LES VREGENS

« Marchons, marchons ! … »

with one comment

Des films, il y en a de toutes sortes, et chacun d’eux joue son rôle, s’acquitte de son projet, plus ou moins bien. Des comédies pour faire rire, des thrillers pour faire frissonner, des mélodrames pour faire pleurer, des documentaires pour informer, de la SF pour faire rêver, des chroniques politiques pour faire réfléchir ou témoigner…etc…

Quel but, quel projet assigner au film de Nabil Ben Yadir, « La Marche », qui retrace l’initiative  de quelques jeunes des Minguettes (à Vénissieux) en 1983 ? Une « marche des beurs » à travers la France, de Marseille à Paris, du 15 octobre au 3 décembre, 17 au départ, 100 000 à l’arrivée ! Une prouesse physique, une Parole revendicative symboliquement forte et pacifiste : « POUR l’égalité, CONTRE le racisme ! »… au final, un impact plus médiatique que concrètement sociopolitique. Ce qui fit s’interroger certains à l’époque : tout ça pour si peu ? Etait-ce bien utile ?

La Marche des Beurs

La même question se repose-t-elle aujourd’hui, en 2013, pour le film cette fois ? Sans doute est-elle légitime, à condition de ne confondre ni les époques, ni les modes d’expression, ni les objectifs. Hier, il y a 30 ans, c’était une marche pour interpeller l’opinion, de ville en ville, aujourd’hui, c’est un film pour rappeler la condition et le statut de ces jeunes de la 2e génération issue de l’immigration, et leur refus, malgré la violence latente ou patente ponctuellement, d’y répondre par la violence.

« La violence, d’où qu’elle vienne, ne mène à rien ! » est-il rappelé dans le film. A la place de « violence » on peut dire aussi « la haine », car l’une et l’autre s’auto-alimentent sans cesse.

 

La Marche le film

Même si l’on peut toujours émettre des réserves à propos de certaines séquences qui peuvent sembler surjouées ou trop du registre fictionnel, ou bien s’interroger sur la contribution d’un Jamel Debbouze, dont le charisme et l’impact médiatique pourrait détourner les habitués du Jamel Comedy Club du coeur du sujet, je trouverais attristant et dommageable que ce film sincère, généreux et juste fasse un flop commercial. Parce que c’est un film utile, au sens où le proclame la chanson de Julien Clerc, texte d’Etienne Roda-Gill :

 

« A quoi sert une chanson
Si elle est désarmée ?
Me disaient des chiliens,
Bras ouverts, poings serrés.

Comme une langue ancienne
Qu´on voudrait massacrer,
Je veux être utile
À vivre et à rêver.

Comme la lune fidèle
A n´importe quel quartier,
Je veux être utile
À ceux qui m´ont aimé,

À ceux qui m´aimeront
Et à ceux qui m´aimaient.
Je veux être utile
À vivre et à chanter.

Dans n´importe quel quartier
D´une lune perdue,
Même si les maîtres parlent
Et qu´on ne m´entend plus,

Même si c’est moi qui chante
À n´importe quel coin de rue,
Je veux être utile
À vivre et à rêver.

À quoi sert une chanson
Si elle est désarmée ? »

***

affiche stop le racisme

 Samedi 30 novembre 2013, des manifestations ont été organisées dans toute la France afin de dire une fois encore NON à tous les racismes, Oui au droit et au respect de toutes les différences ! J’ai marché, une fois encore,  de République à Bastille ; oh nous n’étions pas seuls sur le boulevard Voltaire certes non… mais 25 000 participants à Paris, selon les organisateurs, est-ce satisfaisant ? est-ce suffisant ? J’ai un gros doute… Combien étions-nous au total dans tout le pays, à marcher ? J’ignore le chiffre. A-t-il seulement été calculé ?

Et pour ne rien enlever à ma tristesse un ami, hier, m’a fait parvenir la photo d’un document de 1938. Outre l’année, qui à elle seule annonce une période si douloureuse et si noire de notre histoire, les mots et expressions qui figurent sur ce document font froid dans le dos. Devrons-nous attendre d’être retombés aussi bas pour être vraiment plus nombreux à réagir un jour prochain à ce qu’il faut bien appeler une recrudescence des pulsions et des opinions racistes et xénophobes chez un nombre croissant de nos concitoyens ?

 racisme 1938

 A votre tour, je vous en prie, soyez utiles ! Soutenez la cause de l’anti-racisme, allez voir le film de Nabil Ben Yadir ! Marchons, marchons contre ce cancer qui ronge le « vivre ensemble » !

***

+ Vendredi 6 décembre 2013 : j’ai appris la mauvaise nouvelle ce matin. Mandela est mort hier. Je dédie humblement ce modeste billet à la mémoire de ce géant de la lutte contre le racisme et l’ostracisme. Il est, et restera pour toujours la preuve vivante que « l’idée raciste » est une totale absurdité que l’humanité doit combattre sans relâche.

mandela_bye

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Une Réponse

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  1. Rien que cet oncle Tom d’Harlem Désir à la tête de la manif, ça m’a énervée.

    Et les roms, ils y ont pas droit, à l’égalité, sous un gouvernement « de gauche » ?
    Y’a que les ministres blacks qui ont le droit d’être défendus ?
    Parce que les autres blacks, bronzés et bougnoules (sans même parler des roms) continuent de se prendre les matraques de la police « socialiste » sur la gueule.

    http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/301113/la-police-entasse-des-roms-dans-les-toilettes-dun-squat

    http://www.politis.fr/Injures-coups-et-crachat-le-recit,24306.html

    Aujourd’hui, les « antiracistes » c’est ceux-là, la bande à Debbouze, les ceusses qui font bien marrer le bourgeois :

    Second degré, me direz-vous ? Ben moi, ça me fait pas rire. Je dois être aussi con, sans doute, que les jeunots de banlieue qui ne rêvent que d’être DJ, ou trader…

    Oui, je suis grognon. Et ça va pas s’arranger.

    Gavroche

    2 décembre 2013 at 17 h 43 min


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