LES VREGENS

Les funérailles de Mouchet Mouchet

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Les funérailles de Mouchet Mouchet

Je suis triste : j’ai porté Mouchet Mouchet à sa dernière demeure.

Mouchet Mouchet et son regard tendre

Mouchet Mouchet est mort le 21 septembre, pendant mon séjour chez Gavroche et Randal. Pneumonie, les poumons bouffés à 90%. Mon garde-chats s’y est pris un peu tard pour l’amener chez le vétérinaire. Mais peut-être est-ce moi qui n’ai rien vu. Il a toujours été un peu maigrichon par rapport à ses frères, les Bizounours Pur, Bizounours 1 tache et Bizounours 2 taches. Quand ils étaient petits, traumatisés par le sevrage brutal de leur mère, ils erraient comme des âmes en peine dans la grande pièce, miaulant, jouant vaguement mais complètement perdus. Alors Mouchet Mouchet a fait la mère : ses frères lui pastrouillaient gaîment le ventre, tout le monde ronronnait très très fort

Mouchet Mouchet tété par ses frères, les Bizounours

(Bizounours 1 tache, aujourd’hui disparu lui aussi, était un ronronneur émérite, d’ailleurs). On ne voit pas bien sur la photo, mais Mouchet Mouchet avait un poil roux foncé, très long et soyeux. Il se débrouillait pour ne jamais revenir couvert de ces horribles graminées qui pénètrent très profondément dans le poil, et finissent par faire des paquets inextricables que je dois tailler férocement aux ciseaux. Une fois, j’ai même coupé un bout de peau à Léa, leur mère, tellement elle en était pleine. Mouchet Mouchet ne miaulait pas, mangeait très peu, et était ami avec tout le monde, chats, chienne et humains. C’était un chat tendre. Avec un doux regard, surtout quand il voulait dormir dans mes bras. Il y a des chats auxquels je « résiste », non pas que je les néglige, mais des fois ils exagèrent. Ils me veulent tout le temps, me poursuivent de leurs assiduités, me sucent les doigts de pieds (ça c’est François), me regardent d’un air mourant et me suivent dans toute la maison, et dehors. Je ne peux pas pisser sans l’un ou l’autre de mes prétendants. Mais Mouchet Mouchet avait une tactique très efficace : il se posait sur le divan ou sur la table, et me regardait avec ces yeux merveilleux, sans insister. En fait, il me caressait du regard. Irrésistible.

Quand j’étais au Boulvé, j’ai téléphoné au vétérinaire pour lui demander s’il pouvait garder le corps jusqu’à mon retour. L’idée de mes chats morts finissant aux poubelles m’est tout simplement insupportable. A mon arrivée, c’était le chaos, intérieur et extérieur. Une flopée de chatons abandonnés en train de crever et à sauver urgemment, mes bagages à sortir de la voiture, défaire, ranger, la joie de mes bêtes de me revoir (ils me font vraiment la fête !), la maison qui me semble étrangère, tellement tout avait changé de place, ou était sale, ou moche. Et moi, qui me sens si malheureuse d’être dans ma prison dorée, ensoleillée, insulaire, aride, et qui n’y suis rentrée que pour mes bêtes. J’ai donc téléphoné à nouveau au vétérinaire, pour lui demander de me garder Mouchet Mouchet encore un peu. Deux jours, il m’a donné. Eh oui, il n’a qu’un frigo, et les chiens prennent de la place. Cela m’a donné le temps de me retourner, d’atterrir un peu, et j’y suis allée aujourd’hui, à midi. Prendre ma bête. Il m’a donné une grosse boîte en sagex, m’a expliqué qu’il avait mis dedans plein de ces trucs en plastique qu’on met pour réfrigérer les glacières.

Ghiorgos Maragos, il s’appelle, mon vétérinaire. C’est un têtu, qui n’euthanasie que quand on le force à le faire. Pour lui, tant qu’un animal lutte pour vivre, il respecte et suit. Il essaie. Il s’entête. J’ai vu dans ses box des animaux dans des états inouïs, même moi, j’aurais voté la mort, mais lui, non : cet animal lutte, je lutte avec. Mais il dépend des demandes de ses « clients ». Et il apprécie qu’une maman ou un papa chat ou chien lui dise : allez-y, sauvez ma bête. Et quand il ne sauve pas la bête en question, il se sent mal, un peu furieux, et coupable aussi. Alors il ne fait pas payer. Je n’ai rien payé pour Mouchet Mouchet. Je n’ai jamais payé une euthanasie (je ne fais euthanasier mes bêtes que quand vraiment il n’y a plus aucun espoir, quand le chat souffre trop. Mais alors, dans la mesure du possible, c’est moi, ici, à la maison, qui fais la première injection de somnifère. Le chat s’endort dans mes bras. Et je l’emmène chez Ghiorgos, qui finit le travail…).

Je suis retournée chez moi, avec ma boîte en sagex, et mon chat dedans. C’était lourd. J’ai mis la boîte dans l’atelier-réserve de mon propriétaire, Fifis, où il ne fait pas trop chaud. Attendre le soir pour faire les funérailles de Mouchet Mouchet. Parce qu’enterrer un chat, ici, chez moi, c’est un problème : d’une part, la terre est, en fin d’été, dure comme du béton, en plus le bedrock est très proche ; d’autre part, il y a Alithia… J’avais enterré quelques chatons dans le terrain qu’elle, chienne de chasse au flair incomparable, m’a tous déterrés. Un chat enterré à peu de profondeur, sous le soleil, ça pue très vite très violemment, très fort, et c’est irrésistible pour une chienne de chasse. De toute façon, je pratique avec mes bêtes ce que j’aimerais qu’on fasse pour moi : je voudrais que mon corps, comme au Tibet, soit démembré et donné en pâture aux bêtes, aux charognards. Nos corps morts ne sont que de la viande, et si cette viande peut nourrir des animaux, tant mieux.

J’ai donc attendu le crépuscule, l’entre chien et loup. Cueilli des lantanas, car Mouchet Mouchet aimait bien dormir dans le massif. Enfermé Alithia (qui croyait, innocente, qu’on allait jouer dehors comme d’hab’ à ces heures). Pris dans la réserve la boîte en sagex. Et je suis partie en voiture, chercher un endroit où poser le corps. Il faisait un peu trop nuit pour retrouver l’endroit où j’avais posé Zoulimama (dans une pinède juste en vue de la maison : si l’âme légère et malheureuse de Zouli veut venir, elle voit la maison d’où elle est). Et j’ai commencé à tourner dans la zone, la boîte de sagex sur le siège passager, les lantanas embaumant la voiture, et « Noé Noé Noé pourquoi t’es pas sur le bateau » de Julien Clerc en sourdine… Je ne voulais pas le mettre près d’une maison, près d’un endroit où des gens passent, éventuellement avec un chien… J’ai fait des kilomètres, et il faisait de plus en plus nuit. Pour finir, j’ai décidé que Mouchet Mouchet devait reposer en vue, et que je le mettrais malgré tout pas trop loin de Zoulimama. Je suis donc retournée dans un des virages avant ma maison. Loin des autres maisons, hors de museau d’Alithia. J’ai éteint la voiture, pris mon bouquet, et la boîte, et je me suis enfoncée dans la guarrigue, parmi les agaves, les euphorbes épineux, les sauges et les pins. C’était odorant et j’étais triste.

J’y voyais encore un peu, et puis il y a la lune. J’ai ouvert la boîte, Mouchet Mouchet sous deux machins réfrigrants, dans un plastique lui-même dans un plastique. J’ai déchiré les plastiques, et j’ai sorti le corps de mon chat. Déjà mou, aucune odeur, et mouillé de toute cette condensation et cette glace. J’ai maintenu sa tête, le cœur en compote, j’ai fait une prière d’engueulades salées à Artémis, cette salope, en lui montrant son corps. Ensuite, j’ai demandé pardon à mon chat d’avoir été loin, de l’avoir abandonné, de ne pas avoir été là pour le sauver, ou lui tenir la patte. Je lui ai montré la maison, je l’ai longuement caressé, tout mouillé qu’il était, et je l’ai mis en position fœtale, sous une grosse feuille d’agave bien piquante, avec le bouquet de lantana entre les pattes : je veux bien qu’on me le bouffe, mais faut le mériter. C’est un bon endroit, belle vue, la maison pas trop loin, peut-être un peu près de la route, mais personne n’y marche jamais. Je suis retournée à la voiture, la boîte, les machins glacés et les plastiques en main, et je ramènerai ça demain au cabinet de Maragos.

Et là, j’entends Kéto et Emile qui miaulent dans la salle de bains, ils ont faim. Et je pense aux chatons abandonnés qui sont dehors, eux aussi doivent avoir faim.

PS : contrairement à ce qu’on peut croire, apprivoisés comme nous sommes par nos félins, le monde des chats n’est pas un monde de Bizounours. Le Monde n’est pas un monde de Bizounours. Mais quand j’ai raconté au vétérinaire ce midi que, comme il me l’avait prédit il y a 5 ou 6 ans, j’avais une centaine de chats, il m’a dit : «  Pourquoi tu ne laisses pas faire la Nature ? » (/fisis/ en grec moderne). A quoi j’ai répondu : «  Mais je ne suis pas la ‘fisis’, je suis Sylvie ». Tout est là : dans la décision qu’on prend un jour d’être là, et donc de VOIR. Moi, j’ai « vu » des chats, des tas de chats, affamés, malades, terrifiés, des chatons abandonnés luttant désespérément pour vivre, malgré TOUT. Je n’en tire aucune fierté, je ne m’en sens pas meilleure, je ne me sens pas dingue non plus. Je prends acte d’une réalité devant ma porte. C’est un honneur qui m’est fait.

Le ronron de Bizounours 1 tache : Bizounours 1 tache, lui aussi au paradis des chats, ronronneur toutes catégories

et voilà deux chats du printemps, « sauvés » à coup de sinulox et de bonne bouffe, maintenant stérilisés (pas encore de nom, elle à gauche, lui à droite) : je crois que je me donne tout ce mal rien que pour pouvoir regarder ça et me dire qu’ils ont l’air content et que j’ai bien bossé !

 

 

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Written by zozefine

7 octobre 2011 à 21 h 19 min

Publié dans Non classé

17 Réponses

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  1. Voilà. Je suis devant mon écran, et je pleure. Comme si c’était un de mes bébés. D’ailleurs, c’est un de mes bébés. C’est comme si je sentais l’odeur du lantana, et la douceur de son poil. Je sais, quoi. C’est comme si la lune était au dessus de moi et que je te regardais en train d’installer Mouchet Mouchet pour qu’il puisse partir tranquille au paradis des chats. Je pense à tous ceux qui sont partis, et dont l’absence me fait souffrir encore aujourd’hui. Les êtres qu’on aime ne devraient jamais mourir. Depuis le temps, je devrais être habituée. Ben non, je ne peux pas. C’est à chaque fois le même chagrin. Et maintenant … maintenant je partage aussi le tien.

    Gavroche

    7 octobre 2011 at 21 h 44 min

  2. Le chat

    I
    Dans ma cervelle se promène
    Ainsi qu’en son appartement,
    Un beau chat, fort, doux et charmant.
    Quand il miaule, on l’entend à peine,

    Tant son timbre est tendre et discret ;
    Mais que sa voix s’apaise ou gronde,
    Elle est toujours riche et profonde.
    C’est là son charme et son secret.

    Cette voix, qui perle et qui filtre
    Dans mon fonds le plus ténébreux,
    Me remplit comme un vers nombreux
    Et me réjouit comme un philtre.

    Elle endort les plus cruels maux
    Et contient toutes les extases ;
    Pour dire les plus longues phrases,
    Elle n’a pas besoin de mots.

    Non, il n’est pas d’archet qui morde
    Sur mon coeur, parfait instrument,
    Et fasse plus royalement
    Chanter sa plus vibrante corde,

    Que ta voix, chat mystérieux,
    Chat séraphique, chat étrange,
    En qui tout est, comme en un ange,
    Aussi subtil qu’harmonieux !

    II
    De sa fourrure blonde et brune
    Sort un parfum si doux, qu’un soir
    J’en fus embaumé, pour l’avoir
    Caressée une fois, rien qu’une.

    C’est l’esprit familier du lieu ;
    Il juge, il préside, il inspire
    Toutes choses dans son empire ;
    Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

    Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime
    Tirés comme par un aimant
    Se retournent docilement
    Et que je regarde en moi-même

    Je vois avec étonnement
    Le feu de ses prunelles pâles,
    Clairs fanaux, vivantes opales,
    Qui me contemplent fixement.
    Charles BAUDELAIRE (1821-1867)

    sgd

    7 octobre 2011 at 21 h 48 min

  3. Merci Zoze. Lire ce billet après toute cette littérature dithyrambique sur the Apple big boss ça remet un coup de fraîcheur salutaire.
    Les noms de tes chatons sont réjouissants. J’ai évoqué Ponti et Pétronille parce que cet auteur est particulièrement créatif et poétique dans sa manière d’inventer les noms de ses personnages. Si tu devais un jour te retrouver en panne d’inspiration (ce que je ne crois guère) va faire un tour du côté de chez Ponti, je suis sûr que tu trouveras ton bonheur.

    Sincères condoléances.

    ********************************
    PS : quand Téquila ronronne ça ressemble à la musique de Bizounours 1 tache avec en plus, par moment, un petit bruit de poulie.

    🙂

    julesansjim

    7 octobre 2011 at 21 h 50 min

  4. Grosse crise de larmes ce matin…
    Merci, Cigale, d’être si douce avec les chats, envers et contre « dame » nature.

    clomani

    8 octobre 2011 at 8 h 44 min

  5. Superbe !

    alainbu

    8 octobre 2011 at 10 h 55 min

  6. Trop émouvant, merveilleuse Zoze.

    bysonne

    8 octobre 2011 at 17 h 47 min

  7. Dévastateur et trop, beaucoup trop émouvant. Ça m’a paradoxalement donné envie d’adopter un chat — j’en ai eu, étant jeune. J’aurais des histoires aussi tristes, quoique peut-être un peu moins belles, à raconter.

    Merci.

    gemp

    8 octobre 2011 at 23 h 00 min

  8. ben alors !???
    mon intention n’était pas de faire pleurer margot, ni dans les chaumières. juste de raconter le quoi du qu’est-ce quand on aime son Mouchet Mouchet, et qu’il vous meurt en plein trip du siècle !! mais je suis quand même très touchée, évidemment. merci pour vos réactions si tendres. si chacun(e) pouvait du coup adopter un chat genre spa, ce serait le comble. des Mouchet Mouchet au regard tendre, putain, il y a en a plein partout, qui ont juste envie de vivre. et ça on peut les aider. encore que… moi, c’est des chats que j’ai à aider, parce qu’ils sont là. locale histoire. vous, c’est vous qui voyez. aider des chats, c’est simple, même si c’est très prenant (à partir de 100, je veux dire). aider des humains, c’est prenant aussi. c’est notre privilège, humains, de vouloir/pouvoir faire quelque chose. je parle pas de charité, mais de com-passion et de solidarité. et puis c’est une sorte de position vis à vis de la vie. on n’a que ça. la vie. elle est précieuse, unique et on l’aime, en général. alors je crois sincèrement que tout de qui fait du bien à la vie est une bonne chose. dès lors qu’on laisse parler la bonté qui est en nous, et alors pffff quel soulagement (mais aussi quelle lourde tâche et quelle responsabilité)..
    bref, tout ça pour dire que je suis très émue par vos réactions, et que je souhaite que vous en tiriez les conséquences (de vos réactions, pas de ma réaction à vos réactions, hinhinhin)…
    sylvie des sylves

    zozefine

    8 octobre 2011 at 23 h 44 min

    • Ouais, bon, j’ai pensé adopter un chat, après ça,je le ferai peut-être. C’est une responsabilité, un chat, même s’il n’e a rien foutre de toi, du moment que tu ne nourris, saleté de bestiole.

      http://www.youtube.com/watch?v=w0ffwDYo00Q (et les autres)

      Je préférerais adopter un dauphin, tiens.

      gemp

      9 octobre 2011 at 0 h 34 min

  9. ça m’a rappelé la mort d’un des 3 chats de mon enfance: ma mère médecin avait fait la 1°injection pour l’endormir, tandis que nous, les enfants-ado, le caressions et lui parlions, lui tenions les pattes dans la main: « ça va aller, mon vieux, t’auras plus mal ». J’avais été très impressionnée par le changement de son regard. C’est triste à dire, mais comme on avait fait ça tous ensemble, c’est presque un bon souvenir.

    florence

    9 octobre 2011 at 10 h 38 min

  10. J’y songe… Hier je suis allée voir la minette que ma copine Angèle a récupérée sur les conseils du véto de son ancien chat. C’est une chatounette grassouillette de 10 ans, qui supportait très mal les jeunes chats que sa maîtresse avait recueillis.
    Elle a l’air de s’être très bien habituée à sa nouvelle petite maison… elle est câline comme tout et Angèle est ravie.
    Mais je dois y songer encore. Il y a des contingences : immeuble de retraités à « chiens », voyages à venir, à qui le ou la confier quand je m’en vais (pas Angèle), etc. Parce qu’en effet, adopter un chat, c’est de sacrées responsabilités… un peu moins compliqué qu’adopter un enfant, certes… De plus, traumatisée par l’agressivité de Chatiti (qui se barbait car je n’étais jamais chez moi) et la culpabilité que je ressentais quand le véto m’expliquait ça, j’hésite à n’en prendre qu’un seul. En tout cas 100, impossible… ;o))

    clomani

    9 octobre 2011 at 13 h 06 min

  11. J’ai eu un grand nombre de chats dans ma vie et quasiment autant de disparitions inexpliquées et accidents, peu sont morts de vieillesse.
    Quand on est arrivé ici il y a dix ans, compte tenu de la rue très passagère à 40 mètres de la maison, il était hors de question d’avoir un chat. J’ai résisté aux voisins qui avaient des portées à placer, mais pas à la petite amie qui débarque avec un bébé chat pour faire plaisir à ma fille !
    Grisou était très affectueux et gentil, mon voisin m’a appelé un mercredi matin pour me dire qu’il l’avait trouvé devant chez lui, ma fille était chez sa grand-mère et je l’ai enterré dans le jardin.
    Le drame a été évité car je ne lui ai pas dit la vérité immédiatement, c’est moi tout seul qui me suis vidé de mes larmes.
    Plus tard on nous a refait le coup, c’était Laïka qui est encore avec nous, enfin du moins le matin et le soir pour la bouffe, puis Wackatt qui s’est incrustée depuis janvier, une sacrée pot de colle, et puis bientôt une vieille chatte alsacienne va débarquer aussi.
    Le plus flippant maintenant ça va être le déménagement. Pas facile de faire déménager un chat qui a passé sa vie dans la même maison.

    alainbu

    10 octobre 2011 at 7 h 38 min

  12. l’idée en fait c’est pas d’adopter 1 ou 100 chats (encore que ;-))), c’est avoir la conscience que ce qui nous entoure est fragile, comme nous. ça demande de l’amour et des soins, et de l’attention. ne pas choisir la cause, mais prendre celle qui vient, à bras-le-corps, pour faire mentir les méchants et les indifférents. j’aime vos commentaires, je les trouve beaux et respectueux.

    zozefine

    13 octobre 2011 at 18 h 44 min

  13. ps : je viens d’enterrer le 4ème chaton en 2 jours. il fait très froid, ici, surtout la nuit (8° il y a 2 nuit, 9° cette nuit), il a beaucoup plu, les mères sont épuisées même si je les nourris 3 fois par jour, et la maladie rôde. sans compter les chatons pas encore sevrés purement et simplement abandonnés par leurs mères, ils miaulent désespérément de faim, de froid, d’angoisse, et les mères se baladent pas loin : elles sont spartiates, les mères, spartiates. bon, il y en a une qui est pas spartiate, c’est celle qui en a fait 4 au printemps et 6 en septembre… ces 6-là, elle se donne du mal, mais ils sont tous malades. j’ai décidé de ne rien faire. rien. les laisser mourir, tout en leur bricolant un abri anti-vent et anti-pluie, et en apportant de la bouffe devant cet abri. avant-hier, la plus en forme, rien aux yeux, absolument ravissante (une très jolie petite tricolore très angora, un amour de chatonne) s’est posée devant la porte ouverte, et regardait dedans, avec curiosité. je me suis dit : pas de raison qu’elle je la « sauve » (même en pleine forme, elle était en danger; la « sauver » signifiait donc dedans, avec antibiotiques et bouffe spécial chatons) parce qu’elle est ravissante, et pas les autres. et je l’ai rapportée à l’abri. et puis hier, juste avant la pluie, j’ai un peu réaménagé leur abri, et tous ces chatons, les yeux purulents, faibles et titubants, j’ai pas supporté. elle, elle était là aussi, nettement moins en forme que la veille, toujours aussi jolie et les yeux impecs. j’ai sauté dans la bagnole, foncé à la pharmacie acheter du sinulox, et commencé les antibiotiques. la petite jolie en premier. et puis de nouveau les gouttes ce matin, mais elle manquait à l’appel. je l’ai retrouvée déjà toute raide, au fond de l’abri, c’est la seule qui est morte de cette petite famille si mal barrée, jusqu’à présent. je peux pas m’empêcher de penser qu’elle est venue chercher de l’aide, que je lui ai refusée pour pas faire de favoritisme, parce que trop jolie, parce que trop facile de la soigner elle et pas les autres.

    une autre petite chatte est mourante, je l’ai mise dans une petite boîte, dehors mais à l’ombre, sous un voile à cause des mouches, et j’ai déjà creusé sa tombe.

    je cherche pas du tout à faire pleurer dans les chaumières. je m’interroge, sur ces petites vies si courtes, si fragiles, si douloureuses trop souvent. sur la/ma capacité à avoir de l’empathie, à réagir, et les limites de cette empathie et de ces réactions. sur le chagrin, pur et dur. sur ces minuscules petits événements en regard du chaos ambiant, mais qui s’accumulent, et hantent. sur tout ce que j’aurais pu faire et que je n’ai pas fait, sur tout ce que j’ai fait et que je n’aurais pas dû faire.

    zozefine

    18 octobre 2011 at 13 h 11 min

  14. « sur tout ce que j’aurais pu faire et que je n’ai pas fait, sur tout ce que j’ai fait et que je n’aurais pas dû faire. »
    ***********************************

    Dans ce balancement entre faire et ne pas faire le plus important, Zoze, c’est que tu aies fait beaucoup, beaucoup, pour ces petites bêtes à l’abandon. Et que ça continue.
    Il y aurait encore beaucoup à faire ? bien sûr ! mais tu n’es pas Dieu Tout Puissant ! pourquoi d’autres que toi ne prendraient pas le relais ? à leur manière ?
    Ne laisse pas la culpabilité te miner le moral et les sangs !

    NB : à 12 ans, j’avais une tête ronde, coiffé en brosse. Mon 1er surnom au collège fut : « P’tit chat » !

    🙂

    julesansjim

    18 octobre 2011 at 15 h 23 min

  15. Zoze tu fais tout ton possible et même au-delà. C’est toujours une interrogation après-coup, ai-je bien fait ? pas assez trop, etc ….

    Tu as fait ce qu’il faut au moment où tu l’as fait. . Après tu te perds en conjectures. Je sais je connais, je fais la même chose ;-)) Tu es trop généreuse pour avoir des regrets.

    Le surnom de mon petit-fis est « monchat » donné par ses parents dès sa naissance.

    bysonne

    18 octobre 2011 at 21 h 26 min

  16. alors, on est nombreux à avoir été le chat ou la minette de quelqu’un ! les 5 chatons survivants survivent encore. je sinuloxe matin et soir, nettoie les yeux, m’obstine avant le vrai retour de l’automne-hiver… la récompense : c’est de les voir jouer un peu dans le soleil, une petite enfance, au moins quelques jours d’insouciance. une femelle est ENCEINTE, maintenant, nom de dieu, artémis, qu’est-ce que tu fous ? merci pour votre empathie, mes chéris.

    zozefine

    21 octobre 2011 at 9 h 15 min


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