LES VREGENS

L’individu, « seul, mais libre »… Ou l’éducation à la sauce libérale.

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Je rebondis sur les commentaires de mon précédent billet. Et sur le texte de Michel Serres, intitulé Petite Poucette, que vous trouverez ici.

Michel Serres parle des écoliers d’aujourd’hui. Mais en fait, même s’il ne le dit pas, Poucet et Poucette sont surtout des écoliers occidentaux. Qui sont à peu près les seuls, aujourd’hui, à pouvoir encore fréquenter les bancs de l’école.

Que dit Michel Serres ?

  • Ils sont formatés par les médias, diffusés par des adultes qui ont méticuleusement détruit leur faculté d’attention en réduisant la durée des images à sept secondes et le temps des réponses aux questions à quinze secondes, chiffres officiels.

Oui, chez nous, la longueur des articles dans les journaux dépasse rarement un nombre de signes limités, et dans les journaux télévisés, les « sujets » ne dépassent pas quelques minutes… Comment, dans ce cas, appréhender raisonnablement des problèmes complexes comme la « crise de la dette », par exemple ? Comment réfléchir sur un sujet ? Comment développer un quelconque sens critique ?

  • Ils sont formatés par la publicité.

Dont le but est de vendre… Ou de l’art du mensonge institutionnalisé. 

Nous, adultes, avons doublé notre société du spectacle d’une société pédagogique dont laconcurrence écrasante, vaniteusement inculte, éclipse l’école et l’université. Pour le temps d’écoute et de vision, la séduction et l’importance, les médias se sont saisis depuis longtemps de la fonction d’enseignement.

Le « zapping » est-il un hasard ?

Mais quand Serres dit :

– Sa joie qu’un nouvel humain soit né, que ces enfants ne sont plus que des individus, les « idéologies » (quelle horreeeeeur) étant mortes, les « appartenances » aussi ;

– Notre besoin urgent de ce changement si décisif de l’enseignement, – changement répercuté sur l’espace entier de la société mondiale et l’ensemble de ses institutions désuètes, changement qui ne touche pas, et de loin, l’enseignement seulement, mais sans doute le travail, la politique et l’ensemble de nos institutions …

Là, je tique. Et le mot est faible.

Alors, comme c’est un sujet que je trouve important, et même fondamental, je voudrais ici vous faire part de ce que je pense.

Dans un article étrangement prémonitoire paru en 1998, dans le Monde Diplomatique, Bourdieu définit le monde économique comme la mise en pratique d’une utopie, le néolibéralisme, ainsi convertie en programme politique, mais une utopie qui, avec l’aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel. Ou la rationalité est identifiée à la rationalité individuelle. Et qui consiste à mettre entre parenthèses les conditions économiques et sociales des dispositions rationnelles et des structures économiques et sociales qui sont la condition de leur exercice.

… Cette « théorie » originairement désocialisée et déshistoricisée a, aujourd’hui plus que jamais, les moyens de se rendre vraie, empiriquement vérifiable.

Au nom de ce programme scientifique de connaissance, converti en programme politique d’action, s’accomplit un immense travail politique qui vise à créer les conditions de réalisation et de fonctionnement de la « théorie » : un programme de destruction méthodique des collectifs.

Bref, on remet en question toutes les structures collectives capables de faire obstacle à la « logique » du marché. Neutre, forcément neutre. C’est ainsi que l’on assiste aujourd’hui à la mort programmée des syndicats, des partis politiques, déconsidérés parce que corrompus, des associations (c’est simple, on leur coupe les vivres), à la privatisation des services publics, au règne de la dérégulation dans tous les domaines.

Et dans le « monde du travail », avec le spectre du chômage en arrière-plan, on en arrive à la mise en place d’un féroce combat de tous contre tous : fixation d’objectifs individuels ; entretiens individuels d’évaluation ; évaluation permanente ; hausses individualisées des salaires ou octroi de primes en fonction de la compétence et du mérite individuels ; carrières individualisées … Chacun pour soi, les solidarités collectives sont mortes. En clair, même chez les salariés, le but c’est « travailler plus pour gagner plus », pour pouvoir se payer la maison et la bagnole. Et tant pis si le voisin est dans la misère. Quant aux pauvres d’ailleurs, qu’ils crèvent. Les dons aux ONG baissent d’ailleurs régulièrement, même la charité chrétienne n’a plus la cote, faut dire que les églises se vident chaque jour davantage.

C’est l’angle alpha de l’ami Lordon dans toute sa splendeur…

***************

Mais, me direz-vous, et la culture, dans tout ça ? Ces « individus autonomes et libres », comment vivent-ils cette « liberté » ?

Et peut-on réellement penser que le néolibéralisme, dans son œuvre de destruction, puisse laisser l’individu intact ? Selon Dany-Robert Dufour, philosophe, professeur en sciences de l’éducation à l’université Paris-VIII, directeur de programme au Collège international de philosophie, le postmoderne est à la culture ce que le néolibéralisme est à l’économie.

Nous serions donc désormais des « individus autonomes ». Enfin, surtout les jeunes, car nous, les vieux éléphants fatigués, il ne nous resterait plus que le cimetière… C’est la fameuse « perte de repères chez les jeunes », qui n’a finalement, quand on réfléchit bien, rien d’étonnant : ils sont les individus cobayes de ce monde nouveau, mais en sont-ils heureux ? Et que pouvons nous faire pour les aider ?

Car qu’est-ce qu’un « sujet » autonome ? (du latin subjectus, « soumis »…)

L’être humain ne peut-il n’être qu’un individu, et seulement un individu ? N’a t-il pas besoin des autres (ou de quelque chose d’autre que lui-même) pour pouvoir « se définir » ? D’où les religions ? Les « idéologies » ?

Est-ce un hasard si, comme je le disais dans mon billet précédent, on rencontre de plus en plus souvent, des séminaires de « techniques d’action sur soi » ? Est-ce un hasard si l’on voit fleurir de plus en plus tous ces programmes télé qui mettent en scène les vies ordinaires des gens ordinaires, la « téléréalité » ? Est-ce un hasard si dans nos contrées occidentales, les tristes humains que nous sommes bouffent de plus en plus de psychotropes, des qui rendent heureux, des qui font dormir, ou à l’inverse, des qui dopent les « performances » ?

Est-ce un hasard si la « dépression » touche aujourd’hui 20 % des individus ? Est-ce un hasard si même les gamins trop turbulents sont gavés de Ritaline ? Est-ce un hasard si le monde est désormais divisé entre winners et losers ? Et si les losers finissent par se suicider ?

Les nouveaux individus « seuls mais libres » sont juste abandonnés. Et deviennent des proies faciles de tout ce qui semble pouvoir combler leurs besoins immédiats et des cibles commodes pour le « marché ». Alors, ils cherchent des solutions, des ersatz, des emplâtres à leur solitude… Les bandes dans les quartiers « sensibles », les sectes, les religions… Ces jeunes qui passent leur temps à être un autre, à se créer des « avatars » dans leurs jeux vidéo… Pour ne plus être seul ?

Ainsi la tendance à utiliser les techno-sciences dans le but de s’affranchir des limites dans lesquelles les bases matérielles de la vie sont contenues. Les techno-sciences sont volontiers sollicitées en vue de renforcer le sentiment de toute-puissance du sujet.

Il est remarquable que cette culture de l’information n’aille pas sans un nouvel analphabétisme qui obère la transmission générationnelle : pensons au déclin de la lecture dans les jeunes générations, à la faillite de l’enseignement, qui produit de plus en plus de diplômés quasiment illettrés. Il s’agit aussi de tenter de sortir de l’ordre de succession des générations (on voit, par exemple, maintenant des grands-mères enfanter, de même que des pères morts, sagement rangés dans des petits flacons, donner la vie).

C’est à une réflexion de grande ampleur que nous contraint le néolibéralisme. Il ne nous impose pas seulement la critique d’un système économique inique, pas seulement la compréhension de mécanismes de destruction des instances collectives et de l’« être-ensemble », mais aussi une réflexion renouvelée sur l’individu, l’« être-soi ». La condition subjective issue de la modernité est menacée. Pouvons-nous laisser l’espace critique, si difficilement construit au cours des siècles précédents, se volatiliser en une ou deux générations ?

*************

Alors, le libéralisme et l’éducation, ça donne quoi ?

Même moi qui ne cause pas en angliche (ou very très mal), j’ai compris ce truc que racontait Tony Blair en 1995 :

« Globalisation is changing the nature of the nation-state as power becomes more diffuse and borders more porous. Technological change is reducing the capacity of government to control a domestic economy free from external influence. The role of government in this world of change is to represent a national interest, to create a competitive base of physical infrastructure and human skills. The challenge before (us) … is not how to slow down and so get off the world, but to educate and retrain for the next technologies, to prepare our country for new global competition, and to make our country a competitive base from which to produce the goods and services people want to buy. »

Ben ouais. C’est pas très gai, tout ça.

Parce que du coup, l’école « fera toujours trop de culture », et les savoirs liés à des œuvres humaines considérées comme importantes jusqu’à maintenant sont de moins en moins utiles. Du coup, quels sont les contenus qu’il convient de traiter à l’école ?

Parce que c’est vrai, quoi, il n’y a plus aucune raison aujourd’hui d’enseigner autre chose que ce qui est utile. Utile aux « marchés ». Comme l’indiquait déjà Adam Smith : « S’il n’y avait pas d’institutions publiques pour l’éducation, alors il ne s’enseignerait aucune science, aucun système ou cours d’instruction dont il n’y eût pas quelque demande, c’est-à-dire aucun que les circonstances du temps ne rendissent nécessaire, ou avantageux, ou convenable d’apprendre ».

En clair, on enseignera les maths ou la littérature, à condition qu’il y ait des demandeurs d’étudiants en maths et en littérature, de connaissances en maths et en littérature, de débouchés pour les maths et la littérature, de patrons qui souhaiteraient embaucher des étudiants en maths et en littérature…

Hayek, LE théoricien ultra-libéral, ne dit pas autre chose : « Il y a bien peu de raisons de penser que si, à un moment quelconque, le summum du savoir possédé par quelques-uns était mis à la disposition de tout le monde, la société en serait améliorée. Instruction et ignorance sont des notions très relatives, et peu d’indices suggèrent que l’écart des connaissances entre les plus cultivés et les moins cultivés au sein d’une société puisse, quelle que soit l’époque, avoir une influence sur le caractère de cette société » (Von Hayek, Droit, Législation et Liberté. Paris, PUF1973). En clair, c’est la demande marchande, et elle seule, qui décide ce que nos enfants apprennent ou apprendront à l’école.

Alors, c’est surtout vrai pour l’enseignement supérieur. Enfin, pour le moment. Et on a vu ces derniers mois, la véritable offensive libérale sur notre système d’éducation : la « privatisation » des universités (pudiquement appelée « autonomie »), la sélection par l’argent avec l’augmentation des frais d’inscription, etc… Ça, plus l’invasion des « marques » dans les écoles, sur les distributeurs de boissons, mais pas seulement : Publicités directes sur les murs des établissements, financement de « projets » éducatifs sous logo explicite de la marque, matériels éducatifs donnés gratuitement (et souvent très bien faits) : Kellogs ou Nestlé décrivant les repas équilibrés, Coca Cola montrant le « fonctionnement d’une entreprise ». Cette pénétration des marchands du Temple à l’école suscite de plus en plus rarement la réprobation des enseignants, encore plus exceptionnellement celles des parents d’élèves.

Bref, on finit par « gérer » l’école strictement comme une entreprise. Une seule « valeur » domine, c’est l’adaptation à l’économie. Comme l’indiquait la Commission Européenne en 1995, « l’éducation est un service rendu à l’économie ».

Alors, au nom de la « diversité des talents », les gouvernements européens, dans un bel ensemble, ont décidé de réduire ce qu’on appelait auparavant « le tronc commun » comme peau de chagrin. Désormais, nos enfants doivent savoir très tôt où ils veulent aller. A 14 ans, en Italie, en Espagne, ou en Grande Bretagne. En Allemagne, on « sélectionne » dès l’âge de 12 ans… Là aussi, on individualise les performances… Pour les mettre au service des patrons. Luc Ferry, surnommé le professeur fantôme, écrivait dans sa Lettre à tous ceux qui aiment l’école que « tous les élèves n’ont pas nécessairement les mêmes talents ni surtout les mêmes goûts ». Oubliant au passage les études sociologiques qui montrent que la réussite scolaire dépend largement de l’origine sociale des élèves. En 1999, 86% des enfants de cadres sont entrés en troisième générale contre 56% des enfants d’ouvriers. Les enfants d’ouvriers auraient donc moins de « talent » que les enfants de cadres… Les gènes, sans doute.

On sélectionne donc. Avec la bénédiction enthousiaste des politiques.

Extrait du rapport Thélot (à lire ici, et daté de 2004) :

« La notion de réussite pour tous ne doit pas prêter à malentendu. Elle ne veut certainement pas dire que l’École doit se proposer de faire que tous les élèves atteignent les qualifications scolaires les plus élevées. Ce serait à la fois une illusion pour les individus et une absurdité sociale puisque les qualifications scolaires ne seraient plus associées, même vaguement, à la structure des emplois. »

Autre rapport de la Commission Européenne, en 1997 : « Les systèmes d’éducation ne sont pas assez conscients des contraintes de compétitivité. » Or « La demande réelle à laquelle est confronté le système éducatif est donc de jouer un rôle de filtre pour hiérarchiser les talents ».

Au moins, les choses sont claires. Nos politiques ont décidé de qui aurait accès à l’éducation.

Et le contenu, alors ?

Les recommandations européennes vont dans le sens d’une atténuation, voire d’une suppression de tout aspect critique dans la transmission des connaissances. Le conseil européen de Lisbonne a d’ailleurs défini les « compétences sociales » , qui font partie des « compétences de base » : la « confiance en soi, l’indépendance, l’aptitude à prendre des risques et les compétences relatives à l’esprit d’entreprise ».

Bref, « les écoles devraient également exploiter les contacts qu’elles entretiennent avec les entreprises de leur environnement direct dans le but de présenter des entreprises performantes comme modèles dans le cadre de leur cours d’éducation civique » [CCE 2001).

L’OCDE fait encore mieux (2002), voilà les buts affichés de cette école nouvelle manière :

– La capacité d’acquérir des compétences et de les renforcer, notamment la capacité d’apprendre, de définir ses besoins de formation et de gérer son activité apprenante.
– L’aptitude à trouver les meilleur endroits où utiliser ses compétences, qui comprend l’aptitude à se fixer un plan de carrière, l’aptitude aux recherches d’emploi et la capacité de marier les buts professionnels et personnels.
– Les caractéristiques personnelles (comme la loyauté), qui valorisent davantage l’intéressé aux yeux des employeurs dans la mesure où il est probable qu’il va utiliser ses compétences de façon productive. La motivation est vraisemblablement capitale. ».

Et silence radio sur les questions liées à « l’esprit critique », à la « mise en ordre du monde »… Exit donc les matières comme la philosophie ou l’histoire. Pas vraiment « utiles ».On retourne allègrement à « l’ordre moral », ou à l’ordre tout court, et avec les cours d’instruction civique, c’est l’obéissance que nos politiques souhaitent apprendre à nos enfants.

Alors, non, la politique libérale ne glorifie pas « l’individu ». Elle le transforme en machine à consommer, et à obéir. Elle en fait un mouton, de la naissance à la mort.

L’éducation, la culture, sont devenues des marchandises comme les autres.

Du grain à moudre :

Pierre Bourdieu – L’essence du libéralisme

Dany-Robert Dufour – Les désarrois de l’individu-sujet

Joshua Samuel – Crise du système de références le libéralisme en éducation


Note : les citations sont en italique.

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Written by Gavroche

26 août 2011 à 16 h 50 min

24 Réponses

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  1. « Bref, on finit par « gérer » l’école strictement comme une entreprise. »
    Oh c’est déjà bien entamé, nos paperasseries admins et pédagos sont en plein là dedans, même si le grand public ne le voit pas.
    J’ai déjà eu l’occase de râler après tout ça sur mon blog.
    Et à mon avis, c’est pas près de s’arrêter.
    De plus la doxa ultralibérale sucée avec le biberon fera des générations suivantes des.. des quoi d’ailleurs?Des ultralibéraloorthodoxonormés?
    Bref, il faudra attendre une prise de conscience majeure pour que la vapeur se renverse.

    mebahel5

    26 août 2011 at 17 h 35 min

  2. « Car qu’est-ce qu’un « sujet » autonome ?  »

    ************************************
    Je ne voudrais pas faire mon pédant mais le mot « autonome » est construit à partir d’autos (soi-même) et nomos (la loi). Soit la définition du Larousse : « Se dit de quelqu’un qui a une certaine indépendance, qui est capable d’agir sans avoir recours à autrui : Individu autonome. »
    Le contraire de l’autonomie porte un joli nom : l’hétéronomie…
    😉
    Mais comment peut-on croire à cette « liberté de penser » idéalement répartie égalitairement dans la société quand par ailleurs on constate ce double formatage incessant (télévision + pub), les deux mamelles d’une économie mondialisée de surconsommation et d’aliénation sous-culturelle ?
    Si l’on y ajoute l’augmentation du taux d’illettrisme on n’est pas loin de l’escroquerie intellectuelle ou de l’extrême naïveté lorsqu’on se risque à parler de liberté et d’autonomie.
    Et là, je ne rigole plus.

    julesansjim

    26 août 2011 at 18 h 30 min

  3. 1984 un livre tellement d’actualité!!

    Louise Photography

    26 août 2011 at 20 h 54 min

  4. « j’ai compris ce truc que racontait Tony Blair en 1195… »

    *****************************
    Euh… tu es sûre de la date ? Où alors tu veux parler de Robin des bois peut-être ?

    🙂

    julesansjim

    26 août 2011 at 21 h 07 min

    • C’est malin… ;-))

      Ayé c’est corrigé…. Pfff… Vive Robin Oude ! Çui qui prenait aux riches pour donner aux pauvres. C’est pas l’cas de Tony Blair…

      Gavroche

      26 août 2011 at 21 h 21 min

      • « La première mention de Robehod ou Hobbehod date de 1228 dans un document judicaire : un parchemin recense un Robinhood mis en prison pour non paiement d’une dette ou d’une amende. La majorité des références datent de la fin du XIIIe siècle : entre 1261 et 1300 en Angleterre, on retrouve pas moins de huit références à un certain Rabunhod. » (Wiki)

        N’empêche, j’m’a pas gourré de beaucoup… 1195/1228 on est quasi dans les temps.

        😉

        Ah ben si tu crois qu’on lit tes billets par dessus la jambe ! non non non non non, c’est au lorgnon ma p’tite dame, au microscope même que c’est décrypté tes pattes de mouche tsé tsé !!!

        😉

        julesansjim

        26 août 2011 at 21 h 42 min

  5. Certes 1° références ver 1220, mais à un Robin Hood censé avoir été un partisan de Ricatd Coeur de Lion 1189-1199, donc on est en plein dans la bonne date!

    A part ça, voici un lien vers le site de l’APSES (profs de SC Economiques et Sociales) qui, cherchant à lutter contre la « technicisation » des programmes, et la restriction de sa partie socio, ont monté un programme alternatif, utilisables par les profs qui le souhaitent:
    http://www.apses.org/IMG/pdf/Programme_de_contournement_adopte_en_AG.pdf
    Colonne de droite: le nouveau programme officiel, plein de « comment fonctionne ceci ou cela »
    Colonne de gauche: le programme dit « de contournement », plein de « pourquoi… »

    florence

    27 août 2011 at 11 h 19 min

  6. Très intéressant, le document de l’APSES (et révélateur…)
    Effectivement, les « pourquoi » me semblent fondamentaux.

    @ Jules : mes pattes de mouche « tsé-tsé » seraient-elles …………..soporifiques ? ;-))

    Gavroche

    27 août 2011 at 11 h 34 min

    • Je vais suivre de près cette histoire de programme de SES en 1èreES, puisque ma fille rentre dans cette classe!

      florence

      27 août 2011 at 12 h 13 min

    • Eh non justement ! elles réveillent au contraire parce qu’elles piquent à rebrousse-poil !

      😉

      julesansjim

      27 août 2011 at 17 h 43 min

  7. Merci Gavroche.

    Je me permets de rajouter du bon professeur Michéa :

    Orwell éducateur, chez Climats.

    et

    L’enseignement de l’ignorance, chez Climats.

    sleepless

    27 août 2011 at 12 h 21 min

    • Encore la synchronicité de Pow-Wow : j’ai acheté les « Écrits politiques » d’Orwell, il y a quelques jours…

      Et flûte, encore deux pour lesquels il faut que je trouve de la place…

      Gavroche

      27 août 2011 at 12 h 29 min

      • Très bien, les Écrits du sieur Orwell.

        Lire aussi Orwell, ou l’horreur de la politique de Simon Leys.

        Et puisque t’as fait de la place sur tes étagères, un autre Michéa (j’l’avais pas mis pour pas encombrer) :

        Orwell, anarchiste tory, suivi de à propos de 1984

        sleepless

        27 août 2011 at 17 h 35 min

    • Oui. A un bémol près que je me permets de mettre à propos de « L’enseignement de l’ignorance ».
      Michéa me semble avoir tout juste sur le constat d’une lente mais inexorable décrépitude de l’enseignement de masse quand parallèlement les circuits de reproduction des « élites » sont eux préservés, protégés même des dangers d’une démocratisation du savoir et de la formation. Par contre, il flirte d’un peu trop près, à mon goût, avec les options des antipédagos et autres « républicains » à la sauce Brighelli/Laforgue/Boutonnet/Le Bris et consorts, lorsqu’il ironise sur des orientations pédagogiques telles que « l’école lieu de vie », « le jeu dans l’apprentissage » etc … Que voit-il donc comme alternatives crédibles à une école qui a fait son temps incapable de s’adapter à la modernité et au défi de la démocratisation ? Une restauration nostalgique du Magister avec estrade et silence dans les rangs ? Que les IUFM aient besoin d’un sérieux checkup sans aucun doute mais fallait-il les supprimer totalement et foutre toute la formation des maîtres en l’air comme c’est le cas aujourd’hui ? Et enfin, quid des mouvements pédagogiques et d’éducation populaire qui ont irrigué longtemps la pratique, la réflexion et la recherche des formateurs sur le terrain avant d’être marginalisés et progressivement asphyxiés par l’institution Education nationale ?

      Bref. Lorsque Michéa écrit « L’enseignement de l’ignorance », rien que le titre me fait trop penser à « La fabrique des crétins ». D’où un certain malaise.

      Pour ceux qui n’auraient ni le goût, ni le temps, ni l’envie d’aller y voir par eux-même, il y a notamment cette analyse qui permettra au moins de comprendre mes réticences :

      http://www.scriptoblog.com/index.php?option=com_content&view=article&id=309:lenseignement-de-lignorance-jc-michea&catid=53:politique&Itemid=55

      julesansjim

      27 août 2011 at 17 h 41 min

  8. Ben je suis assez d’accord avec l’article que tu as mis en lien.

    L’école « lieu de vie », ça va avec tout le reste : les « talents » divers des enfants, et même ce que tu dis, tiens (patapé) sur « une école qui a fait son temps incapable de s’adapter à la modernité et au défi de la démocratisation »… Un peu langue de bois, non ? (j’ai dit patapé)

    Ça, et les fameuses « valeurs » qu’il faut paraît-il défendre. Au lieu de mettre le système par terre.

    Et la suppression des IUFM va dans le sens souhaité par le pouvoir, c’est clair.

    Enfin, sur l’éducation populaire, tout dépend de qui enseigne, parce que si c’est Onfray… :-))

    Bref, je vais ENCORE m’acheter des bouquins.

    Au fait, Michéa fait un état des lieux, après c’est à ceux qui sont concernés (nous tous, en fait) de trouver des moyens de résistance. Comme le doc transmis par Flo…

    Edit. :

    Je viens de trouver ceci, à propos du bouquin de Michéa :

    Sous la double invocation d’une « démocratisation de l’enseignement » – ici un mensonge absolu – et de la « nécessaire adaptation au monde moderne » (ici une demi-vérité), ce qui se met effectivement en place, à travers toutes ces réformes également mauvaises, c’est l’Ecole du Capitalisme total, c’est-à-dire l’une des bases logistiques décisives à partir desquelles les plus grandes firmes transnationales, – une fois achevé, dans ses grandes lignes, le processus de leur restructuration pourront conduire avec toute l’efficacité voulue la guerre économique mondiale du XXIe siècle.

    Le lien ici :
    http://www.broguiere.com/culture/ignorance.htm

    Gavroche

    27 août 2011 at 18 h 51 min

  9. Si l’Ecole ne doit pas être un lieu de vie alors comment éviter qu’il soit un sanctuaire mortifère (ce qu’il a longtemps été ; notamment du temps où il était encore plus inégalitaire qu’aujourd’hui ; quand seulement 10 à 12% des élèves entraient en 6e, sur concours par exemple, au début des années 60).
    Freinet, qui met en permanence la valeur « travail » en avant dans ses écrits , fut le premier à faire entrer « la vie » dans la classe, dans le rapport au savoir, dans la production écrite et artistique des élèves, par l’invention de techniques et de supports pédagogiques tels que l’imprimerie, la correspondance scolaire, les monographies, le texte libre, le quoi de neuf etc…
    Je ne sais pas si moi je fais de la langue de bois mais je considère que les anti-pédagos sont des démagogues ou des irresponsables, ou des apprentis-sorciers, ou des incompétents, au choix, lorsqu’ils tentent de faire croire aux parents d’élèves qu’il suffit qu’un enseignant enseigne pour que les élèves apprennent. Si enseigner peut être considéré comme un art (voire un artisanat) apprendre reste encore amplement un mystère. Ce qui suffit déjà à justifier qu’il puisse exister une recherche pédagogique. Comment expliquer qu’une même leçon faite par le même prof puisse être comprise et mémorisée par tel élève mais pas par tel autre ?
    Fustiger les sciences de l’éducation comme le font les réacs de tout poil (auxquels viennent apporter leur soutien certains gauchistes de la mouvance gauche radicale : Brighelli est un ancien mao du PCML par exemple… Quant à Michéa il se revendique de la mouvance anarchiste. Dont acte) c’est pour moi totalement incompréhensible si l’on souhaite sincèrement aider tous les élèves à apprendre.
    Pour ce que j’en sais, Onfray est peut-être un clown médiatique mais c’est également un très bon prof qui a un certain talent pédagogique. Ne mélangeons pas tout.

    Comme dit l’adage, « c’est au pied du mur qu’on voit le maçon » et que voit-on depuis une dizaine d’années que la restauration nostalgique a gagné sur tous les terrains , de la maternelle au lycée ? Le système éducatif français n’a jamais été aussi peu efficient ! Et quelles options et modèles pédagogiques ont choisi les pays les plus performants ? Sûrement pas le bouillon d’idées reçues et rétrogrades de nos chers antipédagos franchouillards !

    Sur ce, choisis ton camp, camarade ! Moi c’est fait depuis longtemps.

    julesansjim

    27 août 2011 at 21 h 12 min

    • Bon, on ne va pas se chamailler, et je n’ai pas à « choisir mon camp », en tous cas contre toi.
      Ce que tu appelles la « restauration nostalgique », c’est le fait de qui ? La faute à quelle politique depuis trente ans, gauche et droite réunis, et pas seulement chez les franchouillards, mais partout, si notre école se casse la gueule ?
      Qui sont les vrais « anti-pédagos » ?
      Le fait d’avoir un « certain talent pédagogique » est-il suffisant, ne faut-il pas aussi que le contenu soit à la hauteur, et que le message, s’il y en a un, fasse progresser nos enfants ? Les libère ?
      Leur ouvre l’esprit ?
      Je ne connais pas Brighelli, mais la « mouvance anarchiste », comme tu dis, est-ce si critiquable ? Et pourquoi ?

      Gavroche

      27 août 2011 at 22 h 31 min

  10. Je pense que tu as le point de vue de quelqu’un qui est extérieur au monde de l’Ecole ; n’ayant pas en ta possession les éléments concrets qui font la réalité de l’Ecole d’aujourd’hui, même si tu te réfères sans doute à ton propre vécu scolaire (en tant qu’élève et en tant que parent) tu ne peux guère te faire une opinion qu’à partir de facteurs abstraits et très généraux, très idéologiques et politiques aussi.
    Aussi, plutôt que de lire des livres sur l’Ecole, je te suggèrerais de passer ne serait-ce qu’une journée dans une école maternelle, une élémentaire, un collège et un lycée de ton choix. Tu te rendrais compte alors à quel point les « débats sur l’Ecole », mais « à côté » de l’Ecole, sont abstraits, généralisant et essentiellement polémistes.
    Je n’ai rien contre la mouvance anarchiste, ni même l’ultra-gauche radicale lorsque les analyses portent sur l’économie, le social, la politique etc … Par contre, il ne faut pas leur demander des alternatives crédibles car ce n’est pas avec des « faut tout faire péter ! » et « à bas les élections, vive la révolution ! » qu’elles risquent de me convaincre, j’ai passé l’âge de ces enfantillages. Concernant l’Ecole et la pédagogie, curieusement, le gauchisme en général propose un retour aux « bonnes vieilles méthodes », c’est attristant pour moi, c’est plus que court mais c’est comme ça. Toute innovation pédagogique semble suspecte à leurs yeux d’être soit un délire intello et luxueux pour les fils de bourges, soit d’être un piège à cons pour les fils de prolos, comme un bonbon empoisonné dans un bel emballage si tu veux. Je fais une exception à ça : les trotskistes de l’ex-LCR qui sont sur des positions progressistes et soutiennent l’innovation et la recherche pédagogique pour la plupart d’entre eux.
    Brighelli est un drôle de type, un agrégé de Lettres qui n’aurait pas les manières feutrées d’un Finkielkraut mais le même fiel, la même envie de briller sur les plateaux télé. Dans un débat, Brighelli est une brute épaisse qui fait mine de manier le fleuret moucheté en faisant des citations et des références aux auteurs classiques pour étaler sa culture. Ainsi, dans un débat sur l’inégalitarisme scolaire, alors qu’il était confronté à Descoing, le mec de Sciences Po, sur la question de la violence à l’école, Brighelli a suggéré qu’on fasse étudier « L’Esprit des lois » de Montesquieu pour régler le porblème … Pirouette ou incompétence notoire ? Son bouquin « La fabrique des crétins » qui tape à bras raccourcis sur Meirieu, les sciences de l’éducation, la recherche pédagogique, les dispositifs d’évaluation, les iufm… j’en passe et des meilleurs… son bouquin donc est un best-seller !
    Il n’y a guère que les freinétistes qui trouvent grâce à ses yeux, quand ils n’ont pas le malheur d’être universitaires bien sûr.
    D’ailleurs, s’il y a un livre que tu « pourrais/devrais » lire de toute urgence c’est « Une école Freinet » sous la direction d’Yves Reuter. Voilà un bouquin qui ouvre des perspectives intéressantes et redonne un peu d’air sans passer son énergie à taper sur le collègue mais en inventant pas à pas des réponses aux problèmes posés.
    J’ai déjà dû donner les références de ce formidable travail, j’en redonne un lien ici :
    http://democratisation-scolaire.fr/spip.php?article21

    Si tu lis un jour ce livre tu verras que la démocratisation scolaire n’est pas qu’un voeu pieu, mais peut devenir une réalité enthousiasmante !

    julesansjim

    28 août 2011 at 9 h 33 min

    • Je suis inculte en théorie pédagogique, mais d’expérience (ma 22° rentrée approche) j’aurais tendance à être plutôt sur la ligne de Jules.
      C’est pas une question de « lieu de vie », c’est une question de passer un minimum par la « séduction », intellectuelle j’entends, pour éviter de se retrouver devant un public de portes fermées, avec certaines classes. Parce que là, c’est foutu, on peut plus rien faire passer, rien de rien, travailler contre, c’est juste impossible!
      Cette année, mise en confiance par mes lectures du professeur KA, je me suis lancée dans des « activités » à partir de photos et de tableaux US, c’est dingue: j’ai vu des « cancres » se lancer comme je n’aurais pas cru possible! La barrière de l’écrit avait sauté. Ça n’empêche pas, ensuite, de ressortir l’exigence de mise en forme, qui leur paraît plus légitime si c’est pour affiner LEURS idées, dont mêmes des « loubards » ne sont pas peu fiers, eh oui, tout arrive!
      Si le terme « activités » hérisse le poil, on peut le remplacer par « recherches » ou « travaux », pour moi peu importe, du moment que le fond de la classe cesse de s’enfermer dans le « j’comprends rien », ou « ça sert à rien ».

      florence

      28 août 2011 at 9 h 53 min

  11. Je trouve quand même dommage que « n’étant pas du sérail », tu considères d’avance que je n’ai pas les éléments pour « savoir ». Dont acte.

    Mais n’est-ce pas quelque peu contradictoire ?

    N’est-ce pas le discours dominant qui dit que seuls les « experts », ceux qui savent, ceux dont c’est le métier… etc. ?

    N’avons-nous pas, nous tous, les profs – et les autres – ici en tous cas, la même volonté, celle de faire de nos enfants des « têtes bien faites » ? (oui, je sais, ça fait lecture généraliste et pas informée des « réalités »)…
    Notre but à tous n’est-il pas de créer un système d’éducation plus juste, plus humain, plus égalitaire ? De donner des armes aux enfants pour qu’ils puissent se défendre et s’épanouir ?

    Quant aux idées anarchistes et de l’ultra-gauche, je pense sérieusement qu’aujourd’hui, les élections ne servent plus à rien. Nous avons d’un côté une « classe politique », gauche « classique » et droite réunies, au service de très gros intérêts financiers, et de l’autre … nous. Mais c’est un autre débat.

    Bref, je retourne à mes enfantillages. Merci d’avoir essayé de « m’instructionner » un chouïa… :-))

    Gavroche

    28 août 2011 at 10 h 23 min

    • Non Gavroche, je ne joue pas les experts (que seraient les profs et les chercheurs) contre les néophytes (en gros les parents). Pour ma part, dès mes 1ères années d’enseignement, j’ai tout fait pour instaurer des liens école-famille, à la fois pour expliquer mon travail et permettre aux parents d’avoir une idée de ce qu’était leur enfant en tant qu’élève intégré à un groupe, et faire en sorte qu’une action éducative conjointe aille dans le même sens pour se renforcer mutuellement. Parce que j’ai très vite compris que l’école traditionnelle ne pouvait pas améliorer son efficience auprès des enfants de milieu populaire, et donc innover et transformer les pratiques pédagogiques , sans le soutien conscient et éclairé des parents.
      Les parents sont des éducateurs et font se qu’ils peuvent, comme ils peuvent pour stabiliser leur progéniture affectivement, psychologiquement, socialement. Sur le plan du développement cognitif et celui de la maîtrise de savoirs et savoir-faire complexes c’est très vite (dès la grande section de maternelle en fait) beaucoup plus compliqué. Et c’est là qu’intervient le rôle de l’école dont la spécificité est de transmettre des connaissances, mettre en place les outils intellectuels de base (le fameux « lire,écrire, compter » auquel on oublie toujours d’ajouter le « parler »).

      Je ne dis pas que tu n’y connais rien, je dis que tu ne traites que les aspects très généraux en terme de politique éducative, de finalités de l’école (égalité, justice sociale, démocratie etc…) Encore une fois, si je m’en tiens à ces aspects-là je fais un bon bout de chemin avec les analyses d’un Michéa mais aussi de pas mal de sociologues qui fustigent la marchandisation des savoirs depuis plusieurs dizaines d’années maintenant. C’est lorsqu’on aborde les propositions concrètes en terme de modalités concrètes de formation qu’il y a comme une rupture. Autrement dit, faire de la pédagogie c’est mettre les mains dans le moteur et ça, tu ne peux pas me soutenir le contraire, c’est une spécificité de l’enseignant. Imagine un mécano qui ne saurait que faire des discours sur la politique industrielle automobile ou faire des comparatifs sans fin sur les qualités et performances de modèles concurrents mais… serait incapable de réparer ta voiture !

      Ceux que j’appelle les antipédagos se sont des gens (enseignants ou non) qui passent leurs nerfs et leur temps à faire des caricatures avec attaques ad hominem à la clé à propos de ceux qui tentent de répondre pédagogiquement aux enjeux et défis que la société mondialisée pose à l’Ecole depuis une quarantaine d’années. Excuse-moi de ne pas suivre cette pente, trop facile et tellement dangereuse.

      Sur ta position concernant l’abstentionnisme tu connais mon point de vue : si voter ne sert à rien, comme tu le prétends, puisque seul un choix réformiste (de droite ou de gauche) nous est proposé, à quoi sert alors l’agitation des mouvements de l’ultra-gauche ? pourquoi ne nous proposent-ils pas un programme et une alternative convaincante et crédible qui, en recueillant l’assentiment des masses populaires, serait à même de bousculer la donne, à gauche ? Ma réponse : à rien, non plus, si ce n’est vivre sa désespérance dans la colère, les cris et les larmes.
      Je précise ma pensée par rapport à ce que j’appelle « enfantillages ». Ce qui se passe dans certains pays arabes est qualifié à juste titre « révolution ». C’est du sérieux mais c’est aussi un combat à la vie, à la mort. Lorsque des ados et quelques jeunes gens, en France ou en Angleterre, brûlent les voitures de leurs voisins de palier, saccagent leurs propres écoles et équipements sportifs, agressent les pompiers en cours d’intervention, pillent des magasins pour piquer une paire de Nike ou un écran plat, il s’agit bien d’émeutes, le mot à la même racine qu’émotion, et en effet ces jeunes sont dans l’émotion, ou la colère si tu préfères, mais ne participent aucunement à un acte révolutionnaire, c’est-à-dire un acte qui aurait pour objectif conscient de vouloir changer radicalement l’état des choses. Je parle d’enfantillage parce que c’est à mon sens du même ordre qu’un caca nerveux ou que le caprice d’un enfant frustré. Maintenant s’il y a des adultes pour cautionner ça, je me dis alors qu’il faut qu’à leur tour ils s’interrogent sur leur degré de maturité citoyenne. Si je dis ça c’est précisément pour que tu ne te sentes pas visée alors ne me dis pas que je t’ai traitée d’immature, s’il te plaît.
      😉

      julesansjim

      28 août 2011 at 12 h 12 min

  12. Pour tenter peut-être de vous réconcilier, une très longue interview de Ken Loach sur , entre autres, les récentes émeutes.
    http://www.guardian.co.uk/film/2011/aug/28/ken-loach-class-riots-interview

    Le passage en question est vers les § 14-15. En gros les gouvernements des années Thatcher ont délibérément détruit la classe ouvrière dans ce qu’elle contenait de compétences, de fierté du métier, qui se transmettaient, et ainsi, en même temps, a été détruit, dans cette classe, le passage à l’âge adulte.

    Il pense aussi qu’en UK, un « moment révolutionnaire » a été manqué en 2003, au moment où l’opposition à la guerre du Golfe prenait de l’ampleur, que ça aurait pu être relié aux mouvements anti-privatisation. (cf Naomi Klein)

    florence

    28 août 2011 at 22 h 27 min

  13. Merci Flo. Le constat et l’analyse de Ken Loach est assez facilement transposable à l’évolution des choses en France, particulièrement dans les quartiers populaires. Nous n’avons pas eu de gouvernement Thatcher mais un faisceau d’effets, à la fois politiques mais aussi économiques, sociaux et culturels, qui ont fait disparaître toute conscience de classe dans la population ouvrière et particulièrement chez les jeunes. Les quartiers de Bobigny où j’ai travaillé pendant 30 ans étaient pourtant, jusqu’à la fin des années 80, bien « maillés » à la fois par les partis de gauche (PC et PS) et un réseau d’assos de quartier, sans parler de l’action des écoles, ouvertes sur les quartiers (cf La Villeneuve de Grenoble). Et puis progressivement tout s’est dilué, évaporé en même temps que la fatigue des militants.
    Les gens, jeunes et moins jeunes, n’ont plus de conscience de classe, ils ont juste conscience de leur déclassement. Ce qui engendre frustration, angoisse, désespoir, colère, révolte.

    😦

    julesansjim

    29 août 2011 at 9 h 36 min


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