LES VREGENS

Quel monde merveilleux

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Des fois, y’a de quoi s’interroger … Mais à quoi (qui) servent les politiques ?

On est allés en Charente samedi dernier, et ça nous a bien plu. Parce que ça y est, on a trouvé notre petite maison dans la prairie. Enfin dans les bois : eucalyptus (si, si, moi qui croyais que c’était exotique) chênes et pins. Et grand potager (va falloir que je m’y mette vraiment) verger (prunes, pêches) et même une vraie serre. Cerise sur le gâteau, j’ai aussi obtenu le tracteur qui va avec. Je m’imagine déjà chevauchant la bête (et ne riez pas, bande de nazes).

 

c'est là

Mais pour y aller, boudi-ouh (comme dit ma voisine) un vrai calvaire.

Prendre des petits bouts d’autoroutes (Vinci) hors de prix, traverser les zones commerciales (Carrouf, Bricomachin, Cuisines Membalpa) autour de toutes les villes, même petites… Une forêt aussi donc, mais beaucoup moins poétique, de néons, de panneaux publicitaires, d’enseignes moches. Le tout ponctué de ronds points (faut bien faire bosser Bouygues et les copains du coin pour être réélu)

C'est beau une ville le jour

Allez vous y retrouver là-dedans, hein, quand vous cherchez juste bêtement à aller d’un point à un autre… Et à lire les panneaux routiers au milieu de tout ça : orientés dans le mauvais sens, ou carrément absents. Indiquant le supermarché Machin ou la direction de Tombouctou quand vous voulez seulement savoir où est le centre ville ou le prochain village. Quand les routes changent brusquement de nom, la 812 devenant soudainement la 314…

Tout ça m’a fait penser à nos élus et ceux qu’on appelle encore les « politiques » confortablement installés dans leurs ministères, cabinets de « consultants » et autres conseils généraux-régionaux.

S'il n'y avait que l'Elysée

S’il n’y avait que l’Elysée

Le bien commun, on se demande s’ils en ont entendu parler, ou s’ils s’en tamponnent grave le coquillard. Que font-ils pendant leurs mandats, ils se tapent des pignoles ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

Ça m’a fait penser à ce que notre monde est en train de devenir : un temple du consumérisme. Et rien d’autre. Un monde malade, où la seule « valeur » quoi que nous racontent les pingouins qui sont censés « gouverner », c’est que tout s’achète et tout se vend. Y compris l’eau, l’air, l’amour, les enfants, le boulot, la « culture », l’éducation, la communication entre les gens. Tout.

Quelques exemples :

1 – Ma voisine (80 ans) s’est vue offrir un aïepade récemment. Malgré son âge, elle est moderne, ma voisine. Elle a une télé, un lecteur de dévédés, un téléphone portable, et maintenant un machin très cher juste pour jouer au scrabble en ligne avec ses copines. C’est à peu près tout ce qu’elle en fait, d’ailleurs, parce qu’évidemment elle ne sait pas s’en servir (on y va à peu près tous les jours pour appuyer sur le bouton qu’elle n’a pas vu ou sur lequel elle a appuyé par mégarde) et qu’avec ce bon vieux Appeule, tout est payant. Même pas pu lui refiler le dernier film que j’ai téléchargé sur pluzze.
Partage ? Mon œil. Ah, la légende de Steve Jobs dans son garage, hein…

2 – Ses enfants et petits-enfants, eux, ont une maison remplie de gadgets (inutiles?) comme une poupée qui répond à leurs questions, genre quelle heure est-il ? (comme si une pendule sur un mur ne suffisait pas) et qui fait des bruits quand il est l’heure de sortir le rôti du four (qu’est ce que c’est que ce truc?), un réfrigérateur électromagnétique à klaxon (m’a fait penser à l’épouvantail de Gaston La Gaffe), une voiture qui pourra carrément bientôt rouler toute seule, etc.

3 – Quand je commande un bouquin sur internet, Amazon, j’évite. Par principe. Enfin j’essaie. Parce que quand le colis arrive, deux fois sur trois, il est quand même tamponné Amazon. Encore raté. Bref, tu les vires par la porte, ils reviennent par la fenêtre, un peu comme les OGM …

4 – J’avais mis ma maison en vente sur un site bien connu, et bien évidemment, le mail et le numéro de téléphone qui allaient avec. Erreur fatale. Depuis, je reçois environ 3000 appels et mails par jour d’agences immobilières, de sites de vente de maisons, de la banque trucmuche qui me propose un crédit absolument merveilleux, et plus récemment, d’une brave dame à l’accent africain qui m’informe que j’ai gagné un super cadeau, un château en Espagne, un yotte aux Caraïbes, que je vais partir incessamment sous peu à la Martinique ou aux Seychelles, etc. J’ai beau lui dire que je n’en veux pas, rien n’y fait. Elle insiste, la bougresse… Pas grave, je vais changer de numéro et de mail, ça fera travailler les gens de chez Orange ou Bouygues ou Free, et ça rapportera du fric (encore) à leurs boss respectifs. Elle est pas belle la vie ?

Pendant ce temps, ils font quoi, nos « politiques » ?

berrien_web

Si, si, ils votent quand même des lois. Sur le « renseignement » (rire), sur le « pacte de solidarité dans un seul sens la solidarité », tout ça avec les « partenaires sociaux » (rire) etc. Et ils « décident » aussi sans passer par les godillots du parlement, par décret.

Tous ces gens-là passent à travers tous les tombereaux de merde qu’ils soulèvent : Naboléon, Woerth, Cambadélis, DSK (qui a fait récemment une conférence sur … les femmes, faut dire que c’est un sujet qu’il connaît … en profondeur) et tous les autres, de droite comme « de gauche ». Ça va bien pour eux.

La télé continue de diffuser de la daube, célèbre le « roman national » parc exemple à travers Napoléon et Marie Antoinette (salauds de pauvres qui ont fait la Révolution, qui, comme chacun sait, se résume à la Terreur, évidemment).

Choupinet BernL’est-y pas meugnon, Choupinet Bern, hein ?

Les grands patrons et autres actionnaires continuent d’engranger du pognon sans payer d’impôts (ouh, le vilain mot), Laurence Parisot de se répandre dans le service public, et le nombre des pauvres et des chômeurs d’augmenter. Bientôt le retour de l’esclavage.

Et le monde continue de tourner. Les copains de Tarnac vont retourner devant la « justice indépendante» (rire, voir plus haut), les manifs d’être autorisées (FNSEA et autres bonnets prétendument rouges) ou interdites (Palestine, ouvriers en grève).

ACAB

ACAB

Les aéroports et les barrages seront construits en pleine nature (c’est quoi, la nature?), les fermes de 10 000 vaches-veaux-cochons-couvées aussi, les zadistes écolo-terroristes et autres « gauchistes » iront au gnouf, les arbres du canal du Midi seront rasés (inutiles), tata Ségo fermera sa gueule de « ministre de l’écologie pas punitive », le temple du sport (et des sponsors) Roland Garros pourra s’étaler sur les serres d’Auteuil (de toute façon, elles ne servaient à rien), etc…

Un (tout petit) peu de pain et des jeux pour le bon peuple.

Le retour de Jules Moche se prépare.

Jules Moche, le bien nommé, encore un homme "de gauche"

Jules Moche, le bien nommé, encore un homme « de gauche »

Et tout le monde sera Charlie. Amen.

7 Réponses

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  1. Deux petites nouvelles positives dans cet océan de m…des : Orange d’abord… dont le Pédégé est en train de faire marche arrière en Israël
    http://www.liberation.fr/monde/2015/06/03/orange-envisage-d-arreter-sa-cooperation-avec-un-operateur-israelien_1322531 (merci qui ? merci les militants du BDS un peu partout en France)
    A Barcelone, la future maire a décidé de baisser son futur salaire d’élue : de 12 000 Euros/mois à 2 200 Euros/mois, pour respecter ses engagements… C’est que, la lutte, elle a connu, la lutte contre les expulsions de pauvres (à cause des touristes qui pourrissent tout à Barcelone, et des prix de l’immobilier qui enflent… du coup, je ne remettrais les pieds à Barcelone que lorsque tout ça aura changé, pour le bien des pauvres)…
    Ca ne nous touche pas direk… mais il faut continuer à se battre… en fait, la lutte n’est jamais finie. Et c’est vrai que ces abords des villes sont pourris… quand je vais voir mes potes à Pornic, je me plante toujours au même endroit : à l’entrée de la ville, où les panneaux publicitaires cachent les panneaux indicateurs… Du côté de St Naze, comme je commence à connaître, ça va… mais on a les mêmes boutiques à la con, qui vendent meubles, bricolages et autres marchandises made in India or in China…
    Ca me rappelle les entrées de villes au Mexique (terriblement tristes car toute la pauvreté exhibée aux voyageurs qui arrivent en bus), qui m’ont rappelé les entrées de villes aux USA (avec des « trailers » pour pauvres : les habitations sur roues, sans roues d’ailleurs, sur des km, des panneaux de pubs de junk food et tout le reste)… Mais aux States, on trouve aussi l’extrême pauvreté en pleine ville (downtown)… les banlieues proches étant occupées par les petites maisons des petits travailleurs embourgeoisés…

  2. je viens d’acheter un DVD … faut pas rire, si, si, un vrai DVD, du commerce, pas pirate … d’un film qu’on ne peux pas télécharger, et de toute façon ça n’intéresse pas les p’tits jeunes, ça parle d’un temps où ils n’étaient pas nés, et puis qui c’est les acteurs-trices … qui ça ? Irène Chabrier. Qui ? Henri Crolla …c’est qui, celui-là ? Jacques higelin … Ah lui je connais, mais il est vieux, non ? Non, dans le film, il est jeune. Il a 20 ans. Et ça parle de quoi ? de la condition ouvrière aux chantiers de Penhoët, à St-Nazaire. On les voit travailler sur le futur paquebot « France », ça raconte la vie quotidienne en ce temps-là, et y a pas de belles voitures décapotables, ni de blondes platines, ni d’obèses à tous les coins de rue … et aucun téléphone portable. Oui, tu as raison, c’est bien un autre siècle, celui où l’on avait encore l’espoir de changer le monde, et de ne pas « s’adapter » et se contenter de celui qu’on trouve à la naissance… et ça parle, simplement, de l’espoir, et il y a même de la musique, de la belle musique de « ouf » comme tu dirais aujourd’hui, car ce comédien (totalement amateur) Crolla, c’est l’un des plus grands guitaristes du 20ème siècle, se perfectionnant dans la roulotte de Django à Montreuil, et mettant en musique un wagon de poèmes de Prévert. Et dans ce film, il fait une impro à 4 mains avec Higelin, ce qui changera toute la carrière à venir du petit Jacques …
    je parle de ça pour ne pas laisser trop de place au désenchantement !
    Ce grand film inconnu (magnifiquement restauré) est signé d’un grand documentariste, Henri Fabiani.
    Et vous n’en avez jamais entendu parler …

    randal

    4 juin 2015 at 14 h 58 min

  3. Oh, Randal… il est (le film bien sûr) repassé il y a peu (en mai, j’dirais ou avril peut-être) au cinéma d’Art et d’Essai de St Naze et je l’ai loupé ! En tant que Nazairienne d’adoption, j’avoue être à l’affût de ces images du passé, qu’elles soient réelles ou fiction…
    Y’aurait pas un moyen de m’en faire une copie siltipli ? Sur DVD (parce que j’ai des pbs de Dropbox) à mon nadresse ? Mirci d’avance…

    • D’ailleurs, dans ce même cinoche, (le Jacques Tati) demain, je vais aller voir le dernier film de Carmen Castillo : « on est vivants »… j’espère en ressortir pleine d’espoir car elle est allée tourner chez tous ceux qui n’ont pas baissé les bras (dont les Zapatistes au Chiapas) et sont soulevés ou levés parce qu’ils en ont marre d’être à genoux ;o(

    • il serait préférable que tu fasses comme moi : il y a des choses pour lesquelles il FAUT donner son écot … comme la restauration de ce film par « les documents cinématographiques ». Ces petites structures de gens passionnés font le boulot que les gros distributeurs privés ne veulent pas faire malgré leurs bénéfices.
      D’ aiileurs c’est ce que tu fais volontiers quand tu paies ta place de cinoche
      Un petit lien sur cette passionnée de passage chez toi
      http://www.lechodelapresquile.fr/2014/12/13/tourne-a-penhoet-le-bonheur-est-pour-demain-sort-en-dvd/
      Si je devais « pirater », ce serait uniquement les multinationales, hé, hé, les premières à prôner une éthique qu’elles s’empressent de fouler aux pieds dès qu’elles le peuvent sans risque pour leur « image » …

      randal

      5 juin 2015 at 12 h 38 min

      • Le doc. passe vendredi prochain en cinéma de plein air aux Halles de Penhouêt, après une soirée casse-croûte… Je vais essayer d’y aller ;o)

  4. Hier, je suis allée voir « on est vivants », un documentaire de Carmen Castillo sur les luttes citoyennes contemporaines (à travers les écrits de Daniel Bensaïd)… ça fait du bien de voir des gens en lutte, de se retrouver dans ce qu’ils disent en se levant. En fait, se lever pour lutter rend humain, solidaire, unit. Je suis ressortie un peu plus « vertébrée » même si j’ai qqfois l’impression que nos luttes sont vaines.
    Je vous propose le lien avec une itw de Carmen Castillo : http://rue89.nouvelobs.com/2015/04/25/carmen-castillo-lutte-donc-suis-258358


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