LES VREGENS

Un petit (re)tour dans le Gard

with 5 comments

Je suis né à Montpellier mais mes parents ont rapidement rejoint la voisine mais non moins rivale Nîmes où résidaient déjà mes grands-parents paternels, mon grand-père ayant été nommé surveillant général au lycée Daudet de la préfecture gardoise.

Les cafés de la petite et la grande bourse vus de devant le lycée Daudet

 

C’est donc sur le coup de mes 6 mois, début 64 je suppose, que je débarque dans un quartier populaire du centre de cette ville romaine, ouvrière, capitale du textile et de la toile de jean (denim), de la tauromachie où les gens semblent ne savoir s’amuser qu’avec sangria dans le nez en contemplant des bovins agonisants, mais qui est également un vieux bastion de la gauche et du communisme puisqu’elle n’a jamais été à droite depuis la Libération et même bien au-delà et jusqu’en 1983.

Mes parents tiennent une droguerie, nous habitons l’appartement au-dessus et nous sommes mitoyen d’un café, le bar « le Gitan », avec qui nous partageons une cour intérieure qui se transforme en bodega à chaque féria de Pentecôte.
C’est pour cette raison que pendant ce grand weekend mon frangin et moi allons séjourner chez mes grands-parents à quelques dizaines de mètres, qui logent dans une annexe du lycée Daudet, rue Jean Reboul.

rue Jean Reboul

Mon père a toujours été de droite, gaulliste, tout comme son père, je l’ai toujours entendu se moquer de ce vieux Mimille, qui depuis 1965 a transformé la ville en un immense chantier.
Faut dire qu’au bout de notre rue même, il avait rasé tout un pâté de maison pour construire une sécu flambant neuve et un centre sportif et socioculturel nommé Pablo Neruda. J’y ai vu un concert du Chicago Blues juste après avoir fait une séance de natation à la piscine de l’étage inférieur.

Dans les Arènes étaient organisés quelques évènements autres que les corridas, j’ai pu voir par exemple Alan Stivell à ce festival :

Ça n’empêchait pas mon paternel de profiter du côté social et proche du peuple de notre député-maire dès qu’il devait solliciter un coup de main.

Nîmes est une ville partagée entre les Cévenols protestants du Nord-ouest du département et les Camarguais catholiques du Sud-est.

Mimile Jourdan est cévenol, la petite sœur Alès est administrée par les communistes également. Tout comme un tas d’autres communes de ce « Midi rouge » où encore aujourd’hui chaque village a sa cave coopérative de viticulteurs.

La cave coopérative de Maraussan dans l'Hérault

La rue Jean Reboul part donc de la Porte de France, tout près de chez nous, passe devant l’annexe du lycée Daudet où vivent mes grands-parents aboutit face aux arènes, en passant devant le haut lieu festif  QG des communistes nîmois : le Prolé.

En 1983, le soir du deuxième tour des municipales, j’étais attablé en terrasse de la Petite Bourse avec quelques copains quand on a vu passer l’homme à la pipe, entouré de deux trois personnes qui se dirigeait tête baissée vers la rue Jean Reboul.
Plus tard on passait au Prolé, où tout le monde versait des larmes dans son pastis, Jean Bousquet, le patron de Cacharel venait de battre Mimile.

Il allait transformer la ville, une médiathèque ultra moderne face à la Maison Carrée pour soi-disant relever le niveau culturel des autochtones, des centres commerciaux, les pipoles qui viennent se marier à la féria,

et plus tard « les affaires » qui le mèneront en prison.

Le parti communiste revient pour un mandat à la mairie avec le prof d’histoire-géo du lycée Daudet Alain Clary, puis en 2001 c’est le RPR Fournier, toujours en place, qui est élu, avec un petit coup de pouce du FN.

En avril 2012 le Gard est le seul département à avoir mis le Front National en tête aux présidentielles avec 25 % de voix, paradoxalement ce département comporte une des rares communes du pays où aucune voix pour le FN n’a été comptabilisée, dans les Cévennes.

Bonneveaux : contre le gaz de schiste et le fn

Coup de massue au Prolé

En 2008 le Prolé fétait ses 100 ans :

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Written by alainbu

28 avril 2012 à 17 h 49 min

5 Réponses

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  1. Je n’irai pas jusqu’à dire que les grands esprits se rencontrent mais bon….
    L’Hérault du jour (la Marseillaise) de ce dimanche (et merci goût-gueule images et wikipedia^^) :

    alainbu

    29 avril 2012 at 11 h 16 min

  2. J’avais un copain du Gard dont l’histoire rejoint ce que tu racontes: grand-père protestant et communiste d’Alès, mère nommée prof à Bagnols-sur-Cèze, je sais pas si tu connais mais je vois que le FN vient d’y faire 25%. Déjà à la fin des 80s, c’était le cas je crois. Mon copain en était parti pour faire une prépa à Montpellier (lycée Joffre? ça existe?) puis la fac à Paris…

    florence

    30 avril 2012 at 0 h 14 min

    • Le lycée Joffre c’est celui de Michéa (et où ma fille était censée aller l’an prochain).
      Dans le Gard la montée du fn date en effet des années 80, la première maire fn date de 89 à St Gilles.
      Bagnols est devenue une ville ouvrière pour cause de centrale nucléaire (Marcoule), il y a d’importantes cités hlm.

      alainbu

      30 avril 2012 at 6 h 52 min

  3. merci alain pour ce portrait de nîmes.

    zozefine

    30 avril 2012 at 20 h 14 min

  4. Oui, merci pour ce petit round-up sur le Gard et sur ton passé nîmois ;o))
    Et cet avenir pas gai ;o((

    clomani

    1 mai 2012 at 20 h 41 min


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