LES VREGENS

Glauque, moche, gerbatoire, le dieu fric a gagné

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Y’a vraiment de quoi être déprimé. Quand je regarde le monde autour de moi, j’ai juste envie de ne plus rien voir ni entendre, d’oublier, de devenir Alzheimer, de me remettre sous la couette, d’hiberner, définitivement. J’ai la gerbe, le « voooomi », comme on dit par chez moi, même plus l’énergie de vouloir tout casser, comme à mon habitude.

La liste des saloperies ambiantes fait froid dans le dos, où sont les êtres humains ? Où sont les « justes » ? Rousseau a dû se tromper, les hommes ne sont pas naturellement bons. La planète meurt tout doucement, les pauvres aussi, et on s’en fout. On lit la presse pipeule, on regarde le grand journal, on rigole, on bouffe indus, on crève, nous aussi, à petit feu, comme la grenouille de l’histoire.

The-end

Sur le chapitre barbarie, dégueulasseries et autres saloperies, je vous parlais l’autre jour du déterrage des blaireaux, mais cette semaine, j’en ai appris d’autres, juste quelques unes, bien crades, bien glauques, de celles qui me mettent particulièrement en rogne, voyez :

  • Alors que les employés de Virgin se retrouvent sur le carreau, une main devant, une main derrière, sans que nos bons cons-citoyens aient jugé utile de lever ne serait ce qu’un sourcil (un tout petit peu) indigné (Stéphane Hessel est mort, et il a emporté l’indignation avec lui), lors de la journée de liquidation au Virgin des Champs-Elysées, les cons-sommateurs se sont rués comme des animaux (non, les animaux sont plus dignes que nous, Copain, lui, est en train de mourir sans emmerder personne) comme des malades, des abrutis, des connards, et ont dévalisé les rayons.  Charognards… qui ont utilisé le pouvoir qu’on leur a laissé : le désormais célèbre « pouvoir d’achat ». Z’auriez envie de vous battre pour le bonheur de cons pareils ? Moi non.

    L’ex patron de Virgin, Richard Branson, lui, va bien, il est champion de kite-surf, et rêve de navettes spatiales (il peut, il a le pognon)

    Quand il a senti le vent tourner, il a vendu Virgin à Butler Capital Partners (une société de « capital-risque », un machin bien français, malgré son nom), dont le patron est un certain Walter Butler un chouette gars, bien pote avec De Villepin, Albert Frère, et toute cette sorte de choses.

  • J’ai appris aussi que le big boss de la société générale, Frédéric Oudéa, a vu ses bonus augmenter de 75 %. 2,5 millions d’euros par an, pas mal, hein. Mais un peu minable face aux 2,9 millions d’euros de son pote Bonaffé, à BNP Paribas…

  • Autre vomissure entendue dans le poste : le sieur Cahuzac, tout honte bue, entend bien se représenter comme député (dans député il y a « pute », pardon pour les putes, qui n’en méritent pas tant) dans sa bonne ville de Villeneuve sur Lot. On a gentiment tendu le micro à des crétins qui trouvaient que peuchère lui, il était « courageux ». Ben ouais, faut dire que quelques millions « à gauche » (enfin, plutôt, de côté, bien à l’abri des contrôles fiscaux) ça aide. Et bientôt, comme disent les copains anars de Toulouse,il aura sans doute « sa rue ». Il y a bien des rues Thiers dans toutes les villes de France…Non, ce n’est pas notre ex-ministre du budget qui a légué son nom à cette rue de Toulouse située du côté de Croix de Pierre. Du moins, pas encore. Ce ne serait d’ailleurs pas si étonnant que ça, car des rues qui portent le nom d’un flibustier de la finance, d’un escroc voire d’une assassin, il y en a, et pas qu’un peu. Il suffit pour cela qu’il s’agisse d’un roi, d’un président, d’un ministre, d’un banquier, d’un général ou d’un autre « people ». A tous ces personnages, tout est si vite pardonné…

    Il n’est donc pas dit que notre Cahuzac, n’ait pas un jour « sa » rue. D’une certaine manière, d’un point de vue « scientifique », ce serait justifié : il est en effet un spécimen quasi parfait de l’homme (ou de la femme) politique dans la plénitude de son « métier ». C’est le prototype du politicien qui peut vous lâcher un énorme mensonge (à 600 000 euros l’exemplaire) en vous regardant droit dans les yeux, droit dans ses bottes (comme disait un autre), avec le frisson indigné de l’innocent outragé. Cahuzac, c’est le modèle du politicien cynique, celui qui peut vous jurer la main sur le cœur l’inverse de ce qu’il fait. Celui qui s’engage à anéantir toute fraude fiscale… après avoir mis ses économies bien au chaud, dans ces paradis fiscaux qu’il vous promet d’abattre. Les Cahuzac n’ont pas de couleur politique. Il a eu des prédécesseurs de tout poil et, dans l’ombre, ses successeurs se préparent. Pour eux, Cahuzac, c’est en quelque sorte le mètre-étalon du politicien, un genre de modèle d’exposition. Il ne tient qu’à nous de le transformer en pièce de musée (à placer entre les dinosaures et les mammouths) en nous débarrassant définitivement de ce qui produit tous les Cahuzac du monde : le capitalisme (et sa recherche effrénée de l’argent) et l’État (et sa pratique constante de l’oppression).

  • On respire au parti d’en rire.  Après avoir viré la juge Bertella-Geoffroy, affectueusement surnommée « l’emmerdeuse de la République » (des copains), on a appris que cette chère Martine Aubry, finalement, n’était coupable de rien. Pas grave, et assez logique, finalement, Fabius, mouillé jusqu’aux oreilles dans la vieille histoire du sans contaminé, est bien ministre, lui, hein. Pour expliquer leur décision, les magistrats causent sans frémir du « risque admis ». La part de morts autorisés, les squelettes dorés des Yes men, dont je vous parlais ici. Car pour ces gens, politiques, chefs d’entreprises, assureurs, grands patrons, quelques morts sont « acceptables », du moment que l’humanité « progresse ». Et leur pouvoir et leurs bénéfices en parallèle… Les morts seront de préférence des cadavres de pauvres, plutôt que des cadavres de riches, qui coutent plus cher à indemniser… Et il ne faut pas non plus qu’ils soient trop nombreux.

  • Rappelez-vous, dans sa grande mansuétude, notre ministre « socialiste » a quand même obtenu que les 57 personnes déjà indemnisées ne soient pas contraintes de rembourser leurs indemnités. A rapprocher des 35000 morts, rien qu’en France, selon les chiffres mêmes du Sénat.Bref, 57 morts indemnisés, ça va, plus ce serait une perte de « compétitivité » pour les entreprises. Alors…

  • Ah, pis j’oubliais. Vous pensiez pouvoir vous reposer un jour, profiter de la vie, bande de nazes ? Mais vous n’êtes ni haut fonctionnaire, ni « élu du peuple » (rire), ni grand patron, ni membre du Siècle ? Dans ce cas, vous repasserez, parce que vous serez morts avant. Et c’est le parti socialiste d’en rire qui vous aura tué.

    Le Medef en a rêvé, le parti « socialiste » le fait…

    Et pas la peine de rêver que vos cons-patriotes descendront dans la rue pour votre ou même leur propre retraite, ils préfèreront célébrer leur équipe de foot locale, jouer à l’euromillion, lire Closer (le nouveau journal qui parle de l’actualité heureuse), ou se ruer sur les soldes. Le pouvoir d’achat, je vous dis.

Allez, bonne journée quand même. Sous la flotte. Même ce vieux con de barbu de dieu de merde s’y met. C’est dire. Et moi, je retourne me coucher.

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Written by Gavroche

18 mai 2013 à 11 h 19 min

8 Réponses

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  1. Ce matin l’éditocrate Joffrin, à propos du récent discours de Hollande, réexpliquait à Patricia Martin face à Barbier que la distinction entre « social-démocrate » et « libéral » n’existe plus depuis au moins dix ans. Et que c’est d’ailleurs Hollande en tant que secrétaire général du P »s » qui avait fait changer la charte du parti en y incluant la « reconnaissance de l’économie de marché et la légitimité de l’initiative privée » et qu’en France on n’a pas changé le nom « parti socialiste » en « parti social-démocrate » parce que la social-démocratie s’appuie sur des syndicats puissants comme en Allemagne alors qu’en France ce n’est pas le cas !
    Il est très fort notre éditocrate.

    alainbu

    18 mai 2013 at 11 h 51 min

  2. Où c’est qu’il est le pognon ? Dollar-o-Gram 2013 : une visualisation des tailles des masses monétaires en milliards de dollars (anglais).

    gemp

    18 mai 2013 at 13 h 54 min

  3. Tu as oublié ce qu’on apprend sur les « réductions d’impôts » accordées à Tapie (dont MDP a un enregistrement…), le pognon touché par Balladur pour sa campagne, venu des « rétrocommissions non accordées au Pakistan)… et puis tout le reste de ce qu’on ne sait pas…
    Envie de dormir, tout l’hiver… j’ai dû me réveiller trop tôt…
    Signé la marmotte ;o((

    clomani

    18 mai 2013 at 18 h 48 min

  4. Que JLM ne soit pas toujours gracieux avec les médias ne suffit pas à expliquer son hitlérisation.

    Que cette hitlérisation vienne de la droite et de l’extrême-droite (dont on connaît les relations incestueuse) amuse quand on sait que beaucoup de ces gens sont les descendants des possédants qui criaient « plutôt bruns que rouges ».

    Mais qu’elle vienne de la gauche de gouvernement et de ses relais médiatiques, cela a de quoi étonner.

    Sauf si on considère que cette gauche, sous des habits sociétaux, est de droite…

    Quand même, Cahuzac, avec son cynisme et son égocentrisme, avec tout ce qu’il a produit de dégoût des hommes politiques, voilà un danger autrement plus grand pour la démocratie, non ?

    PMB

    19 mai 2013 at 17 h 16 min

  5. (Le texte précédent n’est pas celui que je voulais poster. Mais il cadre avec le sujet, hein !)

    Devant le cas Huzac main-dans-le-sac, on est partagé entre la pitié et la rage.

    Mais vite, expliquons cette pitié pour un drogué de la politique-magouille. Il ne s’agit en aucun cas de compassion, comme on en lit des traces sales dans tel témoignage d’électeur, de comparse politique local. Je pense par exemple à ce membre du ps que le Jéjé a choisi pour faire suppléant, à qui pour refuser il a fallu huit jours et surtout l’avis de… ses enfants ! Vous avez bien lu : un potentiel élu, que naïvement on aurait cru de ce fait doté d’une capacité d’analyse et de choix supérieures, qui lambine et s’en remet à ceux dont la bouche, il est vrai, sait elle seule sortir la vérité ! Quelle pitié, de la même eau que pour Cahufric !

    Et la rage de voir que ce fumier continue de creuser la piscine d’un parti déjà fort profonde et, plus généralement, celle du discrédit où coulent les politiciens de tous bords, tous ceux qui cachent les rares honnêtes sous l’ordure de leurs combines, de leurs trafics avec le grand patronat. Qu’il joue avec une totale impudeur la partition du bourreau-victime. Voir comment il explique son abandon du projet de demander le jugement de ses seuls électeurs par la vilaine méchanceté des médias et de ses anciens amis/complices/obligés du ps (cochez la ou les mentions qui leur conviennent).

    Actuellement, la mode est à hitlériser Mélenchon. Ben mon colon. Le vrai danger pour la démocratie, ce n’est pas lui mais Cahuzac.

    PS Dans un précédent article, vous avez fustigé les pingouins des Impôts. Il faudrait préciser que cette appellation caractérise les chefs. Voir ce qui est arrivé à un certain Rémi Garnier qui a voulu faire son travail sur le principe que la loi est la même pour tous.

    PMB

    19 mai 2013 at 17 h 19 min

    • Ah je sens qu’on n’a pas fini d’en bouffer, du Cahuzac ! Trouvé sur libe.fr

      //C’est «mon travail qui m’a permis hélas de gagner ces sommes et hélas de ne pas les déclarer», a-t-il déclaré en ajoutant que la pratique était, il y a 20 ans, d’une «banalité bien triste (…) dans le milieu que je fréquentais», qui n’était pas la politique, puisqu’il n’était pas à l’époque élu.//

      – C’est pas de sa faute, c’est celle des autres, enfin, de son travail. Et puis, tous les chirurgiens faisaient pareil. Et puis, ça l’a surtout pas empêché d’entrer en politique, vous savez, ce truc où des élus (une élite, quoi) se chargent de faire la loi, autrement dit le bien et le mal. Combine d’imposteurs comme lui cirent les bancs du Parlement ?

      //Jugeant la condamnation dont il fait l’objet «radicale»//

      – Bah oui, il a creusé encore plus le déficit de confiance des citoyens envers leurs élus, et il est racialement condamné à se faire étriller dans les médias qui l’encensaient et par ses potes de parti qui ne trouvaient jusque là rien à dire à son parcours de truqueur (voler au secours des fraudeurs de France Prune) et de ramasseur de fric (la chirurgie capillaire). De Patrick Dils à Loïc Sécher en passant par Marc Machin, on a vu pire comme condamnation !

      //il a par ailleurs annoncé qu’il travaillait à un livre sur l’affaire. «Je suis en train de faire un livre pour expliquer (…) les raisons pour lesquelles j’ai été amené à avoir cette attitude.»//

      – Et hop, un nouveau couplet de la chanson « C’était à l’insu de mon plein gré ».

      //«J’espérais cette campagne pour donner ces explications à ceux qui, il me semble, étaient en droit de me le demander»//

      – Ceux qui sont en droit de lui demander des explications, ce sont les juges, pas les électeurs dont on a vu hélas, de Mellick à Flosse en passant par Balkany, quelle capacité ils ont à pardonner de se faire entuber. En fait, il espérait être candidat pour faire iech son ex-parti. Besson, sors de ce corps !

      (Pourquoi revenir et insister sur ce Cahuzac ? Mais parce que c’est l’arbre qui cache la forêt !)

      PMB

      21 mai 2013 at 10 h 03 min

  6. c’est exactement ça , je vais me rendormir jusqu’ a un printemps futur,ouais , les cons-citoyens comme tu dis,c’est a désespérer,mais , le laminoir des ondes est passé par là , plus de sens critiques,plus de libre arbitre,si la télé le dis c’est que cela est vrai , elle remplace le prêche des curés des années 20/30;puis aussi l’individualiste forcené enseigné partout même a l’école;moi qui suis pourtant d’un naturel optimiste , là ,je sens la déprime m’envahir, et même les syndicats deviennent sans consistance……et , Mélenchon, on l’écoute même on l’approuve , : »mais ma pov’ dame c’est pas réalisable , voyez ben lenglet le dit alors ……on vote pas pour lui , pisque ça sert a rien » »on en est là; et on voudrait que j’ai le moral????

    Jo Mabloche

    20 mai 2013 at 23 h 22 min

  7. La société générale, une banque à fuir ! Comment une banque digne de ce nom peut-elle « gratter » de ci
    de là sur de « petits clients » une poignée d’euros ? Simple, simple comme bonjour. Envoi en AR et sans commandement d’exécution de carnets de chèques, contrôle abusif de comptes, annulation sans motif de LEP… ceci plus cela, on gratte, on gratte, et à la fin de l’année on comble ses déficits. Sur le dos de qui ? Du petit client, bien évidemment; le gros ayant les moyens de se défendre. Une banque est à l’image de
    sa direction… Fréderic Oudea ou pas, depuis quelques années, la société générale est une sale banque.

    Lily

    26 décembre 2014 at 11 h 35 min


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