LES VREGENS

Chères Louise, chers Louis,

with 10 comments

C’est en réécoutant cette chanson de Thomas Fersen que je me suis souvenu à quel point j’aimais ce prénom, Louise, et son pendant masculin, Louis.

Tes lèvres, Louise,
Sont des portes d’église
Où j’entre le matin,
Le chapeau à la main.
Tes lèvres, Louise,
Penses-tu ce qu’elles me disent,
Ou c’est du caraco,
Le rubis d’un mégot?

Après tout, peu importe
Où j’allume ma clope,
Aux premiers feux du jour
Ou aux foudres de l’amour,
Si les miennes se grisent
À tes lèvres, Louise

Sur tes lèvres, Louise,
Les miennes sont assises.
Je ne décolle plus les fesses
De ce banc de messe.
Tes lèvres, Louise,
Crois-tu ce qu’elles me disent,
Ou cette basilique
Est un kiosque à musique?

Après tout peu importe
Où j’allume ma clope,
Si ce n’est pas l’amour,
Ce sont les alentours
Si les miennes se grisent
À tes lèvres, Louise.

Ta lettre, Louise,
Est arrivée tantôt.
Des tes lèvres cerise,
Elles portent le sceau.
Tes lèvres, Louise,
Me donnent congé.
Ma rage s’épuise
Sur mes ongles rongés.

Paris te contient
Et je suis jaloux comme un chien.

(Paroles et musique Thomas Fersen)

**********************

 Il m’est facile de dresser rapidement une liste de personnes, célèbres ou anonymes, que j’apprécie pour diverses raisons, et qui portent un tel prénom. Que le lecteur veuille bien me pardonner si j’omets certains noms attendus ; ma liste sera tout sauf exhaustive, je la revendique subjective et donc imparfaite.

Commençons par les Louis.

Louis Jouvet, génial comédien, qui par la seule magie de sa voix et de sa diction si particulière me donna un temps envie de devenir moi aussi acteur ou comédien.

Louis Aragon, sans doute l’un des plus grands poètes contemporains, qui me fit comprendre que l’engagement politique pouvait s’allier à la poésie. Qu’il y avait une poétique du discours politique. Que tout était politique, même l’amour.

Louis Amstrong dont le swing initia mon oreille au jazz et dont le grain de voix me refila l’amour du blues pour toujours.

Louis Chedid, parce qu’il aime profondément les autres et que ça s’entend d’une chanson à l’autre.

Louis Bertignac, parce qu’il a fondé le groupe Téléphone avec (Jean)-Louis Aubert ; j’aime son jeu de guitare et sa cool-attitude.

Parmi les anonymes, il y a cet oncle Louis, que je n’ai pas connu, mort en Indochine, sous les drapeaux, à vingt ans. Et mon neveu Louison, qui a 16 ans aujourd’hui. Lorsqu’il avait 4 ans, mes enfants l’avaient un jour surnommé « Deux de tension » parce qu’ils le trouvaient trop lent face à l’ordinateur (sales gosses !). Louison était venu se réfugier dans les jambes de sa mère en gémissant : « j’m’appelle pas Louison d’tension ! » Tout le monde avait éclaté de rire, sauf lui bien sûr.

Louise Labé

Et maintenant les Louise.

Louise Labé, la poétesse, pour ses sonnets enflammés et lyriques.

Louise Michel, l’institutrice, la révolutionnaire, rebelle, anarchiste, féministe et communarde. La Femme qui est tellement l’égal de l’Homme que celui-ci doit se dépasser pour être à la hauteur.

Louise Brooks, parce qu’elle fait partie de cette famille d’acteurs du cinéma muet qui émerveilla mes yeux d’enfant, au même titre que Charlie Chaplin, Buster Keaton, Max Linder, Laurel et Hardy…

Louise Bourgoin, plus météorite que miss météo. Une personnalité qui crève l’écran ; un talent fou, un culot monstre, un plaisir des yeux et des oreilles. Un nom d’emprunt pour se faire un nom d’artiste.

Louise Ekland, pour le charme de son sourire, son regard plissé et malicieux, son délicieux accent british lorsqu’elle parle français.

Et puis l’image assez vague, comme en noir et blanc de ma tante Marie-Louise ; sa tenue stricte et soignée, sa voix grave et autoritaire. Elle fut la première à me faire boire du thé au petit-déjeuner, avec des toasts au miel. J’avais 8 ans.

Je garde aussi le souvenir d’une Louise virtuelle. Elle écrivait sur un blog des commentaires toujours très subtils, fins et spirituels. Elle devait être assez âgée et résidait en proche banlieue parisienne. J’ai compris un jour, au détour d’une phrase, qu’elle avait des problèmes de santé assez graves. Et puis, ses commentaires se sont faits de plus en plus rares. Puis plus rien. J’ai aimé cette Louise-là et je n’ai pas eu le temps de lui dire.

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Written by Juléjim

10 février 2013 à 11 h 32 min

Publié dans Hommage, Littérature, Musique, Tout et rien

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10 Réponses

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  1. et Louise de La Béraudière de l’Isle Rouhet, amante de Montaigne ?

    et Louise de Vilmorin ?

    Attendez le prochain bateau

    Belle, sous la mauvaise étoile,
    Un soir, une dame à vapeurs,
    Sur le pont d’un bateau à voiles
    Soupirait pour un voyageur.
    Mais insensible aux vœux d’un cœur
    Il aimait une dame à voile
    Au bord d’un navire à vapeur.

    Oh! Demoiselles fragiles,
    Coquettes des miroirs d’eau,
    Voici le port, voici l’île,
    Attendez le prochain bateau.

    Plus tard, devenue dame à voile,
    À bord d’un navire à vapeur,
    Elle revit ce voyageur
    Blanchi aux feux de son étoile.
    Mais il avait perdu son cœur
    Sur le pont d’un bateau à voiles
    Aux pieds d’une dame à vapeurs.

    Oh! Demoiselles fragiles,
    Coquettes des miroirs d’eau,
    Voici le port, voici l’île,
    Attendez le prochain bateau.

    (Louise de Vilmorin, Fiançailles pour rire, 1939)

    qui avait été mis en musique par jacques marchais, et dont je pense je suis la seule à me souvenir, à part sa famille et mon frère. triste.

    Anonyme

    10 février 2013 at 11 h 51 min

    • ben quoi, pas anonyme, zoze

      zozefine

      10 février 2013 at 11 h 53 min

      • On t’avait reconnu Zoze !

        Pour ce qui est des « absentes » j’avais prévenu : « Que le lecteur veuille bien me pardonner si j’omets certains noms attendus ; ma liste sera tout sauf exhaustive, je la revendique subjective et donc imparfaite. »

        Quant à Louise de Vilmorin, j’y ai pensé bien sûr mais méconnaissant son œuvre je n’ai pas voulu faire le cuistre et n’évoquer que celles et ceux que je connaissais quelque peu. Même chose pour Louise Bourgeois.

        D’ailleurs j’ai réalisé un oubli de taille : Luis Buñuel ! Avant tout pour « Los Olvidados », « Belle de jour », « La Voie lactée » et « Le charme discret de la bourgeoisie ».

        ******************************
        Merci à tous ceux qui ont commencé à étoffer le palmarès !

        😉

        Juléjim

        10 février 2013 at 21 h 09 min

  2. Il y a aussi cette Louise : http://www.deezer.com/track/7735885

    asinuserectus

    10 février 2013 at 12 h 12 min

  3. Moi aussi, je soutiens les Louise. Je déteste quand on en lâche une autour de moi.

    E_mmanuel

    10 février 2013 at 12 h 19 min

  4. Gavroche

    10 février 2013 at 12 h 28 min

  5. Gavroche

    10 février 2013 at 12 h 36 min

  6. Louise Bourgeois

    Louise Bourgeois, artiste plasticienne

    Gavroche

    10 février 2013 at 12 h 37 min

  7. pour ceusses qui seraient en région parisienne, une pub pour une copine :
    Louise aux Spectres Rouges de Emilie Sandre, mis en scène par Emilie Sandre Théâtre du Nord Ouest, Paris 75009 Paris
    http://www.froggydelight.com/article-11273-Louise_aux_spectres_rouges

    sgd

    10 février 2013 at 12 h 48 min


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