LES VREGENS

Bonne année quand même

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Ils nous prennent pour des veaux.

Cette semaine, j’ai regardé les jités, et pas vraiment de surprises.

Les sujets ? Ben les traditionnels marronniers de décembre :

– les courses aux cadeaux, les micro-trottoirs sur le même thème, chouette c’est Noël, on va dépenser son RSA et les gens sont contents du seul pouvoir qui leur reste, le pouvoir d’acheter des poupées en plastoc très moches made in China. Sont très contents aussi d’aller acheter tout ça un dimanche, évidemment.

et les commerçants sont contents.

– les vacances au ski, chouette c’est l’hiver, il neige, et les commerçants sont contents.

– et bien sûr, les gens merveilleux qui consacrent un peu de leur temps pour apporter une soupe chaude aux sans abri … « L’esprit de Noël » est là, même si quelques uns des SDF crèvent de froid. Alors, là, évidemment, les commerçants sont pas contents, parce que les pauvres, ça fait tâche.

Comme à Angoulême.

Ou à Saint-Ouen, où  la chasse aux pauvres est ouverte.

Oui, les pauvres, ça fait tâche, ça sent pas bon sous les bras, surtout quand ils osent l’ouvrir. Le populo est raciste, grande gueule, poivrot sur les bords, et il pue du bec.  Les grévistes qui se battent pour une vie meilleure sont  des assistés et des bons à rien.

Et le Monde, journal prétendument objectif, et orienté « centre gauche » selon wikipédiatre  (il appartient à des banquiers « de gauche », faut croire que ça existe) relaie la propagande avec l’aide des traditionnels « experts »…

Bref, mieux vaut les bons petits soldats qui se lèvent tôt, et travaillent en auto-entreprise pour une moitié de smic. Sont courageux, eux. Ainsi, à Paris, comme sur les trottoirs de nos chères bonnes vieilles colonies de Cochinchine, on a réinventé le pousse-pousse pour balader les touristes. Et en plus, c’est « écolo », alors…

La cerise sur le gâteau, c’était hier soir, après les vœux du machin qui habite l’Élysée.

Sujet 1, comment « vous allez réveillonner ».

– soit dans le restaurant machin, avec une belle vue sur les z’illuminations parisiennes. Menu à 420 euros, « boissons non comprises ». Pas pour les pue la sueur, œuf corse.

– soit sur la plage, avec plein de gugusses déguisés en Dalton ou en Schtroumpfs … véridique, il y a des gens qui font ça, 500 bornes pour aller bouffer des huîtres sur une plage par moins 10°, déguisés en ça. Comment vous voulez y croire, même encore un peu, après ça ?

Le reportage ne montrait pas ceux qui ont bouffé des nouilles et sont allés se coucher, faute de chauffage ou même simplement d’eau courante.  Ceux là ont fait cuire leur nouilles avec de l’eau minérale…

Sujet 2, « ce qui va changer en 2015 » :

– Augmentation de l’électricité, du gaz, du train, des bus et de toute cette sorte de choses, émanant du « secteur public », forcément… Alors que les prix du privé, eux, ont baissé. Message subliminal : salauds de fonctionnaires. Et ouvrez votre porte-monnaie, bande de nazes.

– Baisse des charges pour les patrons. Qui le disent haut et fort quand même : ils n’embaucheront pas, ils veulent d’abord « augmenter leurs marges » (ben ouais, où y’a d’la gêne, hein, et tout ça) et « investir » (rire) … euh… en Chine. Tout ça en attendant des « opportunités » et le retour de la « croâssance. »

Sinon, on laisse les autoroutes au privé, en attendant … le déluge. Il est donc urgent d’attendre.  Et si les profits ne sont pas au rendez-vous, les patrons de Vinci et autres Eiffage n’ont pas de souci à se faire, pas de problème, c’est l’État (et donc nous) qui mettra au pot.

Et le p’tit Manu l’a dit chez les espingouins (courageux, mais pas téméraire, hein) préparez-vous à un joli serrage de ceinture.

Bien évidemment, les « zélites » ne sont pas concernées, parce que le capitaine de pédalo, c’est en bateau qu’il nous a menés.

Ne nous reste qu’à travailler (si on peut) et jusqu’à 70 ans, à remplir nos Caddies de merde industrielle, à sortir nos cartes de crédit, si on en a. Le Parti d’en rire euh… « socialiste » s’applique, en échange de la bienveillance des nantis, à cirer les bottes des chevaliers du CAC 40 tandis que se multiplie le nombre des chômeurs …

Allez, encore un effort, serrez-vous la ceinture, faites confiance au divin Marché, permettez aux requins de s’ébattre, aux gorets s’en fourrer plein la panse. En attendant, les gars, voyez tel cancrelat s’envoler vers son paradis fiscal, tel autre s’agenouiller devant le dieu dollar. Que leur importe l’Afrique livrée à la voracité de firmes sans foi ni loi, que leur importent les perdants, que leur chaut le dauphin arraché à la mer pour servir d’attraction dans les enclos où Mickey, Superman et MacDo accueillent en fanfare et achèvent de plumer les gogos que nous sommes.

Le capitalisme ne se contente pas de dominer, il va s’emparer de tout, et rien ne lui échappera : ni le charbon, ni le pétrole, ni le gaz, non plus que l’eau et l’air. Et par le biais des semences que dispense gratuitement la nature (gratuitement, mais quelle horreur !), il s’en prend à la vie même par le biais du génie génétique… Tout s’achète, tout se vend, même les ventres des femmes pauvres, même les enfants, soigneusement sélectionnés.

Et le peuple, lui, se tait.

Bon allez, bonne année quand même.

A lire : Capitalisme, la chute et ensuite, de Michel Cornillon, éditions Chronique virgule.

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4 Réponses

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  1. Je défends l’égaré, le faible, et cette foule
    Qui, n’ayant jamais eu de point d’appui, s’écroule
    Et tombe folle au fond des noirs événements ;
    Etant les ignorants, ils sont les incléments ;
    Hélas ! combien de temps faudra-t-il vous redire
    A vous tous, que c’était à vous de les conduire,
    Qu’il fallait leur donner leur part de la cité ;
    Que votre aveuglement produit leur cécité ;
    D’une tutelle avare on recueille les suites,
    Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.
    Vous ne les avez pas guidés, pris par la main,
    Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin ;
    Vous les avez laissés en proie au labyrinthe.
    Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte ;
    C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.
    Ils errent ; l’instinct bon se nourrit de clarté ;
    Ils n’ont rien dont leur âme obscure se repaisse ;
    Ils cherchent des lueurs dans la nuit, plus épaisse
    Et plus morne là-haut que les branches des bois ;
    Pas un phare. A tâtons, en détresse, aux abois,
    Comment peut-il penser celui qui ne peut vivre ?
    En tournant dans un cercle horrible, on devient ivre ;
    La misère, âpre roue, étourdit Ixion.
    Et c’est pourquoi j’ai pris la résolution
    De demander pour tous le pain et la lumière

    A ceux qu’on foule aux pieds – victor hugo (1872)

    un extrait seulement …

    randal

    1 janvier 2015 at 15 h 48 min

    • en guise d’illustration, un extrait de « Boulevard du Palais »
      qui rend hommage à Thierry Jonquet

      randal

      1 janvier 2015 at 21 h 51 min

  2. Oui, et ce soir, sur F2, service « public » paraît-il, le producteur « privé » Michel Drucker, grand valet devant l’éternel, va consacrer quelques heures de « prime time » à vanter les mérites d’un certain bateau appelé « Charles De Gaulle ». Des heures de pub pour la marine nationale et ses bateaux à moteurs à « uranium » !!!
    Tout ça avec notre fric ! Je m’étrangle…
    Inutile de dire que je ne regarde plus les JiTés tant ça m’énerve… (sauf le matin pour me mettre de mauvaise humeur)… mais tout glisse, parce que tout est lisse… un fait divers, une hypocrisie, un fait divers, un politique, un fait divers, un sourire appuyé, un fait divers, une pub pour un film de m…
    Media libres ;o(

    Claudia Luscher

    1 janvier 2015 at 18 h 25 min

  3. Je n’enlèverais pas une virgule à cet article. Complètement d’accord avec les idées, la formulation…

    bleufushia

    5 janvier 2015 at 9 h 42 min


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