LES VREGENS

Un moment de vie

with 9 comments

Hier, revenant de la « ville » en voiture, sur une petite route de campagne, je bayais un peu aux corneilles, admirant le paysage. J’aime toujours autant vivre ici…

Le ciel était gris, mais la lumière était présente, juste derrière les nuages, éclairant les champs d’un vert éclatant, les dernières feuilles des arbres qui formaient comme une voûte au-dessus de moi…

Et soudain, surprise dans ma rêverie, j’ai vu trois chevreuils, qui ont traversé devant moi…

Je me suis arrêtée en plein milieu, saisie de … joie, oui, devant tant de grâce. J’ai vu leurs trois derrières couronnés de blanc s’en aller dans un pré. Je les ai regardés, ils se sont arrêtés, tous les trois de conserve, et m’ont regardé aussi, avec leurs grands yeux maquillés, et leur nez tout doux ourlé de noir.

Alors j’ai dit : « Allez, filez, allez vous cacher… »

Ils sont repartis, légers, magnifiques, et moi aussi, le sourire aux lèvres, et le bonheur de vivre au cœur. Devant tant d’innocence.

Et j’ai eu envie de partager ces quelques secondes avec vous.

Publicités

Written by Gavroche

21 décembre 2011 à 9 h 56 min

9 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. et tu as très bien fait.
    C’est vrai qu’elle est chouette la route qui vient de la ville 😉

    alainbu

    21 décembre 2011 at 10 h 00 min

  2. Mmm… je ferai une différence entre les viandards qui tuent en masse par loisir et par plaisir (ainsi que ceux qui piègent, enfument, chassent à courre) et ceux qui tuent par besoin, comme dans les tribus dites sauvages… ou les battues au sanglier, un animal qui prolifère et ravage les cultures.

    Bon, vous me direz, ce sont parfois les mêmes !

    La seule vrai chasse est la chasse photographique.

    (Par curiosité, j’ai assisté un jour à une battue de ce genre. On a perdu deux chiens et pas vu la queue d’un cochon. Pourquoi ? Parce que ces petits malins s’étaient gités à la frontière de deux terrains de chasse, que si les gars de Trifouillis avaient bougé ils auraient envoyé les bêtes vers Bouzillé et que si les gars de Bouzillé avaient bougé ils auraient envoyé les bêtes vers Trifouilis. Trop marrant !

    athalouk

    21 décembre 2011 at 11 h 19 min

    • Tu as rencontré beaucoup de « tribus sauvages » en France ?
      Où est le « besoin », quand le samedi matin, les bas de plafond ruraux emmènent bobonne au supermarché du coin, pour remplir le frigo de merde industrielle, ce même supermarché qui leur achète leurs produits à bas prix… On n’est pas plus con, je le sais, je vis avec eux…

      Quant aux sangliers, moi, ils ne me dérangent pas. Je n’ai pas de champs de maïs OGM à défendre…
      Et s’ils « prolifèrent », la faute à qui ? Notamment aux élevages de cochongliers pour « alimenter » les chasses privées…

      Gavroche

      21 décembre 2011 at 11 h 32 min

  3. J’ai écrit « tribu DITES sauvages », et je tiens à la nuance car j’ai beaucoup de respect pour ces « espèces en voie de disparition ». Bien sûr elles ne sont pas en France, mais elle n’en ont pas moins d’importance.

    Votre mépris des « bas de plafond ruraux » me gêne, car j’en fréquente et je ne les trouve pas obligatoirement bas de plafond. Et les paysans qui défendent leur gagne-pain ne font pas tous du maïs OGM. Ceux que je connais font du maïs normal et du blé, celui qui sert peut-être à faire votre pain.

    Pas d’élevage de conchongliers par ici. Mais des sangliers.

    Les paysans d’aujourd’hui ont une sale vie : coincés entre les intégrateurs et les grandes surfaces qui les oppriment et les gens comme vous, qui les méprisent. Lire « Paysans dans la lutte des classes » de Bernard Lambert.

    Bon, moi je ne suis pas intrusif comme un sanglier : je vais quitter ce forum où quelque chose me dit que je ne suis pas à ma place. Bye !

    athalouk

    21 décembre 2011 at 13 h 46 min

    • Bon, je précise ma pensée…

      Je fréquente aussi des paysans, je vis avec eux. Certains sont des gens formidables, qui effectivement galèrent pour joindre les deux bouts, arrachent la vigne (!) de Cahors pour toucher la Pac, bossent chez des gens pour arrondir les fins de mois, sont adhérents au Modem (proche du pc) ou à la Conf’ … Et militent pour les autres, les petits. Ils font du bio, des amap, de l’entraide.

      Mais la plupart des paysans d’ici, hélas, sont surendettés, avec plusieurs tracteurs, à 70 000 euros pièce, (sympa pour le Crédit agricole, qui les plume) bossent quatorze heures par jour, traitent aux pesticides comme des malades (80 % des pesticides en France sont utilisés sur la vigne, et nous sommes le premier consommateur européen) m’envoient à la gueule « vous n’êtes pas née ici, vous n’avez rien à dire… », etc. Ceux là votent FN, sans se cacher. Alors que chez nous, a part moi, qui viens de Marseille, des « immigrés », il n’y en a pas. Leur syndicat ? La FNSEA. Et leur parti, CPNT… Eux pleurent quand l’eau manque, mais arrosent le maïs à midi, en plein été. De l’eau qu’ils payent une misère… Ils jettent leur surplus le lait dans la fosse à lisier, qu’ils balancent ensuite dans la rivière… Eux ont choisi leur sale vie. Et désolée, je ne les plains pas.

      Et comme par hasard, c’est ceux là qui chassent (5 chasseurs sur une commune de 200 habitants, ça, plus les citadins qui viennent le week-end, en quête de retour sanglant à la nature, qui empêchent les autres de simplement se promener le dimanche) comme des dingues, ne s’arrêtant que quand le congélateur est plein, de lapins (des lâchers, que ma voisine élève pour ça), des perdrix, des faisans (idem) et la fameuse battue aux sangliers et aux chevreuils … Y compris la nuit. Quelques jours après, mes chiens me ramènent des morceaux de cadavre, que les viandards n’ont même pas ramassés. Et parfois, la nuit, on entend des chevreuils agoniser, pendant des heures… Comme un cri de bébé.

      Alors, oui, pour moi, ceux-là sont des bas de plafond. Sans aucun problème. Les autres, les petits, les gens normaux, ils viennent manger à la maison.

      Gavroche

      21 décembre 2011 at 21 h 54 min

      • Bonjour, je ne sais pas si vous lirez ces lignes ni même si cela vous intéressera de me répondre. J’aime beaucoup la photo qui illustre votre texte que j’ai lu et apprécié lui aussi. J’aimerais beaucoup connaître l’auteur de ce cliché ,pouvez vous m’aider ? Merci par avance et pardon de vous importuner:)

        Anonyme

        17 février 2016 at 17 h 44 min

  4. « Et j’ai eu envie de partager ces quelques secondes avec vous. »

    *****************************
    Ben dis-donc t’as bien fait de compter en secondes ! ça n’a pas traîné en effet.

    Au fait, tu mets quoi dans ton flingue ? du 12 ou du 16 ? parce que ça disperse bien on dirait.

    🙂

    julesansjim

    21 décembre 2011 at 21 h 13 min

  5. oui on reste toujours en arrêt devant la beauté et l’apparente tranquillité des bestioles des bois, qui prennent le temps de nous jauger avant de filer.
    Peut-être aussi qu’elles mémorisent notre bouille ébahie pour se rappeler que ces gens-là, ça va, on doit pouvoir leur faire presque confiance 🙂

    kakophone

    22 décembre 2011 at 10 h 04 min

  6. tu sais ce qui moi me casse le truc : c’est qu’on se sent obligé/e/s, par pure responsabilité, de faire ceci : « Alors j’ai dit : “Allez, filez, allez vous cacher…” « . merde, on doit leur faire peur, leur dire de partir, de pas nous faire confiance. allez, cassez-vous, on pue la mort.
    idem avec mes chatons, dans un autre style, forcée de déplorer leur naissance.

    zozefine

    24 décembre 2011 at 17 h 08 min


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :