LES VREGENS

juste quelqu’un de bien

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Encore une p’tite histoire perso…

V’là -t-y pas qu’au début du retour de la gôche au pouvoir (ah ! l’euphorie 1981…), donc époque Mauroy, celle-ci se met en quête de changer la vie, et aïe donc ! un ministère de la Culture, et v’lan ! un ministère de la Femme (ça alors !..) et toc ! un ministère du Temps Libre… (rien qu’à entendre ces mots-là, ça doit fulminer à l’Elysée…)

C’est aussi le triomphe des Grands Communicants, qui ont facilité la victoire de La Force Tranquille. Donc, juste après l’abolition de la peine de mort dans notre pays (et encore, merci pour ça), il faut promouvoir ces nouveaux trucs du politique.

Pour la Culture, alors là, les grands moyens, fric (ça se dit budget en pol-langue) et campagne promotionnelle : cheval de bataille, le prix unique du livre, toujours en vigueur. Plus, et c’est là que j’y arrive, spot publicitaire.

Là aussi, c’est blindé : Jacques Demy, reprenant l’idée de Folon pour le générique d’ Italiques, fait décoller des montgolfières multicolores avec des livres dedans – très joli.

vous prendrez bien une petite madeleine ?

( Jean-Michel Folon – musique  : « Lontano » d’Ennio Morricone)

Pour Yvette Roudy et son ministère, beaucoup moins de fric (entendez : budget) et Agnès Varda pour un film court………………… formidable.

Il faudra bien, un jour, qu’on dise partout qu’elle est l’un(e) des plus grand(e)s cinéastes français(e)s.

Et pour l’ovni de la politique (sûrement un brin d’utopie, dû à une soirée tarpé/bourgogne dans un loft…), le ministère du Temps Libre, il n’y aura qu’ un petit spot, pour nous inciter à passer nos vacances chez nous-en-France-ce-très-beau-pays-zavec-de-si-belles-régions. Il faut dire, en plus, qu’en cette période, mais je ne sais plus bien pourquoi, pour aller à l’étranger, on n’avait droit qu’à une somme limitée de devises..!

Bon, cette pub,… c’est moi qui en fus chargé… et ne me demandez pas comment cela se fait-ce !

…Bref, me voilà parti vers le sud (on est en février) en espérant de belles lumières, pour repérer les extérieurs : la vallée du Gardon, les ocres, l’artisanat du verre, et pour le «casting», (on disait encore la «distribution» ) un bureau aux studios de La Victorine, à Nice.

Les démarcheurs de comédiens, souvent régisseurs locaux, regroupent volontiers plusieurs «castings», échelonnés sur une journée. Dans mon cas, on s’est joint à une production de film amerlocaine, installée dans un (grand) bureau voisin. Le travail commence tôt, car il faut voir un maximum de personnes en peu de temps, et retenir ceux qui sont choisi.

J’ai bien vu l’énorme staff US arriver à la buvette pour le café, j’y ai reconnu quelques amis, assistants, accessoiristes et autres, venus de Paris. Nous, on était quatre… et nos sous étaient comptés…

Donc, à 8h, chaque équipe rejoint son coin pour recevoir les comédiens.

Je viens à peine de m’asseoir et d’ouvrir le classeur à photos qu’on frappe à la porte. Le régisseur ouvre, et entre un grand bonhomme, plutôt élégant, avec un large sourire, la main tendue :

«Hello, friend, you’re the french director ? I’m Blake Edwards, and we work here today. So, good luck…» et il est reparti comme il était venu…

j’en suis resté comme deux ronds de flan.

Il préparait Victor, Victoria, et comme vous voyez, je ne l’ai jamais oublié.

Pierre Murat le dit très bien :

L’œuvre de Blake Edwards n’aura été, en définitive, qu’une ode à tous les paumés, les déclassés, les hors-normes. Et un hymne à la tolérance, qui rend la vie supportable. Et parfois belle…

L’humanisme et le talent, c’est ça qui est élégant, grande leçon…

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Written by randal

17 décembre 2010 à 17 h 58 min

7 Réponses

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  1. Waouh !!! Imagine qu’il soit non seulement venu te saluer mais qu’il le fasse accompagné d’Audrey ?

    Là tu t’évanouis sous la table je suppose ?

    PS : Gavroche, tu n’écoutes pas hein?

    😉

    julesansjim

    17 décembre 2010 at 18 h 07 min

    • y avait quand même Julie Andrews, excusez du peu…
      le midi, les deux équipes ont grignoté ensemble (eux 25 ou 30, nous 4…) à la gargote des studios. Sans les stars hélas…

      randal

      17 décembre 2010 at 18 h 57 min

      • Ah d’accord… J’en apprends de belles… ça va chier des bulles !!! Grmblll…;-))

        Gavroche

        17 décembre 2010 at 19 h 07 min

  2. La télé, c’est très con, mais il y a des fois où ça mène à de grands moments, comme celui que tu nous racontes là, Randal ! Petit veinard !

    clomani

    17 décembre 2010 at 18 h 41 min

  3. Super anecdote ! Veinard !
    Je passerai donc sur le fait que tu étais tout près de chez moi (la vallée du Gardon) et que t’es pas venu me faire un petit coucou :-))
    Quant au ministère du temps libre, je pense évidemment au « ministre du temps perdu à un fric fou » de Coluche aux Césars http://www.dailymotion.com/video/x67p6u_coluche-ceremonie-des-cesars-1984_shortfilms

    alainbu

    17 décembre 2010 at 18 h 55 min

    • ouais, au tournage, je me suis cassé le pied dans le lit d’un torrent… ça m’en a fait des souvenirs, pour un spot de 30″ !

      randal

      17 décembre 2010 at 19 h 00 min

  4. Waouh la rencontre, veinard Randal, et cette musique nostalgique, souvenir souvenir. Cest le pied. :-))Que du bonheur. J’adore.

    bysonne

    18 décembre 2010 at 22 h 53 min


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