LES VREGENS

Les graines germées bio, c’est bon pour la santé !

with 3 comments

Je ne sais pas vous, mais cette histoire de graines germées tueuses me laisse perplexe, c’est le moins qu’on puisse dire…

Ça a d’abord été le concombre venu d’Espagne, là, je pouvais comprendre, vu les conditions dans lesquelles il est cultivé, comme tous les autres légumes venus de là-bas.

Comme les fraises, par exemple…

Un bilan écologique et social désastreux…

J’avais écrit un billet à ce sujet, en 2009


Et tout soudain, curieusement, et comme par enchantement, c’est dès le 30 mai qu’a commencé à circuler la version bio du fameux concombre…

Selon la presse déchaînée, les engrais bios contiendraient (horreeeeeur !) du caca d’animaux… alors que l’agriculture conventionnelle n’utilise plus de crottin de cheval, mais de bons vieux pesticides, qui, comme chacun sait, sont, eux, totalement inoffensifs, vu qu’ils sont dûment autorisés par l’AFSSA, qui en revanche voit un gros problème avec le purin … d’ortie. Qui est gratuit, lui, contrairement aux Monsanto, Bayer et autres Syngenta…

Enfin, comme on veut produire beaucoup pour pas cher en Espagne comme ailleurs, Marc Laimé avait suggéré sur son blog que la contamination pouvait venir de cette technique nouvelle appelée le « re-use »… En fait, on utilise les eaux usées pour arroser… Et notamment dans les usines agricoles d’Espagne … Y’a pas de petites économies… Et du coup, hop, on retrouve du caca, mais du vieux caca pas frais, tout moisi et contaminé… par de vilaines bébêtes pas propres… Beuark.

La piste du « re-use »

Mais le bio, donc. Reviendez au bio… Rappelez-vous, en 2008, il y avait déjà eu le soja bio responsable de tous les maux de la terre, de la déforestation, du réchauffement climatique et tout ça. Et destiné à des volailles bio

Ce soja bio était  bourré de mélamine…

L’article ne parlait pas des cultures de soja transgénique en Argentine…Faut dire que ce soja là, il est « propre ». Hinhinhin…

Accessoirement, et concernant le soja, le journal Que Choisir avait déjà « commis » (en 2006, je leur avais fait un courrier, et ne me suis plus abonnée) un dossier sur le soja, là-aussi, responsable de tous les maux … Une réponse sérieuse avait été faite à la journaliste auteure de ce dossier :

Réponse à Que Choisir

Extrait :

Vous volez au secours de la viande et des produits laitiers en dénonçant les « rumeurs persistantes accusant les produits laitiers de tous les maux ». Je remarque au préalable que vous reprenez à quelque chose près les termes de l’organisme chargé de la promotion des produits laitiers (Cidilait), je cite : « selon certaines rumeurs, le lait serait responsable d’au moins 60 à 70% des troubles rencontrés en médecine générale ». Pourtant, des études scientifiques publiées dans des revues faisant autorité mentionnent bel et bien un risque accru (+ 60%) de cancers ovariens chez les femmes consommant des produits laitiers, et ce pour de faibles doses (deux verres de lait par jour). Plus intéressant encore, cette étude cosignée par Serge Hercberg, qui indique un risque accru de cancers prostatiques, toujours lié à la consommation de produits laitiers et à des doses également faibles (un yaourt). Ce même Serge Hercberg préconise par ailleurs via le Plan National Nutrition Santé de consommer 3 laitages par jour : ne discernez-vous pas là une incohérence ?

Voir ce que pense Thierry Souccar du même Serge Hercberg, dans « Santé, mensonges et propagande… »

Le bio, donc, reviendons au bio…. Et au concombre…

Du coup, la presse déchaînée, encore elle, commence à raconter partout, que le bio, c’est pas net, c’est plus cher, c’est-pas-forcément-meilleur-pour-la-santé-d’abord, la preuve.

Vous noterez que dans cet article, eh oui, on cause du Codex Alimentarius, un hasard, sans doute…

L’occasion de relire mon billet sur le sujet.

Quoi de plus normal que des graines dans les graines germées, hein ?

Voici le site de la ferme bio en question… Intéressant, parce que sur les photos, on ne voit pas des hectares et des hectares de serres avec des légumes industriels… Juste un chien, qui peut-être est allé chier sur les salades…

Bon. J’y crois moyen, à leurs histoires de graines germées… D’autant que dans votre entourage, vous en connaissez beaucoup, vous, qui mangent des graines germées, allemandes en plus ?

C’est pas cher du tout, on peut les faire soi-même, et en plus, c’est bon …!

Bref, y nous prendraient pour des poires, comme le dit l’ami Korkos, on ne serait pas étonné.


Edit, à 15 h : 

Ceux qui critiquent le bio laissent entendre, sans trop d’ailleurs le crier sur les toits, que faute de chimie, il n’est pas trop étonnant que cette contamination bactérienne soit survenue dans une exploitation bio.

La filière bio contre attaque en faisant d’abord remarquer que les produits de la ferme identifiée n’expliquent que 90 des 2000 à 4000 cas de contamination. Et qu’ à force de tout stériliser dans l’univers conventionnel largement majoritaire, les bactéries pathogènes ne sont plus concurrencées par les autres bactéries et sont susceptibles de se multiplier et de se propager de manière massive .

L’article complet.

Edit 1er juillet 2011, 10 h 48 :

Graines germées mortelles, la piste du re-use se confirme

Lors même que Veolia et Suez, arguant de la sécheresse, en profitent pour faire dans les colonnes du Point du 23 juin dernier la promo du « re-use » au-delà du raisonnable, il appert que ce seraient des graines d’une légumineuse prospérant sous le climat égyptien, qui seraient à l’origine des carnages-bio enregistrés en Allemagne et à Bègles.

Difficilement contestable si l’on en croit les informations publiées par un site proche du lobby agricole, mais toujours remarquablement informé, qui en profite pour descendre le bio, c’est de bonne guerre, mais pointe lui aussi discrètement l’eau comme vecteur possible de la contamination…

Publicités

Written by Gavroche

14 juin 2011 à 9 h 10 min

3 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Encore un excellent billet.
    J’ai bossé à plusieurs reprises pour des boites de la grande distribution, et en particulier durant plus de 4 ans pour une entreprise d’import-export en fruits et légumes travaillant exclusivement sur les produits de contre saison importés du Maroc et d’Espagne. C’était essentiellement les agrumes, mais on faisait aussi les fraises du Maroc de novembre à mars, essentiellement destinées aux confituriers ou aux pâtissiers puisqu’elles n’avaient aucun goût et étaient gorgées d’eau et immangeables sans sucre (mais on en trouve parfois sur les étals).
    On faisait aussi dans le sud de l’Espagne de la salade de 4ème gamme, c’est à dire destinée à être vendue en sachet prête à consommer. Le cahier des charges mentionnait un certain pourcentage de blanc, 80 je crois. Le blanc c’est ce qui a le moins de goût puisque ce n’est que de l’eau, aucune vitamine puisque ça ne voit que très peu de soleil, mais les gens aiment ça parce que ça craque sous la dent. Eh bien pour obtenir ce pourcentage il fallait mettre des cloches sur les plantes pendant une bonne partie du jour pour qu’elles restent dans le noir.
    J’ai également fait un boulot saisonnier dans une conserverie de fruits, la marque la plus connue, on fabriquait le sirop dont le but était de donner du goût aux fruits insipides avec des sacs de sucre parfois infestés de fourmis, mais le chef disait que ça n’était pas grave puisque c’était désinfecté en étant porté à ébullition. Un jour sur la chaine de tri des poires, on a vu passer un rat mort et pelé que personne n’a osé enlever. Mais c’était il y a trente ans.

    alainbu

    14 juin 2011 at 11 h 01 min

  2. Vous allez rire, j’ai jamais mangé de graines germées. Enfin je crois pas. J’ai du mal à en évaluer l’intérêt.

    superpowwow

    14 juin 2011 at 21 h 25 min

  3. cette histoire me laisse vraiment perplexe. j’ai pas encore lu ni entendu (sauf une exception) de scénario qui me satisfasse. l’exception, c’était un biologiste sur FQ qui se marrait et s’étonnait qu’en fait il y ait pas plus d’épidémies potentiellement mortelles, et non pas à cause des modes de productions agro-alimentaires, mais simplement à cause de la capacité infinie des bactéries à muter, et donc à muter pour des formes résistantes aux antibiotiques. et plus nous fragilisons nos organismes à bouffer propre, plus nous serons susceptibles de mourir de l’E.coli, qui se trouve absolument PARTOUT et en grand nombre. bon, ça explique pas, mais ça contextualise.
    comme que comme merci pour ton papier !

    zozefine

    4 juillet 2011 at 11 h 14 min


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :