LES VREGENS

Ukraine, un autre son de cloche

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shadok_propagande

 

Alors que les médias nous bourrent le mou depuis quelques mois à propos de « la crise ukrainienne », et que d’instinct, je me méfie de la propagande, voici quelques éléments de réflexion, qui démontrent que le méchant de l’histoire n’est pas forcément le seul Poutine  :

– La stratégie américaine en trois points :

1. Face à la montée en puissance des pays émergents et pour tenter de freiner leur déclin, les USA ont décidé de fracturer l’Eurasie pour empêcher tout rapprochement entre l’UE et la Russie. Le but étant de court-circuiter définitivement la constitution pourtant naturelle d’un bloc concurrent Europe et pays émergents, face aux États-Unis.

2. L’idée est aussi de garantir sur le long terme la soumission de l’UE à l’égard de l’Oncle Sam, tant sur le plan sécuritaire qu’économique. Administrativement, le Traité Transatlantique en préparation viendra bientôt parachever l’arrimage définitif de la docile Europe au Titanic étasunien.

3. Le coup d’État de Kiev et le déclenchement de la crise ukrainienne représentent le coup d’envoi opérationnel de cette stratégie de division. Les États-Unis vont maintenant tenter de fixer une guerre de basse intensité à la frontière européenne pour pérenniser la détérioration des relations entre l’UE et Moscou. La propagande amerlocaine et la presse bien de chez nous ont été mobilisées pour convaincre les peuples occidentaux que la Russie est le (seul) grand méchant de l’histoire.

Les préparatifs

Un véritable encerclement de la Russie.

Depuis la fin de la guerre froide et malgré la dissolution du Pacte de Varsovie, l’OTAN a été artificiellement maintenu en activité et les USA ont tout fait pour incorporer un maximum des anciennes républiques soviétiques dans le bloc atlantiste au travers de leur intégration à l’UE et/ou à l’OTAN. Exemple, la Pologne. Mais aussi la France, et cela, depuis Sarkozy. Avec le développement parallèle du fameux bouclier anti-missile amerlocain, la Russie s’est ainsi retrouvée littéralement encerclée et stratégiquement menacée par les avancées militaires atlantistes.

Pièce à conviction :

Le bouclier anti-missile

5 milliards de dollars investis par les États-Unis :

Dans une conférence sur le thème « Ukraine in Washington 2013 » Victoria Nuland, sous-secrétaire d’État américaine pour l’Europe et l’Eurasie, a confirmé qu’en 5 ans, les États-Unis avaient injecté plus de 5 milliards de dollars US pour pousser les cœurs ukrainiens vers l’UE…

Pièce à conviction :

Le coup d’État

Le facteur déclenchant (ou fenêtre d’opportunité)

Le 21 novembre 2013, l’Ukraine de Ianoukovitch (Président malgré tout démocratiquement élu, et avec la bénédiction de l’OSCE) a rejeté le traité de libre-échange avec l’UE. Dans les négociations, l’UE avait notamment refusé à l’Ukraine un prêt de 20 milliards,  et le Traité européen aurait de toute façon ruiné la base industrielle du pays. Ce traité était donc nettement moins attrayant que l’union douanière proposée par Moscou.

Car le 18 décembre 2013, Vladimir Poutine annonçait la levée des barrières douanières entre l’Ukraine et la Russie, ainsi que son intention de baisser le prix de son gaz et d’offrir au gouvernement ukrainien un prêt de 15 milliards de dollars.

Les manifestations commencent donc sur la place Maïdan,  dès la fin novembre et ont immédiatement été présentées en Europe comme une volonté collective des Ukrainiens de la rejoindre (les 5 milliards investis par les USA ont porté leurs fruits en permettant une mobilisation rapide et massive grâce aux associations ainsi financées…).

Soutien occidental aux néonazis

Rapidement, les Occidentaux ont compris que c’était sur les partis d’extrême-droite, les néonazis, qu’ils allaient pouvoir s’appuyer pour radicaliser la crise. Tout le gotha de l’élite atlantiste a donc mouillé la chemise pour aller soutenir les franges radicales de l’opposition dans une manifestation d’ingérence d’une obscénité remarquable. Nuland, Ashton, McCain et consorts se sont ainsi relayés aux côtés des néonazis sans discontinuer durant des semaines.

Pièce à conviction :

Le copinage avec l’extrême-droite néo-nazie

Les USA choisissent le nouveau gouvernement

L’interception et l’enregistrement d’une conversation téléphonique autour du 25 janvier 2014, entre l’ambassadeur américain en Ukraine Geoffrey Pyatt et Victoria Nuland, montrent que ces derniers travaillaient d’arrache-pied à la composition du nouveau gouvernement ukrainien à mettre en place sitôt le putsch réalisé. C’est accessoirement le fameux enregistrement dans lequel Mme Nuland se lâche en disant : «Au fait, vous savez : Fuck the EU».

Pièce à conviction :

Les snipers de la place Maïdan étaient ceux de la vertueuse opposition

Très vite, une violence organisée a pris le pas sur les contestations pacifiques de la place Maïdan. Des armes sont apparues dans les rues jusqu’à ces fameux jours de la fin février où des snipers ont provoqué un bain de sang qui devait déboucher sur l’accord bidon entre gouvernement et opposition, puis sur la fuite de Ianoukovitch.

Des snipers évidemment présentés par toute la presse aux ordres comme membres de la police de Ianoukovitch…

Pourtant, très tôt et au plus haut niveau, de sérieux doutes apparaissent sur cette version.

Dans une conversation piratée entre le ministre estonien des Affaires étrangères, Urmas Paet, et la cheffe de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, le ministre révèle ainsi qu’on lui a montré des preuves que les snipers actifs à Maidan «tiraient sur les deux camps». Et, surtout que «la conviction est de plus en plus forte que ce n’était pas Yanoukovitch qui était derrière les snipers, mais quelqu’un de la nouvelle coalition».

Pièce à conviction :

Une enquête de la chaîne allemande ARD a récemment enfoncé très profondément ce clou.

Pièce à conviction :

L’après coup d’État

Des oligarques corrompus pro-UE remplacent désormais des oligarques corrompus pro-Ukraine.

Pièce à conviction :

http://www.les-crises.fr/ukraine-oaodvd-5-2/

Une de leur premières décisions a été de libérer Iulia Timochenko, l’égérie de la première « révolution colorée » que l’UE adore, alors même que son parcours pue le souffre à plein nez (corruption massive, suspicion de meurtres, etc…).

Pièce à conviction :

Timochenko

Offensives anti-russes

Une autre décision immédiate de la junte de Kiev aura été de supprimer la langue russe comme deuxième langue officielle du pays alors que toute la partie est de l’Ukraine est massivement russophone. Pour la Russie, il était donc clair que cette «nouvelle Ukraine» pilotée par Washington serait fondamentalement anti-russe, et qu’elle faisait dès lors peser sur sa sécurité une menace stratégique en compromettant la pérennité du stationnement de sa flotte en Crimée, et donc son accès aux mers chaudes.

Pièce à conviction :

http://fr.ria.ru/world/20140223/200560426.html

Le contre coup d’État

Rattachement (légal ?) de la Crimée.

Dès lors, la réaction russe était prévisible. Et le référendum d’indépendance de la Crimée, puis son rattachement à la Russie, ont été la réponse du berger à la bergère, et qui plus est dans le respect de la légalité internationale, au grand dam des propagandistes occidentaux qui s’acharnent à faire croire le contraire.

Pièce à conviction :

Propagande schizophrénique du bloc atlantiste.

L’un des paradoxes que doivent gérer aujourd’hui les propagandistes atlantistes de l’opération est d’expliquer pourquoi, en janvier-février derniers, ceux qui érigeaient des barricades et mettaient le feu à des bâtiments administratifs à Kiev étaient de vertueux démocrates, freedom fighters à leurs moments perdus ; alors que ceux qui le font aujourd’hui dans l’est de l’Ukraine sont d’épouvantables terroristes à la solde de Moscou.

Accusations sans preuve

Des montages photos pour justifier les sanctions

Dans l’est de l’Ukraine, la situation est en train d’évoluer vers la guerre civile. De leur côté,  les pyromanes occidentaux ne cessent de jeter de l’huile sur le feu à coups de sanctions qu’ils justifient en accusant la Russie de fomenter ces troubles. Pour l’heure toutefois, ils n’ont pas été capables d’apporter la moindre preuve à leurs allégations, et ont dû se rabattre sur des montages photos ridicules pour étayer leurs accusations.

Pièce à conviction, qui vaut son pesant de cacahuètes. Une tonne au moins de cacahuètes…

Les photos truquées du NYT

L’accélération vers l’inéluctable

Le bloc atlantiste piloté par les États-Unis a donc construit, et continue de construire, de toutes pièces, une situation explosive qui met aux prises des puissances nucléaires dont aucune ne peut désormais se permettre de plier l’échine.

Mais il est clair que quoi qu’il advienne, la responsabilité en incombera complètement à l’agression étasunienne, et au suivisme et à la lâcheté des Européens.  Rien de tel qu’une bonne guerre pour relancer l’économie …

 

Sources :

http://www.entrefilets.com/

http://www.les-crises.fr/

 

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4 Réponses

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  1. Posé sur ma page FB et sur twitter… Schneidermann décriait hier la désinformation organisée dans nos media ! Et rappelons que les Ukrainiens au pouvoir n’ont pas encore été élus, que je sache !!!

    clomani

    6 mai 2014 at 8 h 42 min

  2. Merci pour cette synthèse parce qu’il y a tellement d’info sur Les Crises que je ne savais plus où donner de la tête. Ça craint joyeux.

    gemp

    6 mai 2014 at 17 h 35 min

  3. tes pièces à conviction sont accablantes, gavroche ! merci pour cette synthèse décapante et qui je dois avouer me fait voir la situation en ukraine de manière tout à fait différente, et même opposée à celle que j’avais jusqu’alors. ça pue grave,

    zozefine

    9 mai 2014 at 16 h 13 min

  4. pour les snipers, je suis trop loin pour porter le moindre jugement.
    Il n’en est pas de même sur le débat de « ce soir ou jamais » : Sapir et Todd, comme d’hab savent de quoi ils parlent (pauvre Guigou, jolie potiche socialouche) et mettent à mal l’action de l’UE aux ordres de … de …qui ?

    randal

    9 mai 2014 at 17 h 03 min


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