LES VREGENS

Ces liens que l’on tisse sur la Toile …

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… et ça semble être sans fin. Je voudrais en raconter une séquence, parmi tant d’autres. Celle-ci a commencé par un mail de l’amie Gavroche qui suggérait un jour de faire plus ample connaissance avec une bloggeuse au pseudo voltairien : « Cultive ton jardin ». J’allais donc faire un tour sur le dit blog, que je trouvais fort accueillant, et dont les différents billets abordaient des sujets, développaient des analyses et des thèmes de réflexion en effet très intéressants (de mon point de vue du moins). Hop ! l’url étant bientôt enregistrée dans mes marque-pages, je devenais jour après jour un visiteur assidu du blog « Cultive ton jardin ». Le 15 avril dernier, Cultive ton jardin mit en ligne un texte intitulé  » Un emploi ou la vie » ;  en quelques lignes elle évoquait la précarité de nos vies et celle de certains emplois qui font vivre des salariés de façon tout aussi précaire et dangereuse. Emplois à risque dans l’industrie chimique, dans le nucléaire, notamment. Pour illustrer son propos, elle conseillait la lecture d’un roman intitulé « La centrale » d’Elisabeth Filhol.

Quelques jours auparavant « mon » bibliothécaire attitré m’avait suggéré la lecture de ce même livre et j’étais donc reparti avec !

Il suffit de parcourir les nombreuses analyses, toutes plus positives les unes que les autres, pour se convaincre de la qualité et de l’intérêt de ce premier roman.

Un seul exemple parmi tant d’autres :

« La Centrale est un roman sur ce danger, un roman terrifiant qui ne raconte pourtant pas les «risques du nucléaire» en général, comme le ferait un livre documentaire écologiste, ou simplement scientifique. La Centrale s’intéresse aux hommes et rares femmes employés, ou plus exactement maltraités : la vie et le travail des sous-traitants du nucléaire, cette main-d’oeuvre qui fait l’affaire d’EDF puisque, s’agissant d’intérimaires, elle n’est pas responsable des irradiations trop fortes et donc possiblement fatales. La Centrale est un premier roman et il est époustouflant…
Il y a dans la Centrale quelque chose qui évoque les Raisins de la Colère. Mais si les agriculteurs de Steinbeck n’ont pas d’autres choix que de louer leurs bras à n’importe quel prix, les ouvriers d’Elisabeth Filhol, pour échapper au chômage, ont pris, eux, la décision insensée de se mettre en danger. Condition assurée de trouver du travail certes, mais aussi chez la plupart un jeu de trompe-la-mort qui les entraîne à toujours rempiler, à aller d’une centrale à une autre, malgré les «doses» radioactives avalées. » ( » Béatrice Vallaeys – Libération du 7 janvier 2010)

Et puis un court extrait aussi, rien que pour éprouver la puissance évocatrice de l’écriture :

« … Un grillage électrifié boucle le périmètre. En deçà, c’est le silence. Ce qui frappe au premier abord, c’est ça. Hors le trafic routier et le bruit continu des aéroréfrigérants, la perception d’un silence malgré tout sur toute l’étendue du site quand on en fait le tour.

Je sors, elle est devant moi. Et parmi ceux qui en sortent, de l’équipe du matin, une poignée d’hommes traversent la route départementale et marchent en direction du bar. Au premier, je tiens la porte. Je devrais être parmi eux qui vont boire après leur journée de travail pour faire sas, comme par excès de sas et complexité des procédures à l’intérieur, le besoin qu’on éprouve d’une zone tampon avant de rentrer chez soi, en dehors de l’enceinte, et pourtant encore dans sa sphère d’influence, entre collègues, qui en parlent et elle toujours à portée de vue, et en même temps au milieu des autres, ceux qui n’en parlent jamais, routiers, livreurs, ouvriers de la société d’autoroutes, artisans, qui pour certains ne la voient même plus, sauf en première page des quotidiens régionaux quand elle fait la une… » (page 10 – Chinon)


Il est question de deux centrales nucléaires dans ce « roman » de 140 pages : celle de Chinon et celle du Blayais. Et puis, de la page 110 à la page 114, Elisabeth Filhol décrit, avec la minutie d’un expert en chimie nucléaire, l’accident de Tchernobyl. Le récit a la précision glacée d’un rapport d’incident. Les dernières lignes soufflent le chaud et le froid sur la catastrophe annoncée : « … En cette fin d’avril 1986, l’anticyclone s’est installé sur l’Europe. Il a fait beau et chaud ces derniers jours, et dans la ville nouvelle de Pripyat à trois kilomètres de la centrale, des hommes et des femmes dorment la fenêtre ouverte, réveillés par les explosions, certains s’apprêtent à se lever mais se ravisent, très vite le silence retombe, il est 1h 25. »

J’avais à peine refermé le livre que je trouvais dans ma BL un lien vers un long article sur télérama.fr à propos du film « Tchernobyl forever » diffusé sur Arte.

Voilà. Ces quelques liens en appellent d’autres, c’est aussi sûr que c’est infini. Ce qui nous manquera toujours, au final, c’est le temps de tout lire, tout voir, tout écouter. Les livres, les liens, les films, les émissions …

C’est pourquoi je n’en ajouterai pas plus. Fin (provisoire) de la séquence.

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Written by Juléjim

1 mai 2011 à 10 h 30 min

10 Réponses

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  1. Ben moi j’en mets un de lien 😉
    Ce docu dont on a causé justement avec Gavroche et Randal, en 5 parties ici : http://www.dailymotion.com/video/x6xbsg_la-bataille-de-tchernobyl-1-5_news
    Merci Jules.

    alainbu

    1 mai 2011 at 11 h 08 min

  2. Et encore, tu t’en tiens aux liens « intellectuels », sans parler des liens humains tissés sur la Toile et prolongés ailleurs.
    Donc: les livres, les films, les émissions, les GENS…

    florence

    1 mai 2011 at 12 h 18 min

  3. Ça veut donc dire que, des fois, je sers à kek chose, alors ? ;-))

    Gavroche

    1 mai 2011 at 13 h 12 min

    • Même que si là maintenant tout de suite tu me servais … un p’tit café ce serait parfait !

      😉

      julesansjim

      1 mai 2011 at 17 h 50 min

      • Pour ça, mon p’tit Jules, va falloir que tu te bouges le gnaf…

        Demande à Alain, l’est pas mauvais, mon caoua…;-))

        Cela dit, main’nant c’est l’heure… de l’APERO, cré vingt diou…

        Gavroche

        1 mai 2011 at 19 h 22 min

      • je confirme,
        tout est excellent de toute manière chez Gavroche (juste un petit bémol pour le lit d’ami toutefois ;))

        alainbu

        1 mai 2011 at 20 h 48 min

  4. Foncez voir le doc « Tchernobyl for ever » d’Arte qui est dans le lien de Jules, je crois qu’il n’y est que jusqu’à demain et il est excellent !

    alainbu

    1 mai 2011 at 18 h 53 min

  5. @ Alain :

    D’un autre côté si on ne saute pas à pieds joints sur le « lit d’ami », normalement, il tient la route, hein…

    ;-)))

    Gavroche

    1 mai 2011 at 20 h 59 min

    • Et pis tant que « ça crée du lien », comme dirait l’autre, y a pas de mal à s’faire du bien non ?

      😉

      julesansjim

      1 mai 2011 at 21 h 05 min

  6. Merci pour les liens et infos, c’est vrai qu’il va nous falloir plusieurs vie pour voir tout ça!

    superpowwow

    8 mai 2011 at 18 h 47 min


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