LES VREGENS

Le grand supermarché de la reproduction humaine

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Tout s’achète, tout se vend.

La prostitution, bientôt un « métier » comme un autre…

Des « assistantes sexuelles » pour les handicapés.  Ça, ça existe déjà.

Encore un métier comme un autre.

Bientôt des écoles pour les former.

Faut bien faire reculer le chômage. Et se faire réélire.

J’ai même lu ce matin que drogue et prostitution contribuaient au PIB britannique pour plus de 11 milliards d’euros…

Et que bientôt, elles seraient même comptabilisées en Europe…

Y’a pas de petits profits.

Et ce dimanche 5 octobre 2014,  la Manif pour Tous va défiler à Paris et à Bordeaux, paraît-il contre « la marchandisation de l’humain ». En fait, seulement contre la gestation pour autrui (GPA), et la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes.

Sans doute par un heureux hasard, et malgré la récupération du vocabulaire anti-capitaliste et écologiste, la Manif pour Tous n’a jamais protesté contre la marchandisation du vivant avant le mariage gay.

 

gpa

Nicolas Sarkozy : Il faudra inscrire dans la constitution des verrous juridiques pour réserver la PMA aux couples hétérosexuels infertiles et interdire complètement la GPA (…). Jamais je n’accepterai la marchandisation de l’enfant. (Le Figaro Magazine)

Bon, ça, c’est la droite, bien réac.

Mais la « gauche » ? Sans vraie surprise, elle cause strictement comme la droite, ainsi la « gauche » soutient la PMA, mais seulement pour les couples hétérosexuels infertiles. Du PS aux Verts en passant par le Front de gauche, du gouvernement VallsHollande au « Collectif pour le respect de la personne » (CoRP), tous unis pour la PMA et contre la GPA.

Manuel Valls :  Contrairement à la GPA, qui est et sera prohibée parce qu’elle instaure une commercialisation de l’humain, la PMA n’est pas interdite aux couples hétérosexuels rencontrant des problèmes médicaux. Elle n’est en revanche pas ouverte aux couples de même sexe. (…) Nous n’avancerons pas plus loin sur cette question tant que nous n’aurons pas l’avis du Comité consultatif national d’éthique.

Alors, le 7 octobre prochain aura lieu à l’Assemblée nationale une réunion d’information sur « Le marché de la maternité et des enfants », à l’initiative du Corp, qui certes, lance des pétitions contre la pratique des mères porteuses, mais s’abstient de critiquer la PMA. Ce qui lui permet de réunir les signatures de Jacques Testart et de René Frydman, les auteurs de la première fécondation in vitro. FIV sans laquelle aucune GPA n’est possible.

Or, la marchandisation de l’enfant commence bel et bien avec la procréation médicalement assistée.

Dans le supermarché mondialisé de la reproduction humaine, la loi de l’offre et de la demande fixe le cours de l’ovule, du sperme, et des actes médicaux. Un marché de plusieurs milliards de dollars. Chez Cryos Bank, leader mondial, le sperme est livré en 24 heures, moyennant 500 à 2 000 €. Aux États-Unis, un ovule coûte entre 2 500 et 50 000 $, selon les exigences des clients. Des catalogues en ligne offrent un choix de fournisseuses en fonction de critères toujours plus précis. Des centaines de jeunes Françaises vendent leurs ovules chaque année en Espagne. Des milliers de couples pratiquent des PMA dans des cliniques privées d’Espagne, d’Ukraine ou de Belgique.

Et ce marché de la reproduction humaine croît avec l’effondrement de la fertilité. Diminution de la qualité du sperme, augmentation des malformations génitales et de l’incidence du cancer des testicules, troubles de la fonction ovarienne, de l’implantation utérine après fécondation et de la gestation. Des ravages dus à la société industrielle : stress, tabagisme, sédentarité, et surtout empoisonnement par les perturbateurs endocriniens et polluants reprotoxiques (pesticides, hormones de synthèse, PVC, phtalates, bisphénol A). Déjà près d’une femme sur 10 doit recourir à la PMA.

Les pseudo-opposants à la « marchandisation de l’humain » se gardent bien d’énoncer cette évidence : le capitalisme détruit nos facultés naturelles et gratuites pour nous les revendre sous une forme artificielle et payante. Dépossédés de notre capacité à nous reproduire, nous sommes soumis à une technocratie en blouse blanche : médecins, inséminateurs, biologistes et généticiens. La procréation humaine est une industrie soumise à la guerre économique.

D’ailleurs, qui dit fécondation in vitro, dit diagnostic pré-implantatoire (DPI). Les embryons produits par PMA sont testés et triés génétiquement avant d’être implantés. Sur le marché du bébé, l’eugénisme est dans la pipette. Avec le DPI, soyez les designers de votre progéniture : choix du sexe, bilan sanitaire, etc. Au Fertility Institute de Los Angeles, 700 des 800 bébés de riches fabriqués chaque année ont des parents fertiles, avides de choisir leur enfant sur critères génétiques.

Laurent Alexandre, PDG de DNAvision, leader européen du séquençage ADN :  Comment empêchera-t-on des parents de préférer des enfants aux yeux bleus ou plus doués que la moyenne ? L’étude du câblage neuronal du fœtus permettra de connaître les variants génétiques qui favorisent l’intelligence. Les parents pourront être tentés de supprimer les fœtus à potentiel intellectuel limité.

 

transhuman3

Miroslav Radman, directeur de l’unité Inserm « Génétique moléculaire évolutive et médicale », membre de l’Académie des sciences :  Il va bien falloir se poser la question de l’homme transgénique.

L’« homme transgénique », hybridé d’implants technologiques, « augmenté » de facultés nouvelles pour dominer la compétition de tous contre tous, est le projet totalitaire porté par les transhumanistes. La reproduction artificielle de l’humain est l’outil premier de la fabrique de l’Homme nouveau, de cette race supérieure dont ils espèrent accoucher.

Avec la généralisation du diagnostic pré-implantatoire, les inégalités économiques se doublent d’inégalités biologiques. Les riches profitent des meilleurs outils de sélection ; les pauvres seront les chimpanzés du futur. Les militants de gauche réclameront sûrement un service public de l’eugénisme pour toutes et tous, comme ils défendent déjà une « GPA éthique et responsable ». Des bébés labellisés « commerce équitable ».

Peut-il y avoir une croissance infinie dans un monde fini ? Avons-nous besoin d’enfants à tout prix ? Faire des enfants est-ce un droit ? Une obligation ? Ne pourrait-on pas tout simplement adopter des enfants orphelins ? Y compris des enfants bronzés, aux yeux noirs, des enfants malades, des enfants « pas normaux » ?

Le monde de demain sera t-il encore plus qu’aujourd’hui composé d’humains de seconde zone ?

Pour les transhumanistes, l’humain n’est plus qu’une erreur que la technologie corrige.

Lien sur l’article source, signé Alexis Escudero et l’excellent site Pièces et main-d’oeuvre

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5 Réponses

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  1. je plussoie au delà de tous les mots que je pourrais utiliser pour plussoyer à ton texte brillant et frappé au coin du juste, du bon sens et de l’analyse. merci gavroche, bravo, tu fous le doigt là où ça fait mal, et encore, je trouve que tu aurais même pu appuyer plus profond et trouiller plus ardemment.

    zozefine

    5 octobre 2014 at 11 h 24 min

  2. Bon texte en effet, mais il serait juste de lui rendre ses auteurs, qui sont Pièces et main d’oeuvre, et Alexis Escudero, l’auteur de « La reproduction artificielle de l’humain ». Bouquin que je recommande également.
    Ciao a tutti.

    Gart

    5 octobre 2014 at 17 h 40 min

    • Merci, Gart, j’ai rendu le lien/source en fin de billet plus explicite.

      Gavroche

      5 octobre 2014 at 19 h 00 min

  3. Sacrés problèmes de conscience que ça pose, ce « modernisme du corps hyper marchand ». Très difficile d’avoir un avis là-dessus…
    Hier soir, j’ai vu sur F5 un doc. (« In Vivo ») sur la sexualité des handicapés. Plutôt bien fichu parce que démontrant crûment mais délicatement les besoins sexuels non seulement des handicapés (moteurs pour la plupart). Même les femmes s’exprimaient. Un handicapé moteur quadragénaire racontait combien il s’était senti « homme » et pas pauvre chose exclue du jour où un copain (handicapé – maladie des os de verre-) l’avait aidé à trouvé une femme acceptant un « rapport sexuel marchand » avec les handicapés. Puis on avait le témoignage de cet homme aux « os de verre », dans un centre pour handicapés de ceux qui pouvaient en parler, du personnel soignant disant que l' »assistant sexuel » était vraiment une solution interdite, mais recommandable. La misère sexuelle est terrible chez ces gens qui pensent comme vous et moi mais ont des corps difformes. Quelle femme saurait comme ça, généreusement, bénévolement, faire ne serait-ce qu’une branlette à un homme dont le corps et le visage sont totalement ingrats car ravagés par ce handicap ? Pour moi, même payant, ce genre de rapport est inconcevable. Une femme de 50 ans disait -avec difficulté en raison de ses problèmes moteurs de langage- qu’elle avait toujours rêvé d’être pénétrée… parce qu’elle ignorait totalement ce que c’était. Mais visiblement, si les hommes avaient trouvé des femmes pour accepter de satisfaire leurs besoins sexuels en payant, cette femme n’avait pas trouvé d’homme capable de passer à l’action.
    Du coup, on se dit que ça fait des riches handicapés des gens qui ont de la chance, et des pauvres des exclus frustrés, double peine quoi… Mais j’aurais eu du mal, plus jeune, à passer à l’acte avec un handicapé, fût-il suprêmement intelligent et charmeur.
    Pour la PMA, il me semble que les traitements hormonaux donnés à ces femmes « en manque d’enfant » (ce besoin me paraît très « culturel » à moi qui n’en ai pas fait) sont très invalidants, le parcours très humiliant pour les couples… Et vraiment, où est l’obligation de se reproduire alors que la nature nous fait comprendre que bon, il vaudrait peut-être mieux s’occuper des enfants déjà nés et privés d’amour parental.
    C’est en effet très gênant de se retrouver politiquement presque du côté des culs pincés, culs bénits et extrême droite. Moi je ne me situe nulle part. Chacun devrait pouvoir faire comme il le sent, comme il le veut. Sauf que la marchandisation du corps a le vent en poupe, et que tout ça crée des inégalités qui ne font que confirmer les inégalités d’origine : selon qu’on soit pauvre ou riche, con ou intelligent… etc.
    Je vais faire une réflexion « de comptoir » avant d’arrêter : vouloir faire un enfant à n’importe quel prix est du domaine de la folie… on devrait savoir que la vie est un paradoxe.
    Cet été j’ai aidé une SDF guinéenne échouée à St Nazaire grâce au 115, à faire son parcours « Restos du Coeur, assistantes sociales etc. » Elle avait un gosse de 20 mois et était enceinte de 8 mois et demi. Quand nous attendions aux Restos du Coeur, j’ai compté qu’il y avait 4 femmes enceintes + Fanta qui attendaient leur carte. A la sortie, j’en ai parlé à Fanta. Je lui ai demandé comment elle avait fait pour faire un enfant alors qu’elle était précaire, nouvellement débarquée à Nantes… Elle m’a dit qu’elle prenait la pilule, sauf qu’elle l’avait oubliée… mais qu’elle allait demander à l’hopital après l’accouchement si on pouvait lui ligaturer les trompes. Fanta, 23 ans, sans papiers, allant d’hôtel en hôtel proposés par le 115, atteinte de drépanocytose (une maladie très douloureuse et souvent invalidante), deux enfants, petit fétu de paille flottant dans les dédales administratifs des demandeurs d’asile en attente d’asile… qui a dû croiser à l’hopital de Nantes où elle a accouché des femmes désespérées de ne pouvoir faire un enfant.
    Essayons de faire avec ces paradoxes…
    Et surtout arrêtons de juger et de culpabiliser les femmes ou les hommes stériles ou de se la péter parce qu’on en a eu. En avoir, c’est rien. En faire des hommes ou des femmes heureux, ouverts sur l’avenir, c’est nettement plus compliqué et ça rate une fois sur deux.

    clomani (@clomani1)

    6 octobre 2014 at 8 h 52 min

  4. bon article, Gavroche

    Le plus fou , c’est que après s’être enrichis au prix de notre infertilité (involontairement je pense, pas de complot, juste une volonté d’enrichissement sans barrière éthique) et de décès massifs, il vont encore trouver un moyen de s’enrichir sur notre infertilité.
    C’est un peu le même schéma partout, par exemple, après s’être enrichis au prix de la destruction des abeilles, ils vont s’enrichir en vendant des nano drones pour polleniser à la place des abeilles disparues.
    c’est un peu comme en médecine où on soigne les symptomes mais on cherche rarement la cause.

    Arrêtons d’agir sur les symptomes (l’infertilité) et éradiquons les causes de la dite infertilité. Il ne faut plus laisser des gens s’enrichir en détruisant notre santé ou la biodiversité (entre autres).

    sinon le plus inquiétant : « Des catalogues en ligne offrent un choix de fournisseuses en fonction de critères toujours plus précis. » Attention danger on n’est plus très loin de « bienvenue à Gattaca » .

    cremedecanard

    15 octobre 2014 at 13 h 03 min


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