LES VREGENS

Esclave, choisis ton maître !

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Encore trois mois à tenir avant de savoir quel pignouf sera censé nous « représenter ».

Après quelques mois de « suspense », là-bas aux States, ils ont élu le gars emperruqué Trump qui va mener le monde. Du coup, on se doute, non, on sait que chez nous aussi, c’est possible : oui, on peut élire un guignol !

Alors, on nous dit que nous, nous avons davantage « le choix ». Ouais. Entre la peste et le chikungunya.

La preuve :

A « gauche » (enfin disons au PS) nous avons le Hamon pâlichon, qui a (presque) autant de charisme qu’une huître. Bon. Ce brave homme, à peu près inconnu jusqu’à il y a peu, voilà ce qui reste après cinq ans de Hollandie-Vallsie. Et comme il faut bien qu’il se présente encore un peu comme « de gauche » (et qu’il détourne les quelques électeurs de Mélenchon, on sait jamais)  vlatipa qu’il nous propose un relativement vieux truc, j’ai nommé « le revenu de base universel ». C’est à dire l’idée de donner à tout le monde une allocation, une obole, des sous. Bon, évidemment, c’est pas présenté comme ça, on est moderne au PS, en langue de bois on dit « éliminer les lourdeurs bureaucratiques »… Parce que le vrai but de la manœuvre (dont on cause d’ailleurs beaucoup chez les libéraux depuis Milton Friedmann, c’est dire) c’est ça. Faire d’une belle idée généreuse… (généreuse, vraiment ?) un moyen de supprimer toutes les autres aides, et j’te l’donne Emile, de … virer quelques milliers de fonctionnaires.

Ben ouais, plus besoin de « service public », ce machin ringard qui représente ce (qui reste de ce) que nous avons en commun, plus besoin non plus de bosser, donc d’être solidaire des collègues, de se retrouver dans une revendication, quelle qu’elle soit, on deviendrait de bons cons-sommateurs. Et c’est tout.

Tout bénéf, quoi, et vieux comme le monde : diviser pour régner, les travailleurs payés d’un côté, les feignants de l’autre. Et surtout, chacun pour sa pomme.

A droite, donc, on a (enfin on a eu, parce que le pôvre, il est sans doute assez mal barré) Fillon, ultra catho (les bonnes vieilles « valeurs chrétiennes ») mais aussi ultra-libéral (c’est « moderne ») : en clair, la chasse aux bronzés continuera, histoire de trouver des responsables à la mouise ambiante, il y aura encore moins d’impôts pour les riches, et un serrage d’un ou deux crans de ceinture pour tous les assistés, malades compris.

Avec sa gueule de premier de la classe, on aurait pu lui donner le bon Dieu sans confession, à Fillon. Mais pas de bol, ces salopards de journalistes ont déniché le pot aux roses… et les avantages en nature et en pépètes sonnantes et trébuchantes que procurent les ors de la République.

Comme tout le monde ou à peu près se doutait que dans ce monde là, les petits arrangements avec la loi sont monnaie courante (c’est le cas de le dire) on peut quand même assez légitimement se dire que « le hasard » fait drôlement bien les choses. Pourquoi maintenant ?

J’ai mauvais esprit, mais pourquoi nos bons députés, dans une belle unanimité, ont ils jugé opportun de voter tout récemment – encore un heureux hasard, décidément – une loi sur le blanchiment de détournement de pépètes après 12 ans, hein ?

Parce que ce fameux hasard, au même moment, a fait sortir le p’tit Macron du chapeau politico-médiatique.

Il est partout, à la télé, dans les journaux. Et on nous le vend exactement comme on nous vendrait une savonnette ou une bagnole. Ses mitinges ressemblent à des pages de pub : des comédiens braillant « Ma ! Cron ! Président ! » face caméras…

Je sais, c’est dur …

Oui, le Macron est un comédien (pas vraiment doué d’ailleurs, surtout quand on entend sa voix de fausset hurler qu’il veut « changer la France »), un robot, une créature de Frankenstein en moins drôle. Et il est banquier d’affaires et millionnaire, ça aide. Pro amerlocain, pro européen, et tout et tout. Hollande, oui, a fait entrer ce type qui a l’air d’un mannequin de grand magasin dans le gouvernement. Il est moderne, Hollande.

Alors ce gars qu’est « ni de droite ni de gauche » y paraît, bien propre sur lui, jeune (enfin plus jeune que les vieux barbons habituels) serait donc l’espoir de la Fraaaance (mais surtout de la finance), et vainqueur programmé (un peu aidé par l’avalanche d’articles élogieux dans la « presse déchaînée », ou c’est la volaille qui fait l’opinion), bref, celui qui va nous sauver de l’hydre « antirépublicaine » (comme si les autres avaient quoi que ce soit d’encore un peu républicain) celui qui va « faire barrage ». Une fois de plus.

Parce que hein, faut pas se leurrer. La Pen, paraît-il depuis des mois « en tête des sondages » (non, je ne dirai pas ce que je pense des « sondologues »), on sait qu’à l’arrivée, elle va sa faire gentiment rétamer, parce que je vous fiche mon billet que le chœur des vierges, politiques de tout bord et médias réunis, va nous sortir le couplet de « sauvons la république » entre les deux tours. Parce que le FN, il ne sert qu’à ça, et ça fait longtemps que ça dure  : à nous agiter le chiffon sous le nez, pour qu’à l’arrivée, on vote bien sagement pour la droite ou la droite. Et que les mêmes gardent leur petite place tranquille.

Quant à Mélenchon… On se demande bien pourquoi ce n’est pas lui qui « caracole en tête des sondages » ? Parce que c’est vrai, qui pourrait être contre plus de justice sociale ?

Je ne vais pas rentrer dans les détails, vu que j’ai pas envie de voir la « France insoumise » rappliquer pour m’insulter et dire que décidément, je ne sais pas lire, je ne comprends rien à rien, mais j’ai quelques idées :

Peut-être parce que ce n’est pas un perdreau de l’année ?

Peut-être parce qu’il est européiste ?

Peut-être parce que le programme des insoumis n’est qu’une nouvelle mouture quelque peu édulcorée du programme socialiste de 81 ?

Peut-être parce que le programme des insoumis est volontairement ambigu « pour ne fâcher personne » ?

Peut-être parce que les esclaves ne veulent pas seulement être mieux traités, mais ne veulent tout simplement plus être des esclaves ?

Enfin, bref, un deuxième tour Pen-Macron, ça vous tente ?

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Written by Gavroche

1 mars 2017 à 11 h 58 min

Publié dans Actualité en France, élections

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7 Réponses

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  1. ça m’fait rigoler, ton papier …
    mais je suis un incorrigible ANAR, tendance Darien … (mais c’est qui ça ???)

    randal

    1 mars 2017 at 12 h 16 min

  2. M’a fait rigoler aussi, comme quoi… Merci pour ce moment.

    gemp

    1 mars 2017 at 16 h 59 min

  3. j’ai ri aussi, un peu jaune parfois, mais sinon ça « le FN, il ne sert qu’à ça, et ça fait longtemps que ça dure : à nous agiter le chiffon sous le nez, pour qu’à l’arrivée, on vote bien sagement pour la droite ou la droite » c’est on ne peut plus juste ! D’ailleurs Macron il est «…ni ne gauche »
    Et puis hors sujet et perso, c’est moi qu’avais raison Bordeaux c’est 500 bornes ;-))
    bisous

    alainbu

    2 mars 2017 at 19 h 03 min

  4. Au risque de laisser une note dissonante et de lancer un pavé dans la marre, je suis pas d’accord par rapport à Méluche.

    – « Il est européiste » : je vois pas ce qui dérange dans son approche qui est de dire « Plan A : on essaie de faire bouger les lignes puisque sans la France pas d’Europe » et « Plan B : on sort des traités ». Je trouve ça plus intelligent que juste quitter l’Europe en claquant la porte (et pour de mauvaises raisons comme l’ont fait les anglais).

    – « Une nouvelle mouture quelque peu édulcorée du programme socialiste de 81 » : Sachant qu’une grande partie de son programme est dédiée à l’écologie / l’énergie (qui n’a il me semble jamais été évoqué dans le programme de 81) ça fait déjà une grosse différence. Après sur le principe, bah oui, il y aura forcément des points communs, mais c’est pas un mal, si ? C’est pas le programme de 81 qui était mauvais, c’est juste le PS qui n’a pas tenu ses promesses.

    – « Le programme est ambigu pour ne pas fâcher personne » : C’est sur ce point que j’aimerais vraiment m’expliquer (Bon, déjà, si tu pouvais préciser les points du programme qui présentent une ambiguïté… :D)

    On est dans une situation où aujourd’hui on a deux solutions : la révolution (qui ne viendra pas parce que les gens ont « trop à perdre », ils ont « peur »), et l’élection. On sait combien les institutions de la Vème République sont verrouillées pour n’élire que les « gros » (Méluche étant au passage le seul à proposer une constituante pour dégager tout ça ;-)) donc on va dire que JLM ne part pas gagnant.

    Or pour être élu, Mélenchon doit AUSSI s’adresser aux gens qui « ont peur », à ceux qui n’ont pas nécessairement une culture politique ou une conscience de classe (les jeunes, une grande partie des pauvres dans les banlieues, et globalement plein de gens à qui on matraque depuis 40 ans qu’il n’y a pas d’autre système viable que le libéralisme, qu’il n’y a « plus d’argent », que la France ne produit pas de richesses, que la retraite à 60 ans c’est mort, etc.). Bref pas uniquement aux cocos.

    Donc oui, il marche sur des œufs et a le cul entre deux chaises, et pour se départir au maximum de la caricature de bolchévik que les médias lui collent au derrière, il doit faire des compromis dans son discours, l’édulcorer pour pouvoir toucher davantage de monde, sans pour autant (trop) le dénaturer. Il essaie de faire passer un message et de remettre au goût du jour les idées de gauche. Parce qu’on le veuille ou non, pour être élu il va falloir séduire, rassurer ( / tromper ?). Bref, un compromis et non une compromission. Si c’est le prix à payer pour qu’il y ait un réveil, une sensibilisation aux thèmes de gauche, c’est déjà ça de gagné.

    Donc autant j’ai davantage de sympathie pour un Poutou ou une Arthaud (qui malheureusement sont invisibles justement parce qu’ils ne tolèrent aucun compromis, et aussi parce que la presse ne s’intéresse pas à eux), autant Mélenchon a une chance, même mince, de concrétiser JUSTEMENT parce qu’il sait mettre un peu d’eau dans son vin (et encore, pour la presse on est visiblement loin du compte). Du coup mathématiquement, froidement, j’ai beau ne pas être d’accord avec tout ce qu’il dit, ça reste le meilleur pari.

    Tu vois quelqu’un dont le programme « ne veut fâcher personne » (alors que grossomodo Mélenchon fâche TOUS ceux qui sont à droite de Hamon je pense, ça doit représenter, allez, 85% de la population ?), de mon côté je vois quelqu’un qui a l’intelligence de ne pas être sectaire. OK c’est pour brasser plus large, et alors ? Si ça peut convaincre Mr et Mme Bidochon de voter à gauche je vais pas m’en plaindre.

    Pierre Michel

    3 mars 2017 at 11 h 28 min

  5. Au risque de laisser une note dissonante et de lancer un pavé dans la marre, je suis pas d’accord par rapport à Méluche.

    – « Il est européiste » : je vois pas ce qui dérange dans son approche qui est de dire « Plan A : on essaie de faire bouger les lignes puisque sans la France pas d’Europe » et « Plan B : on sort des traités ». Je trouve ça plus intelligent que juste quitter l’Europe en claquant la porte (et pour de mauvaises raisons comme l’ont fait les anglais).

    – « Une nouvelle mouture quelque peu édulcorée du programme socialiste de 81 » : Sachant qu’une grande partie de son programme est dédiée à l’écologie / l’énergie (qui n’a il me semble jamais été évoqué dans le programme de 81) ça fait déjà une grosse différence. Après sur le principe, bah oui, il y aura forcément des points communs quand on connaît l’origine du bonhomme, mais est-ce vraiment un problème ? Pour moi c’est pas tant une histoire de mauvais programme que du PS qui n’a pas tenu ses promesses.

    – « Le programme est ambigu pour ne pas fâcher personne » : C’est sur ce point que j’aimerais vraiment m’expliquer (Bon, déjà, si tu pouvais préciser les points du programme qui présentent une ambiguïté… :D)

    On est dans une situation où aujourd’hui on a deux solutions : la révolution (qui ne viendra pas parce que les gens ont « trop à perdre », ils ont « peur »), et l’élection. On sait combien les institutions de la Vème sont verrouillées pour n’élire que les « gros » (Méluche étant au passage le seul à proposer une constituante pour dégager tout ça).

    Pour être élu, Mélenchon doit AUSSI s’adresser aux gens qui « ont peur », à ceux qui n’ont pas nécessairement une culture politique ou une conscience de classe (les jeunes, une grande partie des pauvres dans les banlieues, et globalement plein de gens à qui on matraque depuis 40 ans qu’il n’y a pas d’autre système viable que le libéralisme, qu’il n’y a « plus d’argent », que la France ne produit pas de richesses, que la retraite à 60 ans c’est mort, etc.). Bref pas uniquement aux cocos.

    Donc oui, il marche sur des œufs et a le cul entre deux chaises, et pour se départir au maximum de la caricature de bolchévik que les médias lui collent au derrière, il doit faire des compromis dans son discours, l’édulcorer pour pouvoir toucher davantage de monde, sans pour autant (trop) le dénaturer. Il essaie de faire passer un message et de remettre au goût du jour les idées de gauche. Parce qu’on le veuille ou non, pour être élu il va falloir séduire, rassurer ( / tromper ?). Bref, un compromis et non une compromission. Si c’est le prix à payer pour qu’il y ait un réveil, une sensibilisation aux thèmes de gauche, c’est déjà ça de gagné.

    Donc autant j’ai davantage de sympathie pour un Poutou ou une Arthaud (qui malheureusement sont invisibles justement parce qu’ils ne tolèrent aucun compromis), autant Mélenchon a une chance, même mince, de concrétiser JUSTEMENT parce qu’il sait mettre un peu d’eau dans son vin (et encore, pour la presse on est visiblement loin du compte). Du coup mathématiquement, assez froidement peut-être, j’ai beau ne pas être d’accord avec tout ce qu’il dit (mais après tout vivre en société c’est aussi savoir s’accommoder des opinions des autres), ça reste le meilleur pari.

    Tu vois quelqu’un dont le programme « ne veut fâcher personne » (alors que grossomodo Mélenchon fâche TOUS ceux qui sont à droite de Hamon je pense, ça doit représenter, allez, 85% de la population ?), de mon côté je vois quelqu’un qui a l’intelligence de ne pas être sectaire. OK c’est pour brasser plus large, et alors ? Si ça peut convaincre Mr et Mme Bidochon de voter à gauche je vais pas m’en plaindre.

    Pierre Michel

    3 mars 2017 at 11 h 32 min

  6. A propos du revenu de base universel, il a été démontré qu’il sert surtout les intérêts des plus riches dans un système d’économie de marché et d’austérité. L’expérience a été faite en Angleterre, entre 1795 et 1834 (en partie pour contrecarrer les idées de la révolution française). Cette expérience (généreuse puisqu’indexée sur le prix du pain et des charges familliales) connue sous le nom de Loi de « Speenhamland » fut longuement analysée par l’économiste Karl Polanyi dans « La grande transformation ».
    Sur le sujet, la réflexion la plus aboutie est le « salaire universel » du sociologue et économiste Bernard Friot.qui précise que ce genre de concept ne sera applicable que si l’on sort du système capitaliste…

    Robert Spire

    7 mars 2017 at 11 h 44 min

  7. […] Dans une prochaine vie, je me recyclerais bien politologue, ou Madame Irma (ce qui, je vous l’accorde, revient à peu près au même) vu la teneur (et la conclusion) d’un de mes derniers billets. […]

    Ouf ! | LES VREGENS

    27 avril 2017 at 11 h 09 min


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