LES VREGENS

Des crayons, vraiment ?

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Ces derniers jours, on a vu fleurir partout ce genre de dessins :

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Sur ces dessins, des terroristes masqués (les lâches), armés, et forcément musulmans, c’est à dire arabes. Et forcément islamistes et barjots. Les mêmes dessins, chez nous …

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En gros, il s’agirait d’opposer la barbarie des uns (en fait la barbarie des « autres ») contre notre si belle civilisation. L’obscurantisme qui tue, face à nos « Lumières » censées éclairer le monde, et seulement grâce à des stylos. La noire censure, face à la désormais fameuse « liberté d’expression ».

D’aucuns n’hésitant pas à bidouiller les images dans le sens du vent (mauvais), comme  Le Nouvel Obs :

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avant

après

après

Un récit répété ad nauseam partout. Le pays des Bisounours.

Parce que tout ça, c’est de la merde. Et nous avons quelque peu perdu et le sens des réalités, et surtout, la mémoire.

Depuis 2001, et le Patriot Act qui a suivi, ça a été « eux » contre nous. Chez les amerlocains, mais aussi chez nous, en bons valets que nous sommes. La fameuse « guerre des civilisations » appelée de ses vœux par la droite la plus réactionnaire.

Parce que partout dans le monde, en Irak, à Gaza et en Afghanistan, ce ne sont pas des stylos qu’on leur a envoyé sur la gueule, aux muslims. Et ce ne sont pas douze morts que nous avons causés, mais des millions de vies que nous avons brisées.

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Merci à Sylvie

Des gens qui avaient aussi une histoire, une vie, une famille, des parents et des enfants. Une maison, un pays. Des gens qui ont aussi pleuré, gémi, ont été blessés, mutilés, torturés, défigurés, tués.

Et non, ils n’ont pas été massacrés à coups de stylos, que je sache. Et personne ici ne savait leur nom. Personne ici n’est descendu dans la rue. Personne ici ne les a pleurés. A vrai dire, la plupart des gens s’en foutaient. C’était loin, et pour la plupart, c’étaient des bronzés.

Bref, nous avons opportunément « oublié » les guerres coloniales, qui continuent joyeusement et qui ont maintenu les populations du Tiers-Monde dans la misère. Et notamment celles du « monde arabe ».

Nous avons oublié l’Algérie, la colonisation, les massacres de Sétif, Charonne, les ratonnades. Oubliées aussi les conditions dans lesquelles continuent à vivre « nos » musulmans.

Tellement bien racontées par Pacôme Thiellement  :

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Nous sommes tous des hypocrites. C’est peut-être ça, ce que veut dire « Je suis Charlie ». Ca veut dire : nous sommes tous des hypocrites. Nous avons trouvé un événement qui nous permet d’expier plus de quarante ans d’écrasement politique, social, affectif, intellectuel des minorités pauvres d’origine étrangère, habitant en banlieue. Nous sommes des hypocrites parce que nous prétendons que les terroristes se sont attaqués à la liberté d’expression, en tirant à la kalachnikov sur l’équipe de Charlie Hebdo, alors qu’en réalité, ils se sont attaqués à des bourgeois donneurs de leçon pleins de bonne conscience, c’est-à-dire des hypocrites, c’est-à-dire nous. Et à chaque fois qu’une explosion
terroriste aura lieu, quand bien même la victime serait votre mari, votre épouse, votre fils, votre mère, et quelque soit le degré de votre chagrin et de votre révolte, pensez que ces attentats ne sont pas
aveugles. La personne qui est visée, pas de doute, c’est bien nous. C’est-à-dire le type qui a cautionné la merde dans laquelle on tient une immense partie du globe depuis quarante ans. Et qui continue à la
cautionner. Le diable rit de nous voir déplorer les phénomènes dont nous avons produits les causes.

A partir du moment où nous avons cru héroïque de cautionner les caricatures de Mahomet, nous avons signé notre arrêt de mort. Nous avons refusé d’admettre qu’en se foutant de la gueule du prophète, on humiliait les mecs d’ici qui y croyaient – c’est-à-dire essentiellement des pauvres, issus de l’immigration, sans débouchés, habitant dans des taudis de misère. Ce n’était pas leur croyance qu’il fallait attaquer, mais leurs conditions de vie. A partir de ce moment-là, seulement, nous aurions pu être, sinon crédibles, du moins audibles. Pendant des années, nous avons, d’un côté, tenus la population maghrébine issue de l’immigration dans la misère crasse, pendant que, de l’autre, avec l’excuse d’exporter la démocratie, nous avons attaqué l’Irak, la Libye, la Syrie dans l’espoir de récupérer leurs richesses, permettant à des bandes organisées d’y prospérer, de créer ces groupes armés dans le style de Al Quaïda ou de Daesch, et, in fine, de financer les exécutions terroristes que nous déplorons aujourd’hui. Et au milieu de ça, pour se détendre, qu’est-ce qu’on faisait ? On se foutait de la gueule de Mahomet. Il n’y avait pas besoin d’être bien malin pour se douter que, plus on allait continuer dans cette voie, plus on risquait de se faire tuer par un ou deux mecs qui s’organiseraient. Sur les millions qui, à tort ou à raison, se sentaient visés, il y en aurait forcément un ou deux qui craqueraient. Ils ont craqué. Ils sont allés « venger le prophète ». Mais en réalité, en « vengeant le prophète », ils nous ont surtout fait savoir que le monde qu’on leur proposait leur semblait bien pourri.

Nous ne sommes pas tués par des vieux, des chefs, des gouvernements ou des états. Nous sommes tués par nos enfants. Nous sommes tués par la dernière génération d’enfants que produit le capitalisme occidental. Et certains de ces enfants ne se contentent pas, comme ceux des générations précédentes, de choisir entre nettoyer nos chiottes ou dealer notre coke. Certains de ces enfants ont décidé de nous rayer de la carte, nous : les connards qui chient à la gueule de leur pauvreté et de leurs croyances.

Nous sommes morts, mais ce n’est rien par rapport à ceux qui viennent. C’est pour ceux qui viennent qu’il faut être tristes, surtout. Eux, nous les avons mis dans la prison du Temps : une époque qui sera de plus en plus étroitement surveillée et attaquée, un monde qui se partagera, comme l’Amérique de Bush, et pire que l’Amérique de Bush, entre terrorisme et opérations de police, entre des gosses qui se font tuer, et des flics qui déboulent après pour regarder le résultat. Alors oui, nous sommes tous Charlie, c’est-à-dire les victimes d’un storytelling dégueulasse, destiné à diviser les pauvres entre eux sous l’œil des ordures qui nous gouvernent ; nous sommes tous des somnambules dans le cauchemar néo-conservateur destiné à préserver les privilèges des plus riches et accroître la misère et la domesticité des pauvres. Nous sommes tous Charlie, c’est-à-dire les auteurs de cette parade sordide.
Bienvenue dans un monde de plomb.

Voilà pour nos prétendues « valeurs ».

Et pour en revenir aux stylos : oui, ce sont eux, bien tenus en main par les puissants, qui ont signé toutes les lois les plus liberticides, ce sont ceux de nos bons éditocrates qui ont entretenu l’islamophobie (le nouveau terme poli pour dire racisme anti-arabe) et qui ont maintenu toute une frange de la population française dans la marge, au-delà du périph.

Curieusement, ils ont « condamné les terroristes » mais bien peu ont essayé de comprendre comment on en était arrivés là, nous, les « civilisés ». Les « musulmans » ne se sont pas seulement « radicalisés » parce qu’on se foutait joyeusement de leurs croyances, mais aussi parce qu’ils se sentaient (et se sentent toujours) étrangers dans leur propre pays. On se demande d’ailleurs comment il se fait que des drames comme ceux de la semaine dernière ne se produisent pas plus souvent : pour des gens normaux et doués de raison, ça devrait signifier que les « musulmans » ne sont peut-être pas tous aussi « barbares » que ce qu’on nous dit, finalement.

Mais soyons rassurés, nos politicards vont continuer à nous enfumer, à grands coups d’envolées lyriques sur la liberté de penser comme il faut, les musulmans vont continuer d’être sommés de se « désolidariser du terrorisme », mais ce ne sera jamais assez.

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Ah le beau spectacle de la foule applaudissant nos valeureuses forces de «l’ordre ». Vendons donc notre liberté, notre indépendance, notre vie même, pour avoir la paix. Pour pouvoir chausser nos pantoufles et profiter des quelques miettes qui vont nous rester, bientôt. Et ne nous posons pas de questions.

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Juifs hier, musulmans aujourd’hui. Et vive la collaboration. Pardon, l’unité nationale.

Et je ne résiste pas au plaisir de vous rappeler ce qu’écrivait le Charlie d’avant, le Charlie glorieux de notre jeunesse :

Charlie, 23 novembre 1970

Charlie, 23 novembre 1970

Oui, aujourd’hui même à gauche on réclame « plus de police »…

Dans les prochaines années, quand les muslims raseront les murs encore plus qu’aujourd’hui, ces français de seconde zone, ce n’est toujours pas des stylos qu’ils auront peur.

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Un article d’André Gunthert

Nul hasard à ce qu’on retrouve aujourd’hui la même image à la Une des journaux, celle d’un pompiérisme exalté, qui s’appuie sur l’allégorie d’institutions pétrifiées dans un geste immobile. Soudée par la peur, le deuil et la colère, la communauté qui fait bloc contre l’ennemi est profondément régressive. Elle se berce de symboles pour faire mine de retrouver une histoire à laquelle elle a cessé depuis longtemps de croire. Dès le lendemain du 11 janvier, on a pu constater que cette mythographie républicaine signifiait d’abord le retour aux fondamentaux: retour de l’autorité, triomphe de la répression, dithyrambes des éditorialistes – jusqu’aux pitreries de Sarkozy, pas un clou n’a manqué au cercueil de l’intelligence.
Mais le pire est encore à venir. Car malgré les appels des modérés à éviter les amalgames, c’est bien la droite toute entière, calée sur les starting-blocks de l’islamophobie, qui s’est engouffrée sur le boulevard de la “guerre des civilisations” et la dénonciation de l’ennemi intérieur. Inutile d’essayer de rappeler que le djihadisme représente aussi peu l’islam que le Front national la France éternelle, la grille de lecture identitaire, celle-là même à laquelle cédaient les caricatures de Charlie, qui peignaient le terrorisme sous les couleurs de la religion, est trop simple pour manquer de convaincre les imbéciles.
Les terroristes ont-ils gagné? Si l’on parcourt la liste des motifs qui alimentent la radicalisation, dressée par Dominique Boullier, qui rejoint celle des maux de notre société, on se rend compte que rien d’essentiel ne changera, et que rien ne peut nous protéger de crimes qui résultent de nos erreurs et de nos confusions. Comme celui de la société américaine après le 11 septembre, c’est un sombre horizon que dessine l’après-Charlie. Passé le moment de communion, aucun élément concret ne permet pour l’instant de croire que ce ne sont pas les plus mauvais choix qui seront retenus.

De quoi Charlie est-il le nom ?

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Où le héros gaulois cogne « un porteur de babouches », « un Charlie » contre « un Rachid », ou « un Mohammed » …

Et pis, tiens, un texte roboratif,  j’espère que de là où ils sont, il fera marrer les gars de Charlie :

« Désolé pour Dimanche ! On n’a pas pu venir ! »

Salut Richard,

Désolé pour Dimanche ! On n’a pas pu venir ! On avait le poulailler à réparer après le passage des deux renards qui nous ont bouffé la moitié des poules. Un vrai carnage ! Du sang partout et des trous à boucher dans les clôtures. Tu comprends qu’après ça, on n’avait pas la tête à faire la fête. Bon anniversaire quand même « vieux », 50 piges ça se fête ! Ici, mis à part le drame des poules et l’hiver qui est bien trop doux (c’est pas bon pour les cultures de printemps), tout va bien. Ni barbus, ni flics à l’horizon. Hier soir, Jeanette, les gosses et moi, on s’est fait une soirée télé, une vraie soirée télé-réalité. C’est le gosse qui pilotait internet, un virtuose ! France-Info, BFM, Canal, You tube, un festival ! Et sur l’écran, du Debord à l’état pur. En direct, le vrai comme « moment » du faux ! Et quelles bandes de salopards, quelle manipulation, quel cynisme ! Et quel troupeau de moutons amnésiques ! Le bal des nécrophages ! Au moment du café, Mokhtar est arrivé avec sa femme et son fils. Comme Niko était déjà avec nous, on aurait dit la France « Black, Blanc, Beur » qui se regardait à la télé. Quoique… Dis donc Richard, elle tirait surtout vers le blanc leur France des droits de l’homme. Et avec leur marseillaise et leur drapeau tricolore, on aurait dit que la « manif pour tous » refaisait surface. Je te raconte ça en rigolant, mais je te l’avoue mon pote, j’en ris pour ne pas en pleurer. Avec Jeanette, c’est le coup de la liberté d’expression qui ne passe pas ! Quelques mois après l’interdiction des spectacles de Dieudonné, quelques années après la loi de censure dite « anti-négationniste », les voilà qui hurlent à la liberté d’expression ! Même l’équipe de Charlie avait fait profil bas à l’époque (et encore je suis indulgent devant les morts). Le chantage à l’antisémitisme avait eu raison de la liberté d’expression et la France Bleu Blanc Rouge s’était mise au garde à vous ! Les gosses, c’est quand ils ont vu les cars de flics applaudis par la foule que ça passait mal. Ils ne rigolaient plus non plus, ils nous rappelaient Rémi Fraisse et leur copain qui a perdu son œil, les contrôles au faciès, les humiliations. Quand ils ont montré à la télé la brochette de chefs d’États entourés de dizaines de flics, Mokhtar a dit : « Tiens, ils viennent d’arrêter les cerveaux du carnage planétaire ! ». Moi, c’est leur unité nationale qui me fait peur. Je croyais que le nationalisme était mort ou en voie d’extinction sous l’épouvantail des Le Pen. Avant tout ce vacarme, ils n’avaient qu’un mot à la bouche : l’Europe, l’Europe, l’Europe. Mais, comme les bonnes ficelles marchent toujours, les voilà qui nous ressortent la vieille idée du nationalisme, cette antichambre de l’intolérance, de l’exclusion et du racisme. Un sursaut national ? Non, une trouille nationale ! Que l’État pratique le néo-colonialisme en Afrique comme au Moyen-Orient à coups de bombardement, de pillage des ressources, de destruction des pays, cela ne dérange que la conscience assoupie de quelques citoyens insomniaques baillant à l’aide humanitaire, économique ou démocratique. Mais que cela fasse couler le sang sur le Territoire National, et c’est de la Barbarie ! La barbarie des uns ne saurait cacher la barbarie des autres. L’État et les religions, quelles véroles ! Quelles putasseries ! On dirait bien qu’ils se nourrissent du sang des peuples !
Ce matin, pendant que je trayais les bêtes, j’entendais les journaleux annoncer que 10000 troufions allaient « protéger » la France. Ça fout la trouille, tu ne trouves pas ? Qu’on ait la trouille, au fond, c’est ce qu’ils cherchent tous, les barbus comme l’État ! Ah oui, j’oubliais de te raconter. En repartant de la maison, Niko, qui était bien « chargé » avec le rhum à chaque marseillaise entendue à la télé, a mis son maillot de corps à la statue du monument aux morts du village en inscrivant dessus « Je suis Charlot » ! Quel couillon ! Bon, je te laisse. Bon anniversaire vieux ! Encore désolé pour dimanche ! On se voit jeudi pour la galette ?

Bises fraternelles, rase ta barbe : avec ta tronche de Kabyle, on ne sait jamais.

Paul

PS : Pour les poules, on tente une nouvelle façon de cohabiter avec le couple de renards. On renforce le poulailler et je vais mettre nos restes de bouffe près de leur terrier. Ça devrait marcher ! Vive la tolérance et le partage ! Tout le monde aura de quoi bouffer et je n’aurai pas besoin d’armer les poules ni de leur foutre un drapeau Bleu Blanc Rouge dans le cul…

Written by Gavroche

13 janvier 2015 à 15 h 11 min

4 Réponses

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  1. en gros, sur le fond ja n’ai rien à contester sur ceux qui on,t fabriqué la merde. a part que si tui veux expliquer au peuple avec ces mots là tu cours vers l’abîme. le travail va devoir être un peu plus fin et d’autant plus difficile. oui j’ai peur qu’on ne fasse pas les bons choix.il va falloir veiller au grain, je vais esssayer.

    claudioo

    13 janvier 2015 at 15 h 46 min

  2. Chacun interprète jesuischarlie à sa manière… De mon côté bien conscient de la tentative de manipulation et des enjeux…

    des pas perdus

    13 janvier 2015 at 17 h 44 min

  3. La vache, ça dépote, je vois que tout le monde n’a pas comme moi, le cul entre 2 chaises, belle métaphore que celle des poules et du renard.
    Mais quand même, ce qui est vraiment en question me semble-t-il, c’est la liberté de blasphémer, reprocher à des journaux de publier des caricatures de Mahomet, c’est comme accepter qu’on ait brulé Giordano Bruno sur le bucher, c’est comme refuser de condamner l’inquisition.
    Si un fidèle d’une religion donnée blasphème, il doit être exclu de la dite religion, mais un hérétique doit pouvoir blasphémer en toute liberté, il doit avoir le droit de dire qu’il pense que les religions sont de la foutaise, donc c’est quand même bien un problème de liberté d’expression.
    C’est ce qui est gênant au sujet du procès à l’égard de Dieudonné, le côté double discours, double langage, 2 poids et 2 mesures, liberté d’expression pour les uns avec le droit de blasphémer mais pas de liberté d’expression pour les autres, ceux qui ont osé dire qu’ils déploraient l’assassinat des membres de la rédaction de Charlie tout en comprenant pourquoi certaines personnes pouvaient en arriver au terrorisme et à la lutte armée pour lutter contre l’impérialisme et le néocolonialisme de l’occident à l’égard du reste du monde. Analyser et chercher à comprendre ce n’est pas donner raison, ce n’est pas pardonner, c’est chercher une cohérence, une construction intellectuelle derrière cet acte.
    On a quand même affaire à de multiples assassinats, avec des moyens disproportionnés utilisés contre des gens sans défense, des assassinats prémédités commis de sang froid, avec une violence aveugle aussi à l’égard de ceux qui se trouvaient simplement là. Les frangins, là, ils ont pas buté tout le monde non plus, ils ont laissé en vie le gérant de la station service, le patron de l’entreprise, les automobilistes braqués, pourtant si on suit le raisonnement de Gavroche tous ces gens qu’ils ont croisé et laissé en vie étaient pourtant coupables eux aussi du déluge de bombe que nous lâchons sur les pays du tiers monde depuis des décennies, et nous qui nous contentons de pérorer nous sommes aussi coupables, aussi nous devons réfléchir individuellement, nous avons dénoncé les crimes de nos pays , sans relache depuis des décennies, nous sommes quand même coupables, et donc nos risquons de devenir des cibles, devons nous accepter notre statut de cibles ou au contraire nous unir avec nos connards de dirigeants parce que désormais nous avons un but commun : défendre notre intégrité physique. Je ne vais pas rester passif en attendant qu’on vienne me trouer la peau avec une kalach, Je choisis désormais mon camp, par simple souci de préservation de mon intégrité physique ce sera contre les terroristes avec Hollande et Sarkozy s’il le faut. C’est comme cela qu’il faut interpréter cette « union républicaine » de mes deux. Mon intellect n’éprouve aucune fierté mais pour exister mon intellect a besoin d’un véhicule matériel (mon corps) et d’un souffle de vie, par moment il faut avoir le sens des priorités.

    cremedecanard

    15 janvier 2015 at 12 h 40 min

    • Le fond du problème est-il vraiment le « droit au blasphème », dont tout le monde s’est emparé comme d’un étendard pour justifier tout simplement un racisme institutionnalisé et la mise au rebut des populations joliment nommées « issues de l’immigration » ? Ce qui heurte ces populations, n’est-ce pas plutôt cela ?

      Je n’excuse rien, Fred. Je cherche simplement à comprendre comment ces « enfants perdus de la République » comme on les appelle aujourd’hui, en sont arrivés là. A quel sommet de désespoir (dans le sens plus aucun espoir du moindre avenir possible dans ce qui est pourtant aussi leur pays) faut-il être arrivé pour aller dézinguer des gens de manière aussi terrible ?

      Et à mon sens, la plus grande défaite de la gauche (je ne parle évidemment pas du Ps) c’est celle-là : ces jeunes, qui il y a encore 30 ans auraient été des militants politiques pour rendre le monde plus beau, se seraient révoltés contre un système injuste, se sont tournés vers ce qu’on leur a laissé, la religion et ses fausses valeurs humanistes. Ils ont parfaitement intégré hélas, le mantra du libéralisme : la guerre des uns contre les autres, qui permet à ce même système de perdurer.

      Enfin, en ce qui me concerne, je ne serai jamais « en guerre » contre qui que ce soit. Sauf contre un système qui permet de tels drames.

      Gavroche

      15 janvier 2015 at 13 h 27 min


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