LES VREGENS

Jetez donc votre ceinture!

with one comment

Paul Krugman écrit de très sérieuses analyses anti-austérité. Sa dernière chronique dans le New York Times explique par le menu que la Grèce ne montre pas ce qui se passe quand on a  trop de dettes, mais ce qui se passe quand on veut réduire ses dettes trop brutalement.

Son optique est surtout américaine: il cherche à alerter l’électorat sur les dangers des politiques d’austérité vantées par les Républicains en campagne.

Sur son blog, c’est un peu différent, il explore d’autres formats. Si c’est souvent plein de graphiques très techniques, il lâche aussi parfois de petits billets d’humeur bien tournés. En voici un récent qui m’a plu par son ton et sa clarté:

On me demande souvent d’expliquer simplement la différence entre un pays et un ménage : pourquoi est-il faux de dire que quand ça va mal, un pays doit se serrer la ceinture ?

J’y travaille, mais prenons donc l’exemple de la Grèce pour illustrer cela.

Après tout, on pourrait se dire que la Grèce est dans la situation d’un ménage qui a trop dépensé, qui s’est surendetté, et qui doit maintenant faire ce que font tous les ménages à qui cela arrive : supprimer les achats superflus, repousser à plus tard les soins médicaux et les autres grosses dépenses, arrêter de travailler, et réduire les sources de revenus… euh, comment ça ?

Voilà, c’est là que ça coince : un ménage qui se serre la ceinture ne se met pas au chômage. Un pays qui se serre la ceinture dans un contexte de récession met beaucoup de monde au chômage. Et ça, c’est mauvais même d’un strict point de vue budgétaire, car une économie en récession, ça fait baisser les recettes.

On pourrait prétendre que la réduction des dépenses publiques ne détruit pas, en soi, les emplois. Oui, on pourrait prétendre cela à condition d’avoir passé ces dernières années au fond d’une grotte ou d’un think tank conservateur, coupé de toute information sur les effets de l’austérité dans la vraie vie. Car les résultats des politiques d’austérité en Europe nous fournissent un excellent test grandeur nature en macroéconomie : on voit que sans exception, les grosses réductions de dépenses publiques entraînent de grosses chutes du PIB.

Alors jetez donc votre ceinture : elle est nulle, cette métaphore !

Pour finir, voici le genre de photos que publient les détracteurs de Krugman, mais c’est quoi le problème?

Le billet en V.O.

http://krugman.blogs.nytimes.com/2012/03/12/losing-the-belt/

La chronique plus sérieuse sur la Grèce, traduite par la rtbf:

http://www.rtbf.be/info/chroniques/chronique_ce-que-la-grece-signifie-paul-krugman?id=7725443&chroniqueurId=5032403

Publicités

Written by florence

15 mars 2012 à 9 h 42 min

Une Réponse

Subscribe to comments with RSS.

  1. Un homme qui aime les chats est forcément quelqu’un de bien…
    Je me pose la question : que fait Obélix ? Il racle le fond de la marmite, où il n’y a plus que les os…?

    Gavroche

    15 mars 2012 at 9 h 57 min


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :