LES VREGENS

« Ce n’est qu’un début … »

with 20 comments

Vous connaissez la suite ? Mais vous n’avez encore rien vu, et surtout rien entendu (bande de jeunes !), tant que vous n’aurez pas vu le documentaire de Jean-Pierre Pozzi et Pierre Barougier, qui retrace l’expérience de la philosophie en classe de maternelle,  à l’initiative de l’institutrice d’une  moyenne section de l’école de Le Mée-sur-Seine (Seine-et-Marne), Pascaline Dogliani.

A l’entrée « philosopher » le dictionnaire donne deux acceptions : 1- traiter de sujets philosophiques 2- argumenter, raisonner, discuter sur un sujet quelconque. Délaissons le 1 et concentrons-nous sur le 2. A l’évidence, c’est à cela que pense Pascaline lorsqu’elle annonce en début d’année à ses petits élèves de 4 et 5 ans qu’ils vont « faire de la philosophie », un beau projet mais un sacré défi aussi ! Pourtant, c’est désormais de plus en plus fréquent, dans l’éducation nationale, de voir des enseignants s’engager dans ce type d’aventure pédagogique. De la maternelle au collège. Serait-ce pour ne pas être en reste que le ministère vient d’annoncer une prochaine expérimentation de l’enseignement de la philo dès la classe de seconde ? Certains ont déjà réagi à cette annonce décoiffante de modernité en déclarant qu’il était prématuré de vouloir enseigner la philosophie dès … la classe de seconde ! Prématuré ! Rien que ça … que dire alors de ces enseignants qui, telle notre Pascaline, ont le culot pédagogique de vouloir parler philosophiquement avec de jeunes enfants d’âge maternel ? Déraisonnable, démagogique, pas sérieux, superficiel, inutile ? Que sais-je encore ? Avez-vous remarqué que lorsqu’une production audiovisuelle traite de l’école c’est immédiatement une avalanche de critiques ! Pas forcément sur le film d’ailleurs, en tant qu’œuvre de fiction, documentaire ou reportage, mais sur son contenu éducatif ou pédagogique (voir « Etre ou avoir » de Nicolas Philibert, « Ça commence aujourd’hui » de Bertrand Tavernier, « Entre les murs » de Laurent Cantet). « Ce n’est qu’un début » vient tout juste de sortir en salle, les réactions sont encore peu nombreuses, mais certaines critiques se montrent réticentes, telle celle de Jacques Mandelbaum du Monde qui conclut :  » Restent quelques bons mots d’enfants sur les grands thèmes de société ou les questions morales qu’on propose à leur fraîche sagacité, reste ce qu’on devine des conditions sociales dans lesquelles cet atelier s’inscrit. C’est trop peu pour être vraiment convaincu par la philosophie de ce film. » Qualifier de « bons mots » la difficile mise en mots d’une pensée encore balbutiante, et de « fraîche sagacité » la spontanéité d’une expression souvent vive et sans tabou c’est, pour l’ex-instit que je suis, passer à côté du sujet, Monsieur Mandelbaum. Quant à votre référence à la misère sociale que le film évoque lorsque la caméra se tourne vers l’extérieur de la classe et de l’école, que suggérez-vous par là ? une manière d’excuse ? Autrement dit, ne demandons pas à ces enfants de pauvres d’être de petits génies ! Inadmissible, lamentable, zéro pointé tiens , Monsieur Mandelbaum ! Pour une approche plus positive (et plus riche aussi) on pourra lire l’itw accordé par la productrice du film, Cilvy Aupin, au site des Cahiers pédagogiques. Voici quelques extraits de ses propos qui précisent l’état d’esprit dans lequel l’ensemble de ce projet a été réalisé : « Il ne faut pas faire porter aux ateliers à visée philosophique un espoir démesuré, mais leur reconnaitre des qualités pédagogiques transversales importantes. Ils ont une belle place dans le cadre scolaire par le bonheur pédagogique souligné par les enseignants, mais aussi par les enfants et leurs parents …[…]… Cela va peut-être à l’encontre de ce qui se fait pour l’instant. Nous espérons que le film apportera une réflexion de fond. L’idée est de donner à tous un témoignage, afin que chacun s’approprie ce qu’il ressent à travers cette pratique. Nous ne voulions pas persuader, mais montrer, nous ne voulions pas prouver, mais laisser aux curieux le gout de poursuivre avec nous et créer un débat… Quand Jean-Pierre Pozzi, un des réalisateurs, nous a proposé le titre « Ce n’est qu’un début », c’est devenu une évidence. »

Des enfants comme ceux-là, des enfants « normaux » pourrait-on dire ( pas des beaux gosses triés sur le volet à l’issue de casting cherchant la perle rare) nous en avons côtoyé plusieurs centaines en vingt ans d’enseignement à l’école maternelle, ma femme et moi ; à tel point que, pendant la projection, nous nous sommes échangés des noms à voix basse : « On dirait le petit Louis ! Oh celle-ci c’est ma Jessica K, tu te rappelles ?… » Car ce sont les mêmes, et leurs parents également. D’une façon indirecte, ou différée, ce documentaire, diffusé dans une centaine de salles en France et à l’étranger, nous parle d’eux, aussi. Autant dire que nous avons apprécié le travail de toute cette équipe, enseignants, cinéastes, enfants, personnel de service, parents d’élèves…

Si mon billet ne vous a pas convaincu, il me reste une cartouche : le site du film !

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Written by Juléjim

19 novembre 2010 à 17 h 40 min

Publié dans Non classé

20 Réponses

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  1. Merci Jules…

    J’apporte (évidemment) un bémol à ton joyeux enthousiasme quant aux cours de philo en seconde. Un autre ministre que Mister Brushing l’aurait annoncé, je ne dis pas, mais là…

    Hélas, nos chères têtes blondes ne feront pas connaissance plus tôt que prévu, avec Platon, Socrate, Kant ou Nietzsche.

    Car plutôt que de faire plancher leurs élèves sur les écrits de Descartes ou Spinoza, les futur ex-profs de philo devront assurer les heures d’éducation civique, juridique et sociale, un cours normalement dispensé en seconde, dans le cadre duquel il leur sera demandé, en guise d’alibi, d’aborder sous un « angle philosophique » des thématiques telles que la citoyenneté, les droits et devoirs, la solidarité, etc…

    Ils pourront également « intervenir de manière ciblée au sein des cours d’autres disciplines pour en éclairer la portée philosophique ».

    C’est qu’avec la diminution du nombre d’heures de philo en terminale, conséquence de la réforme des lycées, il fallait bien trouver matière à redéployer tous ces futurs inutiles ailleurs.

    Cela dit, je trouve l’initiative de cette instit de maternelle assez formidable. Et à mon avis, ce n’est pas pour rien que les pontes de l’éducation tapent sur cette initiative à bras raccourcis. Hélas.

    Voilà. Vous allez tous finir par me détester, avec mes idées noires, et mon mauvais karma, je fais rien que vous annoncer des bad news…

    Heureusement que l’amie Zoz est là pour nous raconter des zoulies choses, et toi pour rester un indécrottable optimiste.

    On finira bien par les virer, tous ces cons, hein ?
    T’as raison, ce n’est qu’un début.

    Gavroche

    19 novembre 2010 at 18 h 05 min

  2. « J’apporte (évidemment) un bémol à ton joyeux enthousiasme quant aux cours de philo en seconde… »

    Euh… « joyeux enthousiasme » … faut rien exagérer non plus. Oui, le brushing de Chatel est impeccable et vraisemblablement durable mais je n’attends rien de bon de ce VRP, pour l’école en général. Optimiste, oui (bien obligé !), naïf, non et non de non ! A force de surfer sur les suppressions de postes, ce ministre-là finira bien par chuter et boire la tasse non ?

    Ouais, optimiste indécrottable, tu as raison.

    😉

    julesansjim

    19 novembre 2010 at 18 h 54 min

  3. Des débats, dans mes classes, j’en fais depuis belle heurette, sans jamais les nommer ateliers philo (je m’auto censure, sûrement).
    On le »s conjoint aux ‘quoi de neuf’ réguliers ou bien lorsqu’un élève arrive avec un gros truc qui le turlupine: on se donne un moment dans la journée pour qu’il ou elle puisse parler et/ou qu’on puisse l’aider à parler et qu’on puisse discuter avec..
    On a aussi les ‘exposés’ sur un thème cher à chacun-e.
    Et je bondis à chaque fois que j’entends la parole des enfants dénigrée, et je plussoie Jules pour ceci:
    « lesquelles cet atelier s’inscrit. C’est trop peu pour être vraiment convaincu par la philosophie de ce film. » Qualifier de « bons mots » la difficile mise en mots d’une pensée encore balbutiante, et de « fraîche sagacité » la spontanéité d’une expression souvent vive et sans tabou c’est, pour l’ex-instit que je suis, passer à côté du sujet, »
    Comme quoi tous ces gens, qui glosent, pérorent et arguent, devraient « vivre » avec des enfants de cet âge, après on en recause.
    Gmrbl.
    Sinon Gavroche je te plussoie aussi, quand on lit les objectifs européens pour l’éducation, on ne peut pas penser une seconde que la philo en seconde sera un ‘moment’ à part entière de vraie réflexion pour tête bien faite….
    Grmbl, bis.

    mebahel5

    19 novembre 2010 at 19 h 56 min

  4. A propos de la réalité de l’enseignement de la philo en Europe j’ai cherché de la doc et j’ai trouvé ça :

    http://www.educ-revues.fr/diotime/AffichageDocument.aspx?iddoc=32546&pos=1

    une enquête concernant 27 pays et datant de l’année 2000. A 1ère vue, c’est très disparate d’un pays à l’autre. On ne peut pas dire que rien n’est fait, on peut espérer que ça n’empire pas. La crise financière et l’endettement des états a tellement bon dos … Quant à notre propre pays ses dirigeants actuels sont tellement réacs…

    julesansjim

    19 novembre 2010 at 21 h 11 min

  5. En tous cas, une chose dont je suis absolument
    certaine : le pouvoir réduit ou supprime carrément toutes les matières susceptibles de développer l’esprit critique : toutes les sciences humaines, et en particulier la philo.

    A quoi sert la philo pour aller bosser, hein ? Et fermer sa gueule devant le patron ?

    On en est là. Cela dit, ce n’est pas nouveau non plus. Trente ans que ça se met, petit à petit, en place.

    Parfois, quand je discute avec des gens à priori cultivés, de « bon milieu », j’ai l’impression d’être une extra-terrestre.

    Pour ça que je suis vraiment ravie de faire partie de notre « bande », parce qu’au moins, ici, y’a du répondant. ;-))

    Gavroche

    19 novembre 2010 at 21 h 24 min

  6. « On en est là. Cela dit, ce n’est pas nouveau non plus. Trente ans que ça se met, petit à petit, en place.

    Parfois, quand je discute avec des gens à priori cultivés, de « bon milieu », j’ai l’impression d’être une extra-terrestre.  »
    ***************************************
    😦
    A midi j’ai regardé un bout d’une émission-jeu à la télé. Un candidat trentenaire, masseur-kinésithérapeute de profession (*) répondait à un questionnaire sur la littérature au XXe. Sur 6 questions, il a répondu à 2. Voici les 4 auxquelles il a échoué :

    -D’après le titre d’un roman de Philippe Delerm, quelle « Première gorgée » est un plaisir minuscule ?
    -Sous quel nom le docteur Destouches a-t-il signé ses romans ?
    -Quel roman d’Albert Cohen décrit la passion folle et destructrice d’Ariane et de Solal ?
    -Quel polar de James Ellroy est adapté au cinéma en 1997, avec Kevin Spacey et Kim Basinger ?

    Je précise que le candidat dispose d’une aide à sa demande qui lui permet de chercher la bonne réponse parmi 4 propositions. Il a demandé cette aide pour ces 4 questions et a choisi à chaque fois une mauvaise réponse.
    Je m’accroche à la table pour ne pas basculer dans un pessimisme sans retour…

    (*) »Le masseur kinésithérapeute est titulaire d’un diplôme d’Etat. Ce diplôme se prépare en trois ans dans des instituts publics ou privés agréés. Le concours d’entrée dans les instituts est accessible aux bacheliers (programme niveau terminale S). Presque tous les étudiants effectuent une année spéciale de préparation au concours d’entrée dans les instituts.
    Attention, désormais la majorité des instituts de préparation au DE recrutent leurs étudiants via une année de PCEM 1 (1er cycle des études médicales). Au programme des études de kiné : anatomie, morphologie, physiologie, pathologie, ré-éducation… « 

    julesansjim

    19 novembre 2010 at 21 h 51 min

    • Comme quoi, comme la princesse de Clèves, tous ces trucs de littéraire, ça ne sert à rien, c’est juste des amusements pour jeux télé.
      Pour peu que tu saches faire une intégrale ( ou un calcul de rentabilité à court terme) le monde t’appartient…

      Sinon, moi j’ai fait 3 ans de philo, de 17 à 19 ans, he ben, je crois que j’ai toujours rien compris. Peut-être aurais-je dû commencer plus tôt ?

      lenombrildupeuple

      20 novembre 2010 at 9 h 41 min

      • « Sinon, moi j’ai fait 3 ans de philo, de 17 à 19 ans… »

        Et du calcul mental, t’en a pas fait des masses on dirait ? Non plus.

        😉

        julesansjim

        20 novembre 2010 at 11 h 26 min

      • Tu sais, je crois qu’il y a plusieurs raisons au succès (au goût ?) de la philo…

        C’est une question de maturité, et tous les enfants n’y sont pas prêts au même âge.

        Tous les enfants ne sont pas non plus des littéraires, je suis personnellement béate d’admiration devant les matheux, ou les scientifiques, parce que pour moi, les chiffres, c’est comme du chinois, totalement hors de mes capacités neuronales, je crois… J’en ai une peur bleue, et du coup, je fuis !

        Dernière raison : le prof. J’ai cartonné en philo, parce que j’avais un prof extraordinaire, tout le monde a chialé à la fin de l’année, parce que c’était fini… C’est dire. Il avait une manière de nous présenter les choses qui faisait écho. Je m’en souviens comme si c’était hier. Putain, au bac j’ai eu : « L’homme est un loup pour l’homme… » Tout un programme, avec plein de trucs à dire. Bref, ça m’a marquée.

        Dans la classe d’à côté, ça été la cata, parce que leur prof était alcoolo, toujours entre deux vins, pas motivant…

        Tout ça pour dire, je sais plus qui a sorti cette phrase : »La culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié »…

        On fait de la philo tous les jours, sans le savoir, comme la prose de M. Jourdain. 😉

        Gavroche

        20 novembre 2010 at 12 h 49 min

  7. Heu je dois être inculte alors, parce que le ‘plaisir minuscule’ de Delerm je ne sais plus ce que c’est (et pourtant j’ai lu le bouquin, mais j’ai oublié, comme quoi, ça m’a pas marquée, ou bien j’ai préféré me souvenir d’autres choses) et quand au polar porté à l’écran, pareil, aucune idée because chuis pas cinéphile et pas non plus fan d’Ellroy.
    C’est grave docteur?

    Mais je suis ok avec Gavroche: tout est mis en place pour obtenir des générations de têtes mal faites.
    Mais bien pleines de faux désirs érigés en ‘besoins’.
    Sommation à consommer sans (y) penser…

    mebahel5

    20 novembre 2010 at 12 h 31 min

  8. Ha mais j’ai lu ton comm en diagonale, Jules.. s’il y avait 4 propales, je pense que j’aurai trouvé les réponses.
    L’indice qui permet le rappel du souvenir est parfois fort précieux à notre mémoire … 🙂

    mebahel5

    20 novembre 2010 at 12 h 32 min

  9. merci pour ce billet J&J, tu me donnes envie de voir ce documentaire 🙂
    malgré le fait que je trouve que qualifier ces moments de réflexion « faire de la philosophie » un peu… exagéré on va dire. Ceci dit, si ça peut, plus tard, ne pas les rebuter ou les impressionner (les bloquer) plus tard quand ils aborderont les cours de philo, tant mieux.
    Pour la philo en 2nde, j’ai des doutes aussi, enfin ça dépend vraiment ce que ça sera, parce que si c’est étudier les textes et prolonger la réflexion à partir des « anciens », ça demande déjà une construction solide en connaissances et en capacité de réflexion. Choses comme le dit très bien Gavroche qui n’ont plus vraiment la cote par les temps qui courent.

    kakophone

    20 novembre 2010 at 14 h 27 min

    • Oui, l’expression « faire de la philosophie » et l’usage même du terme « philosophie » avec des enfants aussi jeunes peut paraître exagéré mais il faut resituer la démarche dans un contexte plus large pour dépasser cet aspect un peu racoleur. C’est pour cela que j’ai souligné dans mon billet le fait que ces ateliers, qui se pratiquent aujourd’hui de la maternelle au collège, sont quasiment devenus une « mode pédagogique » comme il y en a eu tant d’autres. Le soufflet peut aussi bien retomber dans quelques années et, comme le rappelle Maybe, des enseignants (y compris en maternelle) n’ont pas attendu cet engouement pour aborder avec leurs élèves des thèmes tels que la mort, la liberté, la violence, l’autorité, le respect etc… Ça s’appelait alors l’entretien du matin, ou le conseil, ou le quoi de neuf…
      Concernant la philo en seconde, je ne suis pas expert de ce niveau d’enseignement mais je me dis qu’il doit être possible de proposer des situations à but initiatique plus que purement didactique de façon à préparer le terrain. Mais dans ce cas, il faudrait poursuivre l’effort en 1ère, jusqu’à la terminale… et avoir les profs compétents et donc formés en conséquence !
      Argumenter, raisonner, discuter sur un sujet quelconque, ça renvoie à des compétences qui peuvent se construire/se travailler à tous les âges. Ensuite, la dominante philosophique peut être induite par la nature du thème abordé. Discuter de la misère c’est possible mais ce sera moins « philosophique » que d’échanger à propos du concept de libre-arbitre ou d’équité par exemple.
      L’approche très scolastique, quasi universitaire, qui a transformé nombre de cours de philo en gouffres d’ennui, surtout quand le prof était un marchand de sommeil plus que de savoir, est à mon avis à éviter… le plus longtemps et le plus souvent possible !

      julesansjim

      20 novembre 2010 at 17 h 34 min

      • @Julessansjim, plus haut : c’est comme les 3 mousquetaires ! Mais non, je voulais dire : quand j’avais 17 ans, puis 18 ans, puis 19 ans, soit pendant 3 années.
        Môssieur le vanneur !!
        Et moi, est-ce que je demande à Catherine si dans un mariage à trois, les années comptent doubles ? ;-D

        lenombrildupeuple

        20 novembre 2010 at 17 h 43 min

  10. @ Nombril et @ Jules … Un partout balle au centre…
    J’avais compris, moi… Quel taquin, ce JetJ…
    😉

    Gavroche

    20 novembre 2010 at 18 h 08 min

  11. Ha bon ca me rassure, alors, j’ai raison de pas nommer ces entretiens intraclasse des ateliers de philo, en fait.Pour moi c’est de la vie, c’est la vie du groupe, qui ne fait pas que se poser des questions concrètes et qui n’oublie pas en entrant en classe que chacun-e a une vie perso en dehors et que tout cela c’est la société, ses pompes ses œuvres et ses délicatesses de sentiments parfois.
    « L’approche très scolastique, quasi universitaire, qui a transformé nombre de cours de philo en gouffres d’ennui, surtout quand le prof était un marchand de sommeil plus que de savoir, est à mon avis à éviter »
    Oui.
    Ben justement je venais de tomber sur l’émission ciné de Moati, et un ‘philosophe’ disait que c’était un peu un scandale ce qu’il avait vu dans le film que la philo c’était aps ça, que la philo c’était pas que C’est oublier commodément que les enfants de 3 à 6 ans ne fonctionnent pas avec la culture d’un adulte ni surtout avec le même type de raisonnements.
    Il y a une méconnaissance de l’enfant jeune, chez les profs, c’est dingue, ca m’énerve lorsqu’ils tachent de nous enseigner notre métier d’instit de préélem, merdalors.
    Ahem.Scusez.

    mebahel5

    20 novembre 2010 at 19 h 37 min

  12. « que la philo c’était pas que ».. il manque « poser des questions ».
    sorry.
    M’avait énervé le bonhomme.
    C’est une constante des ‘philosophes’ de se hausser du col, ou bien?
    Parce que faire parler/réfléchir des enfants jeunes n’est pourtant pas moins respectable que ce même travail avec des plus âgés.

    mebahel5

    21 novembre 2010 at 3 h 18 min

  13. bon, je vais faire le troll. mon point de vue est un peu philosophique. on peut faire de la philo à tous âges, la philo, c’est poser des questions. c’est réfléchir aux moyens de répondre à ces questions. c’est pas forcément y répondre, c’est secouer le cocotier et voir ce qu’on récolte, à part les noix sur la tête. et des fois, MÊME les noix sur la tête sont pleines d’enseignement : sur comment le secouer, le cocotier, pour pas s’en recevoir sur la tête, par exemple.

    quelque part, pour moi hein, mais j’ai l’excuse d’être justement passée par l’académie, et d’avoir « fait » de la philo, ce qu’on fait en classe, c’est pas ou rarement de la philo : c’est faire de l’histoire de la philo. ou de l’histoire de la pensée. nuance, mais il y a un univers entre les deux.

    la philo, c’est disposer d’un bon appareil critique, à savoir faire de la logique par exemple. faisable à tous âges et très ludique. et formateur. c’est disposer d’un vocabulaire permettant d’interroger le monde, c’est à dire des concepts de base. et c’est se foutre totalement de ce qui a été dit avant, et particulièrement des grands systèmes impérialistes de pensée. partir de ce qu’on sait, passer par ce qu’on ne sait pas, et faire la navette. on peut commencer à 4 ans, et on peut s’en contenter toute la vie.

    platon, thomas d’aquin, descartes, spinoza, heidegger, etc.*, c’est un truc de « vieux », quand on va à la faculté des lettres et qu’on décide d’étudier l’histoire des systèmes de pensée, enfin, ce qu’on appelle la philosophie en france.

    et en classe, au collège/lycée, on appelle un chat un chat, et donc l’heure de « philo », on va appeler ça « histoires des idées »… au moins c’est clair et c’est pas une truanderie.

    * pour les curieux, voir la liste des philosophes par année de naissance sur wiki – pour rire bien sûr
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_philosophes_par_ann%C3%A9e_de_naissance

    zozefine

    21 novembre 2010 at 10 h 03 min

  14. Vu hier soir « Ça commence aujourd’hui » de Bertrand Tavernier, sorti en 1999. Une sacrée claque !

    beyondtheeyes

    21 novembre 2010 at 10 h 51 min

    • Ouaip Beyond ! super film à en pleurer de bonheur. De toute façon, je l’ai déjà dit et je me répète volontiers : pour moi Tavernier est un grand et pas seulement avec une caméra en main !

      ******************************
      @Zoze : tout pareil que toi, je signe ton commentaire sans barguigner!
      @Maybe : les crânes d’oeufs qui glosent sur l’école sans avoir un centime de qualif pour ça en poche ça m’a beaucoup énervé aussi mais c’est fini, je me suis auto-immunisé, avec le temps…
      Je crois que le summum de l’exaspération ce fut lors d’un arrêt sur images, sur la 5, à l’occasion de la sortie du doc de Christophe Nick « Ecoles en France »(2006). Schneiderman avait eu l’idée saugrenue d’inviter Brighelli pour « débattre » avec Nick (et une IEN,je cois bien). Or, Brighelli ne débat pas, il combat et tape dur, pour ne pas dire comme un sourd. Il avait notamment détruit, en quelques phrases aussi assassines que définitives, le travail en classe unique d’un instit de Montpellier, Sylvain Connac, qui avait mis en place des moments de discussions philosophiques dans sa classe. « C’est pas de la philo » avait asséné Superprofentout !
      J’ai choisi un lien qui donne à la fois quelques infos et précisions sur le doc de Nick et le travail de cet instit. A vot’ bon coeur :
      http://ecolesdifferentes.free.fr/FR2ECOLESENFRANCE.htm

      En plus, le site recèle quelques trésors pédagogiques, pour le peu que j’ai vu.

      julesansjim

      21 novembre 2010 at 14 h 33 min


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