LES VREGENS

Mademoiselle vous dit merde

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Tout a commencé l’autre matin, en écoutant la chronique de François Morel sur France Inter :

qui faisait suite à cette grande nouvelle  :  le mot « Mademoiselle » disparaît des formulaires administratifs, par circulaire ministérielle.

Que voilà un beau combat « féministe » !

Il y avait donc « une case en trop », et on ne le savait pas !

Une case en trop, ou une case en moins ?

Maman Bachelot ne s’y est pas trompée, applaudissant des deux mains à la décision de son collègue François Fillon… Cette « victoire », c’est finalement aussi celle des femmes contre les hommes qui, on le sait bien, sont tous, absolument tous, dans le meilleur des cas,  franchement pas clairs, dans le pire des zobsédés, des « machos-salopards-violeurs-potentiels-qui-font-rien-que-penser-à-ça »…

Sacrée victoire, donc, pour les femmes … mais surtout, et c’est ce qu’il y a de bien, c’est une victoire qui ne coûte pas cher.

Il faut bien le dire, ce « Mademoiselle » qu’on nous jetait à la figure était vraiment intolérable. Il était urgent d’agir.

C’était bien plus intolérable que les doubles journées qu’on se tape depuis toujours.

Et avec le sourire !

Bien plus intolérable que les temps partiels imposés, les contrats précaires, les retraites moindres, les salaires plus bas de trente pour cent, les postes à responsabilité réduits à portion congrue, le harcèlement, les maternités qu’on nous reproche…

Bien plus intolérable que le nombre de femmes qui meurent encore tous les ans sous les coups de leur compagnon.

Une victoire à pas cher, donc, qui fait plaisir aux « féministes », un peu comme celle qui a fait rentrer les gamines voilées à la maison, plutôt que de les envoyer à l’école…

Nos maris seront contents, ils vont continuer à regarder le foot pendant qu’on fera la vaisselle, les patrons seront contents, ils vont pouvoir continuer à nous presser comme des citrons, et les violeurs pourront violer, les assassins tuer, mais en nous appelant poliment « Madame ».

Au delà de la connerie sans nom de ce « combat », ce qui me paraît grave, c’est qu’une fois de plus, la doxa ambiante (la propagande?) monte les gens les uns contre les autres :

– les chrétiens contre les musulmans
– les souchiens contre les zétrangers

et aujourd’hui, les hommes contre les femmes, et lycée de Versailles.

Bref, c’est sans doute pas demain qu’on changera le monde… Ni qu’on le rendra meilleur, pour tous.

Alors, quand je vois la tronche des « Madâmes » :

Et que je la compare à celle des « mademoiselles  » …

… sans parler ni de l’âge ni des canons de beauté, mais de ce qu’il y a à l’intérieur,  dans la tête et dans le cœur, en vérité je vous le dis, moi qui ai gardé mes ailes,  je veux rester « mademoiselle ».  Et je vous emmerde.

Mademoiselle Gavroche

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Written by Gavroche

11 mars 2012 à 19 h 53 min

4 Réponses

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  1. Je trouve moi aussi que c’est une « fausse victoire » …
    Comme je l’ai déjà dit dans la mail-list, dans cette affaire,on s’acharne sur des détails… Madame, mademoiselle… bof ? Franchement, je rigolerais si on m’appelait Mademoiselle… ou je me fâcherais car j’aurais l’impression d’entendre ma mère qui me traitait de vieille fille parce que pas mariée à 30 ans. Madame, mademoiselle ? Faux débat.
    Pour en rester à l’état-civil : peu ou pas d’information sur le fait qu’en France, les femmes peuvent parfaitement garder leur patronyme, même mariées. Les 6 années où j’ai été mariée, j’ai expressément demandé à l’état-civil de ne pas me donner le nom de mon ex mari et de garder mon nom de jeune fille. Mes passeports et papiers d’identité étaient faits à mon nom de jeune fille. Je ne comprends toujours pas pourquoi une majorité de femmes françaises acceptent de changer de nom en se mariant. Savent-elles même qu’elles l’ont, ce droit ?

    Le hic c’est, en ce qui me concerne, que les autres organismes n’ont pas suivi et m’ont d’office attribué le nom de mon époux ! Aussi, lorsque je suis partie à la retraite, et encore à Nantes où j’ai habité 3 mois, le fisc, la caisse de retraite, m’écrivaient sous mon nom d’épouse et le courrier n’arrivait pas, était renvoyé à l’expéditeur… Même mon divorce en 91 n’a pas fait bouger les organismes en question dans l’autre sens. J’ai dû faire de nombreux courriers, montrer patte blanche (certificat de divorce pour certains) pour retrouver mon vrai nom… Si je n’avais pas appelé les impôts de Nantes, je pense qu’ils auraient fini par me retrouver, et à me taxer de 20% supplémentaires pour non paiement à temps !

    Et puis, avant tout, il y a d’autres combats : lutter pour la réouverture de la centaine de centres d’IVG qui ont fermé en France, engueuler les toubibs qui ne veulent rien savoir à ce sujet, parce que c’est un droit acquis après un rude combat, et que le perdre serait vraiment la preuve d’une énorme régression dans notre société…
    (pis les autres : égalité des salaires, condamnations lourdes des auteurs de viols et autres sévices sur les femmes, etc.).

    clomani

    11 mars 2012 at 20 h 45 min

  2. « … sans parler ni de l’âge ni des canons de beauté, mais de ce qu’il y a à l’intérieur, dans la tête et dans le cœur, en vérité je vous le dis, moi qui ai gardé mes ailes, je veux rester « mademoiselle » »

    ***********************************
    Ça me rappelle cette chanson de ce magnifique rebelle qu’était François Béranger où il disait : « Vous n’aurez pas ma fleur/ Celle qui me pousse à l’intérieur »
    🙂
    Sous la chronique de François Morel, il y a une foultitude de réactions, contrastées. J’en prélève une, parmi tant d’autres, écrite par Véro. Elle dit comme toi Véro, avec ses mots à elle et je comprends qu’elle s’interroge, elle aussi, en tant que femme qui refuse toute catégorisation, quelle qu’elle soit, d’où qu’elle vienne : « mais c’est quoi ces conneries ? »

    « Merci, cela fait 45 ans que je me bats pour maintenir mademoiselle devant mon nom malgré mes deux enfants, mon conjoint et mes engagements multiples. On peut être féministe, syndicaliste tout en s’appelant mademoiselle et ne pas subir le diktat ambiant d’une bienséance très normative qui a conduit de nombreuses femmes à s’appeler madame. On peut aussi affronter les machos de tout bord en s’appelant mademoiselle ! »(Véro)

    julesansjim

    11 mars 2012 at 21 h 23 min

  3. UNE GRANDE VICTOIRE. Cette petite loi votée urgentissimement qui changera tout

    Marie Dollé

    11 mars 2012 at 22 h 45 min

  4. Ah Morel, quel damoiseau !

    Quel classe !

    Quel talent pour balancer des vacherie avec élégance !

    J’avais découvert ça quand lui et Guillon avaient charclé Besson. L’un avec son « regard de fouine » juste mais qui lui avait valu des misères. L’autre… j’ai oublié les mots exacts, je peux juste dire qu’ils étaient sans le moindre mot déplacé mais dix fois plus ravageurs.

    Et maintenant, une grande dame, pour une terrible chanson de jalousie…

    (Quand mes enfants se sont mariés, ma belle-fille a choisi de porter le nom de son homme. Mais c’était surtout pour faire iech ses parents…)

    athalouk

    13 mars 2012 at 15 h 44 min


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