LES VREGENS

Apprend-on vraiment à écrire ?

with 16 comments

Lorsque  l’on consulte une enquête sur les pratiques culturelles de nos concitoyens, ce qui saute aux yeux, ce sont les faibles pourcentages recueillis par les domaines concernant les usages de la langue écrite : lire (la presse et les livres en général) et écrire, hors de toute contrainte scolaire ou professionnelle. Les chiffres sont désespérément stables, voire en recul, même si l’arrivée du numérique semble redonner quelques raisons de tempérer notre pessimisme.

  » En matière de lecture d’imprimés, les deux principales

tendances à l’oeuvre depuis les années 1980 se

sont poursuivies au cours de la dernière décennie : la

lecture quotidienne de journaux (payants) a continué

à diminuer, de même que la quantité de livres lus en

dehors de toute contrainte scolaire ou professionnelle.

De ce fait, la proportion de non-lecteurs (en 2008) est plus

importante qu’elle ne l’était en 1997, sans toutefois

qu’on puisse en déduire avec certitude que les Français

lisent moins, compte tenu de l’arrivée au cours

de la même période de la presse gratuite et surtout de

la multiplication des actes de lecture sur écran… »(*)

***************

Sur 100 personnes de 15 ans et plus :                                                                                                                                                                                                                                                            

En 1997, 9 déclaraient tenir un journal intime ou noter des réflexions , en 2008 ils étaient 8.

6 déclaraient écrire des poèmes, des nouvelles, des romans, en 2008 ils étaient 6.

Aucune déclarait écrire un journal personnel sur ordinateur, en 2008 ils étaient 12.

Aucune déclarait avoir une activité graphique sur ordinateur, en 2008 ils étaient 8.

Aucune déclarait avoir créé un blog ou un site personnel, en 2008 ils étaient 7.(*)

************

Ainsi, l’application et l’énergie considérables mobilisées et mises en oeuvre par les éducateurs (enseignants, parents, animateurs, bénévoles associatifs…) durant la formation scolaire des jeunes dans le domaine du lire-écrire se dilueraient au point de quasiment disparaître ensuite chez la plupart d’entre eux, de leurs pratiques socioculturelles ? Qu’est-ce qui résiste donc ainsi, provoquant contournement ou détournement de ces usages de l’écrit répondant pourtant à des besoins divers : se distraire, se documenter, s’informer, communiquer, s’exprimer etc… ?

C’est une question qui me hante depuis longtemps. Concernant la lecture, le problème a été cerné il y a quelques décennies déjà, mais non résolu pour autant. L’Ecole, depuis toujours, ayant majoritairement opté pour une conception phonocentriste de l’apprentissage de la lecture, se concentre essentiellement par ses choix méthodologiques sur la maîtrise des compétences psycholinguistiques et cognitives qui permet à 95% des enfants de transformer n’importe quel message écrit en un message oral (ou oralisable) : il s’agit là de la mise en place du fameux ba-ba. Cette option a l’avantage de laisser croire que l’école remplit quasi parfaitement sa mission d’alphabétisation, l’un des nombreux inconvénients étant qu’elle masque une réalité qui apparaît cruellement à l’entrée au collège : une très forte proportion d’élèves de 6e (20% pour les plus optimistes, le double pour les plus pessimistes) ne comprend rien aux écrits que les professeurs leur proposent pour travailler ! Autrement dit, l’école primaire apprend à déchiffrer l’écrit mais pas à le comprendre. Or, lire c’est comprendre. Et plus les écrits se complexifient (le vocabulaire employé, la syntaxe, la longueur des phrases, les concepts et arguments etc…) plus ils se différencient de la simplicité relative des énoncés oraux de la conversation courante ; les écrits complexes deviennent alors illisibles pour la plupart des collégiens déchiffreurs, petits lecteurs habitués à oraliser des écrits simples en langage simple, comme seront inaudibles pour eux, à l’oral cette fois, les propos tenus par les conférenciers du Collège de France par exemple.

points de fixation de l'oeil qui lit

Dans un article paru en 1983 dans les colonnes du journal Libération et intitulé « L’inégalité au pied de la lettre », Jean Foucambert, chercheur à l’INRP, posait le problème en des termes aussi lucides que provocateurs :

« Quelqu’un songe-t-il encore à démocratiser les voyages en ins­tallant dans les quartiers déshérités des distributeurs de billets de diligence ? C’est pourtant ce que la France risque de connaî­tre dans sa lutte contre l’analphabétisme. Comme les autres pays industrialisés ; mais avec quelques années de retard. Les États-Unis, par exemple, y ont consacré des sommes considé­rables : le nombre des analphabètes (*) dépasse maintenant 20% ! Pourquoi ? Parce qu’il y a lecture et lecture…

Le vrai lecteur est bilingue

Celui qui déchiffre – le plus souvent en les prononçant – les mots d’une affiche, d’un mode d’emploi, d’une carte postale ou d’un programme télé ne regarde pas l’écrit de la même manière que celui qui plonge dans un roman, savoure un poème ou découvre, en quelques minutes, les nouvelles transmises dans les 300 000 mots de son quotidien. Le deuxième ne dispose pas d’une technique améliorée. Il fait autre chose.

Le premier utilise la caractéristique alphabétique de la lan­gue pour comprendre l’écrit grâce à l’oral qui lui corres­pond. Le deuxième traite l’écrit directement comme un langage pour l’oeil, comme un message conçu pour le re­gard. Non pour l’oreille… C’est la même différence qu’on observe entre celui qui « se débrouille » en anglais grâce à ses souvenirs scolaires et un bilingue. L’un part toujours du français et y revient ; il consume de l’énergie à traduire, au détriment de la communication ; l’autre pense et rêve directement dans la langue seconde. Sans passerelle…

Le premier aura recours à l’anglais dans des situations ex­ceptionnelles, proches de l’urgente nécessité, sinon de la survie ; le second préfère les films en version originale. Il faut moins de 500 heures pour que le premier « se dé­brouille », il faudra plus de 10 000 heures au bilingue. 500 heures de cours au premier, 10 000 heures de vie au se­cond. Ce n’est pas le même investissement ! Ni le même résultat ! D’autant moins que le deuxième ne coûte, en apparence, rien à la collectivité ! C’est une prime à la vie de famille. De certaines familles, avec nurse, parents bilin­gues ou voyageurs, cousins a l’étranger. 70% des Français ne sont pas lecteurs. Il en va de même pour la lecture… »

************************

Malheureusement, il est encore possible d’affirmer qu’aujourd’hui l’Ecole ne sait toujours pas former massivement de véritables lecteurs, c’est-à-dire des « bilingues » oral/écrit, aussi à l’aise dans un registre que dans l’autre, aussi efficaces dans l’un que dans l’autre. Pour une écrasante majorité (probablement encore des 2/3) l’activité de lecture est si coûteuse en énergie et en temps qu’on n’y a recours que contraint et forcé, autant dire le plus rarement possible. Il en sera encore longtemps ainsi tant que le corps social et les autorités politiques ne feront pas d’autres choix en matière de politique de lecture, publique et scolaire. Il en va de même, sans doute dans de plus amples proportions encore, pour l’écriture.

Concernant l’activité d’écriture il est fort probable qu’une partie du problème soit en germe dans l’activité de lecture. Car si lire n’est pas coder de l’écrit en oral, écrire n’est pas symétriquement non plus coder de l’oral en écrit. C’est bien plus que ça, bien autre chose que ça et c’est encore plus coûteux (sur le plan psycholinguistique et cognitif) que déchiffrer pour lire ! Dans un ouvrage exigeant, traduit tardivement en français « Pensée et langage », le psychologue russe Lev Vygotski dit du langage écrit que c’est « l’algèbre de la pensée ». C’est pourquoi, d’une certaine façon, il est soutenable de considérer qu’apprendre à écrire c’est réapprendre à penser. Dès lors que l’on accepte cette manière de voir l’on ne peut qu’être saisi par l’ampleur et la difficulté de la tâche des éducateurs ! A tel point que poser la question « Apprend-on vraiment à écrire ? » équivaut à se demander s’il est véritablement possible d’enseigner l’écriture.

 *************************

Encore jeune normalien, élève-maître en stage chez un instituteur formateur (on disait alors « maître d’application »), je m’étais passionné pour la technique du texte libre, l’un des outils pédagogiques emblématique (avec l’imprimerie et la correspondance scolaire) du grand Célestin Freinet.

Le moment le plus riche de la démarche me semblait être celui de la correction collective d’un texte choisi par la classe (après présentation et mise au vote). Car dans ce moment de mise en commun des savoirs, de partage des connaissances sur la langue, de critique de l’expression et du point de vue personnel de l’auteur, les élèves qui n’avaient pas proposé de textes, ceux qui n’en proposaient jamais, ceux qui n’osaient pas en produire… pouvaient tirer profit des remarques et corrections apportées au texte soumis au regard et à l’appréciation de tous, voire même contribuer eux-mêmes à l’amélioration du texte par leurs propres remarques et propositions correctives.

J’ai pratiqué le texte libre dans des classes de différents niveaux : au cours élémentaire 2e année (les enfants ont entre 8 et 9 ans), au cours moyen 1ère et 2e année (les enfants ont entre 10 et 12 ans). Nommé sur un cours préparatoire, je mis en place un cahier d’expression libre à partir du second trimestre de l’année scolaire (vers février/mars). Les élèves, suffisamment débrouillés en lecture, disposant d’un capital-mots stockés dans leur mémoire visuelle, ayant compris la mécanique alphabétique permettant de coder de l’écrit à partir d’un oral pensé intérieurement, se montraient capables de produire de courts textes constitués de quelques phrases, illustrés d’un dessin, d’une image, d’une carte postale ou d’une photo. Lorsque certaines productions devenaient conséquentes, ou en compilant celles jugées les plus intéressantes par le groupe, ce matériau écrit par les élèves eux-mêmes pouvait alors servir de support à la lecture pour l’ensemble de la classe, des classes voisines ou des correspondants scolaires.

Plus tard, alors enseignant dans l’école maternelle d’un quartier très populaire, je créais avec quelques collègues et des parents d’élèves une association ouverte aux adultes et jeunes du quartier ayant pour but de les aider à perfectionner leurs usages de la langue écrite grâce à la technologie informatique. Je découvrais alors, quasiment en même temps que les enfants et les adultes inscrits à ces modestes cours du soir, l’auxiliaire puissant et précieux que constitue un ordinateur, une imprimante et un scanner pour la production et la reproduction d’écrits.

La première réponse que j’ai donc pu concrètement apporter à la question de l’apprentissage de l’écriture fut celle-ci : si c’est en forgeant qu’on devient forgeron, alors ce doit donc être en écrivant que l’on devient… écrivaillon ! Et ceci quelque soit l’âge et l’expérience de l’apprenti.

 ************************

Mais aujourd’hui, n’étant plus en activité, je ne veux pas m’aventurer à décrire comment le système éducatif français s’y prend pour s’acquitter de cette mission fondamentale : apprendre à écrire aux élèves. Je ne peux que constater les plus que modestes résultats qu’affichent les évaluations de l’OCDE et autres enquêtes PISA sur ce plan. Pas de quoi être réconforté…

Je crains fort que l’Ecole, dans son ensemble, n’ait que peu évolué dans ses pratiques et ses choix pédagogiques.

Voici le témoignage d’un ancien psychologue scolaire qui s’exprime dans un commentaire sur un blog pédagogique que je fréquente régulièrement :

  » … Mon expérience professionnelle m’a fait découvrir que bien peu [d’enseignants] font vraiment écrire les élèves avant la sixième. Pour beaucoup de maîtres du primaire, écrire, c’est copier des résumés ou des extraits de lecture, recopier les énoncés, faire des exercices du type questions-réponses. La plupart des enfants entrant en 6e ignorent donc ce qu’est écrire. Et je me demande si ces maîtres eux-mêmes le savent !
Personnellement, pendant mon propre parcours scolaire, je ne crois pas avoir appris des règles d’écriture, à part l’interdiction des répétitions et du « je ».
Par contre, aujourd’hui, en écrivant, je découvre des idées que je n’avais pas avant d’écrire, qui me sont soufflées par les mots graphiés et lettrés. Il y a une collaboration par interaction entre ce qui s’écrit sous mes yeux et ce que je pense ensuite, par feed-back. Je lis en temps réel ce que j’écris. Mes idées d’écriture rebondissent à la lecture parce que ma pensée n’est pas du tout orale. La formulation linguistique de ma pensée n’est pas spontanée. C’est pourquoi, j’ai besoin de lire ce qui s’écrit au fur et à mesure. Sans la page sur laquelle s’affichent mes mots, je ne pourrais pas ordonner et agencer mes idées. Je ne pourrais pas dicter mon courrier à un secrétaire.
Je peux donc affirmer que, au commencement, je ne connais qu’une petite part de ce que j’écrirai quand le moteur écriture-pensée tournera. » (Laurent Carle)

En quelques lignes, Laurent esquisse ce que pourrait être, ce que devrait être le rôle de tout enseignant qui se préoccupe d’apprentissage ou d’enseignement de l’écriture : être un auxiliaire, une aide à la mise à l’écrit de la pensée, une sorte de miroir réfléchissant. Un maître en écriture comme il y a des maîtres en peinture dans les écoles du même nom !

Peu d’adultes le font ou sont en capacité de jouer ce rôle, hélas. Heureusement que depuis quelques années des logiciels sont venus à la rescousse !

Au cours des années 90, une longue recherche-action conduisit une équipe de chercheurs, d’enseignants et de militants pédagogiques à mettre au point un logiciel d’assistance à l’écriture à destination des collégiens et des lycéens. Son nom : Genèse du texte. Voici en quelques lignes la présentation de ses présupposés :

 « Avec la généralisation de l’informatique, l’usage du traitement de texte se développe, la production d’écrits à l’école se diversifie et s’effectue de plus en plus souvent sur ordinateur. En éditant le logiciel Genèse du texte, l’AFL donne aux enseignants et aux élèves le moyen d’accéder à « un observable qui va rendre possibles les échanges métalexiques par lesquels se fonde l’apprentissage lui-même. » (La genèse du texte. Jean Foucambert, Actes de Lecture n°37, mars 92, p.74).

Ce qui préoccupe alors, au-delà du mode de création des textes, c’est le développement du savoir écrire, la genèse d’un scripteur. À l’interrogation suscitée par l’examen des manuscrits des écrivains : quelles sont, pour l’écrivain, les conditions d’une entrée en écriture ? vient s’adjoindre celle des pédagogues : quelles sont, pour l’apprenti-scripteur, les conditions d’une entrée dans l’écrit ?« 

Malheureusement, et comme trop souvent, les acquis de cette recherche furent insuffisamment et mal diffusés dans les circuits de formation initiale et continue, le logiciel mal distribué ou mal implanté dans les établissements. L’impact pédagogique se limita à quelques terrains expérimentaux ou militants.

Depuis, d’autres logiciels ont vu le jour comme en témoigne  la conclusion d’un article de synthèse d’une évaluation  comparative de 4 logiciels d’assistance à l’écriture faite par les auteurs diffuseurs de l’un de ces logiciels :

« Les recherches menées dans le domaine de l’utilisation de l’ordinateur en classe sont multiples et variées et démontrent l’intérêt que les chercheurs ont toujours eu vis-à-vis de l’ordinateur dans l’école. Dans le champ de l’expression écrite, la présentation des trois logiciels GENESE DU TEXTE, LOGITEXTE et LA CONSOLE D’ECRITURE a permis d’une part de mettre en évidence les différents champs explorés par les scientifiques dans le domaine particulier de l’expression écrite et d’autre part de démarquer ces produits par rapport à AUTOEVAL. »

Ainsi, les choses et les êtres ne sont donc pas totalement inertes par rapport au sujet qui me préoccupe : il se passe des choses ! et je n’ignore pas la multitude d’offres en matière d’ateliers d’écriture que proposent nombre de municipalités et d’associations. Mais c’est encore bien peu, aux vues de la médiocrité persistante des résultats !

Je ne souhaite qu’une chose, au terme de ce texte si peu optimiste : qu’il provoque des commentaires à foison pour me donner tort et me démontrer que je me trompe !

*****************************

« Le développement du numérique et de l’internet

ont profondément transformé le paysage des pratiques

en amateur, en favorisant l’émergence de nouvelles

formes d’expression mais aussi de nouveaux modes

de diffusion des contenus culturels autoproduits dans

le cadre du temps libre. Les changements ont été particulièrement

spectaculaires dans le cas de la photographie

ou de la vidéo dont la pratique a presque

entièrement basculé dans le numérique en moins

d’une décennie. La diffusion des ordinateurs dans les

foyers a également renouvelé les manières de faire de

l’art en amateur dans les domaines de l’écriture, de la

musique ou des arts graphiques. Aussi n’est-il pas

simple de se livrer au jeu de la comparaison puisque

le regard porté sur les évolutions survenues depuis

1997 dépend pour une large part de la manière dont

les diverses activités d’autoproduction sur écran sont

appréhendées et regroupées (ou non) avec les pratiques

en amateur d’avant l’ordinateur … »(*)

(*) Les pratiques culturelles des français à l’ère numérique enquête 2008

Publicités

Written by Juléjim

14 octobre 2011 à 18 h 57 min

16 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Les habitudes de lecture changent. La radio, puis la télévision, puis l’informatique ont dynamité le rapport à l’écrit, mais ils ont aussi permis de démocratiser l’accès à la culture et à l’information — pour le meilleur et pour le pire. Que ne faisons-nous ici et sur les forums d’ASI ou d’ailleurs? Que ne font les djeunz sur leurs blogs et leurs chats LOLants?

    L’écrit ne s’est jamais aussi bien porté et pourtant aussi mal; désarticulé, vidé de sa substance, victime des «éléments de langage», réduit à sa plus simple expression, quelques sémantèmes reproduits et redondants. Non plus utilisé comme un moyen de réflexion, comme le dit ici Laurent Carle, mais comme une réaction au monde, codifiée et presque animale. Je dramatise à peine.

    Il reste des tenants du langage, je ne pense pas qu’ils soient majorité, si j’en juge par la teneur les derniers « best sellers » (je ne fais que montrer là mon bilinguisme) « littéraires », le niveau moyen des commentaires sur internet, l’éternel succès de TF1, sans compter la verve épuisante de nos politiques. Je ne parle même pas des djeunz sus-mentionnés: la plupart sont des sinistrés du système éducatif. J’ai eu la chance d’avoir des profs de français exceptionnels de même qu’un parcours atypique.

    En ce qui me concerne, ma jeunesse est constellée de bouquins dont j’ai des caisses, à 80% de la science-fiction, je lisais fréquemment 2 ou 3 livres par semaine. Néanmoins, le seul ouvrage papier que j’ai ouvert cette année (journaux, bédé, etc. compris) est les «Chroniques indispensables…» (mais on m’a forcé). En revanche, je lis non-professionnellement entre 1 et 2 heures par jour, que ce soit sur ASI et assimilés, ainsi que ce que vous écrivez (et, la vache, vous êtes salement prolixes). J’écris aux même endroits dans les longueurs qu’on connaît. Sans compter la lecture professionnelle, principalement en anglais, qui représente une part considérable de mon activité — documentation, information, formation et tout.

    Pour l’anecdote, pendant mes dernières (et lointaines) vacances, j’ai relu tout Arsène Lupin (j’avais envie)… mais sur iPad. Ce truc me permet, paradoxalement, de me remettre à lire, et je ne cherche pas pourquoi, j’en suis très heureux.

    Je ne pense pas être très optimiste, sur ce coup-là, mais tu demandais des commentaires ^^

    gemp

    14 octobre 2011 at 23 h 52 min

    • Bel effort gemp !

      😉

      Moi j’ai un truc pour tempérer mon pessimisme, c’est de croire aux vertus de l’autodidaxie. D’ailleurs le 1er outil, la 1ère conquête de l’autodidacte c’est justement le lire-écrire ! Combien de cancres, jugés comme tels par l’institution scolaire se sont avérés des gens exceptionnels, voire géniaux (cf Einstein) dans de multiples domaines, scientifiques, littéraires ou artistiques.
      En informatique aussi j’ai eu l’occasion de remarquer qu’il y avait beaucoup d’autodidactes. D’ailleurs cette technologie favorise l’auto-apprentissage.
      Non seulement l’Ecole, quand elle est trop normative et rébarbative, empêche d’apprendre mais elle bride la créativité et interdit toute originalité.
      Quelle misère…
      😦

      PS : ce com’ répond aussi quelque part à celui d’Alain B lorsqu’il évoque son frère à qui il a appris à lire très facilement grâce sans doute à la motivation du bonhomme.
      On ne peut pas empêcher quelqu’un d’apprendre lorsque le désir d’apprendre est là mais l’Ecole ne sait pas toujours comment allumer ce désir chez ceux qui semblent ne s’intéresser à rien. En fait, le plus souvent, ceux-là s’ennuient mortellement en classe. Alors il faut aller les chercher là où quelque chose vibre en eux.

      julesansjim

      15 octobre 2011 at 15 h 19 min

      • «Bel effort», ça veut dire que j’ai une bonne note? (je blaaague).

        J’ai décrit ailleurs mon aventure dans l’éducation, les excellents professeurs que j’ai pu avoir de même que les exécrables, certaines digressions créatives que j’ai pu opposer au système avec plus ou moins de succès, la chance que j’estime avoir eue que mes parents m’aient glissé quelques années dans une école Decroly, même s’ils ont eu « peur », peut-être, et m’aient réintégré, quoique tardivement, dans le circuit collégien traditionnel, pour soit-disant me fournir toutes les chances d’avoir mon Bac — pour ce que ce diplôme m’a servi. Les raisons à tout ça sont bien évidemment plus complexes, je résume.

        Parce que je n’ai effectivement, d’après mon souvenir, strictement rien foutu à Decroly. Ça n’a été que de courtes années de dilettante. Enfin, je me suis juste intéressé aux maths, à l’anglais, ça m’a éveillé à la culture, j’y ai pratiqué nombre de travaux manuels voire artistiques, de la physique-chimie pratique, j’en passe. Ça m’a fait me poser des interrogations, diverses et inutiles (comme toutes les interrogations, n’est-il pas). J’y ai fait mon apprentissage du rapport à l’autre, non pas dans l’adversité ou la compétition vu que je n’ai pas souvenir d’une quelconque notation, mais dans la camaraderie et l’entraide (autant que les gamins que nous étions le pouvaient). J’y ai fumé mes première clopes, en dessous du bâtiment préfabriqué de l’administration.

        J’ai aussi des parents assez formidables qui n’ont pas seulement été des répétiteurs mais des agitateurs, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Même si c’est mon boulot aujourd’hui de leur montrer qu’ils n’ont peut-être pas tout vrai et qu’il y a matière à voir les choses autrement. Et j’ai la surprise de constater que ces mêmes géniteurs, qui ont subi mes diverses crises de croissance, l’adolescence ayant probablement été la plus difficile, sont capables d’écoute et de changement, d’apprendre, encore.

        Je ne dis pas ça parce que ma mère a passé son bac à 50 ou 60 ans pour entrer à l’université, afin apprendre successivement le bengali, le grec ancien et aujourd’hui le sanskrit. Ni l’incroyable culture de mon père et sa faculté d’observation au point qu’il m’apprend des choses qui se passent dans ma rue et mon quartier alors qu’il y vient si peu souvent. Je parle d’une ouverture d’esprit qui sollicite le dialogue et la réflexion. Et que cela passe par le langage, la capacité d’interroger les écrits et de formuler une pensée ne me semble qu’une évidence. On peut confronter nos visions du monde, et la leur comme la mienne peut changer.

        J’ai eu énormément de chance. Je ne suis peut-être aujourd’hui qu’un douchebag (je fais encore preuve de mon bilinguisme, ça me fera peut-être un point supplémentaire), mais je présume avoir la capacité de me remettre en question. Et de, parfois, la valider par des faits. Si je m’en réfère à quelques trucs qui ont été envoyés ici ou ailleurs, notamment Frank Lepage, Philippe Meirieu (incorrectement orthographié sur la page de Télérama http://www.telerama.fr/idees/le-theatre-des-idees-4-7-peut-on-reinventer-l-ecole,70997.php) ou L’Encerclement, l’éducation « traditionnelle » n’est pas là pour promouvoir ce genre de chose.

        L’autodidaxie (est-ce le bon mot?) n’est possible que par l’ouverture de portes dans le courant de l’éducation ordinaire, tant académique que simplement sociale, ou consécutive à une pression phénoménale issue d’une nécessité impérieuse. Il est incommensurable de concevoir les choses qui dépassent notre entendement, qui sont au-delà de l’horizon de nos connaissances. Comme la démocratie pour des serfs, un véritable socialisme au sein du capitalisme, la possibilité d’accéder à la culture quand t’es un rebeu-nique-ta-mère. L’éventualité qu’on peut changer le monde, comme l’a fait (j’allais dire Steve Jobs, mais ça va encore faire des histoires) Galilée, Pythagore, et tant d’autres. Mais les génies ne sont-ils pas tous autodidactes? Ils ont découvert, voire inventé, quelque chose qui n’était pas conçu, voire qui n’existait pas.

        L’Éducation Nationale (je mets des majuscules par ironie) est globalement merdique, sauf quelques profs qui se cassent le cul. Et j’en ai connu, j’ai eu de la chance, beaucoup. Celle aussi d’avoir des parents plus qu’impliqués — ma mère a fait partie d’associations de parents d’élèves avant de baisser les bras. Il y a des révoltés, dans l’Éducation Nationale, ce n’est pas ceux qui prennent 3 mois de vacances en été. J’ai travaillé avec ma prof de français et Ariane Mnouchkine ainsi que Jean-Claude Penchenat en juillet 1980 sur la création « Le Bal » (adapté ensuite par Ettore Scola au cinéma, dont on s’en fout, je me suis endormi pendant le film).

        Je pourrais vous recoller un grosse citation du doc l’Encerclement, je l’ai mise ailleurs. Juste un petit bout: « Alors aujourd’hui, sous prétexte que ce n’est pas employable, que le marché n’en veut pas, eh bien on forme plus de poètes, on ne forme plus de gens en littérature, en mathématiques pures, de physique théorique. On ne forme que ce que veut l’industrie, l’entreprise financière veut pour alimenter la machine à multiplier l’argent ». L’Éducation ne devrait être (et la majuscule est majestative, là) que l’ouverture de portes, que la révélation de potentiels. On est TOUS des autodidactes, parce que si tu ne veux pas apprendre, personne ne pourra jamais te forcer. Il faut simplement qu’on nous en donne l’envie.

        gemp

        16 octobre 2011 at 2 h 40 min

  2. Ah, et je suis un lecteur fidèle de La Feuille: http://lafeuille.blog.lemonde.fr/ qui offre souvent des pistes intéressantes sur la modernité de l’écrit de de la lecture.

    gemp

    15 octobre 2011 at 2 h 43 min

  3. Argh.. Pas simple à commenter, ça, tu m’as coupé le sifflet, et tu sais comme c’est exceptionnel…

    A mon avis, l’apprentissage de l’écriture (ou de la réflexion) ne relève pas de la « responsabilité » des seuls enseignants, aussi bons soient-ils, ni même de l’école, qui n’est qu’un des éléments du « système » … Passer huit heures par jour quatre jours par semaine pour apprendre à écrire (c’est à dire à retranscrire sa pensée, à réfléchir) ne me paraît pas suffisant.

    C’est aussi à mon sens, une question de milieu, favorable ou non : famille, rencontres, circonstances de la vie, favorables ou non. Toujours la bonne vieille séparation de notre monde en « classes sociales ». Il est toujours aussi évident (et regrettable évidemment) qu’un fils d’ouvrier écrira moins « bien » qu’un fils de bourgeois. C’est simple, dès le début, ils n’ont pas les mêmes « armes ».

    L’enseignant peut donner des « techniques », des « outils », encore faut-il que l’enfant ait l’opportunité de s’en servir, le « terrain propice », et surtout, l’envie. Ça, ça pourrait être une piste : donner envie.

    Mais aujourd’hui, la Princesse de Clèves, c’est « prise de tête », gagner des millions en gagnant au loto, en étant DJ ou trader, « ça le fait »… C’est l’offensive libérale sur « le temps de cerveau disponible » dès le plus jeune âge, combinée au bourrage de crâne sur ce qui est « utile » ou au contraire « ringard » … Combinée à la suppression de certaines matières : l’histoire, notamment. Ou la philo. Comment expliquer le monde où nous vivons si nous ne savons pas d’où nous venons ? Comment comprendre l’évolution du monde, où tout va de plus en plus vite (le mouvement perpétuel) si on ne peut pas s’arrêter deux minutes pour y penser ?

    Gavroche

    15 octobre 2011 at 9 h 21 min

    • « A mon avis, l’apprentissage de l’écriture (ou de la réflexion) ne relève pas de la « responsabilité » des seuls enseignants, aussi bons soient-ils, ni même de l’école, qui n’est qu’un des éléments du « système » « …
      ***************************************
      C’est tellement vrai ce que tu dis là et si difficile à faire accepter par le corps social dans son entier. Le consensus c’est de confier le tout à l’école, à l’image de ces parents surbookés qui déposent leur minot de 3 ans comme un paquet pour ne le reprendre qu’en dernière limite à la garderie du soir… à la bourre, toujours.
      Dans les années 80, nous avons tenté, avec quelques autres enseignants allumés dans mon genre, d’introduire dans le débat sur l’école l’idée d’une « déscolarisation des apprentissages », notamment la lecture. Il s’agissait de faire prendre conscience aux parents comme à leurs enfants qu’apprendre uniquement pour des raisons scolaires n’est pas un gage de qualité pour les apprentissages que l’on construit. De plus, il y a mieux comme façon de se motiver pour apprendre.
      Je ne te dis pas comment on s’est fait rentrer dedans par l’establishement institutionnel et beaucoup de nos collègues aussi, qui ne nous suivaient pas sur cette piste jugée iconoclaste.
      D’ailleurs les critiques encore fréquentes aujourd’hui de ce qui s’inspire de la pédagogie du projet s’inspirent de cette même conception : c’est à l’école qu’on apprend point barre ! le « reste » (qui fait pourtant la différence) ça doit être du supplément d’âme et/ou de l’héritage culturel. Je suppose.

      julesansjim

      15 octobre 2011 at 12 h 14 min

      • Perso c’est moi qui ai appris à lire à mon frangin, de 4 ans mon cadet. La maitresse intriguée lui avait donné le journal pour vérifier, il l’a lu quasi parfaitement à cinq ans en GS.
        Je ne l’avais pas fait exprès, il s’intéressait à tout ce que je faisais, ça c’est fait comme ça.
        Quand j’ai voulu le faire cette fois volontairement avec ma fille, ben j’y suis pas arrivé, pas grave, elle a eu des instits supers et dès l’entrée au CP c’était bon.
        Elle a toujours eu des livres entre les mains, l’un de ses tous premiers cadeaux a été un livre en tissu avec des dessins.
        Elle lit tout ce qui lui passe sous la main, et est incapable de s’endormir sans avoir lu au moins une page.
        Depuis peu elle a un journal, mais je ne suis pas censé le savoir, je l’ai aperçu de loin.

        alainbu

        15 octobre 2011 at 12 h 56 min

      • Mes enfants ont eu une instit de petite section de maternelle qui lisait à haute voix en classe les mots pour les parents, et avait demandé aux parents de faire de même à la maison. L’idée était de titiller la curiosité des petits devant ce quasi-tour de magie: instit et parents s’étaient communiqué qq chose sans se rencontrer!

        A mon avis, ce genre de petits trucs contribue à l’envie, et en effet, une fois qu’il y a l’envie…

        florence

        15 octobre 2011 at 16 h 07 min

  4. Oui Flo, on appelle ça « finaliser un apprentissage » il me semble.

    Je crois vraiment qu’il n’y a rien de pire quand un enfant n’a compris que ça de son « métier » d’élève : que la seule bonne raison d’apprendre c’est parce qu’on est à l’école, qu’il y a les notes, la maîtresse et ses préférés, les bons points ou les images. Toute cette comédie du scolaire qui n’est que folklore et artifice. Les vrais bons élèves eux, ceux qui apprennent « pour de bon » savent très bien et très vite faire la part des choses.

    C’est pourquoi, je crois, il est vain de demander à un mauvais élève d’imiter le bon élève, en ayant de meilleures notes ; il faut avant tout l’aider à trouver en lui et autour de lui les bonnes raisons d’apprendre vraiment. Pour qu’il trouve cette fameuse envie, ce désir d’apprendre. Quand on obtient ça c’est gagné.

    julesansjim

    15 octobre 2011 at 18 h 39 min

  5. @ gemp pour son com’ du 16/10 :

    Et bien gemp, mon petit ;-), ton texte libre m’inspire au minimum 2 réflexions :

    – d’abord je constate que mon billet sur l’écriture et le rôle de l’école t’ont inspiré et j’en suis très heureux ! car ça enrichit considérablement la réflexion que je souhaitais initier.

    – ensuite, la plupart des éléments de ton témoignage me renforce dans mes convictions. Il est vrai que tu as eu bien de la chance, tout le monde ne peut pas en dire autant. Mais dans les cas extrêmes il serait tellement beau que l’Ecole compense lorsqu’on n’a pas eu la chance d’avoir des parents « à la hauteur de la tâche… »

    C’est un peu ce miracle-là que raconte le livre de Barbiana.

    ps : ne me demande pas de le scanner, je ne l’ai plus ! il est entre les mains de Gavroche. fais lui les yeux doux, ça peut marcher, on ne sait jamais.

    😉

    julesansjim

    16 octobre 2011 at 14 h 12 min

    • Ohhhh, on se défile ! M’en fous, je l’ai trouvé en anglais et collé direct sur mon iPad: http://www.swaraj.org/shikshantar/LTAT_Final.pdf
      Amusant que quand on le recherche en français, on tombe direct sur Meirieu.

      gemp

      16 octobre 2011 at 14 h 37 min

      • Ah Meirieu… Il avait écrit quelque chose sur Mediapart où il évoquait l’esprit de Barbiana en effet.Ceux qui veulent être désagréables avec lui l’appellent « le pape de la pédagogie » et même si c’est moins vrai aujourd’hui, il fut un temps où il semblait en effet omniscient et omniprésent. Ça peut agacer. 🙂
        N’empêche, si tu as eu la curiosité de visiter son site tu auras vu que c’est une caverne d’Ali Baba qui serait conservateur des archives de l’éducation nationale !
        J’y vais moins souvent mais ça reste l’un de mes sites-ressources préférés :

        http://www.meirieu.com/

        **********************
        « je l’ai trouvé en anglais »
        Super ! j’en connais « une » qui va être ravie : elle ne parle « pédagogie » que dans la langue de Shakespeare !

        😉

        julesansjim

        16 octobre 2011 at 18 h 16 min

  6. @julesquidevraitretrouverjimquandmême 18:06
    Bon, déjà tu me proposais de faire les yeux doux à Gavroche, une éventualité qui me semble sensiblement plus dangereuse que d’essayer de piquer sa côtelette à une lionne affamée, et maintenant, je ravirais une inconnue qui se délecte du verbe anglo-saxon. A croire que tu cherches insidieusement à me caser… ^^
    Je n’ai pas de problème avec l’anglais (quoique j’ai quand même regardé dans mon Harrap’s un ou deux mots pour le coup) et je comprends qu’on l’apprécie pour ce qu’il est: une langue d’action, là où le français est plus une langue de nuances, approprié à la diplomatie, voire même l’italien une langue passionnelle très prône à déclarer l’amour avec emphase et gestuelle. Stéréotypes que tout ça — mais pas tant.
    Ayant lu un bon tiers de Letter to a Teacher, ça a fait monter assez irrésistiblement deux envies en moi: 1° connaître l’italien pour lire ce texte comme il a été écrit, je pense que l’anglais ne lui rend pas justice, pour le coup et, plus étonnant 2° avoir un enfant, pour pouvoir répondre à ce manifeste par des actes et non des théories et des palabres.
    Ça m’a surpris moi-même, mais l’émotion qui s’en dégage — même traduite — est palpable et j’y suis sensible, de même qu’à l’humour qui m’a souvent fait plus que sourire. Paradoxalement, j’ai écouté l’entretien Gauchet-Meirieu qui, s’il avait le mérite de soulever des points intéressants, est d’un ennui apocalyptique avec un nombre de redondances abyssal, comparé à la fraîcheur du livre et son (apparente) simplicité. Ce n’est vraiment pas des orateurs, ces deux-là.
    Merci, en tout cas.

    gemp

    16 octobre 2011 at 21 h 52 min

  7. Mon pseudo originel (celui que j’utilise sur @si) c’est effectivement Juléjim. Mais ici à l’inscription le « é » ne passait pas alors j’ai fait « sans ». Et puis les filles adorent m’appeler Jules (mon Jules par ci, mon Jules par là…) alors je (me) laisse faire. Tu comprends ça.
    😉

    Moi l’entretien Meirieu/Gauchet je l’ai lu, je ne l’ai pas écouté. C’est vrai que c’est pas des nerveux ces deux-là. En même temps ce sont des intellectuels qui pensent et je comprends/préfère qu’ils prennent tout leur temps pour ça.
    Je n’aurai pas eu l’idée de comparer le discours des anciens élèves de Barbiana à celui d’un Meirieu ou d’un Gauchet. Mais bon, pourquoi pas ?

    julesansjim

    17 octobre 2011 at 17 h 08 min


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :