LES VREGENS

Ce socialisme-là

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Socialisme version Hollande
En ce moment, je n’écris guère. Plus vraiment envie, déjà dit beaucoup de choses, et l’impression de causer dans le désert.

A la place, je lis, je deviens contemplative du printemps qui arrive, malgré tout. Les cerisiers en fleurs, les insectes qui sortent enfin de l’hiver. Les oiseaux qui boudent les mangeoires (quoique …) et préparent leurs nids. Les grues cendrées de retour. Les chevreuils qui sont enfin en paix ou à peu près, vu que les bas du front ont rangé leurs fusils.

Malgré la terre devenue une poubelle, malgré le fascisme qui s’étend comme un nuage noir à peu près partout, le printemps s’annonce.

Ma campagne électorale (rire) s’est terminée. Faut dire que j’y suis allée un peu à reculons, et seulement parce qu’on me l’a demandé (gentiment). Perso, je n’y croyais guère, et je n’y crois toujours pas. Les gens (en tous cas les ceusses qui sont quand même allés mettre leur bout de papier dans la boîte) ont voté pour ceux qui sont là depuis quarante ans. « On sait ce qu’on a … », comme dit le proverbe. Et puis, la droite « républicaine » (comme si l’UMP avait encore quelque chose de républicain) n’était pas là, le FN a donc raflé les voix. Raté pour le très hypocrite « ni-ni » de l’autre nabot.

Le printemps, donc. Même pluvieux, ça remonte un peu le moral. Et depuis quelques jours ma foi, le soleil est là, la porte est ouverte, putain, 26° et les apéros sur la terrasse. Que demande le peuple, hein ?

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Alors, pour changer, j’ai lu Orwell. Magnifique et roboratif, évidemment. Et tellement d’aujourd’hui. Dans ses livres, il pose une question fondamentale : pourquoi le socialisme ne triomphe-t-il pas partout ? C’est vrai, qui peut en bonne logique être contre un monde plus juste, plus fraternel, qui pourrait être opposé au partage des richesses ? Qui pourrait être pour la misère, pour le cynisme des nantis et pour la guerre ? A priori, personne.

Sauf que le « socialisme » d’aujourd’hui, c’est quoi ? C’est devenu le socialisme de l’entre-soi, un jargon, réservé à une élite bien propre sur elle, porteuse de « valeurs » (sonnantes et trébuchantes quand même, les fameuses valeurs), truffé de belles phrases et saturé de « références », colloques d’universitaires cherchant la petite bête à des notes de bas de page, gloses et blablas, narcissisme de minoritaires, chacun dans son coin à prêcher la (seule) bonne et vraie « parole » (comme chez les curés) sectarisme et radicalisme chic des quartiers bobos … NPA contre FDG, anciens trotscards contre anciens du PC/PS etc. La « pensée critique » (rire) a vraiment l’art de se couper du peuple dont elle se targue de parler et de vouloir défendre. Des altruistes d’estrades, des communistes sur coussins de soie (tiens je me rappelle ce bon Bernard Thibault) et des anarchistes de bibliothèques.

L’occasion de relire Seb Fontenelle : Ta gueule, Bernard Thibault

Et ce pauvre Mélenchon qui à l’issue de ces élections départementales, affirmait sans rire à la télé, que finalement, c’était pas si mal, 11 %. 11 % ? De l’art de s’autocongratuler de très peu. Et pis, j’ai du mal lire les résultats, sans-dents et inculte que je suis.

Et Clémentine Autain de nous faire de jolis discours creux, comme  ici. 

Ça m’a furieusement rappelé Franck Lepage, tiens, toujours d’actualité, le gars.

Et d’appeler à une « journée d’action », une belle journée au milieu de 364 journées d’inaction.
Journée d’action, piège à cons

La grève générale, le bordel, le oaï, l’insurrection ? Non, mais vous rêvez, mon bon…

Alors, ce socialisme là est resté une belle théorie, l’idéologie (ouh, le vilain mot) de ceux qui en ont encore un peu et qui aimeraient bien le garder, des bobos des villes, il célèbre le « peuple », ce pur esprit, cette effigie de papier sans âme ni passions, et au passage, sans estomac ni besoins, les pauvres étant rebaptisés « catégories modestes ».

Ce socialisme là prend désormais ses ordres auprès d’une République vendue aux banques et au CAC 40 par l’intermédiaire de ses politiques ; ce socialisme là foule aux pieds l’attachement des plus humbles à leur pays, à leur village et à leurs croyances religieuses. C’est d’ailleurs tout ce que raconte Michéa à longueur de bouquins.

Tiens, j’ai rencontré un électeur potentiel sur le marché : il m’a envoyé paître, parce que vous comprenez, ça faisait trente ans qu’il « faisait des choses pour l’écologie » sans le moindre résultat, et que franchement, hein, les conneries de Mélenchon… Le genre de « gens de gauche » que ça ne dérange pas de défiler dans la rue derrière Valls et le fasciste Netanyahou mais qui ne veulent plus voter Front de Gauche à cause de Mélenchon. Allez comprendre. Et puis, disait-il « l’écologie n’est ni de droite ni de gauche ». Ah bon ? Je croyais, moi, naïve que je suis, que capitalisme et « exploitation » (de la planète et de l’humain) était justement incompatibles avec l’écologie. Comment la recherche d’un profit substantiel et immédiat pourrait-il s’allier à la préservation de ce qui nous reste de la Terre ? M’a rappelé l’école de Chicago, Agnès Merdier-Volinié et la dernière bouse  de Mâme Françoise Hardy…

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Et pis, j’suis contente, parce que Naomi Klein pense comme moi : le capitalisme ne fait pas bon ménage avec l’écologie. Mais je suis beaucoup moins optimiste qu’elle. Parce qu’avant de foutre le système par terre, on sera obligés de passer par la case Talon_de_fer (encore un bouquin à lire).

 

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Alors, en lisant Orwell, et notamment Hommage à la Catalogne, et plus généralement tout ce qu’il a écrit sur la guerre d’Espagne, mais aussi Le Quai de Wigan, on se rend compte que l’histoire se réécrit, inlassablement. A cette époque, le gouvernement républicain et le Parti communiste espagnol œuvrent de concert : la révolution, elle peut bien attendre, l’heure étant à « l’union nationale » et tout ça, les anarchistes, partisans eux, d’une révolution sociale et tout de suite, étant accusés sans détours de faire le jeu d’Hitler.

Moi, ça m’a rappelé bien des choses. Ah, « l’esprit du 11 janvier »… (rire), la communion et l’émotion brute, tous unis derrière Hollande, Merkel et les autres. Si t’étais pas « Charlie », t’étais suspect. Le bonheur. Gattaz, qui vient de demander la fin du droit du travail, doit bien rigoler dans sa barbe.

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Et pendant ce temps là, le gouvernement « socialiste » prépare gentiment l’arrivée de La Pen.

Parce que, qu’est ce que c’est finalement que le FN, et qui sont ces gens qui votent pour lui ?

On me dit que ce sont les « défavorisés », les « modestes », les précaires, les ouvriers, les chômeurs, les sans diplômes, toute cette France d’en bas tellement méprisée, y compris par les gens prétendus « de gauche » qu’elle en a marre, ras le bol, et comme me disaient les gens sur les marchés, parce qu’elle ne nous croit plus, tout simplement. La France d’en bas ne croit plus à cette prétendue démocratie.

Alors, au lieu de me pincer le nez et de détourner le regard, je fais comme Orwell, j’essaie de comprendre pourquoi. Parce qu’il faut comprendre son ennemi pour le combattre.

Pendant cette campagne électorale, j’ai contacté la radio associative locale : là, justement, on se pinçait le nez, on faisait la moue, on m’a doctement expliqué « qu’on n’invitait pas le FN », et que donc … CSA oblige, ben on n’invitait personne. Ce qui, pour une radio locale, est pour le moins paradoxal. Mais bon. Moi, je pense qu’on aurait du. Parler avec les électeurs du FN et même avec ses candidats, oui, mais pour les démolir gentiment. Leur montrer, et montrer aux auditeurs où était l’arnaque. Encore fallait-il en avoir la niaque. Expliquer, contrer, se battre. Or, la gauche, « socialiste » ou même « radicale », ben la niaque, elle ne l’a plus. Elle cause gestion de l’existant, y compris en Europe. On ne renverse plus la table, on se borne à l’épousseter. Juste un peu.

Et ça fait trente ans que ça dure.

Vous allez me dire que je vire « rouge brun » comme ce pôvre Schneidermann, vexé d’avoir été ainsi apostrophé par l’indécrottable Quattremer, mais juste un exemple, ce texte :

Cet après-midi, François Hollande… j’espère qu’il s’exprimera en français d’ailleurs, et pas en allemand, puisque qu’il est allé chercher ses instructions chez madame Merkel, comme d’habitude, mais j’espère qu’il aura eu le temps de traduire… Ses instructions sur la politique qu’il doit mener, sur la politique d’austérité, sur la politique de saccage social qu’il va annoncer aux Français cet après-midi, de la même manière que Nicolas Sarkozy l’aurait annoncé dans les même termes, au même moment, de la même manière, s’il avait été réélu. Cet après-midi, nous aurons dans toute sa splendeur, sa triste splendeur j’ai envie de dire, un chef de gouvernement technique. Qui viendra dérouler la feuille de route de Bruxelles : la flexibilisation du marché du travail, une nouvelle précarisation des retraites, la privatisation, le refus de toute forme de patriotisme économique au soutien de nos petites entreprises. Et évidement cette politique-là c’est celle qui a lui a valu les bons points des commissaires européens.

C’était en mai 2013. Et devinez qui parle ?

… perdu, c’est pas Mélenchon, ni Poutou. C’est Florian Philippot. Étonnant, non ? Et honteux, évidemment.

Parce que pendant ce temps, le PC, puis le Front de gauche deviennent peu à peu « eurocompatibles », en laissant le champ libre au FN :

En 1999, alors que la France va abandonner sa monnaie, alors que le FN dénonce « la face cachée de l’Euro », alors que l’élargissement se prépare à l’est, alors que des délocalisations sont en cours vers la Pologne, la Slovaquie, le parti communiste, lui, positive : « Bouge l’Europe ». Ainsi Robert Hue intitule-t-il sa liste, composée «  des hommes et des femmes du mouvement associatif et syndical, des féministes et des jeunes, des chômeurs et des artistes. Ces candidats et candidates sont aux couleurs de la vie réelle. Différents. » Et cette littérature gnangnan nous invite au « devoir d’ingérence citoyenne », au « chantier de l’Europe sociale », à la « contagion démocratique » via le Parlement européen. «  Est-ce que l’Europe doit faire peur ? » Non, bien sûr : « L’Europe est une chance qu’il faut saisir. »
C’était nul.
Nul idéologiquement, face à une Europe plus libérale que jamais. Nul tactiquement, critique radicale abandonnée à l’extrême droite. Nul électoralement, sans la moindre intuition, alors que l’opinion basculait dans le rejet de Bruxelles.
On croirait des paysans stupides, qui auraient labouré sous les frimas, qui auraient semé malgré le vent et la pluie, et qui se refuseraient à récolter les blés alors que, sous un soleil luisant, la moisson est prête. Le PC avait dénigré l’Europe au moment où, encore dans l’œuf, elle avait le vent en poupe : maintenant qu’elle était honnie, il la ralliait !

Si vous voulez en savoir plus sur cette Bérézina de la « gauche », et sur le soudain revirement « social » de la famille Pen, c’est là :

http://www.fakirpresse.info/Front-national-virage-social.html
http://www.fakirpresse.info/Front-national-virage-social-2-3.html
http://www.fakirpresse.info/Front-national-virage-social-3-3.html

Et vous pouvez lire aussi avec profit le bouquin de Ruffin sur le protectionnisme (ouh, encore un vilain mot). Ça s’appelle Leur grande trouille, et il s’est fait taper dessus par à peu près toute « la gauche ».

Pendant que le FN se prépare tranquillement et affûte ses armes, la cégète elle, manifeste pour les aéroports, comme à Nantes où les patrons du bâtiment mobilisent leurs salariés dans la rue, avec des pancartes « Oui à l’aéroport », contre les zadistes.

La cégète se bat pour les centrales nucléaires, et plus généralement, « pour tous les projets porteurs de développement économique et d’emplois ». A n’importe quel prix, y compris celui de leur histoire.
Elle se bat pour les miettes que les patrons consentent à lui laisser. Minablitude.

Prolos et écolos, entendez-vous

Alors, finalement, si le fascisme, le FN , est bel et bien l’instrument du capitalisme, l’organe de la classe dirigeante (Les Pen pètent dans la soie, exactement comme les autres, et c’est aussi une histoire de famille), ceux qui sont un tout petit peu informés le savent bien, c’est aussi le chiffon brun qu’on nous agite sous le nez chaque fois qu’un parti estampillé « républicain » nous a tellement trahis et bernés (qu’il soit de droite ou « de gauche » n’a plus vraiment d’importance) qu’on a plus envie de voir la sinistre gueule de nos prétendus représentants « républicains ». Et au final, le fascisme, le FN, c’est aussi une forme pervertie et dévoyée du socialisme, et c’est d’ailleurs en cela qu’il parvient à séduire des millions de travailleurs, ceux qu’Orwell appelle les « honnêtes gens ».

Ben ouais, dès 1933, et suite à une élection totalement légale, les allemands sont devenus quasiment comme un seul homme des « nationaux-socialistes ». Ils ont été purement et simplement achetés, on leur a donné « des valeurs » (la famille, l’église) ils mangeaient quand les autres crevaient de faim, ils ont prospéré sur les ruines du reste de l’Europe. Pourquoi se seraient-ils posé la moindre question ? A l’époque, Matin brun n’avait pas encore été écrit.

Et le plus étonnant, c’est que ça continue aujourd’hui, cette fois avec l’approbation sans faille de tout le monde. L’Allemagne va bien, merci pour elle, elle est devenue un modèle à suivre. Le fascisme peut désormais fleurir « dans les cœurs déchus et les ventres amers ». Et oui, l’histoire se répète.

11 Réponses

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  1. chapeau et totalement d’accord !

    Anonyme

    11 avril 2015 at 13 h 25 min

    • c’est moi juste au dessus, mais j’arrivais plus à me connecter, et mon ordi déconne (et wordpress aussi ‘jai l’impression).

      alainbu

      11 avril 2015 at 13 h 29 min

  2. Remarquable et super documenté ! Du « Gavroche » pur jus… bravo. Puisse–tu être lue par une tripotée de gens… je partage (pour commencer)

    clomani (@clomani1)

    11 avril 2015 at 15 h 03 min

  3. remarquable ! tu comprendras pourquoi j’ai décidé de me retrancher sur les « immortelles »…

    Anonyme

    11 avril 2015 at 15 h 42 min

  4. le commentaire précédent est signé Vingtras, c’est à dire JAC.

    Anonyme

    11 avril 2015 at 15 h 43 min

  5. Gavroche, je t’aime !
    Je suis allé lire Thibaud le guide vers les sables mouvants, la génératrice automatique de textes appel-total-gôche et la journée d’inaction pour dérouiller les jambes par beau temps.
    Et Gavroche, je t’aime encore plus !

    Un partageux

    11 avril 2015 at 17 h 38 min

  6. J’ai fait écho à ce texte dans le dernier billet de mon blog Vingtras sur Mediapart.

    JAC

    _____

    Jean Chrasse

    12 avril 2015 at 9 h 26 min

  7. Alors, on en est où ? doit-on se laisser aller à une certaine résignation …
    « Les antagonismes de classe! Mais il y a longtemps qu’ils sont terminés, les conflits; il y a beau jour qu’ils sont fondus l’un dans l’autre, le prolétariat et la bourgeoisie, et qu’ils marchent la main dans la main, malgré leurs dénégations. »
    Eh oui, tant qu’on a un smartphone et le caddy plein de chez Auchan … N’oublions pas que :
    les hommes politiques n’ont rien d’autre à prêcher au peuple que la résignation: « Vous avez faim? Soyez modérés. Votre femme grelotte sous des haillons? Soyez modérés. Vos enfants, rongés de maladie, n’ont ni remèdes, ni nourriture? Soyez modérés.  La misère vous étrangle et vous dépèce? Soyez modérés. Vous crevez? Modérez-vous. Ne crevez, mon ami, qu’avec la plus extrême modération. »
    Ne renversons pas la sainte table, surtout depuis un certain 11 Janvier « d’union nationale », puisqu’il est de bon ton, sinon gare, « d’être tous du même surnom ».
    Oui le FN, ça sent pas bon, alors il est temps de ne pas dire au fond les mêmes choses que lui.
    Car, petit à petit, il prétend incarner, à lui seul, le peuple.
    « Qu’est-ce que le Peuple? C’est cette partie de l’espèce humaine qui n’est pas libre, pourrait l’être, et ne veut pas l’être; qui vit opprimée, avec des douleurs imbéciles; ou en opprimant avec des joies idiotes; et toujours respectueuse des conventions sociales. C’est la presque totalité des Pauvres, et la presque totalité des Riches. C’est le troupeau des moutons et c’est le troupeau des bergers. »
    les citations entre les guillemets montrent bien la grande roue de l’histoire :
    elles sont écrites en 1891 par G. Darien, farouche anar, il est vrai …  

    randal

    12 avril 2015 at 11 h 41 min

  8. […] me désole lorsque des amis et amies ressentent l’impérieuse nécessité de devoir pointer, encore une fois, les errements des […]

  9. Lasse de lire des articles dénonçant mensonge, corruption et spoliation, désespérée et malade de ne lire aucune réelle condamnation par la Justice, qui nous apporterait un avant-goût du changement, j’ai résilié mon abonnement, pour ne pas sombrer dans la dépression…Malgré tout, je vais sur les blogs que j’appréciais, dont celui de vingtras. C’est ainsi que je vous ai retrouvé.
    Merci à vous et à Vingtras, pour ce que vous écrivez

    Gaura

    13 avril 2015 at 6 h 18 min

  10. Entièrement d’accord avec ces propos. Dommage que vous ne semiez plus vos « petites graines d’ananar » sur votre blog de Médiapart.

    Max Angel

    14 avril 2015 at 18 h 43 min


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