LES VREGENS

Voter ?

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Votez con

D’aucuns m’auraient dit, si tu ne peux voter à droite (quoique, je me suis déjà fait avoir en avril 2002, et j’ai voté Chirac pour « faire barrage au FN ») ni bien entendu pour La Pen, et si tu ne veux plus voter « socialiste » (quoique, je me suis déjà fait avoir en 2012, ça, c’était pour virer le mètre et talonnettes) t’as qu’à voter Front de gauche.

Ouais. Je pourrais.

Mais non.

1 – Comme en 1956, où les communistes avaient donné les pleins pouvoirs à Guy Mollet pour de basses considérations politiciennes (le PC avait une « stratégie d’alliance » avec la « gauche » déjà « socialiste », et il voulait la 4ème semaine de congés, et tant pis pour les algériens) ces gens-là ont voté l’état d’urgence, et sa prolongation. Ils disent maintenant qu’ils vont se battre pour empêcher les dérives (me rappelle ce bon Filoche, qui croit encore qu’il peut transformer le PS de l’intérieur). Les dérives, elles sont déjà là (on arrête les militants écolos, et les terroristes courent toujours) et c’est pas demain que ça va s’arrêter.

On le constate tous les jours, c’est police partout, et justice nulle part.

 

police-partout-justice-nulle-part

Exemples :

  • Tous les billets que j’ai lus ici et là sur le comportement de la police prétendument républicaine face aux militants, aux étudiants, aux manifestants, mais aussi aux simples pratiquants d’une religion, barbus ou non, voilées ou non, tu t’appelles Mohamed ou Fatima, t’es forcément suspect. C’est plus les juges qui disent le droit, c’est les préfets. Restés sarkozystes pour la plupart.
  • Maintenant, c’est les inspecteurs du travail et les lanceurs l’alerte qui sont coupables (déjà que j’aimais pas ça, plus jamais j’achète une poêle Tefal)
  • Alors qu’on blablate des plombes sur « les violences faites aux femmes c’est pô bien », une mémé de 66 ans vient de se prendre 10 ans de gnouf pour avoir dézingué son tortionnaire (qui la battait depuis 47 ans, et cerise sur le gâteau, avait aussi violé ses gosses)

2 – Une fois aux manettes, ces gens-là font-ils mieux que les autres ?

Exemples :

3 – Enfin, si je votais Front de gauche, je serais obligée de voter fauxcialiste au deuxième tour, forcément. Et ça, je peux pas. Je peux plus.

Je ne veux plus voter par défaut, ni « choisir » entre la peste et le chicungunhya, ni pour le « moins pire ».

Alors, pour dimanche, ils ont annoncé beau temps. Et ça tombe bien, parce que j’ai des plantations à faire pour le printemps. Un printemps français, peut-être. Mais j’ai comme un doute. Nos politiques sont sans doute plus malins que ceux d’ailleurs : eux, ils ont installé la dictature avant que nous descendions dans la rue.

 

 

Written by Gavroche

5 décembre 2015 à 9 h 21 min

Publié dans Actualité en France

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18 Réponses

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  1. c’est marrant, je me suis réveillée ce matin avec l’idée d’écrire un post pour dire : si vous avez une liste qui vous botte, allez voter, même si vous êtes seul à voter pour cette liste. sinon, c’est pas la peine. bon, tu le dis brillamment comme dhabitude, donc je vais partager. c’est terrible à dire, le bulletin de vote c’est quand même quelque chose d’important. mais dans des pays qui ne respectent pas ce que racontent les bulletins de vote, alors c’est une truanderie de plus. un abcès de fixation. un de ces quatre faudra le vider

    zozefine

    5 décembre 2015 at 9 h 43 min

  2. Tiens ça me fait penser que j’ai même pas encore regardé qui se présentent chez moi.
    M’étonnerait que j’y trouve une emballante surprise.

    lenombrildupeuple

    5 décembre 2015 at 10 h 17 min

  3. « Allez voter pour le moins pire » qu’ils disaient en 2012. J’ai détesté Sarközy et j’avais pas besoin de ce mot d’ordre pour voter Hollande. Maintenant nous savons tous que Hollande a fait nettement plus pire que Sarközy…

    Gavroche : ta numérotation d’arguments est… bizarre. 1, 2, 3 puis, ça coule de source : 2, 3 !

    Un partageux

    5 décembre 2015 at 11 h 00 min

  4. En 2012 au 2ème tour j’ai voté « non à Sarko », à l’époque ça s’écrivait « François Hollande ». Et en fait j’avais mal lu, ça voulait dire « oui à Valls et oui à Macron et oui à Gattaz ». Couillon que j’étais.
    Mais ça, c’était avant.
    Aujourd’hui, si je trouve un bulletin « non au PS, non au LR et non au FN », je veux bien le mettre dans l’urne mais il faudra que je sois certain de ne pas risquer d’être couillonné une nouvelle fois. Sinon, « je reste dans mon lit douillet ».

    asinuserectus

    5 décembre 2015 at 11 h 13 min

    • tout est bon, chez elle, y a rien à jeter …
      et dimanche c’est le jour du 14 Juillet, donc je reste dans mon lit douillet
      d’accord avec Gavroche, d’accord avec tonton Georges (comme toujours)
      Eh, Ferrat … elle est loin, ta France, c’est presque heureux que tu ne puisses plus voir ça
      je crains que ça ne finisse plus chez nous par des chansons !

      randal

      5 décembre 2015 at 11 h 29 min

  5. Perso je voterai NUL ! (pour bien montrer que je sais pour quoi je vote, et non pour faire penser que je m’en fout !)

    humbertdebuttet

    5 décembre 2015 at 12 h 25 min

    • Je crois que nos (chers) représentants ne sont pas dupes : ils savent parfaitement que ceux qui s’abstiennent ne s’en foutent pas. Bien au contraire. Je rappelle que la comptabilisation du vote blanc comme suffrage exprimé était une promesse du candidat Mitterrand en 81 : une de plus que les « socialistes » n’ont pas tenue.

      Gavroche

      5 décembre 2015 at 12 h 44 min

  6. […] D'aucuns m'auraient dit, si tu ne peux voter à droite (quoique, je me suis déjà fait avoir en avril 2002, et j'ai voté Chirac pour « faire barrage au FN ») ni bien entendu pour La Pen, et si tu ne …  […]

  7. pareil, lit douillet et doigts de pieds en éventail !
    J’avais subodoré que l’équipe Hollande pouvait être pire que l’autre – avec lequel on était déjà dans les bas-fonds. Mes copains me disaient que j’avais tendance à être vraiment pessimiste, comme fille.
    Mais non, strictement réaliste, hélas…
    Alors, non, sans moi !

    bleufushia

    5 décembre 2015 at 17 h 51 min

  8. Le problème, c’est que pas voter, c’est quelque part une manière de « laisser tomber », laisser les décisions à ceux qui vont voter. En allant pas voter, tu laisses Monsieur et Madame Bidochon décider à ta place, les néo-fachos perfusés au JT de TF1, et qui auront leur heure de gloire ce soir à 20h.

    Oui, le FDG est pas « tout blanc », oui, il y a toujours des pourris, des compromis(sions) dans le milieu politique, mais il y a aussi des gens très bien, qui partagent le même avis, la même analyse des erreurs qui ont été commises (et je pense que Méluche en est un bon exemple). C’est la démocratie et la nature humaine qui veulent ça, vu que tout le monde a, par définition, pas le même avis. Mais mis à part l’insurrection, que peut-on faire d’autre que voter ?

    Je comprends le sentiment désabusé, et c’est probablement naïf de ma part de penser que mon vote aura une influence quelconque sur le résultat de ce soir, ou de manière plus vaste, nos vies au sens général. Mais si 10, 100, 1000, un million de personnes font la même chose…

    Pierre

    6 décembre 2015 at 16 h 01 min

    • pierre, tu dis : Mais mis à part l’insurrection, que peut-on faire d’autre que voter ? au vu de ce qu’il se passe en grèce avec un gouvernement d’extrême gauche (ne pas rire ni s’étouffer dans son 4 heures), en fait il ne reste QUE l’insurrection. point. voter n’a de sens que si ce que décide une majorité de gens (10, 100, 1000 + toi) est respecté. il est où le respect de la voix du peuple ? tu le vois quelque part ? la nature humaine a bon dos, et de démocratie, j’en vois nulle pas.

      zozefine

      6 décembre 2015 at 17 h 34 min

      • Bah Tsipras a eu un couteau sous la gorge dès le départ aussi… Je pense qu’en France ce serait potentiellement plus jouable.

        Le gros, le vrai problème, et il est à se tirer une balle, c’est que même si la plupart des gens « en ont marre », ils ne savent pas / ne veulent pas réfléchir au pourquoi du comment : qu’on le veuille ou non, le « français moyen » n’en est même pas à se poser toutes ces questions, il veut juste penser qu’à sa gueule (donc une logique de droite) parce que c’est dans l’air du temps, donc aller faire la révolution tu penses bien… Il suffit d’écouter les conversations dans le métro pour s’en convaincre, on est au niveau zéro de la conscience politique, faut quand même se dire que l’immense majorité de nos concitoyens s’imaginent que BHL et Finkelkraut sont des intellos… Donc aller contrer ces gens là sur leur terrain (le bulletin) me semblent une première étape logique.

        Ce que j’essaie de dire, c’est que mis à part sur le non au référendum de 2005, malheureusement, le peuple de France a les dirigeants et les décisions qu’il mérite ! Qui pensait raisonnablement en 2012 que Hollande ferait un programme de gauche ? Pas moi en tout cas.

        Et enfin le dernier truc avec l’insurrection (je ne suis pas forcément contre), c’est qu’à un moment il faut prendre les armes et s’en servir, ou bien finir comme la commune de Paris. Ça fait quand même un sacré dilemme moral d’autant que ceux qui se dresseraient contre une révolution ne seraient pas forcément des soldats versaillais mais juste des gens « simples ». Y avait qu’à les voir manifester contre le mariage gay.

        Mais je comprends ta colère.

        Pierre

        6 décembre 2015 at 18 h 00 min

      • mais non tsipras n’est pas vierge et martyr sacrifié sur l’autel de l’eurogroupe par les méchants. c’est ce que vos médias et un certain goût pour les anti-héros poussent les français à croire, mais tsipras a commencé dès son élection à obéir, dans une expé de milgram parfaitement réussie. soumission totale, alors qu’il avait un peuple prêt à tout derrière lui. cette image de « couteau sous la gorge » est une facilité de pensée, ça fait image, mais c’est complaisant, et faux.
        à part ça, l’insurrection n’est pas forcément armée, gandhi (même si je suis assez réticente sur le personnage) a réussi, en plus en joignant l’utile à l’agréable. la désobéissance civile, ça existe.
        mais bon, tout dépend de ce qu’on veut comme monde au lieu de celui-là. vouloir l’indépendance, ma foi, c’est assez simple idéologiquement. mais nous, que voulons-nous ? quel monde ? quelles relations entre les gens ? quel degré de contraintes pouvons-nous supporter pour une vie de liberté et de justice ? croissance ? décroissance ? etc. des fois je suis super contente d’être vieille et de laisser le bâton merdeux aux générations-futures.

        zozefine

        6 décembre 2015 at 18 h 18 min

    • Mais voter, c’est aussi jouer avec leurs règles et vu qu’ils ne nous donnent (évidemment) pas les moyens ne serait-ce qu’en proposer d’autres, voter c’est implicitement accepter tout le package, défiguration de la constitution, lois d’exceptions, etc. C’est aussi la première élection où j’ai décidé de rejoindre le camp des abstentionnistes. Je ne joue plus.

      gemp

      6 décembre 2015 at 17 h 44 min

  9. @ Pierre

    D’abord, très heureuse de ta présence.

    Ensuite, sur la Grèce, et sur Tsipras. Pratiquement dès le début, je me suis méfiée (bon, j’avais l’expérience de 1981, et de la fiesta qu’on avait fait sur le Vieux-Port. C’était le 10 mai. L’expérience aussi de la trahison qui a suivi).

    Et puis quand je l’ai entendu raconter devant les « puissants de ce monde » à Niouyorque, « qu’il n’était pas dangereux », « qu’il ne voulait pas sortir de l’Europe »; j’ai compris que je ne m’étais pas trompée de beaucoup.

    Aujourd’hui, y’a plus de fric en Grèce pour les gens, mais la Grèce fait de fructueuses affaires avec Israël, continue d’acheter des armes, etc.

    Le parallèle avec notre situation en France est intéressant : alors que le désormais célèbre « pacte de stabilité » était gravé dans le marbre, soudain, pour aller faire la guerre et embaucher des flics, on trouve miraculeusement du pognon…

    Tous ces gens là ne veulent absolument pas que le monde change. Et je ne crois pas que ce soit en votant pour eux que notre vie à tous sera meilleure…

    Gavroche

    6 décembre 2015 at 18 h 27 min

    • Je comprends votre méfiance (à toutes les deux). Pour Tsipras, c’est vrai que je ne suis pas sur place, j’ai du mal à estimer précisément en quoi il contribue au bien-être des grecs – même si là encore, Tsipras n’a jamais clamé être marxiste ou même révolutionnaire donc pas HYPER surprenant que ça soit pas le grand chamboulement.

      Mitterrand lui aussi n’a jamais été d’extrême-gauche (voire peut-être l’inverse dans les années 40…). OK j’imagine l’espoir que ça avait du susciter à l’époque, et c’est vrai que c’est facile avec un recul de 30 ans de se dire « ils auraient du s’en douter, c’était couru d’avance », mais le programme commun était enterré depuis 4 ans en 81. Conclusion : fallait voter pour Georges Marchais, pas Mitterrand😀

      Bien entendu qu’il y a du pognon, en Grèce et en France. Je ne sais plus où j’ai lu (mais ça ne m’étonnerait pas) qu’il n’y a en réalité jamais eu autant de pèze qu’aujourd’hui en Europe. Il est juste à aller chercher là où il est, dans les poches des multi-nationales.

      J’ai juste du mal avec la démarche « tous pareils » appliquée à TOUTE la classe politique, et de ce fait la condamnation du vote. C’est une généralité un peu facile. Ça me rappelle mes collègues qui me disent que le communisme ne peut pas marcher parce que « ça a pas marché en URSS » (d’abord qu’est-ce qu’ils en savent ?), que « c’est la Corée du Nord », ce genre d’amalgames me fait grincer des dents.

      Les gens :
      – 1 sont des suiveurs
      – 2 n’aiment pas les changements brutaux.

      Voter massivement pour des idées de vraie gauche (je mets pas le PS là-dedans) à chaque élection et ces idées s’installeront d’elles-mêmes. Le souci en France, c’est qu’on a un scrutin uninominal à deux tours bien pourri, avec un corps législatif à deux chambres moisi (le Sénat pas représentatif + pas de proportionnelle à l’Assemblée), et un exécutif trop fort. Aujourd’hui y a qu’un parti qui parle de changer ce système : le FDG (excusez ma propagande, mais vu que gemp, tu parlais de règles imposées).

      Bon, il est 20h, je vais aller déprimer un peu devant les résultats !

      Pierre

      6 décembre 2015 at 20 h 00 min

  10. Une vidéo intéressante sur l’injonction paradoxale liée au «vote» – qui n’est principalement qu’une élection en France.

    gemp

    7 décembre 2015 at 20 h 28 min


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