LES VREGENS

Notre misérable État juif

with 5 comments

Je lisais ce matin l’article de Gideon Levy publié le 6 juillet dans Haaretz.

Traduit ici sur le site de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix)

Il écrit :

Les jeunes de l’État juif attaquent des Palestiniens dans les rues de Jérusalem, exactement comme les jeunes chez les gentils attaquaient les Juifs dans les rues d’Europe.

Comme lui, je me suis toujours demandé, comment un peuple (si peuple il y a, car comme l’explique Shlomo Sand, l’existence du « peuple juif » n’est basée que sur la Bible, ce qui laisse place au doute, surtout si l’on n’est pas religieux) dont les parents ont subi l’horreur de la Shoah peut traiter un autre peuple comme les israéliens traitent les palestiniens. Comment les victimes peuvent devenir des bourreaux.

Graffiti raciste à Hébron

Les israéliens traitent les arabes exactement comme les allemands les ont traités… Ils n’étaient pas des hommes, juste un peu moins que des animaux.

Pour Gideon Levy,  l’extension permanente des colonies juives en Palestine n’est qu’un symptôme, le vrai problème c’est le régime totalitaire qui règne sur la Cisjordanie. C’est le plus gros problème pour les Palestiniens aussi bien que pour les Israéliens puisque leur nation est devenue une fausse démocratie.

La communauté internationale devrait se concentrer sur le fait qu’il y a ici deux peuples, l’un qui a tous les droits et l’autre qui n’en a aucun sauf celui de subir l’occupation.

Parlez des pêcheurs de Gaza sans secours quand on leur tire dessus depuis des bateaux de guerre ; parlez des enfants brutalement arrêtés en pleine nuit ; parlez des innombrables détentions sans procès, des familles déchirées entre Gaza et la Cisjordanie, entre Jérusalem et Ramallah. Parlez du doigt israélien qui effleure la gâchette ; parlez des tribunaux discriminatoires, de la dépossession quotidienne, des démolitions de maisons et de la destruction de villages ; parlez des pâturages transformés en champs de tir juste pour décourager les habitants et les expulser ; parlez des soldats qui tirent par ennui et des officiers de police qui procèdent à des arrestations juste parce qu’ils peuvent le faire.

Parlez de l’apartheid inhérent à la Cisjordanie et de l’avenir terrible qui se profile pour tout enfant palestinien cherchant à construire sa vie, ou juste à aller à la plage, même si elle est proche de chez lui. Parlez des Gazaouis qui ne peuvent pas exporter leurs marchandises ni aller où que ce soit – pas étudier, pas aller à l’hôpital, pas rendre visite à des membres de leur famille ni travailler en dehors de leur prison, la plus grande du monde. Parlez des milliers de prisonniers, dont certains sont des prisonniers politiques, qui sont confrontés à une discrimination inhumaine par rapport à leurs semblables juifs. Parlez de la bureaucratie de l’occupation qui est une autre méthode de maltraitance. Parlez des checkpoints et des injustices accablantes. Parlez des horreurs de l’occupation.

Lien sur l’article en entier

Dans un autre article, glaçant et magnifique, également publié sur Haaretz, le 2 juillet, Chemi Shalev écrit :

… je suis juif, et, même si je n’étais pas né à l’époque, il est des scènes de la Shoah qui sont irrémédiablement gravées dans mon esprit.
Aussi, lorsque j’ai vu les vidéos et les photos de divers bandes de Juifs racistes d’extrême droite parcourant les rues de Jérusalem, , « la bave aux lèvres comme des bêtes sauvages », hurlant « Mort aux Arabes ! », pourchassant au hasard et en plein jour des passants repérés pour leur apparence ou leur accent pour les tabasser avant l’arrivée de la police, l’association d’idées a été automatique. C’est la première chose qui m’est venue à l’esprit. Et je pense que c’est la première chose qui viendrait à l’esprit de n’importe quel Juif.

Il explique que ces « incidents » ne sont pas isolés, n’émanent pas seulement des jeunes israéliens d’extrême droite, mais aussi des politiques :

David Rubin, ancien maire de la colonie de Shiloh, s’est montré plus direct : dans un article publié par le site Israel National News, il écrit qu’un « ennemi est un ennemi, et la seule façon de gagner cette guerre est de détruire notre ennemi sans trop se soucier de faire la différence entre les soldats et les civils. Nous, Juifs, viserons toujours en priorité des cibles militaires, mais il est parfaitement inutile de se sentir coupables de perturber, de blesser ou de tuer des civils ennemis dont la quasi-totalité soutient le Hamas et le Fatah. »

Vous pourrez lire cet article en entier sur ce lien.

Et puis, sur un blog de Mediapart, j’ai lu ceci :

Comment le mal fut rendu banal

À moins d’un km de Gaza, à Sderot, c’est en famille, autour de petites tables pliantes dressées pour des agapes champêtres, que, sur un promontoire offrant une vue imprenable sur l’enclave palestinienne, on assiste aux raids d’hélicoptères et aux lourdes colonnes de fumée noire s’élevant dans le ciel après le passage des F16. Les gamins, les yeux rivés aux jumelles, applaudissent à chaque frappe. De vieux parents, plus blasés, somnolent dans leurs chaises pliantes.

Je ne suis pas juive, et en même temps, si, je le suis. Comme je suis arabe.

Du coup, comme Chemi Shalev, ce texte me fait penser au film Shoah, de Claude Lanzmann.  Dans ce film,  j’ai le souvenir de ce jeune garçon, hilare, qui fait le geste de se couper la gorge, face au barbelés d’Auschwitz.

Non, les allemands n’ont pas tous directement participé au crime. Tous ces gens « normaux » ne faisaient finalement que regarder passer les trains, indifférents.

Non, les israéliens ne sont pas tous des assassins. Certains vont juste « se détendre » le jour de Shabbat, face à Gaza sous les bombes.

 

Publicités

Written by Gavroche

13 juillet 2014 à 11 h 29 min

5 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. coup de poing au sternum, souffle coupé. merci gavroche

    zozefine

    13 juillet 2014 at 12 h 47 min

  2. Commentaire refusé (problème technique)… je vais me contenter de proposer ce lien…

    clomani

    13 juillet 2014 at 13 h 03 min

  3. Apartheid: 43 ans, de juin 1948 à son abolition en 1991.
    Territoires palestiniens occupés: 47 ans, de la Guerre des Six jours en juin 1967, toujours en expansion aujourd’hui.

    gemp

    13 juillet 2014 at 14 h 18 min

  4. en Israel … matin brun … intégral et permanent …sous le rire grinçant d’un dieu dérisoire et cruel.
    et pour cette génération, qui s’abrite derrière la souffrance de leurs grands-parents, ne restera que la honte de ne pas se regarder aujourd’hui au miroir.

    randal

    13 juillet 2014 at 16 h 00 min


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :