bébéar

C’est l’ancien PDG d’AXA

En 2001, il est mis en examen pour « blanchiment de capitaux aggravé » dans l’affaire Paneurolife, qui s’est soldée … par un non-lieu général. Il est membre du conseil de surveillance de Vivendi, BNP Paribas et de Schneider Electric

Ses revenus (enfin, ceux qu’il a déclarés) : retraite AXA 438 000 €, jetons de présence Mutuelles AXA, BNP-Paribas, Schneider et Vivendi 360 000 €, plus 3 340 000 € de stocks options AXA … Son patrimoine s’élève à 106 millions d’euros

Michel Bon

Ex patron de Carrefour, en 1993, il est nommé par le gouvernement Balladur à la tête de l’ANPE. Puis en 1995, sous la droite, il devient président de France Télécom. C’est lui qui transforme l’entreprise en société anonyme. En 1997, Dominique Strauss-Kahn ministre des Finances du gouvernement Jospin le confirme dans ses fonctions, où il pilote l’introduction en bourse de 20% du capital de l’entreprise. Sa stratégie vise à faire passer la culture de l’entreprise d’« une logique de l’usager à une logique du client ».

Tout ce beau palmarès se casse la gueule en 2001, avec « l’explosion de la bulle Internet ». Les pertes sont de plus de 8 milliards d’euros, et en 2002, il est remplacé par Thierry Breton à la tête de France Télécom.

En 2008, la Cour de discipline budgétaire et financière le condamne à une amende de … 10 000 euros pour sa gestion trop opaque du groupe… Il est aujourd’hui Vice-Président de l’Institut Pasteur, et administrateur de plusieurs entreprises dont Lafarge, et Air Liquide.

Daniel Bouton

Ancien Président de la Société Générale, démisionne après « l’affaire Kerviel ». Il est également administrateur de nombreuses sociétés du CAC 40 : Arcelor, Schneider Electric, Total et Veolia Environnement.

Il a été mis en examen en 2002, par le juge Isabelle Prévost-Desprez (toujours là, dans l’affaire Bettencourt) dans une affaire d’escroquerie et de blanchiment liée à des chèques transitant par Israël, et permettant la circulation d’argent d’origine frauduleuse. Daniel Bouton reçoit le soutien explicite de Laurent Fabius, alors ministre de l’Économie et des Finances, mais aussi de Michel Pébereau, président de BNP Paribas.

En décembre 2008, Daniel Bouton est relaxé par le tribunal correctionnel de Paris. Evidemment.

Bertrand Collomb

PDG du groupe Lafarge, aujourd’hui président d’honneur, administrateur de diverses sociétés dont Unilever, Canadian Imperial Bank of Commerce, Crédit commercial de France, Total, Dupont (aux USA)… Membre du Groupe de Bilderberg, et du World Economic Forum de Davos.

Stéphane Courbit

Un des patrons du secteur des médias et de la télévision. C’est aussi un des hommes les plus riches de France avec 650 M€ en 2010 (57ème fortune de France).  En 2001, il devient président d’Endemol France. Loft Story, et la plus grande partie des émissions de « téléréalité », c’est lui.

Stéphane Courbit est aussi actionnaire aux côtés du Groupe Louis-Dreyfus de Direct Energie, fournisseur alternatif d’électricité français. En 2010, il est en négociation pour le rachat de la régie publicitaire de France Télévision. Il est proche de Nicolas Sarkozy et de Vincent Bolloré. Son mariage en septembre 2004 à Saint-Tropez eut lieu en présence d’Alain Minc, Patrick Le Lay, Etienne Mougeotte… Que du beau linge.

Louis Gallois

Président de la SNCF entre 1996 et 2006, il est ensuite nommé président d’EADS et PDG d’Airbus. C’est le 14e patron le mieux payé de France avec 2,5 millions € en 2008.

Antoine Guichard

Petit fils du fondateur du groupe Casino, il en a cédé la présidence en 2005 à Jean-Charles Naouri, classé 57e fortune française en 2007 et 63e en 2009 avec 452 millions d’euros… Qui s’empresse de brader ses magasins pas rentables en Pologne, aux États-Unis, à Taiwan et aux Pays Bas, et de renforcer sa présence dans des pays en fort développement, comme le Brésil et Colombie.

Jean-Yves Haberer

Celui-là n’est pas mal non plus… C’est un énarque, sorti deuxième de sa promo en 1959. En 1966, il organise la fusion des établissements nationalisés, donnant naissance à la BNP, à l’UAP, aux AGF et au Gan.

C’est en 1988 qu’il est nommé président du Crédit Lyonnais par Pierre Bérégovoy. Il va multiplier les acquisitions bancaires hasardeuses, et très vite, les mauvaises surprises vont apparaître, avec les dossiers du financement de Bernard Tapie, ou celui du rachat de la Metro-Goldwyn-Mayer, en 1992 tout s’achève sur une perte abyssale.

Le Crédit Lyonnais ne cessera plus de défrayer la chronique entre la faillite proprement dite, l’affaire Adidas avec Bernard Tapie, et l’affaire « Executive Life », absorbant quelque 15 milliards d’euros d’aides de l’Etat.

Reconnu coupable de présentation de comptes inexacts, de diffusion de fausses informations ou de nature trompeuse, ainsi que de distribution de dividendes fictifs, au cours des exercices 1991, 1992 et du premier semestre 1993 du Crédit lyonnais, Jean-Yves Haberer a été condamné en février 2005 par la cour d’appel de Paris à dix-huit mois de prison avec sursis dans l’affaire des comptes frauduleux de la banque. Il a versé 1 € de dommages-intérêts au Crédit Lyonnais.

Anne-Marie Idrac

Ancienne présidente de la RATP, puis de la SNCF, actuelle secrétaire d’Etat chargée du commerce extérieur. Le classement établi par la revue Fortune des femmes les plus puissantes du monde la positionne en 3e position.

La mise en œuvre de la loi sur le « service minimum » et la réforme du régime spécial de retraites des cheminots, c’est elle.

Philippe Jaffré

Fils d’Yves-Frédéric Jaffré, conseiller de Pierre Laval... Il a été l’un des principaux artisans des privatisations de 1987. A été président du Crédit agricole, puis d’Elf-Aquitaine jusqu’à la fusion de Elf avec Total. Il fut alors connu du grand public à cause de la fabuleuse indemnité de départ qu’il empocha en stock options. Il fut également administrateur de nombreuses sociétés dont la Banco Ambrosiano (la banque impliquée dans le scandale de la Loge P2 en Italie). Il est également membre du Groupe de Bilderberg.

Maurice Lévy

Il est actuellement le PDG de Publicis. Il dispose d’une fortune estimée en 2009 à 108M€ (231e en France) et a perçu 3,6 millions € en 2008 (3e patron le mieux payé de France). Grâce a un projet d’implantations agressif il a hissé l’entreprise familiale au 3e rang mondial du secteur de la publicité et des communications.

Membre du conseil de la fondation du Forum économique mondial. Et aussi une des « personnalités » les plus influentes de Paris. Il est membre du club Le Siècle et a fondé avec Dominique Strauss Kahn le Cercle de l’Industrie.

En janvier 2008, Maurice Lévy a reçu l’International Leadership Award 2008 décerné par l’Anti-Defamation League américaine en récompense de son engagement en faveur « de la tolérance et de la diversité », en réalité pour son soutien inconditionnel à l’Etat d’Israël. Il a d’ailleurs financé en 2008 le concert organisé au Trocadéro à l’occasion du 60ème anniversaire de la création d’Israël.

André Lévy-Lang
Directeur de filiales chez Schlumberger de 1962 à 1974. PDG de Paribas de 1990 jusqu’à sa fusion en 1999 avec la BNP. Administrateur de diverses sociétés dont Athena, Schlumberger, les AGF. Il a été mis en examen, en 1995, dans l’affaire des Ciments français et s’est maintenu grâce au soutien de Claude Bébéar Président de la Commission des finances du CNPF de 1988 à 1997. Membre du Groupe de Bilderberg.

Nicole Notat

Ancienne secrétaire générale du syndicat CFDT de 1992 à 2002…A occupé plusieurs postes au sein du conseil d’administration de l’UNEDIC (de 1992 à 1998). En 1995, elle soutient le plan Juppé.

En 2002, elle quitte la CFDT et crée alors Vigeo, société européenne d’évaluation des performances sociales et environnementales des entreprises RSE. En tant que Présidente de Vigeo, elle a repris l’agence ARESE, première agence de notation sociale en France.

Michel Pébereau
Ancien élève de l’école Polytechnique et de l’ENA. Conseiller auprès de Valéry Giscard d’Estaing entre 1970 et 1974, lorsque celui-ci était ministre des Finance de Georges Pompidou. Conseiller de René Monory de 1978 à 1981. Président du Crédit Commercial de France de 1987 à 1993, puis président d’Axa. Il est aujourd’hui président de la BNP. Administrateur de diverses sociétés dont Lafarge, Saint-Gobain, UAP, EADS, BNP, AXA, TOTAL, et les Galeries Lafayette. Ancien membre de la Commission économique du MEDEF.

Guillaume Pépy

Nicolas Sarkozy l’a nommé à la présidence de la SNCF en 2008, pour faire « entrer l’entreprise dans l’ère du développement et de la concurrence »…

Il est également président d’Eurostar, vice-président du groupe Keolis et siège à l’Alliance Européenne des opérateurs ferroviaire de grande vitesse.

Il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, énarque. Il a travaillé dans plusieurs cabinets ministériels, conseiller technique du ministre du Budget Michel Charasse (1988), directeur des cabinets du ministre de la Fonction publique Michel Durafour et du ministre du Travail Martine Aubry. En 1995, il devient directeur général adjoint chargé du développement du groupe Sofres.

Jean Peyrelevade

Nommé en 1981 directeur adjoint du cabinet de Pierre Mauroy et conseiller économique du Premier ministre, il s’est occupé des nationalisations, tout en professant son opposition à celles-ci.

Il a occupé de nombreuses fonctions de responsabilité notamment à la tête de grandes entreprises nationalisées : président de Suez, de la Banque Stern, de l’UAP, et du Crédit lyonnais.

En 2006, il a été condamné dans le cadre de l’Affaire Executive Life à une peine de 500.000 dollars, 5 ans de mise à l’épreuve et 3 ans d’interdiction d’entrée sur le territoire américain pour avoir fourni à la FED de fausses déclarations.

Alain de Pouzilhac

A partir de 1982, il est le grand patron de Havas. A son départ, en 2005, Havas occupait la 6e place mondiale des groupes spécialisés dans la communication. En partant, il a obtenu le versement d’une retraite de 32 600 euros par trimestre…

Il est aussi le président du conseil de surveillance du groupe de casinos Moliflor loisir, qui gère vingt-et-un établissements.

En février 2008, il est nommé par Nicolas Sarkozy, président de la Société de l’audiovisuel extérieur de la France. Tout en continuant à émarger joyeusement au conseil d’administration de plusieurs grandes boîtes.

Édouard de Rothschild

En 1987, il entame une carrière de banquier d’affaires dans un petit établissement financier de Wall Street, avant d’intégrer Rothschild & Cie dont il deviendra l’un des associés-gérants en 1993. Il participe à d’importantes opérations de fusions-acquisitions notamment le rachat de Pathé par Jérôme Seydoux et de la banque Rivaud par Vincent Bolloré.

Il devient, en 2006, l’actionnaire de référence du journal Libération, exigeant le départ de Serge July et de Louis Dreyfus. La fortune d’Edouard de Rothschild est estimée par le magazine Challenges en 2007 à 315 millions d’euros. Il a fait partie de la commission exécutive du MEDEF.

Ami de Nicolas Sarkozy, il est, par ailleurs, membre du Polo de Paris, et du Cercle Interallié. Le 3 août 2010, le quotidien israëlien Yediot Aharonot annonce qu’Edouard de Rothschild vient d’immigrer en Israël.

Louis Schweitzer

Membre du Groupe de Bilderberg, et du Forum de Davos

Ancien président du groupe Renault, il est jusqu’en mars 2010 président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, et depuis, président de Volvo. Membre des conseils d’administration de Veolia, de BNP Paribas, de L’Oréal et de Volvo, il préside également la branche internationale du MEDEF et le conseil de surveillance du groupe Le Monde.

Il est le fils de Pierre-Paul Schweitzer, directeur du FMI entre 1963 et 1973, petit-neveu d’Albert Schweitzer et cousin de Jean-Paul Sartre. En 1981, il devient directeur de cabinet de Laurent Fabius, le ministre du Budget du gouvernement Pierre Mauroy. Il le suivra ensuite au ministère de l’Industrie, puis à Matignon. C’est à ce poste qu’il est mêlé à l’affaire des écoutes de l’Élysée et il l’occupe également lors de celle du sang contaminé.

En 2005, il est condamné dans l’affaire des écoutes de l’Élysée, mais « dispensé de peine ». Il est notamment reconnu coupable pour le placement sur écoutes de Jean-Edern Hallier.

En 1998, la justice belge le condamne à une amende de 10 millions de francs belges pour avoir violé la loi du travail belge lors de la fermeture de l’usine Renault de Vilvorde.

Il occupe également de nombreuses fonctions chez AstraZeneca, Renault, Le Monde, AB Volvo, BNP Paribas, EDF, L’Oréal, Veolia Environnement, Philips, Allianz, et à la Banque de France. Il est Président d’honneur du MEDEF International.

Louis Schweitzer figurait dans le top 50 des patrons les mieux payés en 2006. Il arrivait alors en tête avec des revenus avec 11,9 millions d’euros.

Ernest-Antoine Seillière

C’est l’héritier des entreprises Wenfel. Il a figuré entre 1969 et 1973 dans les cabinets ministériels de Jacques Chaban-Delmas, Pierre Messmer, Maurice Schumann, Robert Galley.

Il exerce d’abord des fonctions dirigeantes au sein du groupe familial Wendel, et préside la CGIP, holding regroupant la fortune de la famille, rebaptisée Wendel Investissement en 2003, puis WENDEL en 2007. Il a été président du MEDEF de 1997 à 2005.

Depuis l’été 2005, Ernest-Antoine Seillière est président de « BusinessEurope », la fédération des entreprises européennes, basée à Bruxelles. Il est membre du Groupe de Bilderberg.

Le passage où la foule crie « Libérez Arlette » est particulièrement drôle, au passage de Madame Chabot…

L’étalage de tout ce beau monde, et notamment certains, politiques et journalistes, qui rasent les murs devant la foule, tout cela m’a fait penser à l’une des mes récentes lectures, celle de « Le président des riches » de Michel Pinçon, et Monique Pinçon-Charlot :

Lorsque tous les pouvoirs sont entre les mains de personnes qui entretiennent des liens étroits et forment un groupe de fait, on peut parler d’oligarchie. La politique, les entreprises, la finance, les médias, le marché de l’art sont contrôlés par des agents sociaux qui se connaissent et se reconnaissent, au sens où ils se cooptent mutuellement dans les instances où ils se retrouvent.

Les liens sont familiaux et s’enracinent dans des cursus scolaires ou des origines géographiques communs. Idéologiquement proches, les membres du réseau sont issus du même milieu social. (page 39)

Les réseaux de l’oligarchie de droite et ceux de l’oligarchie de gauche peuvent se rencontrer et se confondre. Les divergences politiques deviennent mineures, lorsqu’il s’agir de défendre les intérêts du système capitaliste. (page 45)

Nicolas Sarkozy , par ses fonctions, se trouve au centre de ces réseaux. Il en est le porte parole, et il en défend des intérêts. Mais il n’est sans doute qu’un acteur apprécié et utile au poste qu’il occupe. … S’il n’est pas réélu en 2012, les réseaux du pouvoir pourront toujours lui trouver un remplaçant, dans son camp ou dans un autre. … Nicolas Sarkozy peut être remplacé, y compris par un leader socialiste… (page 47)

A l’assemblée nationale, censée être le lieu où se retrouvent les « représentants du peuple », quelques uns bougent encore..



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Written by Gavroche

2 novembre 2010 à 16 h 10 min

10 Réponses

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  1. Tu as omis une info au sujet de Marc Teissier : je l’ai eu comme PDG… Je pense (à vérifier) qu’il a été le premier PDG du tout nouveau groupe « France Télévisions » créé sous Chirac.
    Homosexuel déclaré, il ressemble à un chat… Il a réussi à virer un emmerdeur patenté qui avait créé son propre syndicat (allié à la CGC)… Je crois qu’il a été le recruteur de France Télévision Publicité, celui qui a failli faire clamser ses équipes de cadres en organisant en loucedé une fausse prise d’otages lors d’un brain-storming… celui qui magouille avec des potes du (p)résidu pour que la régie publicitaire tombe dans l’escarcelle du privé…
    Brèfles… PDG d’un service public = pas blanc-bleu vis à vis des salariés mais du côté du manche bien sûr, quelque couleur qu’ait ce manche !

    clomani

    2 novembre 2010 at 16 h 25 min

  2. Toujours sur Teissier, cet article de « Stratégies » du temps où il était PDG :
    ————————————————-

    Marc Tessier côté social
    ressources humaines

    30/06/2005 – Le président de France Télévisions, candidat à un nouveau mandat, a importé pour ses cadres des méthodes de management du privé. Pour les autres, son bilan social est plus nuancé.

    J’espère que vous nous trouvez plus proche du privé que de l’administration publique. »Bernard Broyet, directeur des ressources humaines de France Télévisions, a un point commun avec son président Marc Tessier : il défend son bilan en homme d’entreprise. Certes, à la différence du président, le DRH n’est pas en campagne, il est beaucoup plus avare de chiffres et n’a qu’un demi-mandat en commun avec son patron, élu en août 2000. Mais lorsque les neuf sages du Conseil supérieur de l’audiovisuel entendront, ce 5 juillet, le candidat-président, ils ne manqueront pas de se pencher sur sa gestion sociale et sa politique de ressources humaines. La mise en musique du DRH sera alors aussi importante que la partition du compositeur en chef.

    Marc Tessier, le rassembleur ? Ce serait l’un des points forts de ce patron-gestionnaire à qui l’on doit l’intégration de France 5, puis de RFO et France 4 au sein du holding France Télévisions. Une démarche d’autant plus délicate que les 9 000 salariés du groupe public ne sont pas tous logés à la même enseigne : seuls ceux de France 2 et France3 ressortent de la convention collective de l’audiovisuel public.« Nous avons eu le souci de la mise en cohérence de l’ensemble,fait valoir Bernard Broyet.Nous sommes partis de très bas, mais nous allons vers une coordination des politiques sociales et une plus grande mobilité. Tous les emplois vacants sont ainsi accessibles sur l’intranet, et chaque société est signataire d’une charte de mobilité. »Un aspect qui a son importance, notamment pour les salariés de RFO qui souffrent d’une certaine « ghettoïsation » et attendent beaucoup de France Télévisions.

    Bernard Broyet reconnaît pourtant que, dans le groupe France Télévisions, l’intégration des ressources humaines a pris du retard par rapport à l’intégration financière. Côté RH, Marc Tessier s’est surtout fait remarquer en annonçant, en 2004, un plan « d’action positive » en faveur des minorités. Il a aussi, cette année-là, réduit de 7 % le recours aux intermittents en intégrant une centaine d’emplois. Mais la priorité du président de France Télévisions vis-à-vis du holding fut de mettre en place son « plan Synergia » qui, grâce aux économies d’échelle, a permis de dégager 50 millions d’euros en 2004. D’où le sentiment parfois exprimé par les syndicats que la gestion des hommes laisse à désirer :« Il n’y a plus aucun dialogue entre le président et les personnels,dénonce Dominique Pradalié, déléguée SNJ de France 2.Pour lui, c’est : je cause, ils m’écoutent. »

    Mieux prévenir les conflits

    Si le DRH de France Télévisions estime donc que les cinq dernières années furent une période de« relative paix sociale », la réalité est vécue différemment en interne. Nul n’a oublié les 22jours de grève qui affectèrent les journaux de France 3, puis de France2, en novembre 2002. Les syndicats demandaient alors une revalorisation de 10 % du point indiciaire salarial de l’audiovisuel public. Ils se heurtèrent à un refus du gouvernement.« Nous n’avons obtenu aucune augmentation du point d’indice depuis 1997,rappelle Dominique Pradalié.On peut obtenir 5 % de hausse salariale maximum en commission paritaire, mais cela ne concerne pas tout le monde. Pour la rédaction de France 2, ce n’est pas plus de 70 personnes sur 400. »

    La grève dénonçait aussi l’externalisation des émissions auprès de sociétés de production extérieures. La production du jeuQuestions pour un championfut donc rapatriée à France 3. Mais pour Jacques Ricau, secrétaire général de la CFDT-audiovisuel, c’est très insuffisant. Selon lui, 80 % de la production de France 2 et 60 % de celle de France 3 sont aujourd’hui confiés à des producteurs extérieurs.« C’est bien au-delà de ce qu’exigent les décrets Tasca,estime-t-il.Il est temps de réorganiser le travail. On continue de payer des gens qui travaillent à moitié. »Pour lui, la gestion des diverses catégories de personnels s’est faite en fonction des rapports de force : les journalistes et les techniciens ont été favorisés aux dépens des personnels administratifs et des programmes. Selon le SNJ-CGT,« la structure de l’emploi à France 3 présente 70 % de permanents et 30 % de précaires. »

    clomani

    2 novembre 2010 at 16 h 28 min

  3. Tiens je mets aussi la vidéo proposée par pow wow sur un forum d’@si

    alainbu

    2 novembre 2010 at 16 h 53 min

  4. Gros boulot Gavroche, merci!

    Je pense en effet comme quelqu’un le dit sur @si que chez le Siècle comme chez les Bilderberg ou autres, il s’agit plutôt de collusion que de complotisme. Ils tissent leurs toiles et étoffent leurs réseaux, des réseaux qui n’existent pas bien sûr, pur fantasme, comme les réseaux pédophiles .

    superpowwow

    2 novembre 2010 at 17 h 45 min

  5. Cet article est bien évidemment incomplet. Je ne pouvais pas tout écrire, sur chacun de ces joyeux drilles, c’est un livre entier qu’il faudrait …

    Merci à tous des compléments.

    Il s’agit effectivement de « connivence », et de « collusion », plutôt que de véritable « complot ». Cela dit, cette connivence implique un déni total de démocratie. Les décisions importantes ne sont plus prises à l’Assemblée par nos représentants, élus, mais par une véritable caste, oui, le mot juste est « oligarchie ».

    Et ces décisions ont un impact oh combien important sur notre vie, sans que nous puissions rien maîtriser, le « droit de vote » n’étant finalement qu’un miroir aux alouettes.

    Gavroche

    2 novembre 2010 at 17 h 55 min

  6. Z’avez vu, sur @si, il s’en trouve certains qui trouvent tout à fait normal que des journalistes dînent avec des patrons et des politiques, puisqu’ils ont « besoin de s’informer » !!!!!
    Nan mé hé !
    Sinon, Gavroche, c’est dingue, tu as devancé @si ! Super…

    clomani

    2 novembre 2010 at 18 h 36 min

  7. waouh, le boulot. et quel écoeurement, qui vient effleurer l’esprit à sa lecture…
    tiens, pour une solution simple mais efficace, un petit extrait de la java des bombes atomiques, du père vian :

    « Sachant proche le résultat
    Tous les grands chefs d’Etat
    Lui ont rendu visite
    Il les reçut et s’excusa
    De ce que sa cagna
    Etait aussi petite
    Mais sitôt qu’ils sont tous entrés
    Il les a enfermés
    En disant soyez sages
    Et, quand la bombe a explosé
    De tous ces personnages
    Il n’en est rien resté »

    zozefine

    2 novembre 2010 at 21 h 25 min

  8. Merci pour ce boulot Gavroche.

    A la lecture de cette liste, j’ai eu vaguement la gerbe…

    mebahel5

    3 novembre 2010 at 20 h 15 min

  9. […] autre président des riches en perspective ? Encore un illustre représentant de cette oligarchie que nous sommes de plus en plus nombreux à […]


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