LES VREGENS

Électeurs, éternels cocus…

with 2 comments

Je ne sais pas pourquoi, mais cette phrase de Jean-Luc Mélenchon m’avait marquée.

C’était dans l’émission « des paroles et des actes » pendant les présidentielles : « A la fin, ce sera nous, seuls contre le FN. Les autres seront cachés sous la table. 

Ben ouais. Mélenchon a perdu, La Pen pavoise, et les autres, y compris et même surtout les « socialistes », se réjouissent.Tout, même le fascisme, plutôt que le pouvoir au peuple…

Grâce au redécoupage électoral effectué par la droite (et accepté par « la gauche ») sous Sarkozy, le FDG, avec plus de voix qu’aux dernières législatives (6,9 % au premier tour contre 4,2 % pour le PC en 2007) aura moins de sièges à l’Assemblée nationale.

La gauche désormais appelée « radicale » (par rapport à la gauche dite « socialiste », mais on se demande bien pourquoi le PS conserve ce nom là…) n’aura probablement même plus de groupe parlementaire…

Désormais, donc, ce sera le règne définitif et sans partage du bipartisme – et de la « démocratie » – à l’amerlocaine.

Avec d’un côté, une droite dure, limite extrême, enfin aujourd’hui, on dit pas fasciste, on dit « décomplexée » (mais où sont les gaullistes, qui se sont battus contre les nazis???) avec l’UMP qui flirte ouvertement avec le FN …

Et de l’autre coté, une « gauche » très vaguement centriste, en tous cas juste gestionnaire du capitalisme.

Hollande a d’ailleurs été parfaitement clair, sur la Grèce par exemple :

«Différer tous les engagements revient à sortir mécaniquement de la zone euro. Ce qui est négociable, c’est la croissance, ce n’est pas le respect des disciplines budgétaires.»

Source : Hollande redoute la victoire de Syriza

Tsipras n’a d’ailleurs pas été jugé digne d’être reçu par la nouvelle marionnette de l’Elysée.

Ce sera donc la croissance pour le portefeuille des actionnaires, la « discipline budgétaire » pour les pauvres. On constate tous les jours qu’au fond, rien de change.

Les « socialistes », comme la droite, sont membres du Siècle, et autres Bilderberg, là où est le vrai pouvoir, là où nos mornes lendemains se décident. Entre gens du même monde, sortis des mêmes écoles, issus des mêmes familles…

Juste comme ça, pour les naïfs, qui veulent attendre avant de juger, une des premières décisions du ministre Valls : virer un sans-papiers…

Tout ça laisse largement augurer ce qui nous attend. Après les législatives. Nous avions des députés godillots de droite, maintenant, nous aurons des godillots de « gauche ».

Car la prise du pouvoir n’a pas d’odeur. Ce qui compte pour la « classe » politique, finalement, c’est la place. Bien chaude et rémunératrice, pour pouvoir caser les petits copains. Soit on « en est », soit non.Et pour la place, ils sont prêts à toutes les vilenies. 

Les éternels cocus, c’est donc encore et toujours nous. Les électeurs, pauvres naïfs, qui votent « utile ». Pas utile pour eux, pour « l’intérêt général », cette vieille valeur quelque peu décatie. Non. Juste utile pour les puissants. Classe politique, médias, au service de l’ordre libéral. Aujourd’hui, celui qui prétendrait aux suffrages pour servir le bien public, paraîtrait au mieux un démagogue, ou au pire, un « populiste »…

Sans doute les gens ne s’y trompent guère, la preuve, les 42 % d’abstentions. Alors, depuis vingt ans, on nous fait régulièrement la morale : voter serait un devoir civique. Ouais. A Neuilly, les bureaux de vote sont remplis de petites vieilles emperlousées, et en Seine Saint Denis, les petits jeunots à casquette à l’envers se font rares…

Selon Sofres Logica (Le Monde, 12 juin), la participation se serait élevée à 75 % des électeurs de plus de 60 ans, contre 34 % des électeurs de 18 à 24 ans.

Et sans surprise, c’est chez les pauvres, et chez les chômeurs qu’on vote le moins : les politiques ne font rien, laissent les banlieues dans leur crasse (de temps en temps, on leur envoie les flics) et les chômeurs dans leur merde, l’important n’étant pas la vie des gens, mais « la compétitivité des entreprises »… donc, il ne sert à rien de les élire…

Dans cet article Alain Garrigou écrit :

C’est sur le calcul inverse que les Français se sont ralliés au suffrage universel au XIXe siècle : la capacité de l’Etat à améliorer leur vie. C’est donc dire aussi combien l’idéologie dominante du libéralisme, notamment sous l’aspect d’une croisade pour « dégraisser » l’Etat voire, pour imposer un Etat modeste, sinon minimal, détruit les incitations à voter. De même, la valorisation de la réussite économique, l’extension des calculs consuméristes de la sphère économique à toutes les sphères sociales rendent plus dérisoires, pour ne pas dire irrationnels, une citoyenneté qui se révèle dans le vote de chacun une contribution infinitésimale. « Un homme, une voix », devient une toute petite voix perdue et qui ne change rien.

D’ailleurs, qui a été ou sera député ? Ni vous, ni moi.

INSEE 1999

Assemblée 2002

Agriculteurs

3.59%

2,79%

Artisans, commerçants, chefs d’entreprise     

5.41%

6,32%

Cadres supérieurs et professions libérales      

8.13%

20,10%

Professions intermédiaires                      

15.17%

61,35%

Employés

22.92%

2,60%

Ouvriers

21.23%

0,93%

Inactifs et chômeurs n’ayant jamais travaillé

23,55%

0

Sont-ils bien légitimes, tous ces pingouins ? Nous représentent-ils ?

Un pays gouverné par les élus des riches et des vieux… Bientôt, quand tous les vieux seront morts, on aura plus besoin de voter… Parce que finalement, à quoi ça sert ?

Et mieux vaut en rire…


Publicités

2 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. J’aurai 50 ans avant la fin de l’année. Je n’ai pas voté le 10. Je n’irai pas le 17. Il était temps que je devienne adulte !

    dominominus

    15 juin 2012 at 18 h 04 min

  2. J’ai entendu ce matin que « les marchés allaient mal réagir au bordel européen » (je schématise car un éditorialiste de Bruxelles-selles ne parlerait pas comme ça)…
    Et j’ai reçu ce communiqué de la L.D.H. :
    http://www.audit-citoyen.org/?p=2697

    Le Collectif national pour un audit citoyen de la dette publique adresse aujourd’hui une lettre à M. Moscovici, Ministre de l’Economie, et à M. Migaud, premier Président de la Cour des Comptes, pour leur demander de réaliser un véritable audit des finances et de la dette publique.

    M. Migaud doit remettre fin juin à M. Moscovici un rapport sur l’état des comptes publics de la France, rédigé à la demande du président de la République. Pour nous, ce rapport ne saurait se limiter à examiner l’exécution de la loi de finances pour 2012. Un véritable débat public est nécessaire autour de la situation budgétaire de la France, afin d’examiner les origines réelles des déficits et de l’endettement.

    Il faut donc rassembler toutes les données nécessaires à la compréhension de l’origine et de la progression de la dette publique. Vivons-nous au-dessus de nos moyens ? La dette est-elle le résultat d’une explosion des dépenses publiques ou provient-elle des exonérations fiscales en faveur des détenteurs de capital et des classes sociales les plus favorisées? Qu’en est-il des effets produits par les politiques d’exonérations et d’allégements des cotisations sociales ? Quel est l’impact produit par l’obligation faite aux Etats de financer leurs dettes par le recours aux marchés financiers en lieu et place de la Banque centrale ? Existe-t-il d’autres solutions à la crise que les coupes dans les dépenses publiques et l’austérité ?

    Il s’agit là de questions essentielles qui doivent être au centre du débat public et qui concernent l’ensemble des citoyens.

    Depuis octobre 2011, des milliers de citoyens, de nombreuses associations et organisations du mouvement social ont engagé et soutenu la démarche du Collectif pour un audit citoyen de la dette (CAC) dans le cadre d’une mobilisation à l’échelle nationale et sur l’ensemble des territoires. Nous demandons à être reçus par M. Moscovici et M. Migaud pour discuter de notre demande.

    Pour le collectif d’audit citoyen

    Marie-Laurence Bertrand (CGT), Jean-Claude Chaillet (Convergence de Défense et Développement des services publics), Thomas Coutrot (Attac), Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Elisabeth Labaye (FSU), Catherine Lebrun (Union Syndicale Solidaires), Damien Millet (CADTM)

    Le Collectif d’audit citoyen de la dette publique est composé des organisations suivantes: Act Up-Paris, Agir ensemble contre le chômage (AC!), AITEC, Amis de la Terre, Attac, CADTM, CEDETIM, Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif Richesse, Confédération CGT, Convergence SP, Coopérative DHR, Economistes Atterrés, Emmaüs International, Fakir, Fédération Syndicale Unitaire, Finances CGT, Fondation Copernic, Indecosa-CGT, L’Appel des Appels, Ligue des Droits de l’Homme, Marches Européennes, Marche Mondiale des Femmes France, Mouvement Utopia, Réseau Education Populaire, Résistance Sociale, SNESUP, Sud BPCE, Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, Union syndicale Solidaires.

    En soutien : Alliance Ecologiste Indépendante, Alternatifs, Association Nationale des Élus Communistes et Républicains, Démocratie et socialisme, Europe Ecologie Les Verts, FASE, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, M’PEP, NPA, Parti Communiste Français, PCOF, Parti de Gauche, Parti pour la décroissance

    clomani

    16 juin 2012 at 8 h 27 min


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :