LES VREGENS

Vivre comme si on était (déjà) libres…

with 22 comments

Il y a quelque temps déjà, je vous avais parlé de Tarnac.

Il y a quelque temps déjà, moi qui n’en ai pas beaucoup, j’avais envoyé kek sous aux amis de la Commune de Tarnac. Bon, je ne suis pas la seule, donc je vais pas me la péter pour ça, d’abord parce que ce n’est que du pognon, quelques paquets de clopes en moins, et donc on s’en fout, et puis aussi, je sais pas si vous avez remarqué, ce sont généralement les plus pauvres qui donnent.

Le Randalounet m’avait raconté sa journée pour la Banque Alimentaire au Lideul de Cahors : papi et mamie avec leur caddie de pauvres avaient malgré tout trouvé le moyen de donner qui un paquet de nouilles, qui une boîte de soupe. Les gros cons en 4X4 de coiffeur garés sur le parkinge détournaient les yeux en passant, le chariot plein de merde industrielle. Qu’ils crèvent.

Ce pognon donné aux amis, de toute façon, c’est de l’argent bien placé pour l’avenir. Mieux que celui qu’on est obligé de mettre à la banque, pour engraisser les actionnaires…

Bref, je vous casse souvent les pieds, avec mon rêve, celui d’une multiplication d’épiceries tapies dans l’ombre, partout…


Il y a quelque temps déjà, je vous ai raconté (un peu) ma vie, ici, à la campagne. Les raisons de ma fuite loin du bruit et de la fureur, du stress, du boulot de con, de la routine, des voisins envahissants avec là aussi leurs grosses bagnoles, les maisons « sam suffy » avec des coqs en plâtre sur le pignon. Envie de paix, enfin. D’une autre vie.

Dans le hameau ou j’habite, il y a deux familles, en plus de nous.

Un couple de gens du Chnord, qui jusqu’à présent venaient pour les vacances. Lui vient de prendre sa retraite de l’Educ Nat (ouf, sauvé par le gong) et le moment est venu pour eux de se décider : ils viennent s’installer ici … ou pas. Dur de quitter sa terre natale, ses amis, sa famille, ses habitudes. J’aimerais bien qu’ils « sautent le pas », je les aime bien. Mais bon.

Et puis, juste à côté de notre maison, il y a une dame « d’un certain âge », mon amie Régine (elle déteste qu’on l’appelle « la doyenne », alors évidemment, vous me connaissez, je la taquine…) avec plusieurs enfants et petits-enfants. Sauf que depuis quelques années, l’amie Régine n’est là qu’à la belle saison, entre avril et la Toussaint. Ses enfants habitent Paris, et aussi dans l’Est, dont sa famille est originaire. Alors, l’âge venant, elle a quitté sa maison pour se rapprocher d’eux. Elle a un petit appartement en ville, loin là-bas dans le Jura, et elle y passe l’hiver.

Régine fait partie de ces gens, qui ont tout quitté à la fin des années 60 pour faire ce qu’on avait appelé à l’époque « le retour à la terre ». Elle était instit, (eh oui, encore une), et sûrement une bonne instit, dans le genre vieille école. Douce, gentille, patiente (je l’aime vraiment beaucoup). N’empêche, Régine et son mari avaient « réussi », avec leurs chèvres, à fabriquer un fromage dont tout le monde se souvient…

A l’époque, ils étaient arrivés ici avec deux autres familles, et avaient créé une espèce de « communauté », partageant l’eau (avec une pompe de relevage installée sur la rivière, autres temps, autres moeurs, aujourd’hui, ce serait illégal, il faut raquer pour Véolia), l’électricité… Je vous raconte pas les bavardages dans le village au sujet de la « communauté », de la « secte » de Cavalier… Certains bavent encore aujourd’hui…

Malgré tout, il y a plein de souvenirs heureux, de bonnes ondes ici. Même certains paysans réputés « incultes » se souviennent encore des foins ramassés ensemble, et des repas pris en commun à l’ombre du marronnier… « Ah on a travaillé dur, il faisait drôlement chaud, mais qu’est-ce qu’on a rigolé…! »

Bref. Alors, quand je suis arrivée ici, je n’y ai pas pensé tout de suite. Il m’a fallu un temps d’adaptation, forcément.

Mais aujourd’hui, je me dis que de plus en plus, on devrait mutualiser les moyens, les travaux, les compétences. Dans notre hameau, j’ai évoqué la possibilité d’énergie photovoltaïque, de biomasse, ou d’éolien. Partager les frais d’installation, monter une SCOP. Partager l’achat d’une tondeuse, d’une remorque… Devenir autonome. Pas simple. Il faut arriver à convaincre des gens qui ne vivent pas ici toute l’année, et surtout, qui ne sont pas prêts.

J’avais même pensé me présenter aux municipales (arrêtez de vous marrer) pour organiser des séances de cinoche (avec Randalounet), des mini-concerts (avec des potes musicos), des veillées pendant l’hiver, pour rapprocher les gens, partager un gâteau, et des histoires de « comment c’était avant ».

Et puis, cette semaine, j’ai lu ça :

Nous pouvons vivre dès maintenant comme si nous étions déjà libres…

Comme il est dit dans cet article, ce « désir quasi addictif de consommation médiatique » nous sépare de la réalité. Comme quoi, qu’on soit au vert ou en ville, on n’est pas tiré d’affaire.

Les deux auteurs du dévédé « Les sentiers de l’utopie écrivent :

« Lorsque nous sommes à Londres, confessent-ils, […] nous consultons les titres des journaux ou notre courrier électronique au moins une fois toutes les heures, si ce n’est chaque demi-heure, parfois même tous les quarts d’heure ». Le problème, diagnostiquent-ils, c’est que « dans ce présent perpétuellement submergé d’informations, mais dénué d’émotions, nous nous sentons de moins en moins capables de nous connecter à notre monde ou de le changer ».

Je me suis vue, accro à l’actualité, aux jités pourtant si détestables tant ils contiennent de propagande, à Arrêt sur Images (où les fachos arrivent l’air de rien sur nos forums, avec les pontifiants qui prétendent nous causer philosophie, avec les rafikiens qui glosent pendant des plombes sur du rien, avec la connerie ambiante de refaire le monde sur un clavier, confortable comme révolte…), à Médiapart, et au reste …

Je me suis vue abreuvée de toutes ces « nouvelles » épouvantables, les morts par milliers, la misère, les délocalisations, l’état de la planète, les renoncements … Qui me rendent malade. Pour lesquels je ne peux rien faire. Sauf hurler de rage et de chagrin dans mon coin, ou le partager avec vous, un peu. Envie de mettre le oaï, le bordel, le souk… De descendre toute seule dans la rue avec un drapeau rouge.

C’est vrai, je deviens de moins en moins capable de me connecter à mon monde, ici et maintenant, et de le changer. Et je ne crois plus aux politiques, quels qu’ils soient. Ni aux élections, qui ne sont qu’une parodie de démocratie. Le pouvoir n’appartient pas au peuple. Il ne lui a jamais appartenu.

Alors il y a, partout dans le monde, en Angleterre, en Espagne, en Autriche, et même en France, des gens qui essaient de vivre autrement, qui « essaient de vivre comme s’ils étaient déjà libres. »

Longo Maï

Là aussi, on avait envoyé tout un troupeau de flics, comme à Tarnac. Comme quoi, pour le pouvoir en place, l’ennemi est là… Si c’est pas une preuve, ça.

et la radio qui va avec :

Radio Zinzine

Je me souviens que ma maman (ben oui, les chiens font pas des chats) écoutait cette radio, et connaissait bien les gens de Longo Maï…

Et puis, « La Ronce », créée par les auteurs du dévédé, soutenue par (excusez du peu, comme dit Randalounet) Naomi Klein :

« Alors que tant de gens préfèrent ignorer la réalité du changement climatique par peur et par désespoir, la r.O.n.c.e nous offre une nouvelle possibilité d’ouvrir les yeux. Ce projet sera la preuve que changer nos vies pour répondre à cette crise mondiale n’a pas besoin d’être une punition, mais peut devenir une expérience exaltante de transformation et de libération. Dans les années à venir, de plus en plus d’entre nous devront effectuer ce bond en avant. En attendant d’en avoir le courage, ces pionniers méritent notre soutien. »

On peut leur écrire ici :

laronce@riseup.net

Et d’autres, qui figurent dans l’article que j’ai lu. Gageons que vous faites partie des petits 1% de gens qui lisent les liens...

Oui, je rêve :

  • Pouwou et moi dans la cuisine (on aime ça tous les deux), pis au potager (forcément, puisque ça se mange…) Comme y’aurait des gosses partout, je pourrais me remettre à faire de la confiote, vu qu’ici, y’a que moi qui en mange, alors. Voilà.
  • Tous les zicos seraient là, les soirs d’été, Bo à la batterie, Alain à la guitare, et le Randalounet qui sortirait son piano rien que pour faire le mariole… Et Goulven, ben faudrait qu’il amène sa cornemuse (et son chapeau rond) j’adore ça…
  • Meb serait préposée aux massages (ben oui, je lis par dessus l’épaule de Randalounet, kes’vous croyez ?) Clo, Bo, Randalounet et moi, on est preneur !
  • Et les z’otres ? Ben ils feraient ce qu’ils aiment. S’occuper des gosses, construire une cabane dans les arbres, donner à manger aux 60 chats de Zoz … Jules nous ferait la lecture, Djac viendrait nous causer de zic austro-hongroise, Sleep installerait la sono de derrière les fagots du feu de dieu…

Je rêve, et j’assume. Pis ça tombe bien, y’a un grand chêne à l’entrée du hameau. Parfait comme arbre à palabres…

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Written by Gavroche

27 mars 2011 à 15 h 39 min

22 Réponses

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  1. Le premier truc qui me vient : t’es une sacrée nana !
    J’ai commencé à faire mes bagages 😉

    Et puis moi aussi j’ai mal au dos et j’aime faire la cuisine d’abord, na !

    Merci pour ce papier, relayé sur le « livre de visage ».

    alainbu

    27 mars 2011 at 16 h 50 min

    • Ah ben m’est avis qu’il va y avoir du monde dans c’te cuisine! ;o)

      superpowwow

      27 mars 2011 at 18 h 02 min

  2. quoiqu’vous voulez que j’vous dise ?
    « sur l’île déserte, il faut tout emporter… »

    randal

    27 mars 2011 at 17 h 27 min

  3. Moi je veux bien être préposé au plantage d’arbres, arbustes et fleurs, j’ai la main verte et je suis infatigable. ;o)

    superpowwow

    27 mars 2011 at 18 h 05 min

  4. Moi je suis très facilement fatigable mais je suis assez bricoleur et puis je peux gérer une intendance, notamment tous les côtés administratifs, les banques, les fournisseurs. Je suis bon en logistique.
    Bref, je suis totalement indispensable.
    En fait, sans moi, c’ est foutu d’avance.
    Nan, allez, quoi, soyez sympa, je f’rais la vaisselle, tout ce que vous voulez, mais EMMENEZ-MOI !!

    lenombrildupeuple

    27 mars 2011 at 18 h 38 min

  5. Merci pour ce texte très touchant par sa sincérité, son humanité, sa rafraichissante générosité, son utopie assumée.
    J’ai envie de m’y associer de deux façons :

    – en précisant que l’autocollant « rêve générale », chez nous, il est collé sur la porte des toilettes … comme une invitation au recueillement intime, en cas de … besoin.
    🙂

    – en citant trois courtes réflexions qu’Edgar Morin fait figurer dans son livre « La voie – Pour l’avenir de l’humanité » que je suis en train de lire et qui fera sans doute l’objet de mon prochain billet sur le blog (si les petits cochons ne me mangent pas d’ici là).

    ***************************

    « Il ne s’agit pas de trouver des « solutions » pour certains « problèmes », mais un mode de vie autre, qui ne serait pas la négation abstraite de la modernité, mais son dépassement, sa négation déterminée, la conservation de ses meilleurs acquis et son au-delà vers une forme supérieure de la culture – une forme qui restituerait à la société certaines qualités humaines détruites par la civilisation bourgeoise industrielle. Cela ne signifie pas un retour au passé, mais un détour par le passé, vers un avenir nouveau … » (Michaël Lowy)

    « Il y a une manière de contribuer au changement, c’est de ne pas se résigner. » (Ernesto Sabato)

    « Ne doutons jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puissent changer le monde. C’est même de cette façon que cela s’est toujours produit. » (Margaret Mead)

    julesansjim

    27 mars 2011 at 19 h 29 min

  6. Je t’avais sûrement déjà dit que tu as de beaux yeux mais alors là….. de plus en plus, tu m’épates.
    Quel talent as-tu dans l’écriture !
    Mon esprit critique, toujours à l’affût, est mis en échec………. Je suis tout plein d’accord avec toi.
    Bravo à tes initiatives.
    Tu mérites trois grosses bises.

    papounic

    27 mars 2011 at 19 h 38 min

  7. Ben moi ça me fait pleurer ton texte, Gavroche… je pleure beaucoup en ce moment…
    Mais j’y pense aussi de plus en plus… pas rester seul(e) dans son coin…
    Je viens de tester l’aide d’une grande partie de mes voisins…
    Ca serait encore mieux d’utopiser tous ensemble…

    clomani

    27 mars 2011 at 20 h 28 min

  8. Mona serait assise sous l’arbre à palabres et vous écouterait
    sans fin
    parce que ‘idée est belle
    et que vous êtes magiques

    monasourire

    27 mars 2011 at 21 h 42 min

  9. Raaattention, les massages que j’ai appris travaillent les énergies et les nœuds émotionnels, c’est donc de la thérapie psychocorporelle…

    Sinon je veux bien venir sous l’arbre à palabres avec Mona: je préfère écouter aussi 🙂

    (je veux bien manger des confiotes.. je préfère ça au chocolat 🙂 )

    mebahel5

    27 mars 2011 at 22 h 56 min

  10. Je veux bien m’occuper de la bibliothèque avec Jules, ça serait pas forcément redondant, et aussi de la filmothèque, si le mot existe. Sinon, on peut inventer le mot.

    florence

    27 mars 2011 at 23 h 03 min

    • En fait, depuis déjà un certain temps on dit « médiathèque » puisqu’en plus des livres de toutes sortes il y a aussi des ordis, des dvd, des cdrom …

      bref le progrès quoi !

      😉

      julesansjim

      28 mars 2011 at 18 h 36 min

  11. on a envie de s’inscrire quelque part dans ce projet, d’être pierre sur la margelle, ou arbre dans le verger. je me charge des toilettes sèches (là où il y a l’auto-collant « rêve générale »), du recyclage de l’eau, des relations avec les voisins et du soin aux animaux. je peux faire aussi les insectes (les nommer et les faire venir – mais pas compter sur moi pour la lutte contre) et la flore (détermination, utilisation). et je peux m’occuper des distillations diverses (HE et autres…).

    et je compte sur vous pour me réconcilier avec la bouffe et la musique djeune.

    bon, alors, on fait ça quand ? j’ai un déménagement syros-utopia à préparer…

    zozefine

    28 mars 2011 at 9 h 59 min

  12. Bon, j’ai bien noté toutes vos propositions…En vertu du proverbe « L’union fait la force ».

    J’ai une grange de 12m X 7 à retaper, et 7 ha de terrain.

    C’est quand vous voulez.

    Gavroche

    28 mars 2011 at 10 h 36 min

    • « J’ai une grange de 12m X 7 à retaper, et 7 ha de terrain. »

      ***************************
      Oh la Oh la ! ton terrain il faut le remblayer, le faucher, le labourer ? ou juste l’envahir ?

      Parce que c’est pas la même fatigue au bout !

      😉

      julesansjim

      28 mars 2011 at 18 h 39 min

  13. « Oh la Oh la ! ton terrain il faut le remblayer, le faucher, le labourer ? ou juste l’envahir ? »

    Voilà, déjà fatigué avant de commencer… J’envisage des moutons pour tondre l’herbe et débroussailler…

    Et mes moutons mourront de vieillesse, pas question de les bouffer !

    Gavroche

    28 mars 2011 at 18 h 50 min

  14. et puis avec la grelinette et les buttes de permaculture, on sera productifs en étant feignasses…
    si jamais, faut peut-être voir à faire ça dans le bade wurtemberg, vu que c’est la première fois à ma connaissance que des écolos, allemands en plus (enfin, c’est logique, mais je veux dire par là que les écolos allemands, c’est du lourd), président toute une région !!

    zozefine

    28 mars 2011 at 19 h 06 min

    • Pour la grelinette, je confirme, même les feignants comme Jules devraient y arriver, c’est pas fatigant du tout. 😉

      Et prochain projet d’achat de matos, un lombricomposteur, c’est pas cher, on a du compost en deux mois, et on peut recycler même la poussière et les poils de chats/chiens…

      Ah, et je récupère une remorque, pour charrier du bois…

      Gavroche

      28 mars 2011 at 20 h 10 min

      • Parce qu’elle croit que j’ai jamais greliné de ma vie la Gavroche peut-être ?!

        Ah nandediou ! j’va t’les composter tes lombrics moé tu vas voère un peu l’travail !

        Des p’tits trous, des p’tits trous, des p’tits trous partout !!! en métropolitain qu’ça va finir son champ de 7 ha à l’immigrée marseillaise !

        🙂

        julesansjim

        28 mars 2011 at 21 h 31 min

  15. Harf, on aurait pas 25 ans de crédit sur le dos (enfin 23 maintenant …) mais on a déjà posé nos fesses nous dans un petit coin de paradis vendéen, donc ce sera pas pour tout de suite. mais au fait t’es où Gavroche ?

    Je pratique pas le biniou mais mes filles ont des harmonicas et on mettra le petit dernier au tambour, vous me remercierez après. (toi qui a fuit le bruit …)

    gooulven

    30 mars 2011 at 8 h 23 min

    • Dommage pour le biniou…;-)

      Mais en tous cas, quand les petits tapent sur une casserole, un tambour, une boîte de conserve, ce n’est pas du bruit, mais du rythme. D’abord. Et pis, c’est la vie, et la joie. Non mais.

      La preuve :

      Et je suis dans le plus beau coin du mondeu, dans le Lot.

      Gavroche

      30 mars 2011 at 9 h 10 min

  16. avec une des plus belles architectures traditionnelles du monde aussi.

    zozefine

    30 mars 2011 at 9 h 19 min


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