LES VREGENS

Le chasseur

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Chouette, les copains, demain, c’est « l’ouverture ».

Je suis jouasse !

Déjà, au printemps, avec les potes, on avait été entraîner les chiens à déterrer les blaireaux et les renards, c’était génial. Comme ils couinaient, les bestiaux… ! Et les chiens adorent bouffer les petits, toujours ça d’économisé pour leur gamelle.

Pis cet été, vu que c’est permis, rapport aux nuisibles, j’avais déjà ramené un chevreuil, et deux marcassins. L’avait fallu dézinguer aussi la mère, cette salope voulait pas qu’on les approche. Mais elle s’est barrée, et les clébards, ces cons, l’ont pas retrouvée. Elle a du crever quequ’ part, bien fait pour sa gueule. Bien la peine qu’on les nourrisse avec notre grain, ces saloperies, aucune reconnaissance, hein.

chainon-manquant

J’avais aussi flingué un renard, cette engeance, plus un ou deux lapins, mais en douce. S’agit pas de se faire pincer par ces salopards de fonctionnaires de « l’office de la chasse ». Bon, d’accord, ils sont pas nombreux, la plupart sont pas emmerdants, au contraire, et chez les gendarmes, ben, y’a mon beauf, alors…

Mais faut quand même faire gaffe, maint’nant y’a ces enfoirés d’écolos, et y paraît qu’y a de plus en plus de bestioles protégées, soi-disant …

Bref, on s’en fout. Demain, c’est l’ouverture. Un carton, qu’on va faire.

Je me suis préparé, faut pas croire. Depuis trois semaines, mes clébards sont au régime sec, le minimum syndical, sont des vrais fauves, tellement ils ont la dalle et la niaque… Un festival, ça va être.

Demain, six heures, debout, un p’tit caoua arrosé pour se tenir un peu chaud au bide. Et c’est parti mon kiki, on va un peu faire chier les vieux retraités du coin, on va te les réveiller fissa, ces glandus, nous on bosse z’ont qu’à faire pareil, d’façons avec nos chiens qui hurlent, nos cors de chasse, ben ouais, depuis la révolution, tout ça, maintenant on a le droit de faire comme les aristos avec les cors, tarrari, tarrara, et pan dans ta gueule…

A midi, on aura rempli un peu les sacs avec de la bestiole gratosse, et aussi flanqué la trouille au connard qui se croit aux JO, le con, là, à faire son foutinge dans la forêt, l’a pas encore compris qu’on est chez nous ici. Ben on lui apprendra à ce naze.

C’est comme l’autre salope, qui disait que chez elle on devait pas y aller, et patati, et patata, que c’était un « refuge », qu’elle avait des bêtes à elle, et touti quanti, non mais pour qui qu’elle se prend celle-là ? Ben on lui a vite fait comprendre, hein, quand elle a retrouvé ses chers minets tous raplaplas et empoisonnés, elle nous a plus fait chier. On s’est même amusés l’an dernier à lui fusiller les murs de sa baraque, dis-donc. Bon, on a fait ça la nuit, hein, vu que quand même, on a pas envie d’avoir des ennuis. Mais quel pied, passque depuis, elle fait la gueule quand elle nous voit passer, mais elle la ferme, la preuve que ça marche, la trouille, avec ces bobos venus des villes.

D’ailleurs, tiens, c’est pas tout ça, je vais dire à bobonne, cette grosse vache, qu’elle prépare un p’tit encas pour demain midi, et fissa, pour les copains et moi. Plus quelques boutanches de derrière les fagots, histoire de s’humecter un peu le gosier après tout ce bordel. C’est que c’est du sport, la chasse.

gros-con-de-chasseur-by-jblol

Et c’est toute l’année, finalement, c’est ça qu’y a de bien. Les politiciens nous aiment bien, faut dire que nous on vote, on est citoyens, pas comme tous ces illuminés de gauchos et d’écolos à la con, hein. D’ailleurs, tiens, l’an prochain, on va leur mettre bien profond à ces connards. Avec les copains, on a monté une liste « bleu marine », dis-donc, vlatipa que je vais faire de la politique, moi, que j’ai même raté le certif ! N’empêche, du coup, on pourra s’amuser aussi avec les cocos et avec les bougnoules …

Elle est pas belle, la vie ?

Putain, je languis demain.

 

Written by Gavroche

10 septembre 2016 à 11 h 02 min

6 Réponses

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  1. Le plus horrible, c’est que ce n’est même pas exagéré – et que ces « choses » là sont de la même espece que nous… Beurk…

    Flo

    10 septembre 2016 at 11 h 52 min

  2. on a les putain de mêmes, mais ça a commencé déjà dès la mi-août, réveil comme à la guerre, bim bambambim boum bam, dès l’aube, la toute petite aube encore bien bleu foncé, on croirait qu’ils se défendent contre un troupal de bisons furieux, mais ceux-là c’est des à piafs, les zoziaux migrateurs qui sentent que dans le nord, ça commencer à devenir froid, donc direction sud, afrique, arrêt pipi obligatoire dans les cyclades, et là une multitude de gros connards les attend, et c’est du tire-pipe. j’en vois qui prennent leur air compatissant, ces pauuuuvres grecs, ils ont que des rouges-gorges et des alouettes (mais aussi des huppes fasciées, des guêpiers,etc.) à manger : que dalle, c’est pour ça que ça s’appelle « sport » et pas « chasse pour les petits affamés restés à la maison », on tue, mais trop flemme pour aller chercher, en plus que les bêtes agonisantes ont une furieuse tendance à tomber n’importe où dans la garrigue d’épineux, et de toute façon il y a rien à bouffer dessus.
    chez vous, quand je pense que tant de gens se sont émus / choqués / scandalisés de quelques femmes cuisant à l’étuvée sur les plages française-lumière-de-l’univers au nom de la liberté de s’habiller comme dans les magazines, et que personne, à part comme tu dis quelques gauchos babas, ne hurle, au nom de cette même liberté – mais celle de la paix, du désarmement, du droit de vivre des bêtes, du droit à se balader en forêt, etc., à demander l’interdiction de la chasse.
    salut frangine, et bon courage demain !

    zozefine

    10 septembre 2016 at 14 h 03 min

  3. Les « chasseurs » ? C’est à ce qu’ils appellent « l’ouverture » qu’il faut les avoir. Bien groupés encore, le matin, avant qu’ils ne se dispersent. Une bonne rafale en panoramique lent, ainsi ils n’ont pas le temps de souffrir. Il paraît que leur nombre diminue dans les nouvelles générations, donc il ne faut pas mollir.

    babelouest

    10 septembre 2016 at 18 h 19 min

  4. Les chasseurs. Ils se disent un million cent mille mais ne sont plus que huit cent mille.
    Parmi ce nombre 10 à 11% prennent une carte mais ne chassent pas… un seul jour.
    Parmi ce nombre autour de 25% ne chassent que 4 à 5 jours au cours de la saison.
    Le recrutement est désastreux : très peu de jeunes veulent chasser.
    D’où l’offre du permis gratuit pour attirer un chaland qui reste rare.
    Mais résultat mauvais dans le temps : le jeune recruté délaisse vite le fusil quand il rencontre une demoiselle.
    D’où le « jeune » chasseur-type qui a autour de… la cinquantaine.
    Les assos communales de chasse sont des assos de retraités.
    Quand il y a encore une asso : nombre d’entre elles disparaissent faute de membres.
    Les chasseurs : une espèce en voie de disparition. Et on va pas s’en plaindre.

    Un partageux

    11 septembre 2016 at 12 h 59 min

  5. merde mais comment je vais faire du paté de sanglier ?

    Carole B

    12 septembre 2016 at 11 h 04 min

    • Très bon d’ailleurs le pâté de sanglier😉

      Sinon effectivement, y a matière à espérer au vu de la moyenne d’âge et du côté « ringard » qui fait largement consensus dans la société (citadine, du moins). Merci aux Inconnus pour ça😀

      Pierre Michel

      12 septembre 2016 at 17 h 28 min


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