LES VREGENS

ANI, kekcekça ?

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Il y a deux jours, et sans vraie surprise, nos députés godillots ont voté l’ANI. Enfin, disons plutôt que ce sont les députés prétendus « socialistes » qui l’ont fait, parce que la droite (mais cela a-t-il encore un sens?) s’est « abstenue ». Pas parce qu’elle n’était pas d’accord, mais juste pour faire chier les autres. Pis c’est pas grave, parce que finalement, même si 250 d’entre eux ont voté pour, la majorité absolue était de … 139 (sur 554).

Ben ouais. 139 pingouins auraient donc été suffisants pour nous enfoirer encore un peu plus. La démocrature dans toute sa splendeur.

Mais l’ANI, c’est quoi ?

Quelques éléments de réponse :

Déjà, tout est dans le titre : on change de «modèle économique et social », et c’est parfaitement clair, la loi est désormais « au service de la compétitivité des entreprises ». Ou la vie des salariés au service des profits des actionnaires.

Premier coup d’épée contre la sécu, car désormais, ce sont les assureurs privés qui raflent la mise : 4 milliards d’euros… Payés moitié-moitié par les salariés et les patrons, mais ce sont ces derniers qui choisiront l’heureux bénéficiaire de cette manne … socialiste.

Dans la rubrique déjà bien étoffée des cadeaux aux patrons : 45 millions d’euros. C’est ce que représente la différence entre l’augmentation (très minime) des cotisations patronales sur les CDD très courts, et les exonérations totales de ces mêmes cotisations – pendant quatre ans – pour toutes les embauches des jeunes en CDI. Et devinez qui paiera ? Cette bonne vieille vache à lait de sécu, déjà en déficit…

Le texte parle aussi (sans rire) de la fameuse « mobilité volontaire » : en clair, si le salarié refuse d’être déplacé « volontairement » (il paraît que c’est pour « développer ses compétences ») à trois cent bornes de chez lui, il pourra être tout simplement viré manu militari, et sera considéré comme « démissionnaire » (pas de chomedu à la clé, donc) et « l’entreprise sera exonérée, à l’égard du salarié concerné, de l’ensemble des obligations légales et conventionnelles qui auraient résulté d’un licenciement pour motif économique ». Elle est pas belle la vie ? D’ailleurs, les prudhommes ne seront même plus compétents : en cas de refus d’une mutation interne imposée (changement de poste ou de lieu de travail, et avec maintien non pas de la rémunération, ce serait trop beau, mais du « niveau de la rémunération »), le licenciement qui s’en suivra ne sera pas pour motif économique mais pour « motif personnel », salauds de pauvres …

Wauquiez parlait de faire travailler les gens gratos ? Les socialos l’on fait : désormais, on parle (en termes élégants) de « préparation opérationnelle à l’emploi » : en clair, une période d’essai gratuite, appelée « formation » … D’ailleurs, le truc fonctionne déjà, d’après des copains qui se sont joliment fait avoir, chez la Biocoop de Cahors, par exemple…

Du côté de ces feignasses de chômeurs (et autres assistés) l’ANI crée un « conseil en évolution professionnelle », géré évidemment par des boîtes privées, qui vont « aider » les (autres) feignants de fonctionnaires de Pôle-emploi, à multiplier les machins style « bilans de compétences » (c’est là où tu découvres que tu es plus littéraire que matheux ou lycée de Versailles, et après, pour le reste, démerde-toi)…

Le chantage à l’emploi devient une valeur sûre, gravée dans le marbre : les salariés seront obligés d’accepter de « travailler plus pour gagner moins », contre… la promesse de l’employeur de (éventuellement, s’il peut, ou s’il veut bien ou selon l’âge du capitaine) ne pas licencier… On a vu ce que ça a donné chez les Conti, et bientôt, chez Mittal… Parce qu’évidemment, aucune obligation de respecter les promesses (patrons et politiques-même combat).

La loi entérine aussi les baisses de salaire, pour lesquelles, là encore, les prudhommes ne seront plus compétents. S’il refuse, le salarié sera juste viré pour « motif économique », et ce petit veinard pourra glander au chomedu… Mais attention, dans ce cas, ce licenciement ne sera pas soumis à « l’ensemble des obligations légales et conventionnelles qui auraient résulté d’un licenciement collectif pour motif économique » (en clair, pour son indemnité de licenciement, le petit veinard repassera).

Le plus chouette, c’est que le chômage partiel – qui pourra passer de 1000 heures à 1820 heures par an – des salariés (rebaptisé « activité partielle », c’est plus positif, comme truc) sera en plus largement récompensé : l’État mettra au pot de substantielles « aides financières » pour les malheureux patrons… Et tout ça, sans le moindre contrôle de ces salopards d’inspecteurs du travail, qui font rien qu’à emmerder le monde, comme chacun sait. Salauds de fonctionnaires…

Les licenciements collectifs seront aussi débaptisés : ils s’appelleront désormais plans de « sauvegarde de l’emploi »… et il suffira d’un simple accord d’entreprise, là encore le chantage officialisé, comme une nouvelle sorte de « management » : soit vous acceptez trente licenciements, soit vous en aurez cent…

Les patrons pourront aussi employer des salariés kleenex beaucoup plus facilement et recruter ce qu’ils appellent sans rire des travailleurs « intermittents »

Et le plus dégueulasse, c’est que l’employeur pourra désormais choisir qui il vire : non plus en fonction de l’ancienneté, des charges de famille, et toutes ces sortes de choses complètement ringardes, mais en fonction des « compétences professionnelles ». Gageons que les syndicalistes, ou tout simplement les gars un peu grande gueule se retrouveront très vite « incompétents ». En clair, les patrons pourront licencier encore plus vite et qui ils voudront.

Alors voilà, si vous voulez savoir comment celui ou celle que vous avez élu vous a défendu, c’est là.

Vous pouvez toujours adresser vos remarques acerbes à ces braves gens, sachant qu’aucun de ces messieurs-dames n’a de problème de fins de mois.

A part ça, vous noterez qu’il y a eu 554 votants…

On peut se demander où ils étaient quand cette photo a été prise …

Le vote de l'ANI

En tous cas, ce vote fera plaisir à Madame Parisot, ou à son remplaçant.

On peut dire merci à la « gauche » d’avoir fait (encore une fois) pire que la droite.

Naïfs que nous étions : il n’y a même plus de vaseline…

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Written by Gavroche

11 avril 2013 à 18 h 53 min

2 Réponses

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  1. Mais c’est quoi ce « XPTDR » (dans les tags) ? Tu estimes que ce n’est pas du changement, l’ANI ? Moi je trouve qu’il faut vraiment des cojones ça-comme pour oser ces reformes du XXIe siècle, éradiquer ces trucs passéistes comme la solidarité et le partage. Le progrès social est à ce prix et, grâce à ça, nous ferons tous bientôt partie des 1%. C’est mathématique.

    gemp

    12 avril 2013 at 0 h 41 min

  2. C’est encore un mauvais coup du social-libéralisme européiste qui est devenu le logiciel politique de François Hollande. Cahuzac la brebis galeuse doit apprécier…
    Salut et fraternité !
    Vingtras

    Anonyme

    12 avril 2013 at 9 h 30 min


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