LES VREGENS

Oui, ça va péter, d’une manière ou d’une autre

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Bientôt les zélections…

Du coup, forcément, « on » commence à envoyer des signaux (de fumée ?) au bon peuple avachi devant sa télé… Vu que comme on dit chez les grecs, pourquoi faire payer les riches, vu que les pauvres sont plus nombreux, hein ? Et vlatipa qu’on nous ressort le vieux tromblon quelque peu éculé, j’ai nommé « la TVA sociale »…

Comme si cet impôt, le plus injuste qui soit (vu que riches et pauvres paient pareil) avait quelque chose de social.

Alors, la « TVA sociale » , kézako ?

Ce machin est censé « relancer la compétitivité des entreprises françaises. » En taxant les produits chinois. Ce machin est censé « empêcher les délocalisations ». Enfin, pour les gogos. Parce que, bon, du coup, forcément, ça va aussi faire augmenter les prix, mais ça, on ne le dit pas vraiment…

Mais le but clairement affiché étant de « faire baisser le coût du travail ». En clair, diminuer (encore) les cotisations sociales, patronales seulement, faut pas déconner non plus, hein. Bref, ce que les libéraux appellent les « charges »…

Et qu’ont dit les socialos, dans un bel ensemble ? Qu’ils étaient bien d’accord pour faire baisser « le coût du travail » (salauds de pauvres !) mais que cette « réforme » arrivait trop tard … A aucun moment je n’ai entendu causer de « baisse des dividendes ». Pour les actionnaires, ce sera toujours fromage ET dessert…

Remarquez que certains patrons, étiquetés à « gauche » (arrêtez de rire) comme c’te bonne Anne Sinclair (si courageuse dans l’épreuve …) nouvelle patronne du Huffington Post, trouvent des solutions définitives : ils ne payent carrément plus leurs esclaves, bien contents de bosser pour la gloire, et vivant sûrement de l’air du temps, ou d’amour et d’eau fraîche. Mais Anne Sinclair (si courageuse dans l’épreuve …) n’est pas la seule. La preuve.

Finalement, c’est la solution pour les patrons : ne plus payer les gens du tout, du coup, finies la corvée des bulletins de salaire et des fameuses « charges ».

L’occasion de lire des extraits de cet article de Frédéric Lordon : 

Pendant ce temps, les corps sociaux, qui ont déjà avalé à leurs frais le sauvetage de la finance, puis assisté, médusés, à son retournement contre les Etats qui l’avaient secourue et, pire encore, la voient exiger de ces derniers des politiques de rigueur n’ayant d’autre finalité que d’éviter au secteur bancaire de nouvelles pertes, les corps sociaux, donc, contemplent l’évanouissement définitif de leur souveraineté et leur dépossession de tout pouvoir politique réel. Car l’Europe n’est plus qu’un gigantesque solécisme politique, où l’on trouve côte à côte : l’empire exclusif des marchés sur la définition des politiques économiques, conduites non plus d’après les intérêts du seul ayant droit légitime de la puissance publique – le peuple -, mais selon les réquisits d’un tiers intrus au contrat social – le groupe informe des créanciers internationaux – ; la neutralisation de toute expression financière de la souveraineté politique par la soumission des budgets nationaux auxdites « règles d’or », ou par leur contrôle a priori par les instances européennes ; la quasi-éviction des gouvernants par des curateurs missionnés par des organisations internationales, à l’image de la Grèce désormais aux mains de ladite « troïka » (FMI, Commission européenne, BCE), ou de l’extravagante feuille de route envoyée telle quelle par la BCE au président du Conseil italien (il s’agissait alors de M. Berlusconi) ; enfin les tentatives désespérées de réobtenir les faveurs des marchés par la nomination de gouvernements d' »experts », tels ceux de MM. Monti et Papademos, gouvernements prétendument apolitiques, évidemment on ne peut plus politiques.

Tout ça ne pourra pas durer éternellement. D’abord parce que la construction économique s’apprête à s’effondrer sous le poids de ses propres malfaçons et que l’on s’approche chaque jour davantage du point critique où la panique financière, en avance même sur les défauts souverains, mettra de nouveau à bas le système bancaire entier, ne laissant plus que les banques centrales comme uniques institutions capables, avec le risque que le refus de la BCE conduise au réarmement forcé des banques centrales nationales, donc à l’éclatement de l’euro. Mais ça ne pourra pas durer non plus parce qu’on ne dépouille pas impunément les corps sociaux de leurs prérogatives souveraines, en tout cas sans s’exposer au risque que vienne un jour où ceux-ci décident de la récupérer violemment – et, un peu à la manière de ce qu’avait montré Karl Polanyi à propos des années 30, la chose peut ne pas être belle à voir…

La laideur cependant n’est pas non plus une fatalité, car c’est aussi une opportunité historique de renverser l’ordre néolibéral qui est en train de se former dans ce bouillonnement de contradictions. Et de se débarrasser par la même occasion de tous ses desservants, ceux-là mêmes qui ont des décennies durant expliqué au bas peuple que l’ordre du monde est idéal, qu’il avait de toute façon la force d’une donnée de nature et que l’on ne saurait se rebeller contre la loi de la gravitation, qu’au demeurant la construction européenne telle qu’elle est (était…), elle aussi intouchable dans sa perfection même, était là pour notre supplément de bonheur, qu’il fallait être au choix archaïque, frileux ou xénophobe pour trouver à y redire. Tous ces gens, hommes politiques de gauche, de droite, experts dévoués, chroniqueurs multicartes, éditorialistes suffisants et insuffisants comme disait non sans cruauté Bourdieu, tous ces répétiteurs, voués à la pédagogie du peuple obtus, se sont trompés sur tout, et les voilà qui contemplent sidérés l’écroulement du monde dont ils ont été si longtemps les oblats. Et l’on se prend à rêver de les voir eux aussi partir par la bonde à l’occasion de la grande lessive.

C’est ce que je disais hier : ça va péter. Et c’est tant mieux.

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2 Réponses

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  1. Ah, ça ravigote, de lire Lorddon… parce que c’est vrai… ça ne peut pas continuer comme ça…
    Ouvrez la bonde !

    clomani

    2 janvier 2012 at 11 h 49 min

  2. //en tout cas sans s’exposer au risque que vienne un jour où ceux-ci décident de la récupérer violemment – et, un peu à la manière de ce qu’avait montré Karl Polanyi à propos des années 30, la chose peut ne pas être belle à voir… //

    Pas belle comme le fut la montée des divers fascismes, que l’on voir revenir ici et là en Europe, qui n’est pas l’Amérique du Sud. Voulant éviter la peste, on aura le choléra…

    Dit autrement : je ne suis pas optimiste.

    athalouk

    2 janvier 2012 at 12 h 26 min


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