LES VREGENS

Loin

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Allez savoir pourquoi, j’ai envie d’un peu d’air frais, dans un quotidien tendu, ces derniers jours. Et justement je tombe sur des histoires de grands espaces, dans des lieux dont je ne connaissais même pas l’existence !

l'île de l'Ascension

Déjà entendu parler de ce caillou volcanique de l’Atlantique sud ? Les Anglais y établirent une base pour surveiller Sainte-Hélène, tout à côté, quand Napoléon y atterrit. Du coup, les navires britanniques prirent l’habitude d’y faire escale, notamment celui qui transportait en 1836 le jeune Darwin, qui n’était pas encore un vénérable vieillard barbu, et était en train de boucler son fameux tour du monde sur le Beagle.

le voyage du Beagle 1831-1836

Le problème de l’îlot et de ses quelques habitants, sujets de sa majesté, bientôt Victoria, c’était le manque d’eau douce. Alors Darwin et un complice botaniste convainquirent la Royal Navy d’y faire importer tous les ans à partir de 1850 par les navires de passage des plantes variées, apportées d’Angleterre, d’Amérique de Sud. N’importe quoi, pour voir si on pouvait réduire l’évaporation des rares pluies, rendre celles-ci plus nourries en attirant les nuages, et modifier ainsi la nature du sol.

On peut. 160 ans plus tard, comme le montre la première photo, il y a sur la petite montagne au milieu de l’île une « forêt de nuages » (cloud forest) complètement artificielle : d’abord parce que ce genre d’évolution se fait normalement sur des millions d’années, et puis parce que les espèces qu’on y trouve viennent d’endroits différents, n’auraient jamais dû se côtoyer.

Certains pensent que la méthode pourrait resservir pour rendre habitables des mondes plus éloignés…

"Satellite's gone way up to Mars / Soon it will be filled with parking cars..."

Zut, nous voilà retombés dans des sujets qui fâchent comme la planification écologique. Alors cap vers la pointe nord-est du Canada, dans l’immense île d’Ellesmere, un peu plus petite que la Grande-Bretagne.

chuuut!

Deux farfelus, sans aucun alibi scientifique, se sont mis en tête d’en faire le tour en kayak. C’est un ami commun qui les a présentés, le photographe itinérant amateur de kayak de 26 ans, Erik Boomer, et le retraité de 65 ans, diplômé de chimie et  auteur de manuels de sciences de lycée, Jon Turk.

Partis de la grande ville de la pointe sud, Grise Fiord (141 habitants quand-même), les deux voyageurs sont déçus par la remontée de la côte ouest : malgré la saison, tout est gelé et ils sont obligés de traîner à ski leur embarcation.

Ils se ravitaillent au milieu de la côte ouest et de nouveau à la pointe nord, en passant par les deux bases scientifiques (2 ou 3 habitants chacune). Puis il faut attendre que la mer se calme pour s’engager dans la descente, car l’eau du passage Robeson, entre l’île d’Ellesmere et le Groenland, charrie d’énormes blocs de banquise détachés, aux mouvements imprévisibles, face auxquels un petit kayak n’a aucune chance en cas de collision. Depuis une vingtaine d’années le bloc de glace qui tenait tout, là, tombe en morceaux.

mai-août 2011

Trois mois sans nuit,  sans livre ni musique ni radio non plus, en tête à tête avec un inconnu et en croisant parfois un ours. 12° au mieux en plein jour, -20° quand le soleil disparaissait derrière les montagnes, voire plus froid encore par gros vent. Le retraité avait découvert les lieux il y a plus de 20 ans, il ne regrette pas cette aventure bien qu’il soit tombé sérieusement malade deux jours après avoir bouclé la boucle.

Ce genre d’équipée peut plus mal tourner, comme celle de Scott au Pôle Sud, dont c’est le centenaire.

"Last entry..."

L’article de la BBC sur l’expérience de Darwin et Hooker :
http://www.bbc.co.uk/news/science-environment-11137903

L’article du NYT sur l’expédition autour d’Ellesmere :
http://www.nytimes.com/2012/01/18/sports/arctic-adventure-a-1500-mile-trip-by-sea-kayak.html?ref=travel

Un article sur le centenaire de l’expédition et la mort de Scott :
http://www.guardian.co.uk/uk/2011/dec/28/scotts-last-expedition-south-pole?INTCMP=ILCNETTXT3487

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Written by florence

19 janvier 2012 à 10 h 22 min

Publié dans Ecologie, humeur, voyage

4 Réponses

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  1. Il m’est arrivé d’écouter l’émission « La tête au carré » sur fr. inter. Un après-midi de 2011 je me souviens avoir écouté ce numéro sur l’Antarctique :

    http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-l-antarctique

    *********************************
    Lorsqu’on entend les témoignages sur l’état actuel des pôles (Nord et Sud) et les conséquences prévisionnelles qu’en tirent les scientifiques, on n’en est plus à se demander si les écolos sont des bobos ou si les cocos sont des zozos… on est simplement inquiet de ce que l’humanité compte faire de véritablement efficace pour préserver tout ce qui vit. Et on se sent tout petit, petit.

    😦

    julesansjim

    19 janvier 2012 at 13 h 51 min

  2. Une chose est sûre, ce qui me rend heureuse en ce moment, c’est la nature… Les arbres, les animaux… Pas les gens. Admirer le paysage, devenir contemplatif, c’est une manière de supporter le monde.

    Gavroche

    20 janvier 2012 at 11 h 35 min

  3. florence

    21 janvier 2012 at 10 h 35 min

    • J’aime bien la BO ; en plus ça n’est pas anachronique par rapport aux images pourtant datées.

      *********************************

      Sinon, je connais un Jean-Louis, explorateur et scientifique, qui connaît bien les deux pôles :

      http://www.jeanlouisetienne.com/actualites.cfm

      julesansjim

      21 janvier 2012 at 11 h 23 min


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