LES VREGENS

Au secours, la droite revient !

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Il y a un mot qui fait l’unanimité dans la plupart des discours politiques, c’est celui de démocratie. Et surtout dans le discours de ceux qui tuent finalement la démocratie, les libéraux… Qui défendent, au nom de cette même démocratie, la liberté oui, mais celle du commerce, de l’entreprise, et du profit… En même temps, ce n’est pas nouveau. J’en avais déjà parlé ici…

Alors, certains tirent la sonnette d’alarme. Au secours, le fascisme revient. Ben oui. Et partout dans les « démocraties » occidentales, tant en Europe qu’aux Etats-Unis. Et même dans les pays dits « émergents », où fleurissent les nationalismes (par exemple en Côte-d’Ivoire, avec « l’ivoirité » chère à Gbagbo) ou les intégrismes de tout poil, qui ne sont que la façade prétendument spirituelle des mêmes chauvinismes.

La démocratie est – devrait être – un ensemble de « pratiques sociales », censément basé sur des valeurs d’égalité, de liberté, et de justice, qui s’enrichit avec le temps et le développement de certaines sociétés humaines. Les démocraties actuelles sont principalement le résultat d’un processus qui a démarré au XVIIIème siècle, en Europe avec le remplacement de la monarchie par la République, et en Amérique du Nord par la naissance des États-Unis. Peu à peu se sont imposés : le suffrage universel, la liberté d’opinion et de réunion, l’indépendance de la presse, l’indépendance de la justice.

A ceci près que ces droits, qui peuvent aujourd’hui apparaître élémentaires pour certains, n’ont certes pas été le résultat de la bonne volonté des législateurs, tout au long de notre histoire, mais celui de luttes politiques et sociales… Ce que nous avons tendance à oublier.

Sauf qu’aujourd’hui, on constate que tous ces droits « acquis » ne le sont pas vraiment. Ils peuvent régresser, et c’est bien ce qu’on constate un peu partout, y compris chez nous. Et notamment en matière de « démocratie économique ». Mais a t-elle vraiment existé ?

Bon, on n’est plus au dix-neuvième siècle, mais malgré les syndicats, malgré la création des comités d’entreprises en 1945, qui a le pouvoir dans les entreprises, par exemple ? Les actionnaires. Quand l’entreprise va mal, ou même quand les actionnaires veulent dégager plus de pognon, ce sont les salariés de l’entreprise qu’on licencie.

L’égalité n’existe pas. La preuve, nos amis socialos viennent de découvrir (d’inventer ?) l’égalité réelle… Comme si jusqu’à maintenant n’existait qu’une égalité irréelle. Ils sont marrants, ces socialos.

Même si notre Toupty l’a clamé haut et fort il y a trois ans (depuis il ferme sa gueule), « travailler plus pour gagner plus », les gens se sont quand même aperçus que c’était du flan. On ne peut pas s’enrichir avec un simple salaire même très élevé, il faut pour ça avoir un « capital ». Bref, il vaut mieux naître riche, et blanc, dans une famille avec un gros patrimoine, plutôt qu’être bronzé dans une banlieue pourrie, ou pire, sans-papiers, et cerise sur le gâteau, musulman.


Aujourd’hui, les 225 plus grosses fortunes du monde représentent l’équivalent du revenu annuel des 2,5 milliards de plus pauvres.

Et le constat est sans ambiguïté : dans les pays de l’Union européenne nous ne vivons pas dans un système démocratique. Ben non.

Parce que la démocratie, ce n’est pas simplement élire ses représentants. La démocratie, ce n’est pas seulement avoir le droit de grève (on a vu dès 2007, et en octobre dernier, les attaques du pouvoir à ce sujet) ou le droit de manifester (là aussi, des attaques continuent, un exemple, ici... et un autre là…)

Dans « La Politique », Aristote écrit :
«Le principe de base de la constitution démocratique c’est la liberté. Et l’une des formes de la liberté, c’est d’être tour à tour gouverné et gouvernant. En effet, le juste selon la conception démocratique, c’est que chacun ait une part égale numériquement et non selon son mérite, et avec une telle conception du juste il est nécessaire que la masse soit souveraine, et ce qui semble bon à la majorité sera quelque chose d’indépassable … De sorte que dans les démocraties, il se trouve que les gens modestes ont la souveraineté sur les gens aisés ; ils sont en effet plus nombreux, et c’est l’opinion de la majorité qui est souveraine.»

Sacré Aristote, va… Encore un gauchiste.


Les élections, tiens, parlons-en.

Rappelons nous le référendum de 2005, sur lequel nos députés, de droite comme de gauche, se sont gentiment assis, deux ans plus tard. Merde au peuple qui est trop con, décidément. Qui ne sait pas ce qui est bon pour lui.

Rappelons nous les déclarations de nos « élus », de droite, comme de gauche : on n’y peut rien, c’est l’Europe, l’OMC, le FMI, la Banque Mondiale et lémarchés (rayez la mention inutile… ) Bref on veut bien prêter à ces salauds de pauvres, mais à des taux prohibitifs… La preuve, chez nous, les crédits revolving sont toujours là, ils créent des emplois, qu’elle disait, la mère Lagarde… La preuve, les titres de la presse allemande au printemps dernier, rappelez-vous, personne ne voulait filer un euro à ces feignants de grecs, y z’avaient qu’à vendre leurs îles, et arrêter de picoler de l’ouzo en grignotant des olives. Merde.La solidarité européenne, ça s’appelle…

Et le pire, c’est que la Grèce a accepté…

Alors, bon, le « capitalisme est en crise », nous dit-on. Moi, je pense qu’il est tout bonnement en train de crever. Et je ne vais pas pleurer, je serais même capable, soyons fous, de suivre son enterrement en dansant … la carmagnole, tiens.

Le capitalisme meurt, certes, mais il remue encore. Il ne cèdera pas sans se battre. Du coup, les inégalités fleurissent, de plus en plus criantes, chez les pauvres du tiers-monde, mais aussi chez les riches que nous sommes encore. Alors, on peut se demander pourquoi une large partie de l’électorat ne vote plus. Les gens ne croient plus qu’ils peuvent jouer un rôle dans la vie démocratique de leur pays à travers le fonctionnement des institutions, et surtout n’accordent plus leur confiance aux divers partis politiques pour apporter des solutions à leurs problèmes.

Reste l’abstention, ou le vote FN. Pendant que la droite « classique » et de plus en plus « décomplexée » poursuit impitoyablement ses “réformes” libérales de la société, et que la « gauche », non seulement est incapable de proposer une alternative, mais n’en a même pas la volonté.  Que crier sinon : “Que se vayan todos !”.

Le désintérêt de la France d’en bas pour ses représentants (j’allais dire de commerce) a commencé à la fin du premier mandat de François Mitterrand, avec le tournant de la « rigueur », et la soumission à l’eurolibéralisme, le tout opéré par un gouvernement étiqueté « à gauche »…

Le coup de grâce au suffrage populaire fut donné en février 2008, nos « élus » nous ayant tout simplement craché à la gueule, en votant quasiment comme un seul homme, le traité de Lisbonne, confirmant ainsi que leur légitimité était usurpée et rendant manifeste du même coup combien nous avions raison de nous méfier :

Les députés ont voté le texte par 336 voix pour, avec 52 contre, tandis que les sénateurs ont été 265 à l’approuver, 42 à le rejeter et 13 à s’abstenir.

Du coup, on se demande bien pourquoi on irait voter, au lieu d’aller à la pêche, ou de faire une petite sieste …

D’ailleurs, l’augmentation du taux d’abstention est général : il est supérieur à 50% dans 18 des 27 pays de l’Union Européenne, et même supérieure à 60% —donc plus élevé qu’en France (59,5)— en Bulgarie, en Hongrie, en Lituanie, aux Pays-Bas, en Pologne, au Portugal, au Royaume-Uni, en Roumanie, en Slovaquie, Slovénie et Tchéquie, atteignant pour certains près de 80%… Les “bons élèves” sont la Belgique et le Luxembourg, et pour cause, là-bas, voter est obligatoire…

Et partout en Europe, et ça va avec le désintérêt pour la politique, et surtout la politique ultralibérale, on constate la montée de l’extrême-droite. Il semblerait que la conquête de sièges parlementaires par les extrémistes constitue le plus grand bouleversement en Europe depuis la disparition du communisme. Tristes relents, Hitler aussi a été « élu »…dans un contexte économique et politique finalement assez voisin…

Et le soutien des électeurs à l’extrême droite en Europe n’est plus un phénomène marginal, car toute l’Europe est concernée. Lors des dernières élections, l’extrême droite a totalisé 11,9% en France (Front National), 8,3% en Italie (Ligue du Nord), 17 % aux Pays-Bas (Parti pour la liberté néerlandais de Geert Wilder), 28,9% en Suisse (Parti du peuple Suisse), 16,7% en Hongrie (Jobbik) et 22,9% en Norvège (le Parti du progrès). On peut compléter ce charmant tableau en rappelant que l’extrême droite a obtenu 16% dans les régions flamandes de la Belgique, près de 16% en Autriche, 15% au Danemark. D’autres existent aussi en Lettonie, en Slovaquie et en Slovénie.

Les nostalgiques, en Lettonie

Autre exemple, depuis les années 2000, des rassemblements de nostalgiques des divisions SS se tiennent annuellement en Lettonie, dans l’indifférence quasi générale, et du gouvernement letton, et des gouvernement d’Europe occidentale.

Aucune réaction non plus après les exercices paramilitaires très douteux organisés chaque année en Estonie, avec la bénédiction des autorités de Tallin, en l’honneur du groupe Erna qui, en 1941, livrait des informations aux nazis sur les mouvements de l’Armée rouge. Curieusement, dans tous ces pays qui font désormais la chasse aux agents de l’ancien régime communiste, aucun ancien criminel d’extrême droite n’a été arrêté dans cette région depuis la chute de l’URSS…

Ils ont la même gueule partout...

La Lituanie, quant à elle, a connu un traitement de choc à la mode argentine : obligé par les financiers internationaux de s’accrocher à l’euro fort tout en réduisant drastiquement ses coûts de production pour maintenir sa compétitivité extérieure, elle a subi une récession plus violente que celle des Etats-Unis en 1929. Le PNB a chuté de 24 % en deux ans (2008-2009), et le chômage (très faiblement indemnisé) a bondi à plus 20 %.

Les deux récents entrants dans l’Union européenne, la Bulgarie et la Roumanie – deux pays sous tutelle du FMI – ont aussi voté massivement pour des partis ultranationalistes, aux discours assez similaires. Au premier tour de l’élection présidentielle bulgare de 2006, la candidat du parti ultranationaliste et xénophobe Ataka (Attaque), Volen Siderov, était arrivé second, avec 21,5% des voix, derrière le président socialiste sortant Georgi Parvanov. En 2005, le parti Attaka avait réalisé des affiches montrant une carte de la Bulgarie recouverte de drapeaux turcs et israéliens, pour bien montrer qu’il considère le pays comme « occupé ». Ses militants ont aussi beaucoup exploité la phrase prêtée au président israélien Shimon Peres à l’hôtel Hilton de Tel-Aviv l0 octobre 2007 « De la part d’un petit pays comme le notre, c’est presque stupéfiant. Je vois que nous achetons Manhattan, la Hongrie, la Roumanie et la Pologne ». En Roumanie, le Parti de la Grande Roumanie (Romania Mare) est plutôt sur le déclin (il est passé sous la barre des 5 % en 2009) mais la cure d’austérité dans laquelle le pays est plongé pourrait lui profiter.

En avril 2010, la Hongrie élisait ses députés : le parti d’extrême-droite « Jobbik », qui parade en uniforme noir (la nostalgie, sans doute), dont les mots d’ordre sont le christianisme, la culture hongroise, la famille ou encore l’autorité, et qui avait jusque là 2 % des suffrages, en a obtenu 17%, et a 47 sièges au parlement. Et continue à véhiculer les mêmes saloperies qu’autrefois, sur les Tziganes, les Roms et les Juifs, boucs émissaires de la misère ambiante … Et le Jobbik est clairement antisémite. Cherchant à minimiser l’holocauste en comparant les crimes du communisme européen à l’extermination à l’échelle industrielle des juifs dans les camps de la mort nazis.


Et comme par hasard, la majorité sortante « socialiste » ne proposait au bon peuple que des politiques d’austérité-toujours-pour-les-mêmes, mais attention, hein, au nom de la lutte contre le déficit budgétaire… Evidemment. Pour les cochons de payants au premier franc, ça s’est traduit, entre autres, par le gel des salaires, la suppression du 13 ème mois des fonctionnaires, l’augmentation de la TVA… Le sortant socialiste Ferenc Gyurcsány était pourtant le premier chef de gouvernement hongrois à obtenir un second mandat, depuis la chute du régime communiste. C’était en avril 2006. Sauf qu’en septembre de la même année, la radio publique hongroise diffuse ces propos :

« Nous avons merdé (…). Personne en Europe n’a fait de pareilles conneries, sauf nous (…). Il est évident que nous avons menti tout au long des derniers dix-huit mois … Nous avons tout fait pour garder secret en fin de campagne électorale ce dont le pays a vraiment besoin, ce que nous comptions faire après la victoire électorale : nous le savions tous, après la victoire, il faut se mettre au travail, car nous n’avons jamais eu de problème de cette envergure.»

Quel peut être le débouché de la colère populaire quand une prétendue gauche vient compléter le sale boulot des multinationales, qui avaient acheté des pans entiers de l’économie hongroise, à la chute du régime communiste ?

Je vous avais aussi parlé de la joyeuse ambiance qui règne désormais en Bulgarie…

Mais dans les Balkans, c’est la Serbie qui détient le pompon. Le parti radical d’extrême droite n’a jamais recueilli moins d’un tiers des voix depuis la chute de Slobodan Milosevic. Aux élections présidentielles de février 2008, son candidat Tomislav Nikolic a même recueilli plus de 47 % des voix au second tour (dans un scrutin où la participation a dépassé les 60 %).

La Serbie paie quelque part les conséquences de sa diabolisation auprès des pays occidentaux. Malgré sa capitulation inconditionnelle sur la plupart les dossiers (sauf celui de la reconnaissance du Kosovo). Pour « rentrer dans le rang », la Serbie a privatisé les fleurons de son économie, et l’ancien quartier populaire de Belgrade est aujourd’hui le paradis des grandes banques occidentales. Mais les serbes ne sont toujours pas jugés dignes d’intégrer les rangs européens.

La Serbie n’est pas le seul pays à l’Ouest des Balkans où l’ultranationalisme et la xénophobie prospèrent. En Bosnie Herzégovine, les dernières élections ont confirmé chez les Serbes comme chez les Croates de ce pays, la victoire des partis nationalistes et un refus de cohabiter dans une nation multiculturelle. En février 2010 est né en Bosnie un  « Mouvement de la fierté nationale bosniaque » d’inspiration néo-nazie. Il se réclame du souvenir de la division SS Handschar  et proclame que « les Juifs, les Roms, les Tchetniks, les séparatistes croates, Tito, les communistes, les homosexuels et les Noirs » sont ses principaux ennemis. La nostalgie des oustachis est aussi répandue en Croatie. Au Kosovo les violences et harcèlements contre la minorité serbe se poursuivent, le Conseil de l’Europe dénonce régulièrement le racisme anti-rom en Albanie, et en 2006 le ministre des affaires étrangères albanais Besnik Mustafaj agitait encore la perspective de créer une grande Albanie.


En Europe, même la Suède, qui était pourtant un pays « en pointe » depuis des décennies, un modèle, mélange de libre-échange et de solidarité sociale, a tourné le dos à la politique traditionnelle, celle qui oscille entre des partis plaidant pour le libre-échange, et d’autres de centre-gauche réclamant plus de solidarité – mais sans aller plus loin, faut pas déconner, non plus… Alors les Suédois ont voté pour des gens qui sont obsédés par un seul thème : la perte supposée de l’identité nationale. Ben oui, c’est à la mode, ce truc.

L’extrême-droite suédoise, joliment nommée « les Démocrates de Suède » compte désormais 20 députés au parlement. Ils sont évidemment anti-immigration et anti-islam, et appellent à des solutions autoritaires pour résoudre la crise sociale qui s’étend en Suède. Le chômage y atteint 9 %, après quatre ans d’une coalition de centre-droit. La preuve qu’un fort taux de chômage ne va pas forcément de pair avec un virage à gauche. Les sociaux-démocrates suédois ont vu leur nombre de voix s’effondrer à 30%, leur score le plus bas depuis un siècle, et ils n’avaient encore jamais perdu deux élections à la suite.

L’ identité remplace la classe. Pas un seul parti, pas une seule formation politique, ne peut prendre le contrôle d’un Etat et gouverner sur la base d’un programme recueillant l’adhésion d’une majorité d’électeurs. Même en Grande-Bretagne, il est nécessaire de former une coalition pour obtenir la majorité à l’Assemblée. La Belgique et les Pays-Bas n’ont toujours pas de gouvernement, des mois après des élections qui n’ont donné aucun résultat concluant.

Alors, pour rester dans leur confortable fauteuil, les partis politiques classiques commencent évidemment à ratisser dans le caniveau. En France, Nicolas Sarkozy a lancé une campagne d’expulsions forcées à l’égard de la minorité rom. Entre autres joyeusetés. Mais il est loin d’être le seul à faire de l’oeil à l’extrême-droite. Ainsi, les sociaux-démocrates allemands accusent Angela Merkel d’échouer à accélérer l’intégration des immigrés. Manuel Valls déplore le manque de « blancos » dans certains quartiers, où l’ont a parqué les bronzés… Salauds de pauvres. Même le nouveau gouvernement britannique a imposé une limite au nombre d’étrangers autorisés à travailler en Grande-Bretagne. Il faut bien donner un os anti-immigrés à ronger aux électeurs qui ont envoyé l’an dernier deux membres du British National Party au Parlement européen.

23 millions de chômeurs en Europe. Eh oui. Évidemment, aucun commissaire européen ne perd jamais son emploi, même s’il est incompétent. Et l’Europe a maintenant trois présidents, un pour la Commission, un pour le Conseil et un pour le Parlement, mais toujours pas de gouvernement. Et donc, pas de projet. Sauf celui du libéralisme.

Quand tout allait bien, les étrangers, on les faisait venir pour faire les boulots dégueulasses dont personne ne voulait. Aujourd’hui, le pognon circule, mais les gens… Ils sont devenus « un problème », celui de « l’immigration. »

Glyn Ford, député britannique travailliste du sud-ouest de l’Angleterre, est président du Comité d’enquête du Parlement européen sur la montée du racisme et le fascisme en Europe. Il est également membre de la Commission consultative sur le racisme et la xénophobie du Conseil des ministres et membre de la Délégation de l’Union européenne à la Troisième Conférence mondiale sur le racisme, qui a eu lieu à Durban. Il a été trésorier national de la Ligue anti-nazie.

Voici ce qu’il écrit :

C’est ainsi qu’il y a plus d’hommes politiques racistes parmi les 785 membres actuels du Parlement européen que de membres représentant les 15 millions de minorités ethniques et d’immigrants du tiers-monde vivant dans les pays de l’Union européenne. Les 19 membres du ITS comprennent les partis d’extrême droite européens et, malgré leurs discours, il est facile de reconnaître leurs vraies idées. Le groupe est présidé par le député européen français Bruno Gollinisch, député leader du Front National de Jean-Marie Le Pen, qui a été condamné en janvier 2007 pour avoir nié l’Holocauste. Andreas Moelzer, le cerveau du Parti de la liberté autrichien de Jorg Haider, le même Haider qui a refusé de condamner un attentat à la bombe terroriste ayant tué quatre Roms. Franck Vanhecke est le leader du parti flamand Vlaams Belang, qui demande que les immigrants soient totalement assimilés dans la culture occidentale ou rapatriés.

L’Europe reflète le succès des partis d’extrême droite au niveau national. En 2002, Le Pen, qui a affirmé que l’occupation nazie de la France n’avait pas « été si terrible que ça » malgré la mort de 70 000 juifs français dans les camps de concentration, s’est qualifié au second tour des élections présidentielles. Lors des élections de 2007, son soutien a diminué près de la moitié, non pas à cause de son échec de 2002 mais en raison de son succès. Les autres candidats ont repris à leur compte son discours et volé son électorat, tenant des discours fermes sur l’immigration et la criminalité, mais sans jamais invoquer leurs causes, tout en indiquant dans leur opposition à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne que les limites futures de l’Europe devraient être religieuses plutôt que géographiques.

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Written by Gavroche

21 janvier 2011 à 13 h 42 min

6 Réponses

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  1. purée ! beau billet ! j’aime aprticulièrement ce passage « Rappelons nous le référendum de 2005, sur lequel nos députés, de droite comme de gauche, se sont gentiment assis, deux ans plus tard. Merde au peuple qui est trop con, décidément. »

    Le ps a loupé le coche, à ce niveau, et bien des responsables politiques devraient méditer sur le sujet, avant de s’en prendre à méluche, sur le populisme. Ce ne sont pas les gens de gauche (vraiment) qui ont créé une situation dans laquelle les gens se sentent délaissés, incompris et bien mal représentés…

    gauchedecombat

    21 janvier 2011 at 15 h 08 min

  2. Oui, bravo Gavroche pour ces analyses et ces rappels historiques salutaires par les temps qui courent. Entre les droites dures, les droites extrêmes, les gauches molles, les gauches radicales… beaucoup se sentent comme des mouches prises au piège et l’affolement guette les plus fragiles, les plus exposés.
    En complément à ton texte, j’ai envie de signaler ici le livre, très salutaire aussi, d’Hervé Kempf qui vient de sortir : « L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie ! » Je suis en train de le lire et, après une cinquantaine de pages (sur 160 + 20 pages de références bibliographiques !)je suis tellement enthousiaste que j’envisage fermement d’en rendre compte prochainement sur notre blog.

    ***************************
    En attendant, le texte de 4e de couv’ est ici :

    http://www.seuil.com/fiche-ouvrage.php?EAN=9782021028881

    julesansjim

    21 janvier 2011 at 15 h 41 min

  3. […] sans jamais vraiment entrer dans des profondeurs abyssales, je vous conseille ce (long mais bon) billet là, l’un des meilleurs de ceux que j’ai lus ces derniers temps. Je n’en connaissais […]

  4. Excellent billet, très complet et pertinent.

    alainbu

    21 janvier 2011 at 19 h 21 min

  5. à part une période de rémission qui a duré une génération, ce qu’on appelle la pensée d’extrême droite faute de vocabulaire approprié n’a jamais disparu. le terreau nationaliste, religieux, culturel, linguistique, économique nourrit toujours ses racines. elle est démultipliée par la crise mondiale, le gouvernement-monde financier sur lequel nous n’avons aucune prise, et donc la guerre économique sans merci dont nous sommes les jouets et les victimes.
    mais il n’y aura aucune solution, et nous nous ferons balayer par ce ras de marée provoqué par l’hydre à 1000 têtes, si, tout en condamnant sans hésitation cette pensée, nous ne cherchons pas, en même temps, à en comprendre justement les racines.
    et pour qui a un jardin avec des plantes envahissantes, c’est une évidence.

    zozefine

    23 janvier 2011 at 16 h 22 min

  6. Pour ajouter un peu d’Aristote :
    La démocratie est le gouvernement dans lequel les fonctions sont distribuées par la voie du sort;
    l’oligarchie, celui où l’autorité dépend de la fortune ; l’aristocratie, celui où elle dépend de l’éducation; je parle ici de l’éducation réglée par la loi, car ce sont ceux qui ont constamment observé les lois à qui revient le pouvoir dans le gouvernement aristocratique ; or, c’est en eux que l’on doit voir les meilleurs citoyens, et c’est de là que cette forme de gouvernement a pris son nom. La monarchie, comme son nom l’indique aussi, est le gouvernement où un seul chef commande à tous. Il y a deux monarchies : la monarchie réglée, ou la royauté, et celle dont le pouvoir est illimité, ou la tyrannie.

    Ou encore

    Ces bases étant posées, c’est à dire le principe de la démocratie étant celui qu’on vient de dire, voici les traits caractéristiques du régime populaire : choix de tous les magistrats parmi tous les citoyens; gouvernement de chacun par tous et de tous par chacun à tour de rôle ; tirage au sort des magistratures, soit de toutes, soit de toutes celles qui ne demandent ni expérience ni savoir; magistratures ne dépendant d’aucun cens ou d’un cens très petit ; impossibilité pour un même citoyen d’exercer, en dehors des fonctions militaires, deux fois la même magistrature, ou seulement un petit nombre de fois et pour un petit nombre de magistratures ; courte durée des magistratures, soit toutes, soit toutes celles pour lesquelles c’est possible; fonctions judiciaires ouvertes à tous, tous jugeant de tout, ou des causes les plus nombreuses, les plus importantes et les plus décisives, par exemple la vérification des comptes, les affaires politiques, les contrats privés; souveraineté de l’assemblée dans tous les domaines, aucune magistrature ne l’emportant en aucun domaine, ou seulement en très peu de domaines, ou souveraineté de l’assemblée sur les affaires les plus importantes.

    En 2012, je vote Aristote.

    trichocephallites

    23 janvier 2011 at 22 h 27 min


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