LES VREGENS

To be or not ?

with 8 comments

Jusqu’à l’âge de 37 ans je n’ai pas voulu d’enfant. Une femme, des femmes, oui, mais sans enfants. Les enfants de mes proches, de mes amis, oui. Et les nombreux petits élèves que j’ai accompagnés sur le chemin de l’école, oui, mille fois oui ! Mais avoir un, ou des enfants de moi, non !

Entre 25 et 37 ans, soit entre 1974 et 1986, je ne considérais pas que le monde environnant était suffisamment accueillant pour que j’y balance une petite créature supplémentaire sans défenses, entièrement dépendante de mes capacités (et de celles de sa mère) à la protéger et à l’élever en lui procurant toutes les garanties d’un avenir radieux.

Je doutais et dans le doute je me suis longtemps abstenu. Par peur, par égocentrisme, par manque de maturité ?

C’est durant cette période qu’est né…  le poème ci-après.

 

 

 

 

*********************

 

Aujourd’hui, le taux de natalité des français est relativement élevé, malgré la crise économique et les inquiétudes de toute nature que le contexte social ne manque pas d’alimenter. Parfois, le père de trois grands enfants que je suis devenu se dit : » Si tu avais 25 ans aujourd’hui, aurais-tu la mœlle pour être parent, ou pas ? »

 

*************

Liquides inflammables

 

 

 

Une page blanche

Qui se couvre de signes

Ecrits

Un soleil malade

Que cache les nuages

La pluie

Et les mots ruissellent

En battant de l’aile

Comme un oiseau blessé

D’une fusillade

Le temps les efface

Interdit d’afficher

Une foule en marche

Qui s’agite et se fâche

Rougie

Casques et matraques

Délimitent le parc

Nazis

Et les coups qui grêlent

Sur les têtes rebelles

Répondent aux sifflets

Un chapelet de grenades

Eclate en marmelade

Interdit d’avancer

Une âme innocente

Bras tendus vers la vie

Petit

Présence coupable

Cache-toi sous la table

Les cris

Et les larmes coulent

Brûlant les paupières

A peine éveillées

Une mascarade

Histoire sans paroles

Interdit d’exister.

********

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Written by Juléjim

29 novembre 2011 à 17 h 36 min

8 Réponses

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  1. Mon frère (ben oui) a pensé longtemps comme toi, jusqu’à 32 ans, il y a douze ans donc et il a aussi 3 mômes aujourd’hui.
    Par association d’idée ton poème m’a fait penser à cette chanson http://www.youtube.com/watch?v=vxB7dFHUX-0
    (du coup je réécoute du Triangle)

    alainbu

    29 novembre 2011 at 18 h 36 min

    • Ah… »Peut-être demain » c’était dans le programme du groupe version longue, c’est-à-dire version bal du samedi soir ou du dimanche après-midi.

      La cloche de l’intro et le solo de gratte, je l’ai encore dans l’oreille…

      Merci frangin !

      😉

      julesansjim

      29 novembre 2011 at 21 h 03 min

  2. Enceinte en 71 à 22 ans, au moment du manifeste des « 343 Salopes », j’ai décidé de me faire avorter en Suisse. C’est encore un geste que je trouve d’une sagesse incroyable, 40 ans plus tard.
    Jamais regretté ce geste, bien au contraire. C’est un bon souvenir. J’aurais été une mauvaise mère.
    Eu quelques velléités d’en faire un, seule, après… qui se sont envolées dès qu’on m’a dit « si tu crois qu’un enfant, ça n’est pas comme un homme, ça ne part pas, tu es dans l’erreur », j’ai compris que je n’étais pas faite pour ça.
    J’écrivais des poèmes… pas le même genre… sais plus où je les ai mis.
    ;o))

    clomani

    29 novembre 2011 at 18 h 42 min

    • C’est vrai que les mecs ont le beau rôle dans cette histoire. Quoique certaines femmes sont prêtes à toutes les folies parfois pour garder un mec, y compris prendre le risque de se retrouver femme seule avec enfant. Et démerde-toi !
      Pauvres types…

      julesansjim

      29 novembre 2011 at 21 h 07 min

  3. Si la vie n’en avait pas décidé autrement, j’aurais aimé avoir plein d’enfants… Une grande maison à la campagne, une grande cuisine où faire des gâteaux et des confitures, une famille nombreuse, et les pieds dans la terre…

    Je n’ai jamais eu l’ambition de « réussir » comme on l’entend aujourd’hui…

    Bah… Je vis à la campagne, entourée d’enfants à quatre pattes… :-))
    A peu près comme je l’ai toujours rêvé…

    Gavroche

    29 novembre 2011 at 18 h 50 min

  4. Ma petite mère a eu 5 enfants. Ça veut dire femme à la maison. Jeune, elle voulait être institutrice ; sa mère lui a dit : « T’es une fille, tu seras couturière,comme moi ! ».
    A 18 ans, elle rencontrait mon père ; à 20 ans, un 1er enfant, 18 mois plus tard un 2e. Puis un 3e… et le dernier à 35 ans.

    Aujourd’hui, à 82 ans, elle n’a plus qu’un enfant à s’occuper : mon père , il a 88 ans.

    C’est cool hein ?

    julesansjim

    29 novembre 2011 at 21 h 13 min

  5. Il y a toujours d’excellentes raison d’avoir un enfant à un moment donné… comme de ne pas en avoir. C’est un des rares trucs pour lesquels je crois qu’il faut se lancer (ou pas) à l’instinct.

    florence

    5 décembre 2011 at 8 h 37 min

    • Si tu veux dire par là qu’il y a sans doute autant de bonnes raisons que de mauvaises de désirer avoir ou non un enfant, je suis d’accord. Je ne milite pour aucune cause dans ce domaine, je serais d’ailleurs bien mal placé pour ça : trentenaire, je n’en voulais pas et à 41 ans je me suis retrouvé père d’une famille de trois enfants !

      🙂

      julesansjim

      5 décembre 2011 at 21 h 36 min


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