LES VREGENS

Le visage de la mort

with 3 comments

une danse macabre

Voilà ce que j’ai tout de suite pensé voir hier, devant les images de Kadhafi maintenu à peu près debout devant un véhicule, encore un peu vivant.

Je connais mal la situation libyenne, là n’est pas la question : procès ou pas, exécution sommaire ou légale, mise en scène préparée ou lynchage spontané, d’autres en débattront. Je m’interroge juste sur ce besoin de montrer et de regarder les chefs déchus mis à mort.

Ce n’est pas l’échafaud de Louis XVI en place publique, ni la dépouille christique du Che allongé. Ces images là étaient nettes et sans son.

comme au théâtre

C’est un homme devenu viande, c’est l’expression « croc de boucher » réalisée.

Mon premier souvenir de ce genre, c’est l’exécution de Ceaucescu. Puis Sadam Hussein sortant de son trou, puis hier Kadhafi de son égout. Ce sont des scènes où on parle des langues que je ne comprends pas, ce qui renforce la confusion des images.

Le protagoniste est mal rasé, souvent enroué : tout cela met en évidence qu’il est un corps, pas un portrait officiel. Un corps encore vivant mais déjà sur le seuil, d’où il voit l’autre côté. Et déjà, ainsi, il s’échappe, car ensuite, malgré le soleil et l’agitation, les piétinements alentour et les rediffusions sur les écrans, il n’y a plus personne, tout n’est que silence.

...

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Written by florence

21 octobre 2011 à 20 h 39 min

3 Réponses

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  1. La violence appelle la violence, on le sait, depuis la nuit des temps c’est comme ça, et René Girard ne dit pas autre chose lorsqu’il écrit ce livre savant « La violence et le sacré » ou quand il interroge la figure et la fonction du bouc-émissaire.
    La technologie numérique, que ce soit le téléphone G ou l’ordinateur portable qui font de n’importe qui « a connected people », ne facilite pas seulement la communication interplanétaire, elle amplifie aussi nos pulsions les moins nobles, à commencer par le voyeurisme.

    😦

    julesansjim

    21 octobre 2011 at 21 h 03 min

  2. beau, beau florence ! agamemnon et les atrides, de quoi remplir des pages entières de boucs expiatoires, offerts à l’avidité voyeuse des spectateurs, théâtre, ma chère, théâtre pur ! bouc expiatoire pour nous, et lynchage à la hauteur de la haine et de la crainte qu’inspirait le bonhomme. je pense à toutes ces images de kadhafi en boubou doré, multicolore, délirant, ubu fabuleux, mais aussi pas con et assez visionnaire – même si fou comme un lièvre. dictateur comme beaucoup d’autres.
    mussolini suspendu à un crochet :
    le crochet à boucher
    quelque chose de très triste, difficile de pas avoir en même temps que le soulagement une certaine compassion

    zozefine

    21 octobre 2011 at 21 h 44 min

  3. Merci, Flo. Ton post m’a apaisée après une nuit d’insomnie. ;o)) (et l’insomnie passée avec Jimi Hendrix … )

    clomani

    22 octobre 2011 at 9 h 51 min


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