LES VREGENS

πιστεύω – je crois

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quand on me demande pourquoi j’habite en grèce, j’ai du mal à répondre.  au moins une bonne dizaine de raisons, mais toutes ces raisons n’ont jamais été que les sentiers très tourmentés que moira, le destin, a jetés sous mes pieds au fur et à mesure de mon voyage.  nous sommes toutes et tous des ulysses, et bienheureux lorsque nous (re)trouvons, croyons-nous par chance, notre ithaque. ce qui suit est donc mon credo.

A Geneviève, à Brigitte et à Ariane, qui m’ont accouchée moi et mes chats de ce qui tient à la fois du rêve et du cauchemar.

A Lucette.

 

PISTEVO

 

Poseidonia. L’été, vers midi. Une petite marche énergique, comme tel n’est pas l’usage ici lorsqu’il fait très chaud, pour me rendre au grand virage qui est aussi l’arrêt du bus pour Ermoupoli. Bus, en attendant d’avoir une voiture, je viens d’emménager. Contraignant, mais laisse la pensée vagabonder. J’arrive toujours un peu en avance, je me méfie des horaires. Maintenant, le banc est à l’ombre du caroubier : c’est agréable de s’y asseoir, de regarder passer les gens, le temps, de penser. Je prends toujours avec moi un petit carnet rayé sur lequel je note tout ce qui peut être utile ou inutile, vocabulaire, réflexions, listes d’achats à ne pas oublier, plans, procédures pour écouter les messages, pour payer les factures, horaires du marché, choses vues, choses entendues. Je sors ce stylo ultra fin à l’encre bien noire qui est tellement doux à l’écriture. J’écris. En attendant.

 

Ce matin, j’ai mis ma longue robe bleu touareg, des sandales en cuir, et tressé mes cheveux. Je me regarde, assise sur le banc. « Si tu voulais avoir le look d’une touriste, tu n’aurais pas fait mieux ». Encore que… pas sûr. Regarde les touristes, les vrais, les fonctionnels, en shorts, T-shirt et baskets, casquette et lunettes de soleil, sanglés par leur cartouchière papiers fric billet de retour, important le billet de retour, et puis l’inévitable guide touristique dans un petit sac à dos, et l’appareil photo. Pas si sûr que j’aie l’air d’une touriste. Je dois avoir l’air d’autre chose. J’ai peut-être l’air de ce que je cherche.

 

Je cherche ce qui a disparu, ailleurs, dans le temps. Ma robe bleue est bleu grec, pas touareg, bleu bordures de toit, bleu portes et volets, bleu tholos, bleu mer, bleu ciel. Mes sandales sont grecques, qui me coincent l’orteil et rafraîchissent le pied. Une femme remonte la rue, sous le soleil, d’un incertain âge, lentement. En noir. On voit sa gaine et ses bourrelets à travers le tissu. Sac à main dans le creux du coude. Elle est anodine. Elle passe, me dépasse, pas un regard. Ce que je cherche, ce n’est en tout cas pas un monde de femmes en noir, ou de femmes à fleurettes, ou à rayures, en robe-tablier, ou en chaussures à talons. Pas non plus celui de ces quadras à Xsara ABS, qui foncent dans ce virage sans visibilité, qui ne pourront jamais passer la 5ème, pas assez de lignes droites sur cette île. Un pope, barbe lissée, la tête baissée, marche dans la rue perpendiculaire, allure popale, dans sa robe noire, avec son drôle de chapeau cylindrique sur la tête. Je ne cherche pas non plus un monde de culs-bénits qui, de leur bouche en cul de poule, baisent goûlument l’anneau d’un pope et laissent les marques voraces de leur adoration avide de sauvegarde sur la vitre des icônes.

 

Et puis je ne cherche pas ce qui ressemble à partout ailleurs, en mieux ou en moins bien. Tu as goûté ce vin de Limnos ? Ah, il est moins bon qu’à… Tu connais ce miel de Sifnos ? Ah, il est ex-tra-or-di-naire, bien meilleur qu’à… Et ces figues si spéciales, n’est-ce pas, elles ressemblent un peu à celles de…. Et puis ces maisons de Santorin, si blanches, mais pas autant qu’au Maroc, ces églises orthodoxes, affreuses, pas comme en Italie, ces bergeries typiques, mais tellement moins élaborées qu’en France, ces montagnes, c’est vrai, il y a les montagnes, mais moins hautes et plus désertiques qu’en Suisse, la mer, ah, la mer, oui évidemment la mer, mais quand même, moins bleue qu’en mer Rouge, par contre plus bleue qu’en Adriatique (celle-là est carrément verte, c’est du vol), plus claire qu’à Saint-Tropez, ça oui, mais du potage aux vermicelles à côté des Seychelles. De jolis poissons colorés à regarder, mais tout de même, bien moins colorés et nombreux qu’à la Guadeloupe. Ils ont les plus beaux vieillards, surtout en Crète, mais les gens sont quand même moins beaux qu’en Espagne, mais sublimes à côté des turcs (ah, ces bébés turcs, on dirait des adultes tristes, noirs de poil, l’arrière du crâne plat, et ils ont déjà la moustache, même les filles). Et cette lumière, ah ça, la lumière est incomparable, encore que…

 

Levant le nez de mon petit carnet rayé, je la vois enfin, la grecque, qui passe sur le trottoir en face : sur un corps plein de volupté, une robe simple, longue, beige et brune, qui swingue au rythme de ses pas, elle a les bras bruns, satinés, et aux pieds des sandales. Ses cheveux noirs, mi-longs, sont bouclés, elle a un beau profil de sculpture. Elle descend vers la boulangerie plus bas, elle se gratte la nuque. Ses sandales font flit flit.

 

Je cherche quelque chose qui ne se compare plus, qui a disparu, mais qui n’est nulle part ailleurs. Le souffle invisible de l’antiquité, sa folie mythique, ses dieux. J’ai rencontré une fois Apollon, qui descendait en courant du sommet du Taygète, sautant de rocher en rocher ; on le voyait de loin, avec son sweat-shirt fuchsia et ses pantalons blancs. Il est passé à côté de moi qui montais en soufflant comme un boeuf, il sifflotait, il souriait, mais ses yeux bleus m’ont transpercée sans pitié. J’ai rencontré Artémis, c’était une vieillarde marchant sur le Pélion, en pleine nuit, entourée par une meute de chiens silencieux. J’étais perdue, elle m’a montré la direction, une lumière au loin. Je l’ai éclairée avec ma torche électrique, son visage était ravagé par l’âge, mais son regard était fixe et noir, et sa bouche édentée avait un sourire carnassier. A Syros, j’ai rencontré Pan. Deux fois. Une fois, nu, râblé, un peu ventripotent, pas bien beau, les cheveux longs et noirs défaits, il se masturbait dans les roseaux, son énorme phallus visait un rocher, et il chantait d’une voix gutturale et très basse. Une autre fois, depuis une longue plage blanche surplombée par une série de crêtes de rochers noirs et verts et bleus et violets. En haut de la plus haute crête, je l’ai vu, immobile, qui mâchouillait pensivement, face à la mer, face au vent, planté là pour une éternité. Bien sûr, c’était aussi un énorme bouc noir et blanc. Mais c’était Pan, aussi.

 

Bien que je n’aime pas ces dieux, je crois en eux comme d’autres croient en leurs dieux. Je crois en ces dieux car il faut s’en méfier constamment, ces dieux auxquels il ne faut jamais, mais jamais faire confiance. Ces dieux qui, soudain, pour une minuscule bévue, un petit faux pas, un oubli de rien du tout, vous poursuivent des années durant de leur haine la plus féroce. Ces déesses vindicatives qui vous frappent pour l’éternité d’avoir osé être plus belle, ou plus habile, ou plus aimée. Je crois en ces sautes d’humeur divine qui vous décapitent par accident ou par distraction. Je crois en cette absence totale de compassion, cette cruauté dans la punition, dans l’épreuve, ces désirs de sexe transgressant les genres, les espèces, les natures, engendrant des monstres hybrides fous de leur hybridité, dont nous sommes issus, probablement. Ces dieux accablant sans repos et pour d’étranges raisons des héros magnifiques, qui finissent par en mourir sans rien au bout, sinon les eaux glauques au-delà desquelles ils se retrouvent, gluants et blêmes éternellement, gémissant après un peu de sang frais à laper. Je crois en ces dieux sauvages, sans fidélité à la parole donnée, sans bienveillance et sans pardon, sans noblesse,  sans mesure. Ces dieux qui s’entredévorent et s’entrebaisent, s’entretuent et pour finir se réconcilient sur notre dos. Jaloux, malveillants, méchants, soudain ils nous aiment, mais alors toujours trop, ils nous soutiennent trop fort, ils nous gâtent, nous chouchoutent, nous séduisent, nous aveuglent, nous retiennent contre notre volonté pour notre plus grand plaisir, nous peaufinent un séjour de rêve interminable, sur une île de rêve introuvable. Puis enfin, après nous avoir baisés par tous les trous, nous vomissent sur un îlot désertique, mourants de soif et de solitude. Je crois en ces dieux qui agissent malgré nos vies, brisent nos rêves, contrent nos projets, tuent ceux qu’on aime, récompensent ceux qu’on hait.

 

Une fourmi affairée se dépêche de traverser ma page : en fait que savons-nous de ce que savent de nous les fourmis ? Certainement nous conçoivent-elles. Mais que conçoivent-elles de nous ? Magnifiques pourvoyeurs en détritus divers, biotopes riches et variés, nous les écrasons aussi sans les voir, ravageons leur univers sans même y penser. Nous leur fournissons de l’eau que nous empoisonnons ensuite, et elles s’empressent sur de délicieuses miettes sucrées que nous jetons à la poubelle en sifflotant. Pour ces dieux, n’apparaissons-nous pas nous-mêmes comme des fourmis ? La fourmi est passée, saine et sauve, mais qui dit qu’elle descendra du banc avant d’avoir été écrasée sous mes fesses ?

 

C’est là, au cœur de cette indifférence que je cherche ces dieux, au mieux indifférents. Les Parques, s’amusant avec nos vies depuis leur bergerie obscure sous un soleil de plomb. Apollon traversant la montagne d’un pas ailé, beau et pressé, ne laissant que son souvenir coloré. Artémis à l’oeil froid, droite, ridée comme une vieille pomme, arrachant sans passion le cœur d’un chat aimé pour le donner en pâture à ses chiens. Hadès, la gueule grande ouverte engloutissant chacun de nous à son tour sans compassion et sans retour. Dyonisos, qui nous fait croire à la gaité quand il nous rend fous. Les Erinyies, qui passent dans l’air comme des trombes légères, et nous laissent pantelants et brisés.

 

Combien je crois facilement, puisqu’il s’agit de croire (la question de la foi reste à penser), en cette incompréhensible relation entre ces dieux-là et nous. Que je les sens illusoires, ces nébuleux gaillards méta-physiques que sont Dieu, Jéhovah, Allah, et tous les autres, certains emplis de résolution et de patience pour leurs créatures fragiles, d’autres inquiets du karma de leurs frères et soeurs, d’autres encore comme autant de pères très sévères mais très justes, maniant la récompense et la punition, mais toujours ces dieux de raison avec lesquels on peut négocier la vie et la mort, pour autant qu’on respecte les règles du jeu. Avec lesquels on peut remettre les compteurs à zéro, moyennant quelques sacrifices en nature ou symboliques. Aimables figures d’une certaine bonté, tissées par nos peurs et nos espoirs. En somme, une super-fourmi pour ma fourmi, qui la conforterait dans sa vie laborieuse d’esclave en lui promettant une éternité de miellat dans un au-delà sans reine et sans peine.

 

Je n’ai aucune raison de m’agenouiller pour rendre grâces et pour demander grâce à un barbu bon enfant et son fils mis à mort, en leur confiant quoi que ce soit de moi ou de mon âme, sinon mon regret sincère qu’ils n’aient pas l’air plus vrais. Je regarde ma vie en dents de scie, autant déchirée que recousue, chaotique et cahotique, toutes les fois où je me suis retrouvée sans voix, sans force, assommée par l’incompréhension douloureuse ou joyeuse de ce qui m’arrive, « pourquoi ça ? », affolée par le sentiment que quelque chose ou quelqu’un me cherche des noises, veut ma peau, mais aussi étourdie par les chances de la vie, du bonheur soudain, ou la simple ivresse d’un jour, et puis ce temps qui passe dans une sourde et constante inquiétude, ce souffle de folie et de panique qui passe soudain, cette infinité de raisons de me méfier : alors quoi de plus normal que de venir chercher ici les responsables déments de ce naufrage magnifique, en pensant les y rencontrer vraiment, ou du moins leurs fantômes.

 

Elle est sortie de la boulangerie, elle balance un gros pain dans un de ces inévitables sacs en plastique bleu, elle remonte la rue, roulant lentement les hanches, pensive. Passant devant moi, elle me caresse du regard, murmure un « geia sou » d’une voix douce et très grave et continue à remonter le virage. Ses sandales font encore un moment flit flit sur le sol brûlant, puis le bruit de ses pas s’éteint. Il est midi, la rue est vide, et pour moi toute seule les cigales surchauffées donnent une symphonie frénétique et obsédante. Le bus arrive, je suis toujours un peu en avance, mais lui toujours un peu en retard.

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Written by zozefine

29 novembre 2010 à 20 h 00 min

Publié dans Non classé

14 Réponses

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  1. Beau texte Zozéfine, merci!

    superpowwow

    29 novembre 2010 at 21 h 23 min

  2. Merci Zoze pour ce texte à la beauté profonde et grave. J’ai fait deux séjours en Grèce. Chaque fois il est arrivé quelque chose de pas ordinaire. La 1ère fois, j’avais 25 ans, j’ai rencontré à Epidaure une collègue de mon bahut, dont j’étais un peu amoureux. Mais elle était accompagnée et moi aussi. Lorsque l’on s’est revus, après s’être longuement perdus de vue, elle avait changé d’homme et avait un enfant. Moi j’étais redevenu célibataire. Trop tard…
    La 2e fois, c’était en Crète. Ma 2CV nous a lâché après quelques jours et deux meccanos grecs absolument adorables ont tenté pendant plusieurs jours de trouver un moteur d’occase en parcourant l’île dans tous les sens. En vain. Nous sommes rentrés en bateau et j’ai chopé la crève. Les dieux grecs n’aiment pas les touristes dans mon genre, je crois.

    julesansjim

    29 novembre 2010 at 21 h 47 min

    • ah, faut savoir une chose, c’est que la grèce te gerbe systématiquement quand tu y mets les pieds. la grèce elle-même est xénophobe. les gens un peu moins. mais c’est une contrée qui résiste à la dent. c’est seulement si tu te laisses massacrer et/ou envoûter par elle, c’est seulement quand tu tombes à genoux, tu baises le sol, et tu lui dis « je suis à toi » qu’elle te laisse entrevoir ce qu’elle fut.

      zozefine

      30 novembre 2010 at 8 h 04 min

  3. le sublime est souvent dans le quotidien. Ouvrir ses sens et rencontrer les dieux… C’est ainsi, tous les poètes aiment ces dieux paiens, ces demi-dieux, ces héros et ces beautés si proches des humains… et créés par eux. Non, le grand Pan n’est pas mort

    ces dieux-là
    © 1993 gabriel yacoub
    je ne veux pas de ces dieux tristes qui ont embué mon enfance
    je ne veux plus de ces martyrs qui font gémir nos cathédrales
    je ne veux pas de ces dieux-là je ne veux pas de ces dieux-là

    je ne veux pas des demi-dieux ni les anges, ni les démons
    je ne veux pas de processions ni de prières à l’unisson
    je ne veux pas de ces dieux-là je ne veux pas de ces dieux-là

    je veux des dieux tout de beauté douceur et de force à la fois
    qui de leur rire formidable feraient s’écrouler nos chapelles
    c’est de ces dieux-là que je veux c’est de ces dieux-là que je veux

    je veux le feu, je veux le vent je veux le retour du printemps
    une source, la mer qui gronde je veux les forêts et les champs
    c’est de ces dieux-là que je veux c’est de ces dieux-là que je veux

    la dureté des murs de pierre les hommes qui les ont bâtis
    afin de laisser une trace de leur passage dans la vie
    c’est de ces dieux-là que je veux c’est de ces dieux-là que je veux

    je veux le coeur je veux les yeux je veux l’amour d’une femme
    je veux les mains de mes amis je veux les rires des enfants
    c’est de ces dieux-là que je veux c’est de ces dieux-là que je veux

    randal

    29 novembre 2010 at 23 h 50 min

    • oh, et là tu touches mon coeur folk en plein. malicorne, par exemple, je connais tout par coeur. magnifiques paroles, qui font écho étrangement et paradoxalement à mon pistevo…
      « je veux le feu, je veux le vent je veux le retour du printemps
      une source, la mer qui gronde je veux les forêts et les champs
      c’est de ces dieux-là que je veux c’est de ces dieux-là que je veux »

      en fait, c’est une décision éthique : si on décide de les voir ces dieux du feu, du vent, de l’eau, des forêts et des champs, on les voit, et on n’est plus jamais pareils. enfin, on vit dans un autre monde si on accepte intérieurement que ce sont des dieux…

      zozefine

      30 novembre 2010 at 7 h 53 min

  4. Ne perd pas le petit carnet rayé, ni le stylo ultra-fin à l’encre bien noire, ils s’entendent si bien pour peindre. 🙂

    kakophone

    30 novembre 2010 at 0 h 19 min

    • non, non, (et merci) car sans ça je suis « muette ». pilot G-TEC-C4, 0.4… ce sont des stylos à bille (j’aime pas les feutres), ils existent même en 0.3, et on a l’impression de caresser le papier en écrivant. et les petits carnets cartonnés et rayés, c’est ce genre de merveilles que tu trouves dans les vieilles papeteries, derrière une pile de mochetés à spirale avec en couverture un manga échevelé quelconque…

      zozefine

      30 novembre 2010 at 8 h 00 min

  5. Très joli texte, j’avais l’impression d’y être 😉

    alainbu

    30 novembre 2010 at 7 h 57 min

    • c’est bien, c’est ce que je voulais !

      zozefine

      30 novembre 2010 at 8 h 05 min

  6. C’est ce matin que j’ai découvert ton texte et il m’a tiré des larmes d’émotion tant il était beau, tant j’étais toi en train de regarder la fourmi et t’interroger sur ce monde.
    J’ai dû rater la Grèce, les quelques fois où j’y suis allée -en touriste avec un vol retour- et je le regrette beaucoup.
    J’ai touché du doigt ce sentiment de « presque appartenance » à une culture au Mexique, avec les paysans… mais j’avais mon billet retour, je n’avais pas déménagé.
    Pour ça, je m’en veux un peu et je t’envie un peu (même si ce mot est antinomique avec ma mentalité car je ne suis ni jalouse ni envieuse).

    clomani

    30 novembre 2010 at 9 h 22 min

  7. clo, jamais s’en vouloir d’avoir le billet de retour. si on a les yeux pour voir, il te permet au contraire de voir sans peur. relis la dédicace, tu verras que ce n’est pas simple de se laisser porter par moira, et le prix en est vertigineux. comme j’ai dit plus haut, ce pays a une furieuse tendance à vomir ses visiteurs – alors soit ils passent tout à fait à côté, et pourquoi pas ailleurs plutôt que là, soient ils sont déçus ou blessés. l’objectivité voudrait qu’on dise que c’est le cas chaque fois qu’on émigre, mais ayant émigré aussi en italie, ici, tout de même, il y a autre chose… quelque chose de beaucoup plus violent.

    zozefine

    30 novembre 2010 at 10 h 26 min

  8. Tu vois, Zoz,quand je te lis, je suis là-bas, avec toi.

    Et je rêve aux écrivains voyageurs, et entre autres Kazantzaki. Zorba, le christ recrucifié, La liberté ou la mort (quel livre!) et surtout l’Odyssée…

    Et je serai bien du genre à faire comme toi. Le jour où plus rien ne te retient quelque part, il faut partir, ailleurs, même si c’est dur. Et s’accrocher à la terre mère, à sa douceur, à sa violence, et s’y mélanger…

    Merci, ma belle.

    Gavroche

    30 novembre 2010 at 11 h 37 min


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