LES VREGENS

Le petit coussin et la vérité

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Allez, je vais encore parler d’amour.

J’ai aimé un homme, passionnément. J’aurais dû partir en courant au bout de 6 mois, si par « amour », on entend et on attend toutes ces jolies choses qu’on croit devoir vouloir pour-être-heureuse. Par chance, je n’ai jamais cherché à être heureuse. Mais à ne pas m’ennuyer. Et là, j’ai été servie, au-delà de toutes mes espérances, et ce qui aurait dû durer 6 mois aux yeux de la majorité des gens a duré 13 ans. Et pour me pousser dehors, il a fallu une tragédie. Sinon, j’y serais encore, je pense.

Mais l’important est ailleurs. Il y a eu, durant ces années, une période terrible, où la jalousie m’a terrassée et a pris possession de moi. Bienheureux les gens qui ne connaissent pas cette frénésie intérieure, cette aliénation totale. Toute ma compassion à ceux qui ont connu ou qui connaissent cet enfer. Je mets dans le même sac la boulimie, l’addiction, certaines perversions sexuelles. Ces enfers personnels qui vous arrachent à vous-mêmes, comme des typhons. On se regarde faire des choses, des actes dont on jouit avec une honte à hurler d’horreur. C’est irrépressible et pourtant le petit soi encore rationnel en soi, enfin, dans ce qui reste de soi, sait qu’il ne faut pas.

Je n’avais pas le choix pour survivre, il me fallait retourner sur le divan du psy. Evidemment, il m’a fallu à peine une séance pour réaliser que tout le problème venait de ma relation avec mon père. Résoudre / travailler cette relation-là, c’était résoudre / travailler la relation avec mon compagnon. Ce fut long, difficile, pénible, et interrompu par une tragédie, qui, de fait, a provoqué ma rupture et mon départ. Pourtant, j’ai compris une chose essentielle, que j’ai envie de partager avec vous – envie provoquée, aussi étrange que cela paraisse, par l’arrivée de la chienne Alithia (Vérité) dans ma vie d’ourse et de cigale.

Au cours d’une séance, m’est revenu en mémoire, soudain, un récit que m’avait fait un ami précédent, et que j’avais écouté avec la plus vive attention, mais sans aucun insight. Il y a des choses comme ça, on nous les raconte, on fait « ho ! », on fait « ah ? », on entend très bien, mais ça ne fait pas TILT. Et des années après, cette même petite histoire bien au chaud dans la mémoire ressurgit brutalement, et mais oui, mais c’est bien sûr, mais c’est ça, c’est évident, TILT TILT TILT, on comprend l’histoire.

Cet ami avait des problèmes d’addiction très graves, et suivait toutes les thérapies possibles et imaginables. Sur sa route de survie, il a rencontré un truc des années 80, qui s’appelait la bio-énergie. Cri primal et tout le toutim. Je ne sais pas si ça existe encore. Parmi les exercices que les thérapeutes faisaient « subir » à leurs patients, il y avait celui du petit coussin.

On apparie les patients, l’un tient un petit coussin, et l’autre pas. Le jeu consiste en un travail opposé pour chacun : l’un doit DONNER le petit coussin, et l’autre doit le REFUSER. Vous devinez l’horreur de la situation ?

– Tiens, prends le coussin.

– Non, j’en veux pas.

– Fais pas le con, prends-le une seconde quoi.

– Non, j’en veux pas de ton petit coussin.

– Bon, écoute, j’en ai marre, prends ce coussin ou je te pète la gueule !

– Mais arrête, si j’en veux pas j’en veux pas de ton coussin à la con.

– Par pitié, au moins touche-le, au moins une fois, personne nous regarde, s’il te plaît !

– Ecoute, j’en ai rien à foutre de ce coussin, j’en ai rien à foutre de ton coussin, garde-te le et fous-moi la paix.

C’est mon ami qui avait le petit coussin. Et ça l’a tellement bien cassé, ça l’a rendu tellement fou de douleur qu’il a fait, là, en plein « jeu », une crise de décompensation aigüe, et qu’il a fallu l’interner à Bel-Air, notre asile psy (rebaptisé Belle-Idée… les cons !), dont je vous recauserai, quand j’en aurai le courage.

Et soudain, j’ai « pigé », du dedans pour ainsi dire, son histoire. J’ai pigé (j’adore ce verbe) comment fonctionnait ma jalousie : non pas par peur d’avoir moins, moins d’amour, moins de baise, moins de temps, moins de n’importe quoi, mais réaliser soudain que je ne pouvais plus lui donner, que ce que je lui donnais avant, maintenant il en voulait moins, ou plus. Que je ne savais plus quoi donner ni comment donner. Que ce que je donnais m’était retourné avec « parti sans laisser d’adresse ». Ou me revenait comme un boomerang, et en pleine poire. Et c’était ça qui nourrissait ma jalousie. Cette peur panique de ne plus pouvoir donner à cet homme que j’aimais infiniment. Trop. Mal.

Mais que j’aimais.

Mais l’amour n’est jamais une excuse. En tout cas ne devrait pas le devenir, dans cet infernal potlach qui, soudain, prend fin alors qu’on a les bras chargés de cadeaux.

Et je me vois, avec Alithia, Vérité, pleine de son petit coussin, et moi, rude, et rétive, à dire « mais j’en veux pas, moi, de ton amour infini, de ta reconnaissance éternelle, de ta confiance absolue ». Et je ne m’aime pas beaucoup dans ce rôle…

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Written by zozefine

9 février 2011 à 22 h 53 min

Publié dans Non classé

46 Réponses

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  1. Tu as le droit de ne pas vouloir recevoir, elle a le droit de vouloir donner.
    Il faut trouver le tiers inclus 🙂

    mebahel5

    10 février 2011 at 0 h 00 min

    • je parlais d’un mécanisme qui échappe très largement à notre rationnalité quotidienne, et en tout cas pas d’un « droit ». le beau caca au pot, le cendrier en nouilles peintes ou le sublime dessin bonhomme têtard, le tout donné à une mère suractivée et dépassée en train de faire le ménage font partie de ce mécanisme. bref, je pense que recevoir ou donner de l’amour est loin d’être simple et aucun « droit » ne permet de résoudre l’éventuel potlach infernal… (je dis bien éventuel, des fois ça réussit)

      zozefine

      10 février 2011 at 9 h 14 min

      • Le mot ‘droit’ devait être entendu plutôt comme une possibilité laissée à chaque être impliqué dans une relation.
        C’était pas le meilleur mot pour le dire, mais franchement j’ai un demi neurone en ce moment 🙂
        Et je ne dis pas non plus que c’est simple, looooin de là.

        mebahel5

        10 février 2011 at 11 h 56 min

  2. Je n’aurais pas analysé la jalousie sous cet angle… mais tu donnes un autre fil d’analyse en effet. J’ai été jalouse de ma frangine, passée au statut de star en faisant son E.N. (école normale) à Annecy. Ma mère ne voyait qu’elle, ne parlait que d’elle… cette si gratifiante projection d’elle-même que ma mère s’imaginait. Tout d’un coup, je me suis vue comme une petite crotte. Bizarrement, j’en ai pris conscience et ai mis des mots sur cette jalousie par le biais d’une lettre envoyée à ma frangine. A son retour d’Annecy, elle a pris le temps de me consacrer un moment. C’était notre secret à nous. Et je n’ai plus été jalouse… peut-être un tout petit peu avec mon premier amour, pas longtemps. C’est un état trop avilissant dans lequel je me sens très mal.
    Mais nous avions une chose en commun, Zozé : la peur de s’ennuyer dans une relation amoureuse. C’est pour ça que je me suis concentrée sur des amours nombreuses et superficielles où on se sépare dès qu’on s’ennuye, sans chagrin, sans peine, sans larme.
    Autre chose en commun : une certaine incapacité à recevoir.
    En passant, Bel-Air, ma mère en parlait souvent … sur le ton « tu vas finir à Bel Air ». C’était sa référence à « l’asile de fous », elle qui a vraiment loupé le coche du psy.

    clomani

    10 février 2011 at 9 h 31 min

    • sous jalousie, je pense qu’on nomme un certain nombre de douleurs qui n’ont pas le même mécanisme, un peu comme le mal de ventre…
      j’appellerais plutôt « envie » ton sentiment à l’égard de ta soeur. et qui se résout en somme « facilement » (mais bon, faut faire l’effort, la démarche de vider la chose, de la mettre à distance).
      le potlach infernal, m’est avis qu’il est antérieur à toute comparaison (être ou ne pas être préféré(e), plus belle/beau, meilleur(e) à l’école), c’est un truc archaïque, vital, quasi foetal, enfin comme j’ai fini par le voir.
      bizarrement, autant j’ai toujours recherché des relations passionnantes, autant elles ont fini par devenir passionnelles, et moi, les ruptures, j’en ai jamais vécu sans chagrin, sans peine, sans larmes. même mon histoire courte avec jim et son tipi me poursuit encore.
      mais je fais des deuils « névrotiques », c’est ça mon problème.
      quant à bel-air-belle-idée, asile cité par l’oms dans les années 80 comme le nec plus ultra des hôpitaux psys en europe, ouarf ouarf ouarf. ta mère a loupé le coche du psy, mais elle a peut-être évité de s’y faire tuer.

      zozefine

      10 février 2011 at 9 h 49 min

  3. pffiouuu, ton histoire de coussin réveille en moi une scène qui m’est très pénible et qui n’a strictement rien de sentimental. Mais l’impossibilité de rendre un objet dont tu ne veux pas, la manipulation, etc.
    ….
    j’en ai le cœur qui bat à toute allure :-/
    non mais quelle idée de faire faire ce genre de « truc » !!?!

    kakophone

    10 février 2011 at 10 h 08 min

    • ah, ça, la bio-énergie, c’est pas de la thérapie soft. très violent, et même parfois des TS. l’ami en question s’en est sorti magnifiquement bien ensuite, c’est bien une des seules personnes que je connaisse qui peut dire « j’ai terminé ma psychanalyse ».
      quant à la pénibilité des souvenirs que ça réveille, c’est certain, si tu as connu ça, tu en connais encore la brûlure intolérable. je suis désolée d’avoir provoqué cette sensation, mais effectivement, je pensais que cette expérience pouvait être partagée, au sens propre du terme !
      potlach infernal, vous dis-je…

      zozefine

      10 février 2011 at 10 h 52 min

    • Oui, les rapports mère-fille dans toute leur splendeur parfois. Personnellement j’ai opté pour la solution radicale: pas parlé à ma mère depuis… chais même plus, 5 ou 6 ans.
      D’ailleurs, il me revient A L’INSTANT, c’est complètement dingue, que mon lit de petite fille était COUVERT de coussins confectionnés, je n’en doute pas, avec amour par elle. Gloups.

      florence

      10 février 2011 at 11 h 20 min

      • oui, florence, oui, les petits coussins faits main par maman, dans un jeu de potlach familial dont tu sembles être sortie en explosant les règles… et pourtant, elle les a faits ces petits coussins… argh, et gloups !

        zozefine

        10 février 2011 at 14 h 41 min

  4. Je savais pas trop si je devais commenter ou non. Et puis finalement, je le fais quand même, parce qu’on est quelque part une famille, un peu foutraque, mais sûrement plus équilibrée (équilibrante ?) que la vraie.

    J’ai eu des parents, comme tout le monde, ou presque, avec leurs qualités et leurs défauts. Passée la « crise d’adolescence », je me suis barrée (à 18 ans, pétantes) et je ne l’ai jamais regretté. Mes parents avaient leur vie, et moi, la mienne.

    J’ai sûrement hérité de quelques gènes néfastes, mais je me soigne.

    Alors, certes, ma maman « préférait » mon p’tit frère. C’était un garçon, et il était plus jeune. Mes parents me disaient « tu ne réussiras jamais rien »…

    Or, la réussite, qu’est-ce que c’est ? Juste essayer d’être heureux. Et à ce titre là, j’ai plutôt gagné le jackpot. Mieux que mes malheureux parents qui s’engueulaient tout le temps, qui étaient des solitaires, pas beaucoup d’amis, vu leur caractère…

    Je sais pas si vous avez lu « l’effort pour rendre l’autre fou » (me souviens plus de l’auteur), mais les ceusses qui ont essayé se sont cassé les dents sur le roc Gavroche :-))

    Bref, moi, les préférences de ma maman, je trouve que non seulement ce n’est pas grave, mais ça m’a été utile. Tout ce que j’ai dit, fait, vécu, c’est à moi que je le dois. Et à ceux qui m’ont accompagnée, et ce ne sont sûrement pas mes parents.

    Peut-être étais je « forte » ? La tête bien sur les épaules ? Je n’en sais rien. J’ai aussi eu de la chance, je crois, d’avoir fait de bons choix, et d’avoir rencontré des gens qui m’ont fait du bien, et qui m’ont fait grandir. Vous en faites partie, tous, d’ailleurs.

    J’ai souffert, comme tout le monde, mais je m’en suis sortie. Je traîne comme tout le monde des souvenirs pas glorieux, mais je fais avec. Parce que le passé, ben, on peut pas revenir dessus. J’essaie de me souvenir des belles choses.

    L’amour, pour moi, c’est simple comme le bon pain. On donne, on reçoit, on partage. Des sentiments, des moments de vie, on profite de l’instant. Ce n’est pas toujours le paradis, ce n’est pas non plus l’enfer au quotidien. C’est … la vie.

    Et moi, quand on me tend un coussin, c’est tout simple. Je le prends. Je souris, je dis merci. Pour en donner un, plus tard, à quelqu’un d’autre. Humain ou animal. Et dans les deux cas, ça me rend heureuse.

    Question : ce sont souvent des femmes qui racontent des histoires comme la tienne, Zoze. Je me demande pourquoi.

    Gavroche

    10 février 2011 at 11 h 22 min

    • Tu le sais bien ma chérie : les hommes ne montrent pas leur nudité, pas seulement parce qu’ils ont plus de sensibilité, voire plus de pudeur (cela est évident !!!!),mais parce qu’ils sont nettement moins beaux à poils.
      Au fait, le péché originel, c’est de la faute à qui ?
      Depuis cette histoire paradisiaque de compote de pomme, l’impudeur féminine nous a sacrément foutu dans la m….! Pour autant,Gavroche, je t’aime toujours autant . Ne le dis pas à Josh il le sait car,… lui aussi n’a pas résisté à ladite compote !
      TIENS, J’OBSERVE QUE « LES VREGENS » SE TRANSFORME EN CANAPé…..

      papounic

      10 février 2011 at 15 h 00 min

    • @ gavroche : je parlais pas d’accepter un petit coussin, mais de voir son petit coussin refusé par l’Autre. à part ça, tu dis : « ce sont souvent des femmes qui racontent des histoires comme la tienne », et franchement, j’en sais rien. je sais que c’est une composante de la jalousie, et il me semble que les mecs peuvent être jaloux. alors jaloux parce qu’ayant peur d’avoir/de recevoir moins ou peur d’être moins accepté ?
      mais je suis heureuse par contre que cette histoire ne fasse rien tilter en toi, ça montre que tu as une bonne balance entrée/sortie !!!
      @ papounic : il y a le reste, qui n’est pas canapé, et plutôt que canapé, j’aurais dit coussin, non ?

      zozefine

      10 février 2011 at 15 h 05 min

      • @ Zoze :

        Refuser mon petit coussin ? (ahem) ;-))

        Je vais dire simple : ça m’est arrivé. Et bien, tant pis. Ça aussi, ce refus, cette peur d’un amour trop grand, peut-être ? ça fait grandir. L’amour (pour moi) ne peut pas être univoque. C’est un partage, et surtout, surtout, une complicité. La passion m’emmerde, quelque part. Elle est stérile, elle tourne en boucle autour d’elle-même. Elle empêche de s’ouvrir au monde.

        Tu vois, avec Randal (pardon de m’étaler ici) on la partage, cette complicité, on regarde dans la même direction, comme dit le poète…On partage une « affinité » d’esprit. Et ça, pour moi, c’est fondamental. Je n’aurais pas supporté un homme qui ne voie que moi. J’attendais autre chose, une interaction (je ne trouve pas le mot) entre ce qu’il est et ce que je suis.

        Je sais pas si c’est très clair, mon truc …? ;-))

        En tous cas, ton histoire me fait quand même tilter, parce qu’apparemment, elle te rend toujours malheureuse. Je suis assez basique, tu vois, j’aime que les gens que j’aime soient heureux. Mais c’est parce que ça me rend heureuse, moi.

        @ Papounic : je n’en attendais pas moins de toi ;-D
        C’est vrai qu’un homme à poil en chaussettes, c’est pas terrible… Mais on vous aime bien quand même !

        Gavroche

        10 février 2011 at 15 h 24 min

      • @ gavroche : il y a une différence entre utiliser un bon prétexte (mon rapport à ma chienne) pour amorcer une discussion sur la décoration intérieure (les petits coussins), et exposer ce qui rend malheureux. mon rapport à cette bête me GAVE grave, j’avais pas envie de me retrouver dans ce trip, mais bon j’y suis et j’en profite pour faire de la philo expérimentale à tendance psypsy. et à vous asséner les méandres oiseux de ma pensée. et comme toute ex-psy-é(e), évidemment, ça fait un peu canapé (mais pas promotion).

        toi, tu arrives à liquider le point de vue de celle dont on a refusé le petit coussin avec ce laconique « Je vais dire simple : ça m’est arrivé. Et bien, tant pis « … chapeau ! je te dis, tu as une bonne balance entrée/sortie.

        quant à ce que tu dis de la passion, je suis bien d’accord.

        zozefine

        10 février 2011 at 16 h 35 min

  5. « L’effort pour rendre l’autre fou » Harold Searles.

    mebahel5

    10 février 2011 at 11 h 57 min

    • ou comment essayer de rentrer dans une relation psychanalytique avec des psychotiques (donnés pour imperméables à la relation thérapeutique). bouquin génial.

      zozefine

      10 février 2011 at 14 h 43 min

  6. Tiens comme y’a que des filles ici, je viens mettre un petit comm.
    Toujours un plaisir de te lire adorable Zozé 😉

    alainbu

    10 février 2011 at 12 h 07 min

    • toi tu es trop mignon, mais c’est pas l’impression que ça donne ! puis tu as vu, tu es plus seul XY, il y a pow wow qui est passé aussi. bienvenus les mecs !

      zozefine

      10 février 2011 at 15 h 00 min

  7. « Et moi, quand on me tend un coussin, c’est tout simple. Je le prends. Je souris, je dis merci. Pour en donner un, plus tard, à quelqu’un d’autre. Humain ou animal. »
    Voilà, le tiers pas du tout exclu, il est là 🙂

    Comme on disait, mutatis mutandis, dans le folklore familial: t’es forte toi la blanche…

    mebahel5

    10 février 2011 at 12 h 09 min

    • Je savais que j’allais me faire engueuler, kek part…:-)

      Gavroche

      10 février 2011 at 13 h 08 min

      • Bé nan, je salue la chose, au contraire 🙂

        mebahel5

        10 février 2011 at 13 h 19 min

    • en fait, le noeud de ma problématique à moi, perso hein, parce que je pense que seul le mécanisme est constant, les acteurs peuvent être très différents, c’est 2 histoires « clefs », une que je raconte pas là tout de suite, mais l’autre qui, comme elle m’est arrivée alors que j’étais déjà « grande », a pu être digérée plus facilement : mon père me fait un cadeau, je m’enthousiasme et lui dis que je l’adore. et lui, très sérieux, et très, mais très très protestant et sans aucun double sens marrant, on rigolera bien hahaha, me rétorquant, du tac au tac : on n’adore que son dieu. sans sourire, sans additif sucré, rien. vu les relations extrêmement complexes que j’ai eues avec lui, j’ai reçu ça dans la gueule 5/5.

      et j’espère que vous apprécierez toute l’ambiguité de sa réponse à mon petit coussin adorant – qui répondait à son potlach à lui.

      zozefine

      10 février 2011 at 15 h 17 min

  8. C’est bien, ces petites séances d’analyse en groupe. ;o)

    Merci Zoze, ouais effectivement, c’est parfois bien de s’abandonner, et de le prendre son petit coussin à ta chienne.

    Je suis bien content en sus d’avoir lu ce que tu as écrit Gavroche, le fait est qu’on a beaucoup de points communs, on est pareils. Et sans tout le travail que j’ai fait sur moi, je serais comme toi, en colère, parce que j’en veux à la terre entière depuis mes douze ans.

    Me revient en mémoire une réunion d’école où l’on nous demandait ce qu’on voulait dans la vie pour nos enfants. Tout le monde disait « médecin », « avocat », « gagner bien sa vie » « bonne situation », des conneries dans le genre, est arrivé notre tour, et on a été les seuls à dire « qu’ils soient heureux ». Tout le monde nous a regardé avec des yeux ronds, en disant « ah ben ouais, aussi ». On a halluciné, on était abasourdis. Y a que la situation matérielle qui compte aux yeux de la majorité, ce jour là on a vu qu’on n’était pas comme tout le monde, et bien contents d’être à notre place.

    Moi aussi je les accepte les coussins, pour les redonner à l’occasion. Faut faire taire sa fierté et son orgueil parfois. Souvent même.

    superpowwow

    10 février 2011 at 14 h 26 min

    • Vérité m’a fait passer une journée divine sur ma plage préférée, courir, marcher, bouffer, jouer, elle m’a même apporté un très joli coquillage et j’ai partagé mes olives et mes carottes avec elle. le coussin, c’est pas une question de fierté ou d’orgueil, c’est entrer dans une relation (ou y rester) : l’exercice en bio-énergie montre bien la dynamique. bizarrement, les gens dont le rôle est de refuser le petit coussin ne souffrent pas, en tout cas cela ne déclenche pas des crises d’angoisse.

      la question, et il me semble que seule florence a pigé ce que je racontais (je distribue pas des points, hein, on s’en fout, j’essaie juste d’expliquer un mécanisme), la question n’était pas accepter ou non un petit coussin, mais de se voir refuser le don du petit coussin. la douleur, elle est pas pour moi dans ma relation avec alithia, qui refuse (bon faut nuancer ça, mais c’est pour dire vite), mais pour ELLE. elle dont je refuse le petit coussin, c’est elle qui est mise dans une situation intolérable – et c’est parce que mon attitude la met dans une position intolérable que je culpabilise. par empathie – et par expérience !

      zozefine

      10 février 2011 at 14 h 59 min

      • Ben si excuse-moi je crois que j’avais compris, c’était de dire d’accepter son petit coussin parce que c’est pour elle que c’est difficile, et qu’au lieu de culpabiliser par empathie, tu devrais le prendre au nom de cette même empathie, son chti coussin. A moins que je ne comprenne vraiment pas, si, je pense qu’il s’agit d’orgueil.

        superpowwow

        10 février 2011 at 16 h 05 min

      • @pow wow : je fais aucun anthropocentrisme malgré tout l’amour que je porte à la vie et donc aux bêtes. avec vérité, c’est moins un problème d’amour au sens humain qu’un problème de meute, de hiérarchie, de femelle alpha. et aussi une histoire d’affection, bien sûr. mais bref, alithia-vérité me semblait un très bon « trigger » pour parler du petit coussin. oublions un instant ma chienne.

        le problème n’est pas de se placer du point de vue de celui ou celle qui accepte ou non le petit coussin, le problème est de se mettre dans la peau de celui ou celle dont le coussin est refusé. peu importe la raison du refus, peu importe si dans ce monde ou un autre, le petit coussin pourrait être accepté. mon point de vue, et ça très bizarrement PERSONNE ou presque n’arrive à l’adopter, à se mettre dans CETTE peau-là, c’est le point de vue de celui ou celle dont le don, le cadeau, le petit coussin n’est pas accepté : comment, à part faire une crise d’angoisse à se faire enfermer en asile, gérer le fait d’être refusé…
        et là il y a une nuance : être refusé, ou voir son petit coussin refusé ? c’est pas la même chose. c’est le coup du :
        -tu m’aimes ?
        -oui
        -tu aimes ma bouche ?
        -oui
        -tu aimes mes yeux ?
        -oui
        -et mes sourcils ? tu les aimes ?
        -oui
        -tu préfères le gauche ou le droit ?

        et là, quoique tu répondes, tu es baisé jusqu’à l’os…
        si tu dis les deux mon général, c’est un refus d’obstacle, si tu dis le droit/le gauche, pourquoi pas l’autre, et ça finit par :

        -en fait tu m’aimes pas

        les divanés, coussinés, psy-és, laing-és reconnaîtront mes sources !

        zozefine

        10 février 2011 at 16 h 23 min

      • Bon ben je persiste à croire que j’avais compris, bon ben on s’est pas compris. ;o)

        superpowwow

        10 février 2011 at 17 h 14 min

  9. comme je dis les trucs brut de décoffrage, et que dans le fond vous ne connaissez ce que je laisse voir à l’issue d’un filtre « narratif » quand même très filtrant, c’est vrai que je dois sembler quand même très chtarbée, dure, pas aimante, pas aimée, incapable de recevoir, trop donneuse, à la limite manipulatrice. mais bon, c’est une loi du genre « dénonciation de soi-même ».

    zozefine

    10 février 2011 at 14 h 50 min

  10. @ pow wow :

    Je ne suis pas en colère contre la terre entière, la seule chose qui me met vraiment en rogne, c’est l’injustice. Quelle qu’elle soit. Ou la cruauté envers les plus faibles que soi. Ça, ça me révolte toujours, comme quand j’étais gamine.

    Sinon, j’aime les gens. Mais ça, vous le savez déjà.

    @ Zoze :

    Tu n’es pas « chtarbée », ma belle, ni dure, ni pas aimante. Au contraire. Trop aimante, peut-être.

    Quand je dis que la vie m’a fait grandir, et vous aussi (merci pow wow, entre autres), c’est que parfois, maintenant, j’arrive à « lâcher prise »…

    Et notre famille, là, putain de merde, elle est là pour qu’on se parle, pour qu’on s’aime/s’aide. Qu’on partage notre coussin, quoi. Sans arrière pensée, simplement. Comme ça. Comme la vie, tant qu’elle est là. Je pense à Sylvaine, j’aurais voulu lui en donner un wagon, de coussins…

    Gavroche

    10 février 2011 at 15 h 06 min

    • la question, essentielle pour moi, c’est de savoir quels coussins a-t-elle cherché à donner qui lui sont revenus dans les gencives ??
      à part ça, notre nébuleuse est un vrai coussin, d’air et d’eau, merveilleux, rare.

      zozefine

      10 février 2011 at 15 h 10 min

    • Je sais pas, mais le coussin ça m’évoque l’étouffement, genre scène finale de Vol au dessus d’un nid de coucou, voyez?
      Pis un objet, comme ça (c’est une image mais quand-même, suivons-la jusqu’au bout justement), après tu te retrouves les mains bloquées.
      Faut trouver autre chose à donner.

      florence

      10 février 2011 at 15 h 10 min

      • le coussin, c’est à la fois le confort, c’est doux, c’est même assez doudou – je sais pas si vous avez remarqué le nombre de fois, dans les films amerlocains, où une fille se confie à un mec (mais des fois l’inverse, plus rare), ils sont assis sur un divan, et la fille tient un coussin dans ses bras et semble se protéger le ventre avec – et c’est l’étouffoir pour une balle dans le plot, le petit coussin sous la tête du mort, et tu as raison de quoi asphyxier assez facilement quelqu’un.

        zozefine

        10 février 2011 at 15 h 22 min

    • Gavroche, ben tu vois, je te le dis franchement, l’impression que tu me donnais jusque là, c’est d’être tout le temps en colère. En plus avec ton avatar sur le forum j’voudrais pas dire…;o)…ben tu vois, peut-être que tu brouilles ton image malgré toi. J’ai choisi un portrait de Bouddha et je tempère mes propos parce que c’est l’image que je veux donner de moi, parce qu’effectivement ça me correspond, et s’il y a bien encore de la colère en moi, elle n’est plus dominante, elle est maîtrisée. Si ça se trouve, je suis au fond de moi encore plus en colère que toi. ;o)

      Ce serait peut-être bien de continuer cette discussion où vous savez, non?

      superpowwow

      10 février 2011 at 16 h 21 min

      • Scuze-moi mais ton avatar sur le forum et celui-ci, le poing rouge levé, chez moi ça évoque tout sauf la sérénité, tu ‘ois? ;o)

        superpowwow

        10 février 2011 at 16 h 25 min

      • Pourquoi vouloir donner de soi une image ? Voilà la bonne question.

        Le poing levé, c’est « Indignez-vous », ne restez pas dans votre coin, agissez… Battez vous contre l’injustice, je sais pas, aidez les sans-pap, les petits, les faibles… Comme je le disais, l’injustice me révolte. Par exemple, je hais les chasseurs qui s’en prennent à de p’tites bêtes sans défense. Là, je serais capable de foncer dans le tas… Avec certains, on ne peut pas seulement parler…:-))

        L’avatar grognon du forum, il m’a juste fait marrer, c’est tout. Les joues rouges, tout ça. Et puis, j’aime bien avoir une image de ronchon…;-))

        Gavroche

        10 février 2011 at 16 h 38 min

      • Ben c’est la fonction d’un avatar hein, de donner une image de soi, pas pour paraître mais pour que les autres te cernent un peu, oui chuis d’accord, c’est qu’une image superficielle, mais c’est pour faire passer un (petit) message (ou pas), je ne dis pas qu’il faille se déguiser.

        superpowwow

        10 février 2011 at 17 h 12 min

      • Et de donner une image de soi, je ne parle que de l’avatar évidemment, parce que sinon, pour ce qui est du reste de ce que je suis, qu’on m’aime ou qu’on ne m’aime pas comme je suis, je m’en contrefous.

        superpowwow

        10 février 2011 at 17 h 16 min

      • ça tombe bien, vu qu’on ne t’aime pas !

        Il cherchait le Stop

        10 février 2011 at 21 h 45 min

      • Je l’savais bien!

        superpowwow

        11 février 2011 at 21 h 52 min

  11. C’était avant que tu ne viennes chatouiller nos propres vies de ta plume musicale et ensoleillée, chère Cigalinette. En septembre 2010, j’avais quelque peu évoqué une tranche de vie :
    https://cafemusique.wordpress.com/2010/09/02/lheritage-impossible/
    Mais je n’ai pas ton talent pour recueillir une flopée de commentaires. A part une pirouette de Fred (alias Crème de canard) ça avait fait flop et je m’étais dit : « oups ça t’apprendra à t’épancher ici sur ton propre sort… »

    *********************
    Ce coussin me laisse perplexe ; c’est très chargé symboliquement en effet un coussin. Par exemple, c’est presqu’un oreiller, un coussin. De là à penser que celui ou celle qui le refuse est en train de dire « non ! je ne couche pas ! » il n’y a qu’un pas interprétatif à peine osé. Et ça peut évidemment vite dégénérer. On pourrait remplacer le coussin par un balai aussi bien. C’est très symbolique de tendre un balai à l’autre, ou un torchon …ou des pantoufles.
    Ne crois pas que je plaisante, Zoze, je suis sérieux là ; j’ai mis tellement de temps moi-même à me stabiliser affectivement. De 16 à 37 ans on pourrait dire que ma vie amoureuse ressemble à une intense bataille de… polochons ! Avec quelques pauses relativement longues, l’une de 10 ans, l’autre de 3. Ah sinon j’en ai échangé du coussin mais pour finir par le balancer au loin, ou le délaisser dans un coin. Peut-être par crainte de l’étouffement que suggère Flo dans son commentaire ?
    Bref, si je n’avais pas eu très vite la certitude, à près de 38 ans, que j’avais enfin rencontré celle avec qui je pouvais tenter de résoudre l’improbable équation 1+1=1 avec quelques chances de réussite, j’y serais peut-être encore, à échanger moult coussins, oreillers et autres polochons.
    Et tu vois, il y a aussi un peu de tout ça dans le fait d’avoir choisi « Juléjim » comme pseudo.

    🙂

    julesansjim

    11 février 2011 at 17 h 53 min

    • j’avais lu ton texte à mon arrivée sur le blog, mais c’était une époque où j’osais pas trop intervenir (eh oui, il y en a eu une !).
      le côté bureaucratique, ça ne peut que faire sourire une habitante de l’ellade… pour créer une association, ne serait-ce que de joyeux boulistes, c’est 6 mois à 1 an de démarches quotidiennes, acharnées, c’est cher, et faut un avocat (d’où d’ailleurs une absence TOTALE de vie associative dans ce pays); si mon bled, chrousa, est à la fois fois sublime et en ruines (des maisons vraiment à tomber les chausses, mais totalement dévastées et vides), c’est que les démarches de succession sont tellement chères et compliquées, sans compter la multiplicité des héritiers par monts et par vaux et en général sans fric, que c’est plus simple de laisser tomber. alors les histoires de double nationalité, yark yark yark.
      par contre l’histoire (d’amour) que tu racontes avant, elle est terrible, lourde à porter, lourde à digérer.
      le petit coussin, ce peut être absolument n’importe quoi, c’est un objet transitionnel (à la limite transactionnel), donc n’importe quoi peut être investi de la force symbolique du don / contre-don. même un balai ou une peluche. ou rien, ou des mots. le fait que tu écrives et que personne ne réponde. même pour ne rien dire. par exemple, le truc bête qu’on vit tous une fois : on écrit un truc qu’on investit un tant soit peu, sur un forum, et aucune réaction, rien. des fois c’est même pas lu. argh, le petit pincement au coeur, non ?
      le petit coussin, faut pas s’arrêter à l’objet physique, il est là pour autre chose (cette chose symbolique du potlaTch), et ça se limite pas à l’amour.
      et comme toi, on est nombreuses et nombreux à ramer longtemps avant de trouver un équilibre.

      c’est joli, l’équation 1+1=1, et tu sembles avoir bien bataillé pour trouver la solution !!!!

      zozefine

      11 février 2011 at 20 h 14 min

    • Jules, je crois que ta petite « tranche de vie » du 2 septembre a été victime de la torpeur de l’été 😉
      Perso je ne l’aurais jamais lue si tu ne l’avais pas citée ici, je ne l’avais pas vu passer.
      Et effectivement il semble que je ne sois pas le seul en tous cas il n’y a pas eu beaucoup de « clics ». Je me dis qu’il suffit d’une seule personne qui soit touchée, une seule personne qui ait aimé pour que « l’investissement » ne soit pas vain (non Zozé ?).

      alainbu

      12 février 2011 at 8 h 52 min

      • ben je sais pas. franchement, les situations où je me retrouvais avec mon petit coussin enfoncé dans la gorge, c’était des situations où il y avait un(e) adressataire très visé(e). ou un ensemble d’adressataires. là, je suis gâtée, et par la quantité et par la qualité des réceptions. dans le fond, il y a que notre ford intérieure qui sait si oui ou non, ça a été reçu. par contre, j’imagine que l’explication « torpeur de l’été » peut consoler (ou toute autre explication : dans la paire bio-énergie de l’exercice « prends mon petit coussin – non », une des choses difficiles est que celui qui refuse n’explique rien. c’est non, point barre. celui qui donne n’a aucun moyen de comprendre, il fait face à un mur)

        zozefine

        12 février 2011 at 9 h 24 min

    • Je l’avais lue, ta petite tranche, et n’avais pas osé m’en mêler, à vrai dire.
      Par écrit, il peut y avoir tant de malentendus sur les intentions, l’ironie ou non en particulier, que je préfère m’abstenir quand il s’agit de choses trop à vif.

      florence

      12 février 2011 at 16 h 02 min

  12. ça n’est plus un canapé; c’est un divan !
    à quand le lupanar ?

    si les vrais gens ne deviennent que nombrilistes, je revendique le coitus interruptus….

    papounic

    12 février 2011 at 13 h 06 min

    • Peut-être parce que des fois en regardant le nombril du voisin, on se rend compte qu’il n’est pas si différent que ça du sien…
      Mais pour cela, il faut aussi parfois regarder le sien.

      Il cherchait le Stop

      15 février 2011 at 13 h 40 min


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