LES VREGENS

une histoire d’amour – une histoire d’amour ?

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allez, une petite histoire d’amour rigolote et pas rigolote à mes dépens

quand j’étais étudiante en lettres, fin des années 70, j’avais l’habitude de boire des thés au lait sans sucre et de faire mes devoirs écrits dans une brasserie qui fut une vraie institution à genève, un grand, chouette bistrot, celui-là même où lénine laissa un graffito gravé à l’opinel russe sur une immense table en bois massif, autour de laquelle pouvaient s’asseoir une bonne trentaine de gens, avec des bancs autour. le landolt, ça s’appelait. ne reste qu’une lamentable chose sinistre tubulures/verre/lampadaires à la con, et le centre de gravité des bistrotteurs pros s’est déplacé (à noter : la vie en bistrot à genève, c’est une vraie vie. d’ailleurs, il y en a des centaines, et trouver le « bon » bistrot par rapport à ses activités, c’est la réussite assurée pour y faire son nid et se trouver un réseau social, à genève).

un après-midi de lecture-thé au lait, je vois un sublime créature entrer : un indien très indien, avec veste en peau et franges, décos diverses de petites perles en turquoise, énorme collier de dents, mocassins. cheveux blancs tressés, nez busqué, partie au-dessus de la lèvre supérieure également busquée et très haute, yeux noirs. juste le jean était passe-partout. il boitait très légèrement. très beau comme dans les photos des très beaux indiens. fin des années 70, c’était la période faste des ONG regroupant des indiens d’amériques, qui discutaient ferme à l’ONU les anciens traités de paix et les droits de l’homme. et cet indien de rêve passait par là, dans « mon » bistrot…

et en plus il s’assied à ma table. me demande s’il me dérange (notre relation s’est passée moitié en français, moitié en anglais, c’était la première fois dans la vraie vie que j’utilisais l’anglais appris au lycée…). je bafouille que non, je range mon bouquin, lui propose une clope, engage la conversation. séduisant, doux jésus, tellement séduisant, avec une voix veloutée super basse-direct-dans-le-slip. on commence à se draguer sérieusement. lui jim, moi jane. cherokee, il est.  il est venu défendre la cause de son peuple. j’aime son peuple. j’en tremble d’émotion et de désir. j’ai 20 ans, il est plus âgé, mais pour une de 20 ans, on est plus âgé à peu de frais. il est drôle, ironique, aimable et attentif. on se donne rendez-vous le lendemain soir au même endroit, il doit encore préparer un discours pour le lendemain.

je rentre chez moi, je fais pour semblant de dormir (trop haut sur mon nuage, le vertige) et dès potron-minet, je fais le ménage, change les draps, fais des courses dès l’ouverture des magasins, et ronge mon frein jusqu’au soir. je fais le trajet à pied, pas à vélo, histoire de pouvoir l’emmener dans ma tanière bras dessus bras dessous, et mieux si c’est possible. on se voit. on se replait. on se marre bien en buvant des boissons non alcoolisées. on y va.

là, il va falloir être à la fois ni porno, ni bégueule. donc je ne vous raconte pas ce qui est ma foi plus ou moins l’approche standard, du baiser goulu sur le pas de la porte au plumard corps à corps. mais il faut bien que je me couvre de honte une première fois. à propos, donc à la fois hors de propos mais néanmoins quand même dans le propos, une chose que je n’ai jamais comprise, et comme j’étais très, mais très très con et peu dessalée à l’époque, je n’ai jamais vérifié de visu, mais, au toucher, son sexe semblait scarifié. en afrique, on pratique des scarifications en pratiquant de petites entailles et en glissant un grain de… sorgho peut-être, ou blé, en tout cas un grain qu’on laisse dans la petite plaie, qui se referme autour de ce grain. je n’ai aucune idée des risques d’infection, je crois que simplement le grain se dissout en laissant une cicatrice un peu bosselée. le fait est que ça donne de très belles scarifications. avec jim, ça m’a beaucoup intriguée, et aussi pas mal fait rire : une époque, un ex avait utilisé des capotes anglaises torsadées, la pub disait « augmente le plaisir de la femme », et je riais en pensant que ces indiens à sexe scarifié poussaient vraiment très loin le désir de faire jouir. et ainsi fut fait. pour moi. je ferme ce propos à propos dans le propos mais un peu hors propos, qui n’a rien à voir avec ma honte.

car vient le moment où il atteint le 7ème ciel, et parler du « 7ème », c’est peu dire : au moment de son plaisir, non seulement il se met à hurler, mais hurler comme si on lui arrachait quelque chose – allez savoir quoi – mais en plus il commence à se taper très très fort la tête contre le mur, d’immenses coups, violents, durs, tout en hurlant. et moi, sous  cette sublime bête tellement exotique et indomptable, je me mets à murmurer, comme une vraie petite fille bourge et peureuse : « chhhhhuttt, les voisins ! le mur donne chez les voisins ! » … nuit d’amour torride avec un cherokee, et je pense aux voisins ! j’en ai encore honte, c’est dire.

et on a remis ça pendant une semaine, que j’ai vécue comme un rêve, avec la pointe de cauchemar nécessaire pour l’apprécier, c’est-à-dire les moments où il prenait son pied de manière aussi dingue. puis il est reparti. puis il est revenu quelques mois plus tard. là, j’ai quand même été un peu plus curieuse du fait qu’il était cherokee. il m’a expliqué la cosmogonie de son peuple (son collier de dents, c’était des dents de coyote : son peuple avait pour totem créateur le coyote ; mais la tribu cherokee voisine avait pour totem créateur l’ours : même cosmogonie, mais avec l’ours ; moi qui faisais un peu d’histoire des religions, ça me laissait vraiment perplexe), sa vie et en particulier son enfance massacrée, brisée par les blancs, ses études, sa vie double dakota nord / new york, ses combats, la prison ; en passant, il m’a expliqué à quel point les sioux étaient de sales cons collabos (quand on connait le quasi génocide des indiens par les blancs grâce, entre autres, à la haine que se vouaient les tribus entre elles, j’en étais à la fois consternée et confirmée dans le fait que ces haines sont vraiment tenaces, même face à l’ennemi, au vrai).

un jour, je lui demande ce qu’il en est de la musique, car je n’ai jamais entendu de musique indienne, au sens où nous, on l’entend. on était justement à notre bistrot. entre midi et deux, le landolt n’était pas pris d’assaut par les étudiants mais par les employés de banque, les toubibs, les secrétaires, les notables divers et variés du quartier, qui venaient vite y manger un morceau. on était assis à la table de lénine, la grande, et entourés par plein de gens très propres sur eux, convenables, et mangeant convenablement. jim, dans un grand geste, écarte tout ce qui nous entourait, assiettes et verres des voisins compris, et commence à taper des coudes et des mains sur la table, en scandant, comme dans les films, un chant de guerre tout à fait fortissimo et tétanisant. je dis tétanisant, car le landolt, en entier, est resté suspendu à sa fourchette, les conversations se sont tues, les serveurs se sont arrêtés de virevolter, et on a tous écouté, entre gêne (« les voisins ! les voisins ! »), et respect, et hébétude, un des chants de guerre des cherokee, scandé d’une voix forte, et rythmé sur la table de lénine. bref, de musique comme on l’entend nous, point.

mais c’est aussi durant cette période que mon deuxième motif de honte, et là de regret, ou en tout cas de question à jamais sans réponse, advient. peu avant son départ, il me raconte son initiation, en tant qu’homme de la tribu des wata, et il me confie son nom secret, le nom que le chaman (ou lui-même, malheureusement je ne me rappelle pas) a rêvé pour le lui attribuer en tant qu’homme. on est à la maison, on discute doucement, je suis dans ses bras, et je sens qu’il a confiance en moi…

et il me demande : « veux-tu venir vivre avec moi dans mon tipi au dakota ? ». et là, je suis devenue ce que j’étais, mais que je n’ai plus jamais été ensuite, hélas trop tard. j’ai pensé rapidement non pas à ma famille, qui aurait été ravie, jalouse et envieuse, ni à personne, j’ai pensé à mon examen en juin de philosophie, sur la logique stoïcienne, j’ai pensé au froid sous le tipi en hiver, j’ai pensé à ses 40 ans et à mes 20 ans, j’ai pensé aux cherokee qui n’aiment pas les sioux, bref, j’ai trop pensé. j’ai dilué ma réponse dans une sorte d’atermoiement vague, genre non pas tout de suite laisse-moi y penser peut-être un jour, dont il n’a pas été dupe. ce refus constitue mon deuxième motif de honte et un regret certain : regret d’une toute autre vie, à laquelle j’ai échappé, mais que j’ai loupée aussi.

il est resté une bonne heure, assis le dos contre le mur, à fumer et à se taire. puis il s’est levé, s’est habillé lentement, soigneusement. peut-être me laissait-il le temps d’y repenser, mais peut-être se laissait-il le temps de boucler la boucle. je ne sais pas. mais avant de partir, il m’a demandé solennellement une chose, que j’ai respectée jusqu’à présent, et que je respecterai toujours, sauf à mon dernier souffle, si j’y pense (qu’au moins là, je puisse penser) : il m’a demandé d’oublier son nom rituel. comme je lui répondais que s’il me demandait de l’oublier, jamais je ne l’oublierais, alors il m’a demandé de ne jamais ni le prononcer ni l’écrire. et en ce moment, en écrivant ceci, ce nom se « hurle » dans ma tête. mais jamais il ne franchira mes lèvres.

jamais, sauf quand il le faudra, pour qu’il vienne me chercher sur son cheval, pour m’emmener dans son tipi, là-bas, au dakota nord.

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Written by zozefine

23 janvier 2011 à 20 h 34 min

Publié dans histoire

34 Réponses

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  1. Tiens c’est marrant que tu racontes cette belle histoire juste là. J’ai regardé la fin de l’émission de PPDA « La traversée du miroir » sur fr5 tout à l’heure. Il recevait Josiane Balasko qui a évoqué en fin d’itw son dernier compagnon avec qui elle vit désormais : un comédien d’origine apache, Georges Aguilar rencontré sur le film « Le fils du Français » de G. Lauzier.
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    http://www.france5.fr/traversee-du-miroir/index.php?page=article&numsite=2498&id_article=6398&id_rubrique=2501

    julesansjim

    23 janvier 2011 at 20 h 53 min

    • il y a des nanas comme ça, qui font dans l’exotique. le compagnon avec lequel j’ai le plus longtemps vécu est à moitié maori ! et il a exactement la tête et le corps de …. chabal !! chabal est-il maori ??? RHAAA LOVELY les mélanges, vivement qu’on soit tous excessivement mélangés, 1/8 de chaque couleur, de chaque continent, de chaque religion, et qu’on parle enfin espéranto…
      merci pour tes liens que je vais suivre, la presque cherokee sur le sentier de l’apache !

      zozefine

      24 janvier 2011 at 15 h 51 min

      • « merci pour tes liens que je vais suivre… »

        Euh… fais gaffe quand même…. le 1er invité de PPDA c’est un certain Michel Déon ! ça te dit pour ton 4 heures, une tasse de cette tisane-là ? pas sûr hein…

        Josiane c’est après et son indien de ma(o)ri c’est tout à la fin.

        Bon, je t’aurai prévenue, après m’engueule pas Cigalinette !

        😉

        julesansjim

        24 janvier 2011 at 15 h 57 min

      • juslesansjim, je me réponds pour te répondre, vu que l’arborescence est courte dans ce foutu world truc.
        en un mot comme en plusieurs, en quelques mots en fait : jamais je ne t’engueulerai pour un lien, jamais.
        ps : tu sais que j’ai 2 frérots chats, un zimézule et zulézim ?
        et de ce que j’en sais, les cherokee (et peut-être les apaches) et les maoris, ça n’a vraiment rien à voir. jim et ses copains indiens (j’ai pas TOUT raconté, hein), ils avaient un côté solaire et aérien. mon compagnon maori à moitié et son père 100%, c’était beaucoup plus lunaire, sombre, avec une sorte de violence rentrée fascinante.

        zozefine

        24 janvier 2011 at 16 h 43 min

  2. Bon sang…

    C’est ce que j’ai lu de plus beau ici.

    Tout ce qu’on n’a pas fait, pour respecter les « convenances », pour rester « dans la norme », parce qu’on avait peur, parce qu’on n’osait pas… Parce qu’on était trop jeune, parce qu’on était trop vieux, parce qu’on était trop …

    Toutes les belles histoires, les aventures, les rêves, les « autre chose », les machins différents qu’on a laissé passer. Et toute une vie derrière pour pleurer, après ça.

    Bon. Je digère, et je reviens. Enfin, peut-être.
    Quel courage, Zoz, de te dévoiler ainsi. Tu nous aimes, hein. Ben, nous aussi.

    Gavroche

    23 janvier 2011 at 21 h 02 min

    • et si ça fait pas penser à la chanson de POL chantée par brassens, les passantes…
      ce que je trouve troublant, après avoir fait la recherche et écrit cette coda, c’est qu’on croit que ces choses, ces hésitations, ces peurs, ce manque tellement consternant du grain de folie qui fait les joues roses et le poil lustré, ben c’est réciproque. je n’ai très certainement pas été déterminante dans les décisions de jim, mais j’y ai probablement joué un rôle, à un moment donné. il y a pas que moi qui ai pris une bifurcation, mais lui aussi. on est tous terriblement interconnectés. effet papillon aussi.

      zozefine

      24 janvier 2011 at 15 h 57 min

  3. Merci zoz…
    (trop nému pour dire plus, faudra se contenter de ça)

    trichocephallites

    23 janvier 2011 at 22 h 00 min

  4. coda : cette histoire d’une occasion ratée, pas la seule mais quelque part la plus bête, me tarabuste depuis. oui je vous aime, et j’avais envie de vous la raconter, parce que la vie est tricotée un peu pareil pour nous tous, et on la détricote aussi pareil. ce que je n’ai pas dit, c’est qu’on m’avait annoncé sa mort il y a quelques années, par les voies impénétrables du bouche à oreille le plus aléatoire qui soit, via les quakers de genève… (qui furent également très engagés dans les luttes indiennes).
    ce soir, après avoir « publié », et après toutes ces années, je me suis dit que j’avais envie de savoir, si c’était possible, dans quelles circonstances il était mort, et puis j’avais envie de revoir sa belle gueule d’indien. ah, internet… ah gougueule research…
    je tape son nom, et je clique images. et je tombe, au bout de plusieurs pages, sur sa photo, le visage tuméfié par les bleus. bleus comme ses yeux, qui, dans mon souvenir, étaient noirs. et cette photo pas ancienne renvoie à un site d’une sorte de bio, où je lis qu’il s’est retrouvé dans un camp de réfugiés à calais, et qu’il refusait de rentrer aux USA. et là, vous connaissez le fil en aiguille des recherches, je découvre sur wiki et sur des sites artistiques que loin d’être mort, c’est un artiste très connu et tout à fait conceptuel, qui a fait des centaines d’expos, qui a exposé au musée d’art moderne à paris, qui a habité un peu partout en europe tout en refusant d’apprendre les langues des pays où il habite, et qui est devenu une sorte de nihiliste inclassable et évitant tout classement. et il vit actuellement à rome.
    et tout d’un coup je « relis » mon histoire non pas différemment, mais avec une autre couleur. en fait, il a étudié aux beaux-arts de genève, a terminé peu de temps avant de devenir délégué indien à l’onu, et je l’ai connu en fait à l’époque relativement brève où il était très engagé politiquement, et vivait effectivement à cheval entre genève, new-york et le dakota. et il est né en 40, donc il avait 35 ans quand nos chemins se sont croisés au landolt. mais peu de temps après notre dernière rencontre, il semble avoir décidé de ne plus jamais remettre les pieds aux USA. tout à coup, je me dis que le fait de ne pas l’avoir suivi dans son tipi a peut-être (peut-être) pour lui été déterminant. sa jeune épouse helvète dans son tipi l’aurait peut-être empêché de faire carrière en europe, je lui aurais fait de beaux bébés qu’il aurait dû nourrir en allant chasser le bison, et je serais devenue encore plus cherokee que lui dans un combat sans espoir mais sans regret. bref, la vie aurait été autre, et pour lui, et pour moi.
    mystère du voyage…

    zozefine

    23 janvier 2011 at 22 h 12 min

  5. il ne faut pas regretter, tu as vécu autre chose, lui aussi, et c’est bien aussi.
    et aussi ce n’était sans doute pas pour toi le moment de prendre une telle décision, l’exam de philo était là pour t’accrocher à une réponse.

    Ça me fait penser au film « smoking, no smoking » d’Alain Resnais (tiré d’une pièce je crois), film curieux à plusieurs fins, plusieurs tiroirs suivant que le chemin de la vie prend une direction ou une autre à un moment précis. Il n’y a jamais de fin en fait, jamais de retour, toujours des bifurcations qui prennent de grands boulevards ou de petits sentiers.
    je crois qu’on peut être heureux-se quand on arrive à tracer la route qui nous convient

    kakophone

    23 janvier 2011 at 22 h 37 min

  6. mais dieu que j’ai aimé les chemins que je n’ai pas pris !

    zozefine

    23 janvier 2011 at 22 h 45 min

    • tu gardes leur parfum 😉

      kakophone

      23 janvier 2011 at 22 h 49 min

      • je te trouve bien complaisante avec moi ! refuser de partir avec un beau cherokee vivre dans son tipi au dakota nord pour passer un exa sur la logique stoïcienne ?????????? (que j’ai passé d’ailleurs encore ivre morte d’une cuite maousse la veille, en m’endormant pendant la demi-heure de préparation de la question…) moi, je trouve qu’il faut vraiment être TRES TRES con ! d’autant que ce refus, cette peur de bouger a fait que 5 ans après, j’ai vécu une tragédie pas comique du tout, qui a zappé une bonne dizaine d’années de ma vie ensuite. faudra que je vous la raconte celle-là, que vous compreniez pourquoi la cigale s’excite si fort quand on lui cause psychiatrie institutionnelle, catégorisation, et psy en général.

        zozefine

        23 janvier 2011 at 23 h 14 min

      • complaisante ? non, je ne crois pas. juste un regard d’un autre angle. ce que je suis la première à avoir du mal à faire avec ce qui me concerne.

        kakophone

        23 janvier 2011 at 23 h 53 min

    • Tu le fais exprès ou quoi ? Chacune de tes interventions est plus belle encore que la précédente !
      Après le texte magnifique, le coda qui tue, et là ce haiku sublime…

      Il cherchait le Stop

      25 janvier 2011 at 22 h 56 min

  7. complaisante au sens trop bienveillante, évidemment ! mais c’est vrai que c’est toujours plus facile de se foutre des baffes, que d’en recevoir/donner à quelqu’un d’autre ;-))
    inutile de dire que ma nuit onirique a été remplie de gigantesques mots interdits !

    zozefine

    24 janvier 2011 at 8 h 47 min

  8. Pfou ! Si j’avais su qu’on faisait de telles rencontres à Genève, j’y serais peut-être restée ;o)).
    Mon premier réflexe a été « moi je l’aurais suivi »… et puis j’ai pensé à une ou deux changements de vie qu’on est venu me proposer… que j’ai refusés en me racontant des conneries plus grosses que moi, alors que j’avais la « trouille ». Mais on est un peu con quand on est jeune. Donc tu n’es absolument pas condamnable, auto-damnable… Notre éducation est ainsi faite qu’il ne faut pas que le voisin sache. (Ca me rappelle ma mère et sa peur du qu’en dira-t-on).
    Tu as tout de même de la chance d’avoir eu l’occasion d’être invitée, et si bien reçue qu’il t’a donné son prénom secret, dans une cosmogonie indienne… Veinarde !
    Au fait, j’espère que tu as lu tous les bouquins « polar » de Tony Hillermann avec son policier Jim Chee, Navajo…

    clomani

    24 janvier 2011 at 9 h 56 min

    • tu me fais marrer clo ! je te dis, genève, si tu trouves les « bons » bistrots, tu touches le gros lot ! et tu dois connaître le landolt alors ? ce qui est (pouf pouf, je laisse vide, je sais pas comment dire : …) c’est ce qui se tramait à l’époque, avec tout ce qui allait avec cet exa sur les stoïciens, ça a été soit nul et non avenu, soit, si on me disait que je peux ressusciter, mais à condition de revivre la 15aine d’années qui a suivi, ben je dirais non merci beaucoup, je passe mon tour. j’en conclus que j’ai loupé par manque de folie (qui m’est venue plus tard, ouf) une bonne occasion d’apprendre à cuisiner le pemmican !

      zozefine

      24 janvier 2011 at 16 h 06 min

  9. Hier soir après avoir lu ton complément dans les commentaire j’allais faire une réponse comparable à celle de Kakophone, tu es comme tu es parce que tu as vécu ce que tu as vécu, rien à regretter.
    Va savoir, si ça se trouve on t’aurait jamais croisé sur des forums si t’étais allée vivre sous un tipi au fin fond du Dakota 😉
    Merci pour ce texte et ce témoignage en tous cas.

    alainbu

    24 janvier 2011 at 13 h 46 min

    • mais tu vois le trip dingue ? je sais pas, c’est comme si on te propose d’accompagner ton bassiste préféré et que tu peux pas, tu dois aller faire des courses ! après, tu te regardes dans la glace et tu te fous une tarte, non ?
      mais bon, le fait que non, je suis pas allée vivre dans le dakota nord sous un tipi, c’est aussi ce qui me permet de le raconter à ma famille d’adoption de sacrés vrégens, tu as raison

      zozefine

      24 janvier 2011 at 16 h 09 min

  10. Nouvelle inscrite: merci zozefine pour cette merveilleuse histoire d’amour qui nous renvoie tous à nos propres peurs. La peur, voici la clé du problème; il paraît qu’il suffit de lâcher, de faire confiance à la vie et de laisser aller….mais qui arrive à le faire véritablement…? En tous cas, moi, pas encore…. mais j’y travaille…alors….bientôt j’espère!
    Bisou et merci.

    ramdas2

    24 janvier 2011 at 15 h 09 min

    • bien sûr, comme j’ai réagi, ça semble de la peur. mais c’était pas vraiment de la peur, simplement un manque de folie après l’avoir pratiquée beaucoup, et avant d’en retrouver le chemin. voilà, un mot pas mal : de la pusillanimité. de la tiédeur. j’ai mis un point d’interrogation à histoire d’amour, parce que dans le fond, je ne sais vraiment pas si c’en était une. c’est un truc que m’ont mis les érynies et moira sur mon chemin, pour que j’y pense toute ma vie, et pour avoir quelque chose à gueuler à la toute fin. peut-être. alors, travaille à laisser aller, mais travaille aussi, comme une terre glaise à façonner, ce brin de folie, de rêve, de « allez, j’y vais, c’est fou mais j’y vais ».
      et bienvenue sur le plus empathique et doux et enflammé des blogs

      zozefine

      24 janvier 2011 at 16 h 22 min

    • Ouellekom ramdas2 😉

      alainbu

      24 janvier 2011 at 18 h 53 min

  11. Ben oui, c’est con, la tiédeur… c’est vrai. Mais il faut pourtant en prendre conscience : on ne peut pas être bouillant tout le temps ;o))
    Je sais, c’est de la philosophie de comptoir…
    N’empêche que, moi qui ai rêvé de 12 à 55 ans d’aller vivre ailleurs qu’en France, et d’avoir un boulot où je m’éclate, les deux fois où on m’a proposé justement un boulot extra avec de nombreux voyages (assister un type qui recueillait les chants d’oiseaux du monde pour en faire des disques), et un exil à Washington, pour travailler avec le journaliste le plus sexy de la rédaction qui m’invitait à le suivre… j’ai très mal dormi le temps de prendre ma décision, parce que tiraillée mais j’ai fini par dire non. Et je me suis enlisée dans cette médiocrité de télé publique de m. où j’ai fait du syndicalisme pour me motiver, ce qui était l’erreur à ne pas commettre car je suis faite pour le syndicalisme comme pour être papesse ;o).
    Pour moi je dirais que c’était un manque évident de confiance en moi et de « self-estime » !
    M’enfin, tout de même, je me verrais bien marcher en mocassins ou pieds nus sur la terre sacrée des Dakotas… et traiter les Sioux de collabos ;o))

    clomani

    24 janvier 2011 at 18 h 56 min

    • …je me verrais bien marcher en mocassins ou pieds nus sur la terre sacrée des Dakotas… et traiter les Sioux de collabos…assister un type qui recueillait les chants d’oiseaux du monde pour en faire des disques…un exil à Washington, pour travailler avec le journaliste le plus sexy de la rédaction qui m’invitait à le suivre…
      la vraie difficulté, je crois, c’est que ces chemins fous dépendent d’un(e) autre… seule, je me vois pas partir pour le dakota nord. seule, tu pars pas enregistrer des chants d’oiseaux, ni à washington tenter ta chance. la folie qu’on met dans nos vies, on est maintenant un peu forcées de la mettre de nous-mêmes. or toi à nantes, ou moi ici, c’est un peu de ce (dés)équilibre qu’on essaie d’injecter sur le chemin, avant d’être trop gaga pour en avoir l’idée.

      zozefine

      26 janvier 2011 at 8 h 20 min

  12. Un beau récit encore, merci! Ouais mais tu sais c’que c’est, les occasions manquées, c’est le destin qui t’appelle ailleurs…sinon tu y serais allée!

    J’en profite ici pour te dire que je t’envoie des mails qu’apparemment tu ne reçois pas, je ne sais pas quoi y faire.

    superpowwow

    24 janvier 2011 at 20 h 10 min

    • (pour les mails : bizarre, j’étais pas seule à ne lire que les réponses – mais je crois que tu as trouvé la raison, en tout cas tout est ok)
      cher polygame de la nébuleuse, en raison de ta très grande sagesse que tu nous fais partager, et de ton destin à toi aussi, je sais que ce que tu dis part d’un bon sentiment. mais je garde des doutes quant au fait que le destin, moira, a toujours bien les yeux en face des trous !

      zozefine

      26 janvier 2011 at 8 h 27 min

  13. Zoze, j’adore te lire. M E R C I.
    bah moi qui croyait qu’on ne pouvait rencontrer que des banquiers à Genève (Parfois morts en combinaison de latex, c’est vrai, mais bon…).
    Bon je te laisse et vais de ce pas acheter du Sorgho.

    dessper

    26 janvier 2011 at 17 h 28 min

    • desper, mon poussin, bien, bonne idée.
      mais qui fait les incisions ???

      il y a toute une littérature sur les rites d’initiations (d’ailleurs, mais patapé, je suis contre, je me demande jusqu’à quel point on ne doit pas considérer la cliteridectomie et l’infibulation comme des rites d’initiations pour filles – et la circoncision des garçons en est une, à tous les coups).

      bref, en australie, un rite d’initiation consiste à couper (attatio les mecs, après ça vous voudrez plus jamais aller vivre dans les huttes en branchages enfumées des aborigènes !) le gland en deux avec un petit silex bien taillé. pour en avoir 2. on suppose que c’est pour imiter les kangourous qui sont bifides. et aussi la théorie dit que plus les rites d’initiation sont féroces, plus facilement tu retiens ce que tu y apprends…

      après ça, la pine décorée au sorgho, ça a l’air cool à côté ! en plus que ça « augmente le plaisir de la femme », hein ? tandis que 2, on saurait pas très bien quoi faire de l’autre…. hm, encore que….

      zozefine

      26 janvier 2011 at 18 h 09 min

      • Méfie-toi : Les bifides actifs, ce qu’ils font à l’intérieur se voit aussi à l’extérieur.

        (C’est malin, ça, je vais me coucher et je sens que je vais avoir droit à plein de cauchemars remplis de silex !)

        Il cherchait le Stop

        27 janvier 2011 at 0 h 20 min

      • houille houille (bah je comprends mieux le cri des indiens)
        Je veux bien croire qu’avec des trucs pareils, on se souvienne de ce que l’on y apprend.
        C’est pas « Sea, silex and sun » qu’ils chantaient en Australie?

        dessper

        27 janvier 2011 at 9 h 33 min

      • « Dura Sex, Silex » qu’ils disaient…

        Il cherchait le Stop

        27 janvier 2011 at 20 h 55 min

  14. et si le mea culpa perdure…
    (niveau 2)

    zozefine

    27 janvier 2011 at 21 h 16 min


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