LES VREGENS

La Grèce dans la dèche

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John Henley, journaliste au Guardian, vient de passer une semaine en Grèce, parti à la rencontre des « vrégens » de là-bas, ceux qui, à Athènes et Salonique, prennent les mesures d’austérité en pleine poire.

En attendant un article de fond, annoncé pour très bientôt, il a publié une série de courts billets qui relaient directement leurs voix.

La seule énumération des titres de ces billets donne la mesure du drame qui se joue, si près de chez nous, non : chez nous :

Sous la colère, la solidarité

On jette des femmes enceintes SDF à la rue

Les enfants d’Athènes ont trop faim pour aller en cours de sport

Un étudiant finit par se résoudre à aller à une distribution de pommes de terre

Comment les restes deviennent des repas

La Grèce reste un lieu de vacances sans danger

Les bénévoles de l’éducation

On a vu notre avenir partir en fumée

Le sida et le paludisme remontent

Le dépistage néonatal menacé

Les échanges non monétaires se répandent

Nourriture à prix cassés à Patras

L’alerte au paludisme risque de nuire au tourisme

Le problème, ce n’est pas la violence, c’est le désespoir

Des médecins bénévoles pour ceux qui n’ont plus d’accès aux soins

Le théâtre qui fait payer les billets en nourriture

Le « mouvement des pommes de terre » : directement de l’agriculteur au consommateur

 

Aujourd’hui, c’est le dernier billet. John Henley remercie ceux qui lui ont parlé :

« On m’a suggéré des histoires à couvrir, des sites à lire, on m’a envoyé des adresses, des numéros de téléphone d’amis et de parents, on m’a répondu quand je cherchais des contacts, on m’a abondamment raconté des expériences personnelles.

Des histoires ont été racontées, des voies entendues, qui sans vous n’auraient pas pu l’être. »

John Henley a couvert depuis des années plusieurs pays d’Europe pour le Guardian. Il permet ici à des anonymes de se faire entendre. À partir de ces fragments, pourtant, un vrai discours prend forme. Tout le contraire d’un éditocrate en somme.

La série complète:

http://www.guardian.co.uk/world/series/greece-on-the-breadline

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Written by florence

19 mars 2012 à 22 h 21 min

10 Réponses

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  1. « Tout le contraire d’un éditocrate en somme. »

    *************************************
    Comme quoi tous les journalistes ne sont pas des pourris, on en trouve des bons. En cherchant bien.

    julesansjim

    19 mars 2012 at 22 h 26 min

  2. un vrai journaliste de terrain, pas un larbin du pouvoir éduqué pour ânonner la propagande d’Etat …..

    Compunet

    20 mars 2012 at 8 h 10 min

  3. plusieurs petits articles, c’est pas la meilleure formule finalement ?

    je vais aller lire ça, merci

    kakophone

    20 mars 2012 at 8 h 26 min

  4. le palu, ça remonte d’afrique du nord par les cyclades. déjà bien implanté à rhodes semble-t-il. explosion de la tuberculose aussi. on se fera peut-être du souci lorsque peste et choléra menaceront les touristes qui oseront venir dans l’ellade pas souriante du tout. notez, ici en face d’ermoupoli, on a un magnifique lazaret vénitien qui fera l’affaire des malades.
    je remarque que tous vos commentaires concernent le journaliste, son boulot. pas un mot sur les grecs, ceux qu’il a rencontrés. il dit bien, c’est vrai, mais il dit bien QUOI ? et ça, c’est ce qui me fait le plus peur et me consterne le plus dans les réactions compassionnelles à l’étranger : on se congratule de trouver ça horrible, on se compassionne réciproquement en trouvant bien de trouver ça effarant, mais si je vous demande quel est le forfait chômage mensuel en grèce, qui le sait ? et le prix d’un accouchement normal payable à l’avance à l’entrée de l’hosto sinon tu te démerdes, qui le sait ? je dis ça sans aucune colère, je constate.
    cet été, des touristes repartiront de grèce en se disant : ouais, c’est ‘achement plus cher qu’en XXX (remplir les pointillés), c’est dur, mais au moins ils ont le soleil et la mer. en oubliant que le soleil n’a qu’un temps et peut être accablant et dévorateur, et en oubliant que la mer, tout le monde ne l’a pas dans le paysage.

    zozefine

    20 mars 2012 at 8 h 47 min

    • C’est un peu ma faute: je n’ai mis que les titres des articles. Pas le temps de tout traduire! Mais en allant les lire, moi j’en reste bouche-bée: que faire, bon sang?

      florence

      20 mars 2012 at 21 h 26 min

  5. Ça me fait penser à ce que disait Philippe Poutou récemment : les gens ne réagissent pas, ne se révoltent pas, parce qu’ils ont reçu un grand coup de latte sur la calebasse.

    Éteints, inertes, sidérés, chez nous comme ailleurs.

    Et quand en Grèce, se nourrir devient la priorité, survivre, enfin ne pas mourir, c’est sûr que tout le reste ne compte plus. Ventre affamé n’a pas de conscience politique. La stratégie du choc dans toute sa splendeur.

    Gavroche

    20 mars 2012 at 10 h 25 min

    • Certains en France, à l’extrême gauche, adeptes du vote « révolutionnaire », pensent que le peuple n’en chie pas assez pour se révolter et qu’il faut donc pour ça que les injustices croissent, et que Sarko est préférable à Fromage tout mou, pour qui ils ne voteraient pas au second tour. Ben mon vieux, voir Grèce, Espagne, Portugal : 1/ les injustices croissent, 2/ le peuple se révolte, 3/ et toc, les injustices croissent encore plus.

      athalouk

      20 mars 2012 at 15 h 06 min

  6. Oui, shock and awe ! (corrigé la faute, merci Nombril)
    Et là, plus personne n’en a rien à battre de la Grèce… Pourtant, on devrait passer notre temps à s’informer sur ce qui va nous arriver sur le coin de la tronche bientôt…

    Sinon, pas sûre qu’il n’y ait pas une faute dans le sujet… « entendu d’autres voies » ? Ca pourrait être voix nan ?
    ;o))

    clomani

    20 mars 2012 at 11 h 11 min

  7. Le Guardian est de loin le meilleur média qui suit l’actualité grecque avec objectivité. Merci d’avoir partager les articles de Jon. J’ai d’ailleurs hâte de lui emboîter le pas !

  8. « Ventre affamé n’a pas de conscience politique.  » c’est pas vraiment ça encore en grèce. bon, je parle pas de pays en famine, avec des gosses qui tombent de dénutrition comme des mouches. quelque part, les grecs ont une conscience très très aigue de la politique, de leur politique. le berceau de la démocratie (bon, moi je suis pas du tout d’accord avec ça, mais passons) est actuellement aux mains d’une classe politique de tarés corrompus répugnants dont on ne voudrait même pas comme beaufs de base. les virer à coup de roquettes, encore faut-il être armés, et être prêt à claquer. la grèce c’est pas la syrie. et l’ombre de la dictature est toujours là. donc les gens font vraiment « autrement ». c’est une révolution à très très bas voltage. le mec dans l’île qui fait de l’agriculture bio, ben il fédère autour de lui des gens qui viennent l’aider, ou faire des essais, et ça a l’air idiot à dire, mais en grèce, faire des plantations bio et voir des gens participer c’est en soi révolutionnaire, c’est en soi refuser une certaine logique de la défaite d’une société, c’est en soi travailler à un autre monde, une autre logique. bon, je sais pas si ça ira loin, si c’est durable, et même si c’est possible de vivre comme ça, mais c’est en tout cas quelque chose qui dit non.

    zozefine

    23 mars 2012 at 17 h 48 min


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