LES VREGENS

Les « Indignés » sont bien gentils…

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Je voulais vous dire un mot des « Indignés »… Et je sens que je ne vais pas me faire que des amis. Bon, tant pis.

Les « Indignés », même s’ils ont été rejoints par des collectifs comme Jeudi noir, Génération précaire, l’Appel et la pioche, ou encore le Collectif du 21 avril, ne font pas vraiment peur au pouvoir…

Il fut un temps où quand le populo se révoltait, il voulait renverser la société. Carrément. 

Pas tout à fait vrai pour le soulèvement des « indignés »… la preuve, les médias en ont fait le modèle de la « révolution citoyenne » de demain. Et quand les médias, dans une belle unanimité, me disent que les indignés sont des révolutionnaires, je me méfie, forcément …

Donc, on « s’indigne »… Et on attrape vite fait une tente et son téléphone portable (et on envoie de zoulies zimages sur fessebouc) et on va camper sur la place, pour réclamer en chansons la « démocratie réelle », celle des citoyens, pacifiques, et surtout, surtout, j’insiste : apolitiques. Genre Ségolène Royal avec « sa démocratie participative » au pays des Bisounours…

Alors, les flics les ont virés à Barcelone, pour cause de match de foutebole, et les indignés se sont bien gentiment assis par terre en criant « non à la violence »… En fait, ils ont oublié que la révolution en Tunisie, c’était aussi une guerre. Celle des militaires et de la police, celle des prisons, des affrontements de rue… Et de la violence, celle du système.

Et je pose la question : les révolutions arabes ont elles vraiment eu lieu ? Certes, Ben Ali et Moubarak sont partis. Mais on en est où, aujourd’hui ? Le système marche toujours, on torture encore dans les commissariats tunisiens, l’armée en Egypte réprime violemment les grèves, tandis qu’on prépare des « élections libres », afin sans doute de prouver, une fois de plus, que la liberté et l’égalité sont solubles dans le suffrage universel.

Les révolutions arabes sont-elles finies ? par Alain Gresh

La révolution arabe n’a pas encore eu lieu, in Le Monde, mars 2011

Mais revenons à notre « indigné ».

Il croit à la démocratie.

Comme il se dit « apolitique », il arrache les affiches anarchistes et les drapeaux républicains de la place Puerta del Sol (il a une excuse, il n’était pas né à l’époque de Franco), la parole n’est plus collective, puisque le mot d’ordre c’est : « chacun parle pour lui-même ». Il est « non violent », et peu importe donc, que le système lui, le soit, et que les flics lui tapent sur la gueule… Bref, la « démocratie réelle » s’exerce bien gentiment sur la place, et uniquement là, encadrée par la police…

Il existerait donc un capitalisme « possible », « acceptable », et géré par les « citoyens ».

Et quand ils causent des « 300 grandes fortunes » ou du « pouvoir des banquiers », ils nomment des coupables possibles (sans vraiment remettre en question le système), bref, leur discours n’est pas très différent de celui de Sarkozy, qui veut « moraliser le capitalisme », et qui crie sur tous les toits que « c’est la faute aux traders… »

Pour le moment, pas d’appel à la grève générale, par exemple… La fête finie, on rentre gentiment à la maison…

Le pire, c’est que les indignés sont rejoints par des gens assez peu recommandables, et qui avancent masqués : hymne et drapeau national sur la place Syntagma à Athènes, drapeaux de l’Espagne monarchiste à Barcelone, présence des conspirationnistes de Zeitgeist, et autres joyeux larrons, pas franchement gauchistes…

Alors, les indignés, des idiots utiles ?

Un gars qui pense comme moi, là :

Les indignés et l’apolitisme

Un autre, là, espagnol :

Los idiotas

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23 Réponses

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  1. Tu n’as sans doute pas tort, d’ailleurs tiens, un article concernant Montpellier et qui va peu ou prou dans ton sens :
    http://juralib.noblogs.org/2011/06/09/critique-du-mouvement-des-indignes-sur-montpellier/
    N’empêche que de voir des jeunes se réunir (et pas que virtuellement) et discuter de problèmes de démocratie, ça fait plaisir à voir.
    Après la manière dont c’est fait et les outils qui sont utilisés c’est peut-être aussi une question de génération et d’époque. C’est tout de même plus réjouissant que ces jeunes qui se complaisent dans la consommation et le confort personnel comme j’ai beaucoup autour de moi.
    À Montpel je connais plusieurs personnes qui participent au mouvement, dont une avec qui je bosse depuis plusieurs années dont je peux te garantir la sincérité et l’engagement dans la vie de tous les jours.
    Après en effet ce qui reste ambiguë est ce refus absolu d’une récupération politique qui donne parfois lieu a des choses étranges car en effet ils ne réalisent pas que leur action elle-même est déjà politique. Ils confondent « politique » et « militantisme ».
    D’ailleurs ce phénomène est également présent dans l’action anti-gaz de schiste où l’on entend des gens refuser de critiquer ou condamner capitalisme ou libéralisme sous prétexte d’apolitisme alors que ce contre quoi ils luttent en est le pur produit.
    Tiens pour info, j’avais mis ton texte « Avoir toujours vingt ans, ou au moins, essayer ? » sur la page fessebouc democracia real Montpellier, hop ! viré « pas de politique ici svp » 😉

    alainbu

    14 juin 2011 at 17 h 46 min

    • Tiens pour info, j’avais mis ton texte « Avoir toujours vingt ans, ou au moins, essayer ? » sur la page fessebouc democracia real Montpellier, hop ! viré « pas de politique ici svp »

      CQFD…

      Oui, les petits jeunes bien mignons, ça fait plaisir… Mais ensuite ?
      Après fesse de bouc, y’a quoi ?

      Ce qui est triste dans tout cela, notamment pour les manifs sur le gaz de schiste, c’est que les gens se mobilisent quand c’est devant leur porte. Pas grave si c’est dans le village d’à côté…

      Le « grand soir » n’est pas pour demain.

      Gavroche

      14 juin 2011 at 18 h 00 min

      • Je conserve quand même un minimum d’optimisme.
        Pour le gaz de schiste la mobilisation a démarré par les gens directement concernés puis une solidarité s’est installée. Le slogan principal c’est quand même « ni ici ni ailleurs ». Les collectifs locaux sont réunis dans une coordination nationale, et on est en contact avec les collectifs de plusieurs pays concernés.

        alainbu

        14 juin 2011 at 18 h 15 min

  2. Ma très chère (en francbisous), .
    Quand je ne dis rien, c’est que je te suis 5/5. Autrement, apparaîtrait quelques chaînes de caractères(des bons bien entendu) !
    Voilà, de mon point de vue t’as encore tout bon.
    Bises

    papounic

    14 juin 2011 at 19 h 14 min

  3. lire dans le précédent commentaire : « apparaîtraient ».
    Une apparition qui fefuse le pluriel est-ce Dieu ?

    papounic

    14 juin 2011 at 19 h 18 min

  4. Les indignés c’est mieux que rien. Avant il n’y avait rien.
    C’est peut-être le début d’un soupçon d’idée de commencement d’une esquisse de frissonnement de quelque chose d’intéressant.

    asinuserectus

    14 juin 2011 at 19 h 46 min

  5. La récupération a toujours existé… si quelques uns profitent d’un mouvement pour y glisser des horreurs, c’est humain…
    Moi je note que les indignés ne se sentent pas à l’aise dans ce système, qu’ils ne se sentent pas représentés par les partis politiques, ni par les syndicats…
    Moi pareil… j’ai pourtant plus de 60 ans, j’ai manifesté pendant des années contre le racisme, contre la beaufitude, contre la droite, contre la saloperie, pour les immigrés, avec les syndicats pour les petits salaires, contre le travail précaire, contre la retraite de merde…
    Et alors ? Qu’est-ce qu’on en a de plus ? Rien ! NIB ! 1789 s’est fait récupérer par la bourgeoisie… Mai 68 s’est fait récupérer par le Gaullisme et les soixantehuitards sont devenus des patrons de presse ou des écolos allemands qui font la gueule aux écolos français…
    Alors je suis comme asinus… les indignés, c’est mieux que rien… et si la presse en a parlé, elle a mis le temps pour en parler, et s’est vite empressée de se jeter sur les affaires crapoteuses qui font florès en ce moment.

    clomani

    14 juin 2011 at 20 h 03 min

  6. Les révolutions arabes, là oui… j’ai de grosses interrogations ! Ces enfoirés de pourris des anciens systèmes, que ce soit en Egypte ou en Tunisie, s’accrochent comme des morpions… ils ne veulent pas perdre ce qu’ils ont péniblement acquis à coups de compromis avec les anciennes dictatures.
    Alors en effet, c’est peut-être l’ère de la « révolution molle »… mais regardons où sont arrivées les « révolutions dures »…
    à nos semblants de démocratie ! Alors je ne me permettrais pas de donner des leçons aux indignés… j’avoue n’avoir qu’un espoir très limité depuis quelques mois.
    J’avouerais même être proche du désespoir…

    clomani

    14 juin 2011 at 20 h 07 min

  7. Si on est révolté dans sa tête, la société change. C’est mon sentiment. Ça prend des formes différentes, ça prend du temps, ça se fait pas tout seul, mais on est aux prémices de quelque chose, et internet joue un rôle prépondérant. M’est avis que tout vient au moment où ça doit venir.

    superpowwow

    14 juin 2011 at 21 h 23 min

  8. La révolution molle, vraiment très molle… Les indignés, à mon avis, ne sont rien de plus que les petits bourgeois de 68, descendus dans la rue pour avoir accès au dortoir des filles… Et devenus depuis ceux que l’on connaît, grâce à leur papa…

    Je n’ai pas beaucoup d’espoir, c’est vrai.

    Une démocratie « réelle »?

    Celle d’aujourd’hui est à mourir de rire, si ce n’était pas aussi triste.

    Que veulent les indignés, vraiment ? Un boulot de merde ? La petite liberté que le pouvoir va leur laisser ? La liberté de consommer autant que mamie Zinzin ?

    Et ce côté « on ne fait pas de politique », comme si c’était une insulte … Pfff…
    Des incultes. Les leçons de l’histoire, ils ne connaissent pas. Et c’est notre faute.

    J’espère qu’Asinus et Pow-Wow ont raison : les prémisses d’un début de quelque chose. Mais j’ai des doutes. Ceux là seront aussi « récupérés », comme vont l’être les pays arabes, qui veulent juste vivre à l’européenne, dans le confort. Comme les chinois.

    Comme je le disais ailleurs, je suis heureuse de ne plus avoir vingt ans. Et désolée si je suis aussi raide.

    Gavroche

    14 juin 2011 at 21 h 36 min

  9. « Indignés » par le monde tel qu’on lui présente, je veux croire que ce sont des prémisses…
    une génération qui se trouve dans un premier temps sans perspective parce qu’elle ne sait pas et ne croit plus en l’offre notamment politique ou économique, mais qui se solidarise quand même, « hors du caritatif  » me semble toutefois intéressante à suivre… parce qu’elle tente autre chose déjà qu’un chacun pour soi… mais un chacun ensemble…

    Faut-il un Tsunami ou plusieurs déferlantes pour abattre les falaises ?

    sgd

    14 juin 2011 at 23 h 31 min

  10. Il faut reconnaître que les références qu’on leur propose ne sont guère passionnantes !
    Moi je ne retiens qu’une chose : ils ne se reconnaissent pas dans le système. C’est déjà bien. A leur âge, je n’étais guère concernée par la « chose publique »… je n’avais rien à battre du bonheur des autres, trop occupée que j’étais à essayer de me sortir des griffes de la mentalité « province-qu’en dira-t-on »… je n’y connaissais que dalle en politique et ça ne m’intéressait pas.
    C’est en bûchant sur un exposé en droit constitutionnel que j’ai pris conscience que la politique, elle est partout, puisqu’elle consiste à faire des choix qui, même s’ils ont l’air personnels, ont une répercussion (tion ?) sur tout et tout le monde.
    Si je choisis le bio par exemple, c’est non seulement pour moi mais parce que je voudrais que les producteurs bio puissent être de plus en plus nombreux.
    Je trouve donc méritoire que les jeunes soient indignés par le comportement de leurs aînés au pouvoir et peut-être de leurs aînés tout court, lesquels ont la tête dans le guidon et pédalent sans même en avoir conscience, pour la surconsommation, pour l’agriculture intensive, pour le nucléaire ou pour le tout pétrole en se fichant des énergies alternatives, ou qui trouvent qu’il y a trop d’étrangers en France et que nous sommes « envahis » par les Tunisiens, etc.
    Tant que je n’aurais pas de solution à proposer à ces petits jeunes, mais juste à leur dire que je suis solidaire avec eux, je me sentirai plutôt mal. J’ai 62 ans, j’ai mené ma vie un peu comme je la voulais, persuadée que j’étais indépendante…
    mais quand me prennent des crises compulsives -au cours desquels je m’achète un appart au-dessus d’un bar- quand je me penche sur mon passé où j’ai frôlé l’alcoolisme, où je me suis comportée en frimeuse persuadée de son indépendance, même si j’ai beaucoup milité, je ne suis pas fière de moi. J’ai contribué à ce que ce pays soit ce qu’il est…
    même si je n’ai jamais voté à droite. J’ai manqué de courage plusieurs fois et je ne vois pas pourquoi je me permettrais de critiquer des jeunes qui sont un peu perdus dans ce monde de merde.

    clomani

    15 juin 2011 at 8 h 16 min

  11. http://claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_article=319

    Extrait :

    Au singulier, « Indigne-toi ! » se rapproche du « Lève-toi et marche ! », pour demeurer dans le registre biblique. En effet, même si les résonances chrétiennes sont involontaires, la dimension morale est évidente. L’auteur qui choisit ce titre pour un essai appelle chaque individu à modifier son attitude morale face au monde. Il ne dit pas « Unissez-vous ! » (formule pourtant tombée dans le domaine public) ou encore « Révoltez-vous ! ».

    Inspiré(e)s par les occupant(e)s de la place Tahrir, les Indigné(e)s de Madrid et de Barcelone ont tenté d’en construire un autre exemple. Il n’est certes pas anodin qu’un aussi grand nombre de personnes se réunissent, en dehors des partis politiques, et sur le mot d’ordre – mis en pratique semble-t-il – d’une démocratie véritable ou directe. Et d’autant moins que c’est peut-être une voie nouvelle dans un pays dont certain(e)s ne peuvent ou ne veulent pas, pour diverses raisons sur lesquelles je ne m’appesantirai pas ici, assumer la passé révolutionnaire. Même si, doit-on remarquer aussitôt, la difficulté à appréhender la question de la violence (et de la non-violence) en termes matérialistes, c’est-à-dire tactiques, et non en termes de morale abstraite, se paye cher en coups de matraques et balles de caoutchouc.

    La naïveté, pour ne pas dire la niaiserie, de tels anciens ou nouveaux « résistants » est de penser ou de faire comme si l’histoire récompensait les bons sentiments.

    Il suffirait :

    – a) d’être du bon côté ;

    – b) de le montrer dans la rue ;

    – c) de tous se parler et s’écouter…

    …pour que tous les gars et les filles du monde – les multitudes, quoi ! – se donnent la main et que la subversion généralisée sape les fondations de l’empire.

    Au risque de les indigner un peu plus, on se permettra de recommander aux amateurs de miracles de commencer prudemment par la transformation de l’eau en vin, qui fait toujours son petit effet lors des barbecues de printemps (au pire, on se contente du robinet) plutôt que d’inciter leurs amis (leur peuple) à la traversée de la Mer rouge sans palmes ni bouées. Là, on boit la tasse. Sans parler des requins et des garde-côtes.

    Gavroche

    15 juin 2011 at 8 h 35 min

  12. Je comprends toutes les critiques, mais au moins, se réunissant, discutant, frottant leurs idées (leurs idées, j’ai dit) les unes aux autres, peut-être cela peut-il produire une étincelle? La (re)naissance d’une conscience collective?

    J’avais été optimiste l’automne dernier chez nous de voir les stickers passer de « rêve générale » que je trouvais gnan-gnan, à « je lutte des classes »: la résurgence d’un mot qui veut vraiment dire quelque chose.

    Mais c’est vrai que « wait and see », c’est long…

    florence

    15 juin 2011 at 8 h 46 min

    • C’est ça. La conscience « collective ». Et pas « chacun parle pour lui »…
      Et pas « on ne fait pas de politique ».
      Justement, on devrait se la réapproprier, nous, la politique !
      Elle nous appartient, des millions d’entre nous sont morts pour ça. Ce que semblent oublier nos gentils « indiniais »…

      La certitude d’appartenir à une « classe. »
      C’était l’objet de mon article sur « la guerre des classes », que celle des très riches est en train de gagner.
      Et nous, de perdre.
      Justement à cause de cette perte de conscience de classe.

      Gavroche

      15 juin 2011 at 8 h 57 min

      • « Justement, on devrait se la réapproprier, nous, la politique !
        Elle nous appartient, des millions d’entre nous sont morts pour ça. Ce que semblent oublier nos gentils « indiniais »… »

        mais c’est exactement ça qu’ils veulent dire, en disant « pas de politique » ils disent « pas de parti politique ». Leur premier tract à Montpel disait entre autres « Il faut réinventer les alternatives politiques ! ».

        alainbu

        15 juin 2011 at 10 h 26 min

      • C’était aussi l’idée de Zinn dont la People’s History of the US visait précisément à ce que le plus grand nombre ait conscience que son histoire, on la fait.
        Hum, je radote.

        florence

        15 juin 2011 at 12 h 32 min

  13. Des indignés empêchent l’expropriation d’emprunteurs espagnols insolvables:
    http://www.guardian.co.uk/world/2011/jun/16/spain-indignant-protesters-home-repossessions

    florence

    17 juin 2011 at 10 h 16 min

  14. Un texte récit joliment écrit :
    extrait :
    « Ses biceps, les seuls de ses muscles qui aient encore une utilité, entrent en contact avec nous. Oh, bien évidemment, il ne cherche pas de caresses ce normé normatif, il veut nous « casser le poignet » si on ne « dégage » pas tout de suite ! Les gros bras testostéronés, musculeux et gaillards comme des ânes, confirmant ainsi que l’esprit peut former le corps, suivent sa trace et la si belle chaîne que nous formions se retrouve vite disloquée sous leurs coups, leurs bousculades, leurs menaces et leurs insultes. »
    http://juralib.noblogs.org/2011/06/15/montpellier-de-ces-petites-histoires-policieres-qui-alimentent-notre-rage/

    alainbu

    18 juin 2011 at 11 h 51 min

  15. Extrait du journal de France Bleu Hérault 24 juin 2011 :
    [audio src="https://cafemusique.files.wordpress.com/2011/06/journal20france20bleu20hc3a9rault2024-06-11207h2b8h.mp3" /]

    alainbu

    24 juin 2011 at 12 h 01 min

  16. Je viens de mettre en ligne un billet sur les raisons philosophiques d’être indigné :
    serez-vous indignés ou heureux? (mais attention, car dès qu’on l’accepte, inexorablement, le monde glisse dans le néant)
    De tout cœur avec vous, et à bientôt…

  17. chère gavroche, c’est seulement aujourd’hui que j’essaie de rattraper mon retard de lecture du blog, et je tombe sur ton papier. je sais pas comment te dire ça plus expressivement, plus fortement : je plussoie de tout mon coeur et de toute ma tête chacune de tes réflexions. les indignés aux revendications citoyennes, c’est pas compliqué, ils me foutent la gerbe. et tu poses le doigt écrivain sur ce qui me met tellement malaise dans cette période grecque ô combien calamiteuse. bon, syntagma, j’y suis pas allée voir, comme tout le monde, les vidéos de la violence de l’astinomia m’ont consternée. mais bon, à part cache cache avec les flics quoi de neuf ?

    moi, ce que je vois de la réaction du peuple face au dépeçage social et économique et culturel néo-libéral de l’entièreté de ce pays, la réalisation du rêve normal de tout capitaliste : la vente de tout et la mise en esclavage d’une population, c’est ce qui se passe ici. or ici, les gens sont même pas en colère. les manifs ? « non nous ne sommes pas à vendre – signé : les indignés », transporté par une joyeuse bande se broutant sur les slogans, ambiance cool garantie, avec rue ouverte par le flic en moto, et dépose rituelle pipi slogan devant le pasok, devant la nd, devant le palais de justice et devant le poste de flics. après, basta, on retourne sur les marches de la mairie boire des bières en parlant d’autre chose.

    le chantier naval en train de faire faillite, probablement à vendre aux chinois ? pas UN ouvrier ne s’est déplacé pour gueuler. proposer la grève des impôts ? bof, de toute façon on va plus rien déclarer. faire une banderole avec la liste de ce qui va être vendu, privatisé ? bof, les gens le savent bien. gueuler devant l’église principale ? gueuler devant la caserne de l’armée ? non. non.

    le mouvement then plirono (je paie pas) se limite à faire caquer les caissières d’autoroutes (ah, le dieu bagnole) et les caissières des hopitaux publics (au lieu d’aller plastiquer les cabinets des toubibs privés).

    et PAS UN MOT, RIEN sur les armateurs défiscalisés par constitution qui ne donnent plus de boulot à notre chantier naval, pas un mot sur l’armée (alors qu’on a sur l’île une énorme caserne, très importante puisqu’elle abrite les troufions pour la mer égée) et les commandes qui seront respectées par ces traîtres du pasok, pas un mot sur l’église, cette grosse sangsue de fonctionnaires non imposés, et en plus gros proprio terrien après l’état (et l’église, ça, ses bijoux de famille, on est sûrs qu’elle va pas les vendre), pas imposé.

    à athènes, même les anars font profil bas : le dernier assassinat, il y a un an, c’était celui d’un journaliste… je vous jure, un journaliste, alors que des hommes à abattre, des super-salopards capitalistes, il y en a plein les rues, et aussi des super papes orthodoxes fachos bien réacs habillés au fil d’or et d’argent, qui lavent le cerveau à l’eau bénite tout en s’en foutant plein les poches. et des députés « socialistes »… merde, « socialistes » qu’ils disent !!!! 155 traîtres à voter pour encore un coup d’austérité pour les plus pauvres, et la paix aux riches bien portants…

    quand on est très fâchés, on pense des choses mauvaises. moi, je me dis : ces grecs, ils nous emmerdent avec leur 4 siècles d’occupation ottomane : ben pourquoi 4 siècles, pourquoi autant, sinon par passivité et ti na kanoume (que peut-on y faire, phrase rituelle qui me fait baver tellement elle m’énerve) et dieu nous soutient, et leurs guerres du XXème siècle, civile, dictature et autres, bien fait, que je me dis, des fois, bien fait, qu’on les écrase comme des cigales… elles ont indignées, les cigales ? mais on s’en fout ! qu’elles se BATTENT pour leur peau, nom d’une pipe, et là on les respectera un peu plus.

    zozefine

    4 juillet 2011 at 10 h 59 min


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