LES VREGENS

De Syros à Syros, en passant par ailleurs, par autrement et par autre chose, par elles et par eux.

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1 – 1er septembre, de Syros à Lavrio.

Je viens d’acheter ma Ford Focus, je ne l’ai pas encore « en main », j’ai des plaques athéniennes, ce qui constitue en Grèce une sorte d’appel à l’incivilité, au minimum. Bref, je stresse grave à l’idée de débarquer au Pirée, qui est un homme, sisi, mais fou, chaotique et pied au plancher.

Donc Lavrio, plus au sud, plus de route, mais plus pépère, pour mon premier  vrai déplacement.

Gyaros, entre Kéa (ou Zia) et Syros a été une île de relégation et d’emprisonnement des opposants à la junte militaire. Encore actuellement, cette île n’est sur la route d’aucun ferry.

Grosse étape (à peu près 600 kms) jusqu’au nord de la Grèce, jusqu’à Polykastro, dernière ville de quelque importance avant la Macédoine.

FYROM, c’est la Macédoine, pour les grecs, au mieux. Sinon, ça s’appelle Skopja. On devrait peut-être leur apprendre, à tous, qu’Alexandre en fait était corse…

C’est la première fois que je passe par Lavrio. Un (dé)conseil : à exclure totalement si on est piéton et chargé de bagages, et qu’on débarque à midi sous un soleil de plomb : il faut faire des kilomètres à pied pour atteindre la station des bus, et aucun taxi au quai de débarquement. C’est dingue, c’est comme ça, c’est grec.

J’étais presque seule sur l’Aqua Jewel, le temps était suave, les îles nombreuses, la voiture dans la soute, je me sentais gonflée à bloc, comme un élastique enfin lâché. Libre. En route, en déplacement. Avec moi, ma petite valise avec le nécessaire pour dormir, lire, faire du café, mais inutile, je n’ai fait que regarder la mer, le ciel, les îles, le bateau et les quelques passagers, béate. Hilare.

Et voici quelques images du début de ce périple :

Le ferry vers ailleurs autrement autre chose…

Ermoupoli, avec à gauche la partie « vénitienne » au-dessus de la mer.

Le pont supérieur pour moi toute seule… (au début)

Quelques pieds au pont inférieur…

Au milieu de nulle part, sur la côte nord-est de Syros.

Le bonheur pur, sur une mer d’huile. Il faisait chaud, incroyablement doux, et je partais.

J’aime voyager sur ces vieux ferries, c’est probablement ce qui me manquera le plus lorsque je quitterai l’île.

Voilà ce que je veux fuir. Et lorsque qu’on arrive à Syros, c’est la première chose qu’on voit, et je me dis mais mais mais je suis dingue, au secours, ramenez-moi à la maison (sous entendu : où il y a des arbres, de la terre, des ombres…).

Je ne ressens que de l’angoisse devant ce désert.

Des couleurs.

Encore des couleurs.

Des paysages, avec un peu de vert.

C’est même verdoyant, sisi !

Un phare, pour d’austères retraites.

Sait-elle à quel point son rouge chante bien avec le bleu et le blanc ?

Phénomène rarissime en Grèce : un cimetière bien visible, et juste au-dessus de la mer. Kithnos, me semble-t-il. Ou Kéa ?

Un village moderne (Kéa ? Kithnos ?) typique d’un bord de mer sur les îles. On a la même chose ici, à Galissas, Poseidonia, Kini, etc. Des maisons, des bagnoles, des tamaris, des gens qui se baignent, et sûrement plein d’ouzeria et de tavernes. Il faut chercher beaucoup (et je ne suis même pas sûre qu’on en trouve encore) pour boire un pot dans un « vrai » village de pêcheurs, comme on les a connus il y a 20, 30, 40, et plus, ans… Au centre, non non ce n’est pas un minaret, mais une tour où on fabriquait des plombs. Ne me demandez rien là-dessus, on a la même ici à Syros (bien plus belle), on m’a expliqué le quoi du qu’est-ce et du comment et pourquoi, mais en grec, et je n’ai rien compris.

Une étrange construction, peut-être une église… Probablement, si j’en crois la pinède qui va avec.

Et puis voilà. On s’est approchés de Lavrio, on m’a envoyée attendre dans la soute, avec quelques autres automobilistes, dans l’atmosphère asphyxiante des fonds de cale, le débarquement s’est fait très vite, rien à photographier, moche, glauque, vite fuyons vers le nord… Comme j’ai fait ce voyage sans carte, je me suis évidemment perdue dans les méandres des bretelles autoroutières, un peu paniquée à l’idée de me retrouver malgré tout à Athènes, et puis non, j’ai enfin trouvé la première indication utile, Lamia, ça, je me souvenais que c’était sur mon chemin pour le nord et la Macédoine (mais chuuuuttt, pas dire « Macédoine » – je garde ça pour le prochain épisode Lavrio – Polykastro…)

Elle a fait ça très, très longtemps… Mais sans aucun doute, cela partait d’un bon sentiment.

Le doudou des adultes… et des autres. Il n’a rien regardé, lui, par contre.

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Written by zozefine

20 octobre 2011 à 22 h 46 min

Publié dans Non classé

8 Réponses

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  1. Très chouette, merci pour le voyage. Contourné Athènes et ses manifs alors ?

    MHPA (@hammerandropov)

    21 octobre 2011 at 9 h 08 min

    • c’était en septembre… mais effectivement, faire le même voyage en cette période, ce serait impossible ! quand on parle de grève générale, c’est vraiment générale ! de pauvres touristes piégés par cela sur l’île sont en train de faire contre mauvaise fortune bon coeur : au moins il fait beau, même si froid.
      et bienvenu(e) MHPA.

      zozefine

      21 octobre 2011 at 9 h 20 min

    • Bienvenue chez nous Mike !

      superpowwow

      21 octobre 2011 at 14 h 00 min

  2. un petit addendum, qui n’était pas prêt hier soir : 2 petites vidéos, quelques images de gens sur le ferry…
    comme je n’arrive pas à les mettre sur ce commentaire (je suis assez nulle côté tèchenike) je les mets en fin de texte, au-dessus

    zozefine

    21 octobre 2011 at 13 h 39 min

    • Merci pour le récit de ce périple Cigale, j’attends la suite! Mais je vois pas tes vidéos…

      superpowwow

      21 octobre 2011 at 14 h 00 min

      • ça y est. ce fut très, mais très laborieux, c’est plus compliqué avec DM que YT… et comme j’ai dit, je suis assez nulle (bien que très têtue).

        zozefine

        21 octobre 2011 at 14 h 12 min

  3. ah génial, vivement la suite, merci Zozinette 😉
    (oui les vids avec dailymachin c’est chiant)

    alainbu

    21 octobre 2011 at 19 h 01 min

  4. Bon sang, mais je n’avais donc pas rêvé : tu avais effectivement bien fait une suite à ton préambule de voyage Syros-Syros ! Ca m’est revenu alors que j’étais en balade sur mon chemin côtier (que j’ai l’intention de vous raconter un de ces quatre)…
    Rigolo, tes vidéos…
    Et bien desséchées, ces îles… Bien belle, cette eau bleue… et ces couleurs vives…
    Mais je préfère mon océan changeant ;o).
    Lamia ? C’est en effet la route que nous avons prise au sortir de l’aéroport chaque fois que je suis allée avec mon pote Jean-Mimi rejoindre son copain à Neo-Pori… (sur la ligne de train qui relie Athènes à Thessalonique).

    clomani

    22 octobre 2011 at 17 h 42 min


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