LES VREGENS

Sacré Jean-Jacques !

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Il y a une vingtaine d’années, le jury de l’épreuve professionnelle du concours externe de recrutement des professeurs d’école (C.E.R.P.E) devant qui je me présentais pour intégrer plus rapidement le corps des P.E, me demanda de décrire mes pratiques pédagogiques du moment, tout en précisant l’essentiel de ma philosophie éducative. Au terme de mon bref exposé l’un des examinateurs eut cette réflexion : « Et bien ! c’est très rousseauiste tout ça, dites-moi ? »

 Je n’ai pas gardé le souvenir précis de ce que j’ai alors pu répondre (à part que j’assumais mes dires et mes pratiques, sans doute) mais je sais ne pas avoir reçu cette remarque, enveloppée dans un sourire condescendant,  comme un compliment.

JL l'instit (1990)

J’avais dû évoquer l’organisation générale de notre école maternelle, ses classes volontairement multi-âges, les aides aux apprentissages en appui aux projets des enfants, individuels ou collectifs, la libre circulation pour un accès quasi permanent à la bibliothèque centrale et documentaire de l’école etc… Et voilà que je me retrouvais comme suspecté, prestement catalogué dans la catégorie « rêveur pédagogiste », cette engeance qui semble considérer que l’essentiel de son rôle d’éducateur consiste à laisser les enfants faire l’expérience de la liberté, afin qu’ils en explorent les potentialités et prennent conscience de ses limites, ces irresponsables qui pensent qu’un enseignant est un facilitateur d’apprentissage , un compagnon de route sur les chemins du Savoir, avant d’être un répétiteur de savoirs. Une telle profession de foi suscitait manifestement un certain scepticisme, voire une inquiétude maquillée d’une douce ironie, chez mes interlocuteurs du moment, autant de réserves qui finirent par prendre forme dans cette question que l’on ne manqua pas de me poser : « Mais dites-moi, cher collègue, les heureux enfants de votre école, quand est-ce qu’ils apprennent vraiment ? »

 ***

La question que je me pose aujourd’hui est celle-ci : « Comment aurais-je réagi, à cette époque, si j’avais lu avec plus d’attention, de vigilance et de pertinence, l’oeuvre de Jean-Jacques Rousseau ? » Car je dois bien avouer que j’avais dû lire ce philosophe des Lumières aussi mal que celui qui m’interpellait alors, pour ne pas être capable de lui signifier qu’il se trompait lourdement, qu’il avait sans doute beaucoup lu Voltaire, mais pas assez Rousseau, non seulement son Emile, mais aussi le Contrat social, ainsi que son Discours sur l’inégalité.

Mais pourquoi aujourd’hui, me direz-vous ? Parce que j’ai écouté récemment Jean-Paul Jouary, enseignant et philosophe,  dans l’émission Dans le texte,  et que j’ai lu ensuite son livre intitulé « Rousseau, citoyen du futur ». En à peine plus de 200 pages, au format Livre de Poche, ce pédagogue, passionné par la politique et ses concepts, propose une relecture des principaux thèmes abordés par Jean-Jacques Rousseau dans ses écrits. Plus qu’une relecture d’ailleurs, à travers une analyse serrée, documentée et argumentée, Jean-Paul Jouary se livre à une véritable mise au point et à la réactualisation d’un philosophe dont les idées sont d’une vibrante et évidente modernité.

jj rousseau

N’ayant ni l’intention, ni l’ambition de refaire la brillante démonstration de cet expert en rousseauisme, je voudrais tenter d’inciter mes propres lecteurs à faire ce détour si vivifiant par ce livre stimulant et d’utilité publique. Voici donc quelques extraits choisis en guise de hors d’oeuvre.  Après avoir subi intrigues, persécutions, censures et malversations diverses, Rousseau, fatigué et malade, entreprend à Ermenonville la rédaction de son ultime ouvrage intitulé « Rousseau juge de Jean-Jacques ». L’auteur y invite ses futurs lecteurs à lire enfin ses oeuvres pour ce qu’elles sont.

 « … Ils commencèrent par dénaturer tous ses principes, pour travestir un républicain sévère en un brouillon séditieux, son amour pour la liberté légale en une licence effrénée, et son respect pour les lois en aversion pour les Princes. Ils l’accusèrent de vouloir renverser tout l’ordre de la société parce qu’il s’indignait qu’osant consacrer sous ce nom les plus funestes désordres on insultât aux misères du genre humain en donnant les plus criminels abus pour les lois dont ils sont la ruine. Sa colère contre les brigandages publics, sa haine contre les puissants fripons qui les soutiennent, son intrépide audace à dire des vérités dures à tous les états, furent autant de moyens employés à les irriter tous contre lui. Pour le rendre odieux à ceux qui les remplissent, on l’accusa de les mépriser personnellement… » (in Rousseau juge de Jean-Jacques, IIe dialogue)

 Ermenonville

En publiant en Hollande son Discours sur l’inégalité (en 1755), Rousseau se met à dos l’ensemble des acteurs de la vie politique et intellectuelle de son époque. Sévit alors une véritable guerre, « dont les enjeux nous interpellent encore » (Jean-Paul Jouary p.16)

 « … Je conçois dans l’espèce humaine deux sortes d’inégalités : l’une que j’appelle naturelle ou physique, parce qu’elle est établie par la nature, et qui consiste dans la différence des âges, de la santé, et qui consiste dans la différence des âges, de la santé, des forces du corps, et des qualités de l’esprit, ou de l’âme, l’autre qu’on peut appeler inégalité morale, ou politique, parce qu’elle dépend d’une sorte de convention, et qu’elle est établie, ou du moins autorisée par le consentement des hommes. Celle-ci consiste dans les différents privilèges, dont quelques-uns jouissent, au préjudice des autres, comme d’être plus riches, plus honorés, plus puissants qu’eux, ou même de s’en faire obéir.

On ne peut pas demander quelle est la source de l’inégalité naturelle, parce que la réponse se trouverait énoncée dans la simple définition du mot. On peut encore moins chercher s’il n’y aurait point quelque liaison essentielle entre les deux inégalités ; car ce serait demander, en d’autres termes, si ceux qui commandent valent nécéssairement mieux que ceux qui obéissent, et si la force du corps ou de l’esprit, la sagesse ou la vertu, se trouvent toujours dans les mêmes individus, en proportion de la puissance, ou de la richesse : question bonne peut-être à agiter entre des esclaves entendus de leurs maîtres, mais qui ne convient pas à des hommes raisonnables et libres, qui cherchent la vérité… » (in Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes)

Enfin, puisque j’ai introduit ce billet en évoquant des questions relatives à l’éducation, voici comment Rousseau nie l’existence de ce fameux » bon sauvage » auquel il aurait si naïvement cru :

 « … Il paraît d’abord que les hommes dans cet état [de nature] n’ayant entre eux aucune sorte de relation morale, ni de devoirs connus, ne pouvaient être ni bons ni méchants, et n’avaient ni vices ni vertus, à moins que, prenant ces mots dans un sens physique, on n’appelle vices dans l’individu les qualités qui peuvent nuire à sa propre conservation, et vertus celles qui peuvent y contribuer… (in Discours sur l’origine…)

 Autrement dit : « … les sauvages ne sont pas méchants précisément parce qu’ils ne savent pas ce que c’est qu’être bons. »

Et toc !

***

Alors, môssieur l’ex-futur professeur des écoles, toujours aussi rousseauiste ?

Plus que jamais, môssieur l’inspecteur de l’éducation nationale. Plus que jamais ! … d’ailleurs, vous avez Jean-Jacques en ligne :

« Français, on vous tient dans un délire qui ne cessera pas de mon vivant. Mais quand je ne serai plus, que l’accès sera passé, et que votre animosité, cessant d’être attisée, laissera l’équité naturelle parler à vos coeurs, vous regarderez mieux, je l’espère, à tous les faits, dits et écrits que l’on m’attribue… »

jjrousseau verso

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Written by Juléjim

23 mai 2013 à 11 h 56 min

13 Réponses

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  1. Coïncidence : voici ce que je viens d’envoyer à l’auteur de cet article :

    http://www.rue89.com/2013/05/22/meilleur-prof-verrez-quand-laurez-242548#comments-start
    …………

    Ah le prof passionné, théâtral, sympa, humain, toussa.

    Je l’étais. Mais j’étais aussi, parce que c’est indissociable, exigeant sur les apprentissages, qui sont une étape indispensable de la maîtrise d’une notion, exigeant sur la qualité globale d’un travail écrit.

    Et là, tout d’un coup, pour certains élèves et surtout certains parents les dernières années, je devenais moins bon et même « méchant ».

    Un libraire a cru malin de se joindre au prof bashing en publiant ses appréciations de bulletin scolaire, sous le titre « Peut mieux faire ». Fatale erreur : c’est la plus belle appréciation qu’on puisse écrire, trois mots positifs pour dire à l’enfant qu’il est imparfait (sinon il n’aurait pas besoin d’école) mais qu’on croit en lui.

    Un de mes meilleurs professeurs de français, c’était en première, bourru comme pas deux, a commencé par me mettre un 5/20 avec des annotations salées. Moi qui me croyais un chef dans cette matière (je ne suis pas devenu enseignant et écrivain par hasard), j’ai pris dur. Mais je n’ai pas fait mon jérémie comme c’est la mode, j’ai écouté ses critiques, et mon dernier devoir a eu un 15, avec ce commentaire que je n’ai jamais oublié, une vrai litote de bourru : tout n’est pas mauvais dans votre baratin. Quarante ans après, je l’ai revu pour lui dire qu’il avait été pour moi un modèle. Je me suis efforcé de ne jamais confondre méchanceté et sévérité, humiliation et mise en face des réalités.

    PMB

    athalouk

    23 mai 2013 at 12 h 34 min

    • Correction : en Première.

      athalouk

      23 mai 2013 at 12 h 35 min

    • Vous avez raison, Athalouk, il ne faut pas confondre « autorité » et « autoritarisme », « écoute bienveillante » et « laxisme », « enseignement » et « gavage », « éducation » et « dressage » etc… le débat infini sur l’école est truffé, pour ne pas dire rendu impossible, par ces confusions et autres malentendus.

      Mais mon détour par mon propre vécu d’enseignant n’était qu’une façon comme une autre d’amorcer ce billet sur la modernité de JJ Rousseau. Une façon, surtout, de témoigner en quoi j’étais personnellement interpellé passionnément par la démarche et le travail très pédagogique et d’utilité publique de ce « collègue » qu’est pour moi, pour vous, Jean-Paul Jouary.

      A part ça, j’ai moi aussi connu de bons profs et de moins bons. Parmi eux, il y a un géant, Georges Jean, enseignant, poète, linguiste, citoyen engagé. Il fut mon prof de lettres à l’école normale du Mans. Je pense qu’il m’a définitivement inoculé l’amour des mots, de la littérature, de la poésie, du cinéma et de l’art en général. Je ne l’ai jamais entendu élever la voix… sauf pour entonner avec nous la chanson du décervelage d’Ubu roi, en 1968.

      Juléjim

      23 mai 2013 at 13 h 38 min

      • Je compte bien, même si ce n’est plus directement utile pour moi, m’intéresser au travail de Jouary.

        Quant au débat infini sur l’école, même si je suis plus proche des positions de Brighelli le teigneux que de celles de Mérieu, j’évite d’y mettre les doigts, il n’y a que des coups à prendre, et aucun bénéfice pour les principaux concernés : les enfants.

        Un autre bon professeur, dont je parle dans mon premier livre :

        …Heureusement pour moi, j’ai rencontré l’année d’après mon éviction Monsieur Legrand, qui fut mon professeur de Français et de Mathématiques. Pour elles, il ne put guère dépasser deux et deux font quatre tant mon esprit vagabond résistait hélas à cette matière rigoureuse. Mais avec lui points, barres et accents revinrent comme par magie ; il m’ouvrit un monde inconnu : la Littérature, il m’apprit ces diables à quatre de Frères Jacques, Brassens le doux et fort, Villon le tendre révolté, et toute la poésie, matière futile et dangereuse que nos Arpenteurs avaient bien omis de nous montrer. Je laisse la versification, dont ils gardaient juste la mécanique. Leur métrique empesée singeait la poésie comme une croûte la Vue de Delft.
        Certes, il moralisait trop à mon goût – ces regards silencieux jusqu’au fond de la classe, ces longs discours quand il me gardait seul au bureau… – mais je n’y sentais ni mépris, ni contrainte, ni indifférence. La vie fut plus que cruelle pour lui et notre jeunesse maladroite ne sut guère en ces épreuves comment lui montrer sa sympathie. Je fus par la suite son collègue, son sourire était revenu et nos relations furent toutes ces années chaleureuses, limitées à un seul reproche : je refusais de le vouvoyer. Mêmes distendues par le temps, l’espace et le cours pressé de la vie, elles perdurent. Mes mots pour dire merci, je les garde pour lui.

        athalouk

        23 mai 2013 at 14 h 44 min

      • Veinard ! Georges Jean…

        La Griotte

        23 mai 2013 at 17 h 56 min

  2. « je suis plus proche des positions de Brighelli le teigneux que de celles de Meirieu »

    ***************************
    Ah mon dieu comme vous me faîtes de la peine quand je lis ça ! Brighelli a secoué le cocotier Educ Nat sans doute pour de bonnes comme de mauvaises raisons, en cela c’est un excellent polémiste mais cela en fait-il pour autant un bon pédagogue, un bon prof, voire un bon collègue ? Et puis en quoi a-t-il fait avancer sinon l’état de l’école mais au moins le débat ? Les iufm étaient un enfer et une escroquerie selon lui, on les a supprimées, la formation des enseignants s’en est-elle trouvée mieux ? etc,etc…
    Savez-vous que j’ai rencontré à diverses reprises quelques anciens collègues de Brighelli (lorsqu’il enseignait à Corbeil notamment) et aussi quelques anciens élèves à lui. Figurez-vous que ce monsieur avait l’art de se faire détester aussi quand on ne lui demandait que de faire son métier sans déverser sa bile et ses sarcasmes devant micros et caméras ? Il a même eu des parents au cul tellement il terrorisait certains élèves. A moins que ce ne soient uniquement les meilleurs de ses classes afin qu’ils soient encore meilleurs ? Mais j’en doute fort.

    Vous avez écrit « Mérieu » Athalouk, au lieu de Meirieu. L’avez-vous donc lu avec tellement peu d’attention et d’intérêt que vous n’avez même pas mémorisé la graphie correcte de son nom ? tsss tsss… Meirieu, toutes proportions gardées bien sûr, c’est comme Rousseau, ça se relit, tellement c’est riche, dense, intelligent et profond.

    🙂

    Juléjim

    23 mai 2013 at 16 h 49 min

    • Mérieu, c’est une faute sans doute inspirée par le démon de la pharmacie (Mérieux). Pour ma punition, je vais m’abonner aux Cahiers Pédagogiques ! J’ai si peu de mépris pour sa personne que j’ai correspondu courtoisement avec lui par courriel du temps du blogue Davidenkoff.

      Et je me refuse, après avoir lu votre portrait venimeux de Brighelli, à partir sur le terrain des personnes, à rester sur celui des analyses. Celle-ci, tirée de la fin de son livre La Fabrique du Crétin, me convient totalement. Mauvais prof, mauvais collègue etc, le Jean-Paul ? Et alors, Jean-Jacques était un mauvais père, cela n’enlève rien à sa valeur de théoricien.

      « … Pour cela, on a dévoyé les missions de l’Éducation. Nous donnions une culture, on ne s’en soucie plus, sinon à l’usage des cadres très supérieurs. Nous apprenions au peuple son histoire, on se débrouille aujourd’hui pour que des gosses de quinze ans ignorent qu’il s’est passé quelque chose avant leur naissance. Nous avions pour les enfants l’ambition de la réussite — on gère aujourd’hui leurs carences.
      L’excuse, ce fut l’arrivée massive des enfants de prolétaires au-delà de la troisième. Pas question de leur donner une culture que les «bourgeois» avaient créée à leur usage. On inventa donc l’objectif minimaliste du «français pour tous », agrémenté de quelques notions mathématiques, mâtiné de perspectives techniques et d’un baragouin vaguement anglais. Tirez l’échelle. Cela suffît. «Sous prétexte que les enfants du peuple n’ont pas encore acquis l’aptitude à percevoir les valeurs et les raffinements de la sensibilité, de l’imagination et de la pensée, on les en prive, en somme, de manière définitive.» On a donné dans la pathologie de l’égalité, qui est l’égalitarisme. À tuer l’ambition de l’école, on a anesthésié celle des élèves.
      L’inculture est l’idéal des maîtres qui nous gouvernent. Lorsqu’ils estiment que nous ne sommes pas acculturés assez vite, ils délocalisent leurs entreprises dans des pays en voie de développement — quitte à les déménager dès que le niveau de vie local, en progressant, s’accompagne d’un accès à l’éducation. Ce qu’ils ne pourront bientôt plus trouver au Vietnam ou en Indonésie, ils le fabriquent en même temps dans cette vieille Europe qui avait cru sortir de la nuit en élevant le niveau culturel de ses peuples. En bout de course, les entreprises délocalisées rentreront à la maison — une maison désormais hantée de crétins.
      L’enseignement est une donnée éminemment politique. L’Europe telle qu’elle menace de se construire, l’Europe à laquelle une majorité de Français a dit non, a, comme nous l’avons vu, un projet éducatif à son image — techniciste, et minimaliste.
      C’est là l’Europe des partis, de droite ou de gauche, de tous ceux qui, benoîtement, disaient oui à la Constitution qu’ils avaient élaborée à leur image.
      À cette Europe, à cette France des intérêts partisans, il est temps d’opposer une Europe, une France des peuples. Le libéralisme s’est inventé, partout, les systèmes éducatifs dont il rêvait pour s’imposer— de la même façon que la République, après 1789, avait peu à peu imaginé le système éducatif dont elle avait besoin pour apprendre la démocratie à des peuples imbibés de superstition. Laisser faire, aujourd’hui, c’est accepter tout ce que le Système projette pour demain — un univers orwellien qui n’aura plus les moyens de réagir. Soit, de toute urgence, nous reprenons en main notre destinée intellectuelle — et politique. Soit nous pouvons tirer un trait sur l’idée même d’éducation.
      Il en est de l’enseignement comme de l’économie de marché. Des peuples, partout, s’inventent aujourd’hui une économie alternative. Le capitalisme n’est pas l’aboutissement de l’histoire — il n’en est que le dévoiement, à l’usage de quelques-uns.
      De la même manière que se met en place un système alternatif, un commerce équitable, nous pouvons restaurer une éducation qui aurait pour but le développement de l’intelligence… »

      athalouk

      23 mai 2013 at 20 h 11 min

      • (Vite, corrigeons avec le maître ne se moque de moi !)

        Et je me refuse, après avoir lu votre portrait venimeux de Brighelli, à partir sur le terrain des personnes, préférant rester sur celui des analyses.

        athalouk

        23 mai 2013 at 20 h 14 min

      • Non, je ne suis pas « venimeux » Athalouk, moi je suis un chat, qui ronronne, qui sourit, mais qui sait aussi mettre des coups de patte quand on l’agace. Brighelli, lui, est un buffle ou encore un éléphant dans le magasin de porcelaine. L’extrait que vous me soumettez fait partie de ce que JPB a pu écrire de plus convenable, j’en conviens, au point que je peux moi-même aisément y souscrire mais il a écrit et dit bien pire depuis. Je vous renvoie aux billets de son blog et à son sens consommé du trolling sur les blogs de ceux qui ont le culot ou le mauvais goût de ne pas penser comme lui.
        Enfin, une faute impardonnable à mes yeux (de la part de cet ancien gauchiste activiste maoïste) : comment a-t-il pu écrire « L’inculture est l’idéal des maîtres qui nous gouvernent. » et ensuite apporter son soutien et son expertise d’enseignant à la clique chiraquienne puis sarkoziste ? Vous avez vu dans quel état la droite a laissé le système éducatif en 10 ans de pouvoir ? Brighelli, en tant que chef de file du courant antipédagos, a participé à l’entreprise de destruction quand un Philippe Meirieu et quelques autres se sont arc-boutés contre cette entreprise dévastratrice. Impardonnable.

        Juléjim

        24 mai 2013 at 15 h 04 min

      • //Brighelli, en tant que chef de file du courant antipédagos, a participé à l’entreprise de destruction quand un Philippe Meirieu et quelques autres se sont arc-boutés contre cette entreprise dévastratrice. Impardonnable.//

        On ne sera pas d’accord sur qui est responsable de la dévastation en ce sens que les responsabilités sont, je crois, partagées.

        J’ai dit être plus près de s principes de JPB que de ceux de PM, mais ça ne signifie pas que j’en sois inconditionnel. Ma seule devise est : « ni dieu, ni maître – à penser ». J’ai utilisé des idées venues des pédagogistes (le travail en séquences, la notation segmentée des rédactions, etc) mais à dose mesurée, et j’ai eu la chance, étant titulaire de mon poste et vieux dans le métier,de ne pas subir le dogmatisme obtus des inspecteurs pégagogols. Par exemple, j’ai toujours continué à faire des cours dédiés de grammaire, dont l’interdiction fut criminelle, on devait se limiter à de la grammaire de texte, du picorage quii ignorait totalement la progression mot>groupes fonctionnels>phrase : comment maîtriser une langue si on en ignore la mécanique.

        (Pardon aux cafémusiciens pas concernés par le sujet)

        PMB

        athalouk

        24 mai 2013 at 21 h 54 min

  3. Oui La Griotte, « le père Jean », comme nous l’appelions tous. Un charisme pédagogique, une culture titanesque, un passeur infatigable. Inoubliable.

    Juléjim

    23 mai 2013 at 18 h 07 min

  4. (Vite, corrigeons AVANT QUE le maître ne se moque de moi !)

    Vais me coucher, moi…

    athalouk

    23 mai 2013 at 21 h 52 min

  5. « Ma seule devise est : « ni dieu, ni maître – à penser ». »

    ***************************
    Les adversaires de Meirieu, et particulièrement ceux qui ne l’ont que très peu lu, l’ont ostracisé en en faisant un « maître à penser ». J’ai même lu une fois l’expression « Meirieu, le pape de la pédagogie » ! Il suffit de lire « La pédagogie, entre le dire et le faire » pour réaliser à quel point Meirieu est plus un pragmatique qu’un dogmatique. Il faut aussi avoir travaillé avec des chercheurs en pédagogie pour comprendre qu’un enseignant qui ne théorise pas ses pratiques est condamné à la routine. Je n’ai jamais compris cette polémique stérile. Freinet était un bricoleur de génie, ce qui ne l’a pas empêché d’écrire abondamment sur la pratique pédagogique. C’était un maître qui donnait à penser, pas un maître à penser.
    « Enseigner cessera d’être un art lorsque apprendre ne sera plus un mystère. »

    Juléjim

    25 mai 2013 at 12 h 09 min


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