LES VREGENS

Yes, we kill

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Ce matin, j’ai reçu un mail de la présidente d’Amnesty International :

Chers amis,

Après quatre heures d’une insoutenable attente, teintées d’espoir et d’angoisse, Troy Davis a été exécuté à 5h08 (heure de Paris). En effet, trois minutes après l’heure d’exécution prévue, la Cour suprême des Etats-Unis a décidé de se donner un délai pour examiner le recours des avocats de Troy Davis. Recours qu’elle a rejeté sans motivations.

Un sentiment de révolte profond nous habite à ce jour, à la hauteur de cette souffrance barbare infligée à Troy Davis, sa famille, ses proches, et à l’ensemble des personnes mobilisées pour lui à travers le monde; à la hauteur de l’inhumanité vécue cette nuit. A la hauteur enfin, de notre engagement sans faille, pour sauver Troy Davis de la mort, depuis bientôt 5 ans. Cela a failli réussir. Par trois fois déjà son exécution avait été reportée. Notre engagement pour Troy n’a pas été vain. Au contraire, il a permis de sensibiliser des millions de personnes à travers le monde, de rappeler la cruauté de ce châtiment, de faire vaciller les certitudes, de faire réfléchir un grand nombre de partisans de la peine de mort, aux Etats-Unis notamment.

Troy Davis, il en était pleinement conscient, a contribué de manière décisive au combat pour l’abolition. Car le combat de Troy et de sa famille était un combat pour l’abolition et la justice.

 

Notre soutien et mobilisation ont aussi et surtout été une source de réconfort palpable, toujours présente, toujours vivante, pour Troy, Martina, Kim (ses soeurs), De’jaun (son neveu): ils l’ont dit et répété maintes et maintes fois, dans les moments de désespoir et de stress, mais aussi dans les moments d’espoir qui ont jalonné notre chemin commun.

La chaleur que nous leur avons transmise, ils nous l’ont rendue par la force, le courage, l’absolue dignité dont ils ont fait preuve, dans les moments les plus noirs comme dans les phases d’espoir. Troy, comme toujours, est parti dignement : ses derniers mots à la famille du policier ont été : « Je ne suis pas celui qui a commis le crime. Je n’avais pas d’arme. Continuez à chercher la vérité ».

Il a enfin transmis tout son amour à ses proches, et ses soutiens à travers le monde, et délivré par le biais d’un membre d’AIUSA, qui l’a rencontré jeudi dernier, le message suivant : « Le combat pour la justice ne s’arrête pas avec moi: ce combat est pour tous les Troy Davis avant moi, et ceux qui viendront après moi. Je me sens bien, je prie et je suis en paix. Mais je n’arrêterai de me battre qu’à mon dernier souffle ».

Pour lui, pour sa famille, pour tous les condamnés à mort qui nous sont moins familiers mais exposés à la même souffrance, à la même cruauté, nous devons poursuivre avec d’autant plus d’énergie notre combat pour l’abolition, partout, toujours.

Amicalement,

Geneviève Garrigos

Ainsi, Troy Davis a été exécuté, malgré les sérieux doutes qui pesaient sur sa culpabilité.

DSK, lui, est libre. Il paraît qu’il n’y avait pas assez de preuves.

Ça m’a fait penser à la chanson de Joan Baez :

 et à celle-là, aussi :

Et évidemment, à celle-là :

Juste pour dire que je trouve ce monde de plus en plus merdique…

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4 Réponses

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  1. « Juste pour dire que je trouve ce monde de plus en plus merdique… »
    +1 et ça fait peur

    alainbu

    22 septembre 2011 at 12 h 12 min

  2. Le plus atroce, c’est le « délai » rajouté … tout ça pour l’exécuter 4h plus tard !
    A gerber (désolée d’être vulgaire)…
    USA, là où n’importe qui peut avoir une arme létale… et où on en use et en abuse… dans les prisons des états du Sud… mais aussi à la frontière Sud, contre ces « saletés de Latinos basanés » qui viennent envahir les Yankees (depuis que les produits Yankees ont envahi leurs pays grâce à l’ALENA)…

    Et chez nous, y’a un Mariton-tontaine et tonton qui voudrait bien que les estrangers prêtent allégeance aux armes !!! Dans quelques temps, on est bons pour un retour à la peine de mort, avec de tels abrutis !

    clomani

    22 septembre 2011 at 15 h 37 min

  3. «… Enfoui, terré, au cœur même de la justice d’élimination, veille le racisme secret. Si, en 1972, la Cour supême des Etats-Unis a penché vers l’abolition, c’est essentiellement parce qu’elle avait constaté que 60% des condamnés à mort étaient des noirs, alors qu’ils ne représentaient que 12% de la population. Et pour un homme de justice, quel vertige! Je baisse la voix et je me tourne vers vous tous pour rappeler qu’en France même, sur trente-six condamnations à mort définitives prononcées depuis 1945, on compte neuf étrangers soit 25%, alors qu’ils ne représentent que 8% de la population; parmi eux cinq Maghrébins, alors qu’ils ne représentent que 2% de la population.

    Depuis 1965, parmi les neuf condamnés à mort exécutés, on compte quatre étrangers, dont trois Maghrébins. Leurs crimes étaient-ils plus odieux que les autres ou bien paraissaient-ils plus graves parce que leurs auteurs, à cet instant, faisaient secrètement horreur? C’est une interrogation, ce n’est qu’une interrogation, mais elle est si pressante et si lancinante que seule l’abolition peut mettre fin à une interrogation qui nous interpelle avec tant de cruauté.»

    Robert Badinter le 17 septembre 1981 devant l’Assemblée nationale.

    😦

    julesansjim

    22 septembre 2011 at 15 h 44 min


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